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⏯SANGMELIMA, CET ARBRE QUI NE DOIT PLUS CACHER NOTRE FORET DU TRIBALISME !

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 » L’élite « , de toutes les ethnies et régions, s’enrichit, s’éternise et se partage le pouvoir, instrumentalise le tribalisme et laisse le peuple s’ensauvager ; exprimer le bas-fond des ressentiments. L’idée de Nation doit être refondée pour mettre fin à cette hypocrisie.

1- LA POUSSIERE SOUS LE TAPIS.
Dans nos cases, chez nos lointains ancêtres, comme aujourd’hui encore à Malantouen, Fundong, Akom II ou Batchingou, quand on balaie pour faire de la propreté, on ne met pas la poussière sous le lit. On prend soin de l’enfouir loin de la chaumière ; de la jeter au bon endroit. Sinon, tôt ou tard, les enfants, à force de l’inhaler, tousseront et les grains toucheront et leurs poumons et leurs cœurs : fièvres, crises, drames… Elle produit alors le même effet que ces particules, les fines poussières mortelles dans le nuage de Tchernobyl ou des essais nucléaires d’Algérie, de la razzia de l’uranium au Gabon.

2-DES PARTICULES TOXIQUES AU FIL DES DECENNIES.
Ce qu’il s’est passé à Sangmélima n’est donc pas un banal incident, un hasard des tensions urbaines. C’est la poussière, devenue toxique et irradiante au fil des ans, bien amoncelée sous les tapis d’Orient de nos élites, les lits en bambous de nos pauvres paysans et les armoires lestées des tabous de notre histoire, dans toutes les régions, dans le tréfonds de nos terroirs, tous les hameaux et les grottes de notre République. Celle qui n’attend qu’un corps dont le système immunitaire – la fondation d’une communauté nationale, la capacité à bâtir un destin commun, la fraternité intercommunautaire – est ébranlé, désarticulé et vacillant, pour perforer ses voies respiratoires. Pour l’asphyxier ; le chant de cygne d’une société, d’une Nation.

3-DES CONFLITS VOILES ET PERMANENTS.
Hier, c’était ces conflits et morts, documentés par les ONG dans des séminaires et symposiums sur la paix et le matériau des sociologues sur le vivre-ensemble et la médiation sociale, noyés sous les statistiques et les rapports très administratifs des gouverneurs, préfets et sous-préfets.
Hier, c’était les ravages du complexe de supériorité qui causent des tensions permanentes entre Foulbé et non-Foulbé dans le Septentrion, les rixes tragiques entre Banyangui et Bororo dans le Nord-Ouest et le cortège des 13 morts en 2006, les affrontements mortels entre Bamiléké et Nyokon sur fond de conflits fonciers, à Makénéné, soldés par la mort de six personnes dont deux femmes, les 20 morts ensevelis sous les terres de conflits entre Gbayas et Foulbé à Meiganga au mitan de l’an 2005.
Hier, c’était les bagarres sanglantes entre Bagam et Bameyan en mai 2006 et le décompte de 13 morts, ce sale conflit mortel entre Batchingou et Batcha au pied d’un mont majestueux, l’escalade entre Bamoun et Bamiléké à Foumbot, à l’Ouest, le rituel des incidents interethniques à Kye-Ossi, dont l’un des points d’orgue fut la perte de deux compatriotes et des dizaines de blessés enregistrés en mai 2006 au Sud, les coups de poignards, dans le Sud-Ouest, entre Bafaw et Bororo, en 2014 et l’un des plus mortels en octobre 2006 et son bilan de 3 morts.

4-NOMMER LE MAL. N’ayons plus peur des mots ; la pudeur des biens pensants. Perdons ce réflexe politiquement correct : cette attitude de l’Etat, négation obsessionnelle de l’existence des conflits et des antagonismes violents entre groupes ethniques qui se soldent par des morts chaque jour et qui rythment, dans des rixes négligées et peu médiatisées, notre quotidien » ; De grâce, ne donnons plus de noms hygiéniques au tribalisme. Entendre, sous le feu roulant de la rumeur, à Sangmélima, qu’un présumé meurtrier d’un fils de la localité, Junior Belinga, est d’une telle ou d’une autre ethnie, tribu, d’un groupe communautaire, Bamoun en l’occurrence, et lever son bataillon de quartier, ameuter la bourgade pour faire la peau à ses congénères, dans une violence indistincte, c’est de l’incitation à la haine tribale.

Piller des magasins de communautés dites allogènes, avec qui l’on partageait une bière, un bout de pain, une blague, au marché la veille, c’est du tribalisme, une des phalanges de ce qu’on appelle le racisme, autrement dit de la déconsidération de l’autre sur la base de critères irrationnels et abjects comme son phénotype, son origine. Le faire, sans se raviser, mettre fin aux pillages et à la chasse aux populations dites allogènes, quand un communiqué du Préfet, dément le venin de la rumeur, et révèle l’arrestation d’un suspect, autre natif de la localité, en possession de quelques affaires du défunt, est tout simplement du tribalisme. Du tribalisme enfoui et qui n’attend que l’étincelle d’un conflit social pour s’embraser. Du tribalisme qui pousse comme un champignon sur les troncs d’une réforme foncière jamais menée, d’une pédagogie des migrations des populations camerounaises jamais racontée à l’école, d’une définition claire et précise des notions d’autochtones et d’allogènes dans une République, d’un bilan jamais fait de l’équilibre régional.

5-SORTIR DE LA NEGATION. Quand on le nie, le tribalisme s’amplifie. Quand on la dénonce, sans agir, l’incitation à la haine se fige. C’est la situation dans notre pays où la notion de vivre-ensemble est aussi bien attaquée par le venin de la haine que fragilisée par les coups de mou de l’incantation, éventrée par les coutelas du ressentiment que voilée par les discours cotonneux sur le havre de paix.

6- AVOIR LE COURAGE D’AGIR. Les recommandations de la Commission N°1, dédiée au Bilinguisme, diversité culturelle et cohésion sociale, du récent Grand Dialogue National, concernant les cours sur la fraternité intercommunautaire, la restauration de la confiance entre communautés, l’engagement civique pour la cohésion sociale nationale, la codification du dialogue social, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble, restent trop générales pour frapper les esprits et engager un mouvement. Il faudrait à notre pays un électrochoc de la répression sans failles et une cure de ré-enchantement, en faisant de la lutte contre le tribalisme, une priorité nationale.

L’ELECTROCHOC serait une législation, sous la forme de lois, décrets et arrêtés réprimant l’incitation à la haine, la définition claire et responsable de la notion de tribalisme sévèrement sanctionnée, une délégation interministérielle dédiée, œuvrant aux côtés des communautés, des ONG et des forces vives, pour une médiation efficace, une cohésion effective, sous le sceau de la justice sociale.
7- LE REENCHANTEMENT viendrait d’une refondation de la communauté nationale en lieu de l’encouragement des communautarismes conflictuels. Il faut que chaque jeune, chaque Camerounais sache que l’accession au pouvoir à Etoudi n’est pas le gros lot pour l’ethnie du président, qu’il n’est interdit à aucun Bamiléké, Bamoun, Bafia, Douala, Foulbé, Béti, Bassa d’ambitionner de diriger le Cameroun, qu’aucune ethnie n’est supérieure à l’autre, que le travail du Bamiléké ou du Douala est seul celui qui paye et non le Famla ou le Djimsi, que l’achat des terres est et doit être règlementé, que chaque Camerounais est partout chez lui, qu’aucune portion du territoire ne lui est interdite, sauf par les règles de la propriété privée.

8- LA NATION EST UNE VALEUR POSITIVE. Il faudrait qu’il sache que la Nation, au-dessus, des micro-nations – ethnies et tribus des liens du sang, des alliances matrimoniales, migrations africaines et brassages anciens -, héritées de notre passé, est la construction d’un destin commun. C’est une volonté de renforcer notre souveraineté, vivre des émotions et des souvenirs, lutter contre la pauvreté, vaincre les démons de la division, bâtir la prospérité, partager les fruits de la croissance et de l’exploitation des ressources naturelles, innover et créer, ENSEMBLE, en s’inspirant des valeurs positives de nos ancêtres, de l’Afrique et de l’humanisme. Comme cela, Sangmélima, comme les précédents conflits au Cameroun, ne sera pas une anecdote mais un antidote !

A. Moundé Njimbam
Chronique diffusée sur ABK RADIO
ce vendredi 11 octobre

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L'INFO EN 89 SEC.

☕L’INFO EN 89 SECONDES DU 15 NOVEMBRE 2019

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Le corps sans vie d’un mototaximan a été découvert à Yaoundé.

La dépouille a été retrouvée au petit matin d’hier jeudi au lieudit Borne 15 à Mbankomo en banlieue de la capitale. La présence d’une large ouverture sur le crâne de la victime laisse penser que l’homme a été assassiné et sa moto emportée. Un téléphone a été retrouvé dans la poche du défunt, et c’est à partir de cet objet personnel que la police arrivée sur place a entamé son enquête.

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DRAME: « Le meurtrier qui était l’enseignant de ma fille de 23 ans a écopé de 20 ans de prison, mais ne regrette rien! »

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Le 11 Novembre 2019, le verdict a été rendu à la cour d’appel du littoral . Armand TANKOUA qui a reconnu avoir étranglé Ines KAMGA à mort écope de 20 ans de prison et 20 millions de FCFA de préjudices à reverser à la famille, mais, le coupable semble ne rien regretter.

L’intégralité de l’entretien accordé à ABK Radio par M. Monkam est à écouter ci dessous:👇🏽👇🏽👇🏽

Pour le reste, c’est le regard perdu et les yeux larmoyants que M. Christophe MONKAM KAMGA arpente les couloirs pour rejoindre le studio d’ABK RADIO ce mercredi 13 Novembre 2019. L’ingénieur en télécommunications et père de 05 enfants (désormais au nombre de 04) , y a été invité par l’équipe d’ABK matin pour partager son témoignage, à la suite du verdict que vient de rendre la Cour d’Appel du Littoral, au sujet de l’assassinat de sa fille. Malgré l’émotion qui se dessine sur son visage, cet ingénieur de télécoms, la cinquantaine sonnée et tout de noir vêtu, nous confie ceci:

« Je ne suis plus le même depuis le décès d’Inès, mais j’ai accepté vous raconter l’histoire parce que beaucoup de jeunes doivent être sensibilisés»

Les faits…

Le 08 décembre 2015, M.MONKAM employé au centre technique de  la CRTV logbessou qui a l’habitude de déposer sa fille Inès âgée de 23 ans au campus et la transporter une fois les cours terminés, passe un coup de fil à cette dernière pour savoir à quel moment il pourrait passer ; Malheureusement, le téléphone sonne dans le vide. En bon père, il décide de se rendre dans la classe de sa fille qui est titulaire d’un Master en Plans et Projets et c’est là que ses camarades lui apprennent qu’elle s’est déplacée vers 12h avec son téléphone disant qu’elle va faire une transaction financière. Normal, puisque son papa qui ne se doute de rien aperçoit son sac posé sur la table. L’inquiétude commence lorsque malgré les coups de fil à répétitions, personne ne répond. C’est à ce moment qu’il soupçonne quelque chose d’anormal et alerte les forces de sécurité.

Alors que les recherches sont lancées, M.MONKAM qui ne cesse d’appeler sa fille dans l’espoir de la voir décrocher reçoit un message qui stipule : 

« Papa, je suis à Kotto et il y a un Monsieur avec moi. J’ai volé le téléphone pour t’écrire et j’ai peur qu’il me fasse du mal.»

Pendant qu’il se précipite à rappeler, pas de réponse. Il décide de se rendre au Commissariat à Logbessou  pour qu’une équipe entame les fouilles.

C’est alors qu’il est approché par un jeune homme robuste et sportif d’environ 1,94 mètre qui se propose de l’aider. A aucun moment, il ne soupçonnera que ce dernier est l’assassin de sa fille. Les alertes sont lancées, mais s’avèrent infructueuses puisque la famille Monkam passera la nuit sans Inès.

Le pot aux roses

On est très tôt le lundi matin, et M.Monkam reçoit le coup de fil du commissaire, l’invitant à se rendre au carrefour Kotto dans l’arrondissement de Douala 5e et c’est là qu’il rencontrera une foule de personnes massée qui regardent vers la même direction. Il se précipitera et tombera face à face avec le corps d’une fille ; c’est celui d’Inès puisqu’il reconnait les tresses rastas qu’elle avait sur la tête. Déboussolé, il trouvera le courage d’appeler son épouse en ce moment là en mission dans la ville de Dschang pour lui dire que leur fille Inès  a été retrouvé, mais est blessée et qu’elle devrait éteindre son téléphone juste après l’appel pour éviter d’être embêtée. Evidemment pour ne pas l’ alarmer.

Il se rendra à la morgue pour remplir les formalité de dépôt du corps à la morgue et, retournant chez lui, il rencontrera à nouveau ce jeune homme qui l’aidera même à classer les chaises à son domicile pour recevoir les proches venus pour les cérémonies funéraires, tout en le consolant.

Le suspect mis à nu

C’est au fil de l’enquête que les fins limiers de la police découvrent des indices qui feront du jeune homme âgé alors de 27 ans et qui se proposait d’aider M. Monkam le suspect numéro un et un peu plus tard, le coupable de ce meurtre. Il sera localisé et interpellé, avec en sa possession le téléphone de la victime.

Il est rapporté qu’au cours de l’interrogatoire, il a été demandé au jeune homme d’ôter sa chemise. Ne pouvant plus se cacher avec des marques de griffures visibles sur la poitrine, il avouera les faits:

« Depuis 08 jours, je voulais me débarrasser d’elle… pour réussir mon coup, j’ai appelé Inès lui disant de venir chercher des documents chez moi et une fois à la maison, je lui ai demandé de s’asseoir, c’est là que je l’ai étranglée. Voyant sa langue tombée et croyant qu’elle était morte, j’ai voulu lâcher prise et elle a envoyé sa main pour me griffer (ce qui a été vérifié sur les doigts de la victime) et c’est là que j’ai continué à serrer…Je l’ai tuée à 12h 45, brisé ensuite ses articulations avant d’emballer son corps dans un sac de voyage. Je suis allé dispenser mes cours au campus de 14h à 19h avant de revenir récupérer le sac de voyage contenant son corps et le déposer au carrefour Kotto »

Images et souvenir effroyables…

Pour Monsieur Monkam, les souvenirs restent vivaces et douloureux: «je ne comprenais pas en faufilant dans la foule, j’ai vu quelqu’un étalé par terre dans un drap blanc,  j’étais loin de penser que c’était ma fille, sauf que je l’ai reconnue par ses rastas. Elle était emballée dans un sac, puis étalée au sol. C’est un bon samaritain qui a recouvert son corps à l’aide d’un drap. C’était très difficile, je ne l’ai pas reconnue parce qu’elle était abimée, parce qu’elle avait le cou cassé. »

 Famille brisée…Avenir sombre

Diplômée d’un master en Plans et Projets, Ines KAMGA devait voyager pour le canada dans les deux semaines qui suivaient son décès. Elle était l’espoir de sa famille, celle qui devait aider ses cadets à réussir.

Armand Tankoua, l’assassin est connu comme encadreur d’Inès et son père soutien qu’elle était bien éduquée et ne pouvait céder facilement à un homme. Ce que son encadreur n’aurait pas digéré. Ce qui lui fait le plus mal, c’est ce qu’il appelle le manque de compassion du camp d’en face.

« A aucun moment l’assassin ne m’a approché pour dire qu’il regrettait l’acte qu’il a posé, ni même sa famille. Au contraire, il me nargue à chaque fois qu’on se voit au tribunal et tellement ma femme ne supporte pas cet état de choses qu’elle n’y va plus »

Il conclut en disant : « Le verdict a été rendu le 11 Novembre et j’ai encore 08 jours pour aller en cassation, parce que 20 ans pour moi c’est insuffisant ; c’est après la réunion de famille que je serai fixé. Il faut qu’il soit véritablement puni. Si j’ai un conseil à donner aux jeunes, c’est de ne jamais aller seul à un rendez-vous. Surtout informez vos proches quand vous vous déplacez »

Avec l’aide d’ABK Radio, monsieur Monkam a été mis en contact avec un psychologue pour suivi.

Mireille CHIMI

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