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CULTURE & SOCIÉTÉ

PASCAL SIAKAM, retour de l’enfant prodige

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Douala. La capitale économique  accueille son champion de la NBA. Pascal Siakam y a posé ses valises depuis le début de la semaine après une année glorieuse ponctuée par deux titres majeurs : le trophée de champion de la NBA et celui de MIP de la NBA 2019.

Il est parti sous un anonymat total il y a seulement quelques années. Il a été drafté au 27ème rang par les Toronto Raptors il y a trois ans, et vient d’emmener sa franchise à remporter son tout premier trophée de champion de l’histoire du championnat  de basketball le plus prisé du monde. Pascal Siakam n’a pas seulement participé en simple joueur d’équipe, mais il  est parmi les leaders qui ont permis cet exploit collectif pour la franchise du Canada. En plus du titre de champion, le garçon né le 4 février 1994 à Douala a remporté celui individuel, de MIP (Most Improved Player, le joueur ayant la meilleure progression de l’année dans le championnat) 2019.

Des performances stratosphériques obtenues au bout d’une année incroyable jonchée de sacrifices parmi lesquels, son absence aux obsèques de son père au cours de l’année. Le joueur Camerounais aura appris une autre partie du professionnalisme qui vous impose votre présence au sein de l’équipe pendant une période sans interruption pour le respect des sponsors. Il va se contenter des photos et autres vidéos que ses frères devront lui envoyer pendant les obsèques, mais va d’ailleurs se servir de cette force mentale pour offrir à titre posthume ce sacre à son géniteur : « Je n’ai pas pu venir aux obsèques de papa, alors que mes frères ont eu la chance d’être là ».

C’est donc  au mois de février 2019, longtemps avant les titres gagnés cette année, que le prodige demande à ses amis d’organiser sa venue au Cameroun. « Entretemps, Pascal est devenu champion de NBA et MIP, tout a changé. Plusieurs choses que nous avions calées avant devenaient compliquées à mettre en place », nous avouait Yves Lionel Ngounou, responsable de l’organisation. « Heureusement que à ce moment-là, nous aussi avions pris la responsabilité de faire ce qui était urgent comme la location de la salle dans laquelle devrait se faire le camp de basket pour 43 enfants. Leur sélection et autres. Sinon, on devrait être bloqués quelque part si on avait attendu qu’il soit champion. Les coûts et les enjeux se seraient vus plus grands », nous lançait le non moins grand ancien basketteur et ami des Siakam. Le séjour de la nouvelle star NBA au Cameroun a donc connu les articulations prévues et imprévues, mais essentielles pour célébrer les titres d’un fils prodige au sommet de sa pyramide.

Sa descente d’avion

Les fans de Pascal Siakam

Annoncé dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2019, l’arrivée de Pascal Siakam était un événement de grande classe qui devait commencer par l’aéroport de Douala, selon son fan club basé à Akwa. « Il n’est pas question que nous attendions à la maison, cette nouvelle star. Il est trop grand pour qu’il n’y ait pas des gens à l’attendre. Nous fans de basketball et de Pascal Siakam, nous allons aller à l’aéroport, même si nous n’avons pas son plan de vol, même si nous n’avons pas les autorisations nécessaires. Nous n’attendons rien de lui, en tout cas, pas de moyens pour nous déployer. Nous avons mis nos moyens comme cela se fait sous d’autres cieux. Ce sont les fans qui cotisent pour la star, et non l’inverse. Nous avons confectionné des tee-shirts noir et rouges avec en face FAN CLUB PASCAL SIAKAM ou encore TORONTO RAPTORS, et au dos, son dossard 43 », expliquait Emmanuel Bassikalak, responsable du fan club à quelques minutes du déploiement vers l’aéroport de Douala. Plusieurs voitures ont été mises à la disposition des fans et le convoi a fait environ deux kilomètres de file, dans la nuit froide de ce 1er août 2019. Après trois heures d’attente au parking de l’aéroport, les fans bien au chaud et près à danser au rythme du groupe de danse Bakassa se voient annoncer une mauvaise nouvelle : « Il y a un avion qui est arrivé avec à son bord Luc Mbah A Mouté, mais pas de Pascal Siakam ». L’autre star de la NBA était en provenance de Dakar où s’était joué le Basketball Without Borders (Basketball sans frontières) dont il est un des parrains en Afrique. « Pas grave les gars, il n’est pas là aujourd’hui, ce sera certainement demain. Nous n’allons pas nous décourager, Pascal mérite que nous passions même sept nuits ici à l’attendre. Nous reviendrons demain, et si possible tous les jours, jusqu’à ce qu’il atterrisse, puisque c’est par Douala qu’il arrivera », a lancé Emmanuel Bassikalak. La star arrivera donc le lendemain et juste le temps d’un petit câlin à l’aéroport, il devrait retrouver son hôtel pour la suite du programme chargé.

Son Passage à SOS Village d’enfants de Yassa

SOS Village d’enfants

« En ma qualité d’orphelin, je me suis senti un peu obligé de faire un tour chez mes pairs avec un espoir de les inspirer pour l’avenir ». Pascal Siakam n’a pas seulement joué au basket ces derniers mois, il a aussi fait de la recherche. Dans sa trouvaille il y a SOS Villages d’enfants, une structure qui accueille des enfants en situation vulnérable, ou en voie de le devenir. Parmi les 135 pays  au monde qui abritent cette structure d’encadrement des jeunes et qui leur offre une chance d’avoir la même éducation que les autres enfants, il y a le Cameroun qui compte deux foyers : un à Mbalmayo, et celui de Douala. Malgré les difficultés que doivent  traverser tous les habitants de Douala pour rallier le quartier Yassa où se trouve le village, Pascal a tenu à y faire un tour pour participer aux activités improvisées depuis son choix d’y arriver : « Nous avons été contactés par la star lui-même qui nous a dit qu’il venait rencontrer les enfants.  Il leur a raconté son histoire, et leur a dit que malgré leur situation, tout était encore possible. Vous devez croire en vos rêves, leur a-t-il dit », nous a relaté Jeanne Talla, une des responsables de cette structure.  La directrice nationale de cette institution, Claude Alvine Mbappe Tankoua est aux anges : « j’ai été très honorée de la visite de Pascal Siakam à notre centre de Douala. Elle témoigne de l’intérêt qu’il accorde à l’enfant en général et de l’enfant vulnérable en particulier. Pascal a donné de son temps pour échanger avec les enfants et partager son expérience. Il n’a pas hésité à leur donner des conseils, et tout ceci va dans le sens de notre travail dont un des objectifs est le plein épanouissement des enfants ». A Village d’Enfants SOS (VESOS) de Douala, parmi les  120 enfants, ceux présentant le baccalauréat ont ramené 98% de réussite  et peuvent nourrir le rêve de jouer en NBA comme leur idole.

La conférence de presse

Prévue pour commencer à 18 heures, c’est trente minutes plus tard que les quatre panélistes, dont Pascal Siakam ont pris place devant un peu plus de cent personnes parmi lesquels les journalistes sportifs de presque tous les médias de la capitale économique. Malgré les excuses présentées par Yves Lionel Ngounou d’entrée,  et celles répétées par le principal acteur de la soirée, la presse sportive n’a pas décoléré. Les questions sur son arrivée à l’aéroport et sur le retard observé pour le début de la conférence de presse sont revenues tout au long des deux heures d’échanges. La star de NBA, dans une modestie et une générosité à nulle autre pareille a essayé d’expliquer en français (langue qu’il utilise de moins en moins depuis quelques années) qu’il était venu pour une visite privée. Qu’il est un homme qui ne s’appartient plus totalement, et qu’il tenait plus à aller dans la stricte intimité à la visite de la tombe de son défunt père. « C’est ce qui était ma première préoccupation quand je suis descendu d’avion, je n’avais pas pensé à faire une grosse délégation pour m’accueillir à l’aéroport. Toutefois, j’ai demandé qu’il y ait cette conférence de presse, et je sais que la presse pourrait faire le relais de ma venue au Cameroun à travers les médias. Il est aussi prévu un camp de basket pour 43 jeunes enfants, et un match de gala avec mes anciens coéquipiers », a –t-il martelé. Le MIP 2019 et tout premier Camerounais  champion de NBA a même dit qu’il a une grande envie de jouer avec les Lions Indomptables du Basket, « mais, je ne sais pas ce qu’il faut pour le faire » Des propos qui ont plutôt été dilués dans la colère des hommes de la presse qui se sont instantanément roué  sur lui dans les réseaux sociaux, estimant qu’il a snobé la presse. Dans la foulée, le champion de NBA qui se faisait accompagner par ses trois grands frères et le Directeur Général de NBA Africa a d’ailleurs lâché : « nous allons essayer de faire mieux que des camps de basket, nous réfléchissons pour offrir dans les années à venir, une structure qui pourra emmener les enfants du Cameroun à avoir permanemment du matériel d’entrainement, une vraie structure de développement de basket ». Pour cette première visite, le champion avait déjà pris des dispositions pour un camp qui devait accueillir le lendemain, 43 enfants dont 20 filles.

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CULTURE & SOCIÉTÉ

🔴 ALERTE – Rapport OMS 2019 : Le taux de suicide a triplé au Cameroun en 4 ans

Les chiffres sus cités sont contenus dans un document intitulé « Rapport de suivi des 100 indicateurs clés de Santé du Cameroun en 2019 » que vient de rendre public le ministère de la santé publique. Ledit rapport contient des données rassemblées par l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur le Cameroun de 2012 à 2016 pour le compte de l’exercice 2019

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Pour l’OMS, les statistiques sanitaires mondiales 2019 révèlent que  « le taux de suicide au Cameroun est passé de 4,9 en 2012 à 12,2 pour 100 000 Habitants en 2016. Soit 17,1 pour les hommes contre 7,4 pour les femmes.

Il n’est mentionné nulle part les raisons qui justifient cette hausse du taux de suicide au Cameroun. Toujours est-il l’objectif de développement durable (ODD) est de réduire d’un tiers en 2020 ces chiffres. Cela passe par la prévention et le traitement, la promotion de la santé mentale et le bien-être.

Le même rapport indique par ailleurs  que l’espérance de vie au Cameroun est passé de 53 ans en 2009 à 58 ans en 2016.Malheureusement, cela ne réjouit pas, vu que ces chiffres restent inférieurs à ceux de l’Afrique Subsaharienne où l’espérance de vie globale est de 61,2 ans et à l’Afrique centrale qui est à 60, 6 ans.

Mireille CHIMI

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ABK ACTU

🔴 Ernest Ouandié, le dernier des Mohicans, leader nationaliste camerounais, héros de la lutte du peuple, est assassiné à Bafoussam

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Sur la grande place, les habitants sont rassemblés en silence en ce triste 15 janvier 1971 peu avant 11h du matin. Ce jour là, il est menotté et escorté par une escouade de soldats camerounais. Il avance avec fière allure, son visage ne laisse transparaître aucune inquiétude, au contraire on le sent plutôt détendu et joyeux.

L’instant est douloureux en même temps historique. Ernest Ouandié refuse de se faire bander les yeux. Au commande du peloton d’exécution, un jeune officier camerounais. Avant d’être exécuté, Ernest Ouandié prononce quelques paroles qui vont sonner comme l’appel à lutter pour la liberté. Il exprime toute sa fierté et sa gratitude d’avoir combattu pour l’intérêt de son pays, tout en prophétisant que le combat était loin d’être terminé, mais que d’autres prendront le relais jusqu’à la victoire finale. Après avoir chanté, l’ordre fut donné de tirer. Les premiers tirs sont mortels pour Gabriel Tabeu alias Wambo le Courant et de Raphaël Fotsing ses deux camarades. Quant à Ernest Ouandié, il ne meurt pas sur le coup, il aura le temps de crier « Que vive le Cameroun ».

Après la première salve, on entend la voix d’Ernest Ouandié crier encore«Que vive le Cameroun», et il tombe, criblé de balles. Un officier européen se détache de l’assistance, s’approche de Ouandié mourant, s’agenouille auprès de lui, met la main à son étui de revolver, se penche en avant. Ouandié respire encore. Il tire à bout portant.

Les figures les plus influentes de l’UPC, avaient toutes été massacrées, Um Nyobé le 3 septembre 1958, Félix Roland Moumié, le 15 octobre 1960, et Ossendé Afana, le 10 mars 1966.

Doté d’un mental sans pareil qui dépasse de loin celui de ses pairs, Ouandié est progressivement abandonné et trahi par les siens. Il finit par se rendre lui-même en août 1970 et se laisse arrêter sans opposer de résistance. Torturé et interdit de toute visite de ses avocats pendant six mois, il est jugé par le Tribunal militaire de Yaoundé en décembre 1970, dans le-dit «procès de la rébellion». Il écoutera la tête haute le verdict de sa peine capitale.

Quant au jeune officier qui va tirer à bout portant sur la tête d’Ernest Ouandié, certaines sources affirment qu’il était un européen vu que l’administration française voulait à tout prix s’assurer de la sentence tout comme avec Um Nyobe. Par contre, d’autres soutiennent la thèse selon laquelle c’était un camerounais.

✅ Loin de cette date du 15 janvier 1971, qu’avons-nous fait aujourd’hui de l’héritage d’Ernest Ouandié et les autres ?

✅ QU’AVONS NOUS DONC APPRIS DES SACRIFICES DES HÉROS INDÉPENDANTISTES CAMEROUNAIS ?

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