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Il y’a une vie après le pouvoir: est-ce possible en Afrique Centrale ?

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L’ancien président nigérian(1999-2007) est éleveur de poulets et même l’un des plus puissants d’Afrique…
Oui vous avez bien lu !!!

D’aucuns diraient c’est normal puisque qu’il fut président donc les moyens étaient confortables.
De Olusegun Obasanjo, 80 ans, les Nigérians retiennent qu’il a été le premier  militaire de son pays à rendre en 1979 à un président civil démocratiquement élu le pouvoir qu’il a pris par la force  trois années plus tôt à la tête d’une junte.

Mais cet ex-général, issu de l’ethnie yoruba, au physique de catcheur, aura, sans doute, été le premier chef d’Etat africain à penser à l’après-pouvoir alors même qu’il est en exercice. Une semaine seulement après avoir quitté ses fonctions, Obasanjo a inauguré le 8 octobre 1979 Otta Farm, à 40 kilomètres au sud-est de Lagos, la capitale économique du Nigeria.

À ce jour, il emploie 7700 personnes, possède plus 2millions de pondeuses et plus en poulets de chairs.

Revenu:
Son revenu mensuel est estimé à 164.000.000 fcfa rien qu’en aviculture soit plus que le revenu annuel du President français (117.000.000 fcfa), du Russe Vladimir Poutine (84.000.000 fcfa) et celui du premier ministre japonais (125.000.000 fcfa).

Voilà de quoi vous booster dans votre quête d’être éleveur et cultivateur, parce que l’agriculture en plus d’être vital, est très lucrative.

Source: groupe Investir dans l’agriculture

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☣ Joseph Léa Ngoula : « la crise sanitaire offre une occasion inouïe aux gouvernements africains « 

Quelques premières conclusions tirées du monitoring de la crise épidémique en Afrique. J’ai essayé de brosser un tableau synthétique mais non-exhaustif de ses implications politiques.

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L’inquiétante progression du coronavirus dans les États africains a mécaniquement déclenché, dans les arènes politiques, une certaine trêve dans la bataille politique, motivée par le constat qu’il est désormais mal vu de critiquer les décisions gouvernementales en cette période trouble qui exige d’afficher une union sacrée face à la pandémie.

Certains régimes n’hésitent pas à saisir l’occasion de la trêve et des politiques d’endiguement de la pandémie pour davantage réduire le champ d’expression et d’action du pouvoir législatif, de l’opposition et de la société civile (l’Etat d’urgence en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en RDC; l’interdiction des manifestations publiques qui a freiné la fronde sociale au Burkina Faso et la contestation politique en Algérie et en Guinée).

On note par ailleurs une application à géométrie variable des mesures prudentielles adoptées par les autorités africaines pour prévenir et contenir la crise épidémique. Malgré les risques que peuvent comporter les opérations électorales, les dates des élections ont été maintenues (Législatives Guinée et mali, législatives partielles au Cameroun), à quelques exceptions près (Nigeria, Zimbabwe, Tunisie). Pourtant, plusieurs Rendez-vous diplomatiques et sportifs ont été annulés ( CHAN au Cameroun).

Certains régimes saisissent cependant cette fenêtre d’opportunité pour améliorer leur rapport avec l’opposition politique et renforcer le consensus politique (consultation de l’opposition au Sénégal, libération d’une quinzaine de prisonniers politiques en Égypte pour enrayer la contagion dans les prisons surpeuplées, concertations avec les leaders religieux en RCA).

Les oppositions sénégalaises et congolaises (RDC) se sont aussi ouvertement engagées à refermer la parenthèse de l’affrontement politique, le temps de la crise, pour appuyer les efforts nationaux de mobilisation des ressources et de sensibilisation du grand public.

Il convient de s’interroger si les petro-Etats, à la tête desquels trônent les régimes les plus fermés au monde, survivront aux soubresauts économiques provoqués par la pandémie covid-19. La chute drastique des cours du baril de pétrole pourrait priver des Etats pretrodépendant d’une manne financière essentielle à l’entretien de leurs administrations et obligés.

Macky SalL a reçu les leaders de lopposition : Ici Idrissa Seck (g.), le 24 mars au palais présidentiel à Dakar.
© DR / Présidence sénégalaise.

Les capacités de certains Etats à acheter la paix sociale grâce à des politiques redistributives sont grandement compromises. Déjà sévèrement touchée au portefeuilles par les mesures de restriction, la colère des couches populaires pourrait s’en trouver ravivée sur fond d’affaiblissement des filets de sécurité étatiques. Les émeutes de la faim de 2008 offrent une parfaite illustration de cet engrenage qui guette de nouveau les Etats africains, et d’autre d’ailleurs.

Les Nations Unies ont appelé les Etats et les groupes armés à observer une trêve durant cette période agitée. Fait inédit depuis le déclenchement de la rébellion séparatiste au Cameroun, la milice armé Socadef a accepté la trêve réclamée par les Nations unies pour permettre aux populations anglophones d’accéder du dispositif de prévention et de protection contre le COVID19. Un signal encourageant pour les autres poches de violence en Afrique qui pourraient connaître derrière cette initiative un début de stabilisation.

La crise sanitaire offre une occasion inouïe aux gouvernements africains de restaurer la confiance des populations dans la classe dirigeante, en fonction de l’efficacité et de la transparence avec laquelle cette dernière affrontera la pandémie. La crise sanitaire est une occasion de renforcer le consensus national autour des mesures qui vont sévèrement impacter la vie politique, économique et sociale des Nations.

Le Congo Brazzaville vient, en l’occurrence, de rater le coche depuis que deux responsables d’établissements publics impliqués dans la bataille contre le covid19, ont été écartés pour détournement de fonds publics. Ce type de comportement érode la confiance des populations dans l’État et obère ses capacités à mobiliser l’aide des partenaires internationaux au moment où il en a le plus besoin.

La vigilance politique devrait rester active. Il faut certes enterrer la hache de guerre dans cette période d’incertitudes qui requière une certaine solidarité politique, mais l’opposition et la société civile doivent poursuivre leur mission de vigie de l’action gouvernementale, afin de l’améliorer continuellement au travers des critiques constructives. Elles sont appelées à attirer l’attention des dirigeants sur les paramètres oubliés de la réponse publique à la menace épidémique et sur les décisions susceptibles d’entraver le socle démocratique.

Joseph Léa Ngoula est Analyste politique.

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Le journal d un confiné

📖 La Garenne-Colombes-Vendredi 27 mars 2020: Les dernières volontés de mon père

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8H30 : Depuis la mort de Tonton Manu, je manque de souffle.

Tout cela s’est évaporé par diverses voies et les questions les plus anxiogènes assèchent mon inspiration. Si le grand Manu Dibango est resté sur le carreau alors, c’est que ce Corona ne respecte plus rien. Mon Papa a presque l’âge de Manu et est enfermé ici avec nous, à quelques pas de ce satané microbe qui semble camper au seuil de la porte. Flippant !

Ce matin il fait beau. Du moins à travers la baie vitrée, j’aperçois les immeubles de la Défense à plein nez. L’apparence phallique est renforcée par l’éclat du soleil qui darde ses rayons sur les baies vitrées de ces édifices. C’est la nuit que le spectacle est souvent sublime avec des immeubles aux allures de pénis en érection propulsant des feux d’artifice vers le ciel. Ce matin, je n’aperçois aucune animation. Très souvent, j’imagine les cadres aux cheveux ultra-gominés de ces entreprises du Cac 40 en vidéoconférence entrain de faire des présentations powerpoint en « english for french ». Apparu avec la saga de films de Le Parrain, le cheveu gominé opère son grand retour en France, plus de 30 ans plus tard. Aujourd’hui, les hommes qui osent la coupe de cheveux gominée sont encore rares. Mais plus pour longtemps.

Papa me tire de La défense avec une quinte de cette toux qui l’attaque. Sa nuit n’a pas été bonne. La toux ne lui a laissé aucun répit et des douleurs thoraciques l’ont brisé. Le plus indicible dans l’affaire, c’est quand à 3h30 du matin, vous voyez votre père en larmes implorant le Seigneur de lui pardonner ces fautes qu’il serait en train d’expier. Il tient sa poitrine côté gauche. J’ai envie de le prendre dans mes bras afin qu’il me transfère un peu de sa douleur. C’est difficile car il a « mal partout et sa peau brûle..». A mon tour d’implorer le Ciel d’opérer un miracle en partageant avec moi ses douleurs. Ma chair la supporterait bien mieux je pense.

A mon tour d’implorer le Ciel d’opérer un miracle en partageant avec moi ses douleurs. Ma chair la supporterait bien mieux je pense.

Son rythme de respiration s’accélère. Il semble chercher du souffle. Il tousse de plus belle et présente des signes de suffocation. J’ouvre grandement toutes les fenêtres. Je l’installe directement face à l’une d’elles. Le faible vent qui passe par là lui fait du bien. « Appelle ton frère… venez je veux vous parler ». « Ok papa il arrive », je lui réponds pour le rassurer. Mon cœur ne l’est pas du tout. « Alex, aucun de mes organes ne fonctionne plus… Tout mon corps semble sous l’effet des flammes. Regarde mes doigts..». « Soyez courageux…il faut tout envisager même le pire…On demande tous au Seigneur une issue favorable mais pensons aussi au pire…Tu n’aimes pas le sujet mais parlons-en mes enfants…tant que j’ai encore le souffle de vie…». Des rides ont creusé de nouveaux sillons sur son visage cette nuit, on dirait.

Je prends sa main droite dans la mienne. Je serre tendrement comme pour lui passer mon énergie. Mon frère s’est réveillé et nous a rejoint. Il sent que quelque chose de grave se passe, mais quoi ? « Guy, je ne vais pas du tout bien… ». Pendant qu’il se confie à mon frère, je suis intrigué par la rugosité de sa pomme de mains et de sa peau. Je la scrute de près. Elle s’est complètement lézardée et sa blancheur traduit une déshydratation avancée. Chaque fois que j’exerce une légère pression, il se tord de douleur. « Alex, regarde s’il n’y a pas de blessures sur cette vieille peau en décomposition ». Mon père a le sens de la formule dans la graduation de la gravité. Quand il faut des superlatifs pour décrire son mal, il est très généreux. Inversement proportionnel sans doute, à la douleur qu’il endure.

« Officier » est un dur à cuire. S’il se plaint et crie au secours, alors prenez-le au sérieux.

Je repense à l’idée de déshydratation. Je repasse en accéléré le film de la soirée. Je me souviens qu’il a décliné son repas du soir et a renvoyé à demain sa séance de massage. Et donc, il n’a pas bu de l’eau. Est-ce suffisant pour expliquer cette peau de margouillat blanc ? Et si c’était la lotion hydro-alcoolique qu’il utilise pour se nettoyer les mains à longueur de journée ? Notamment celle à forte concentration d’alcool qui est toujours posée sur la table du séjour. Papa qui fréquente assidument les toilettes pour vider son incontinente vessie, l’utilise très souvent, pour se désinfecter. Evitant du même coup la corvée d’un lavage de mains au savon, plus contraignant. Guy et moi sommes convaincus qu’il y a un lien. D’autant plus qu’après les poignets, au bras, à l’avant-bras comme à l’épaule, la peau se porte bien.

Ces derniers jours, je l’ai entendu se plaindre du ballet incessant aux toilettes chaque fois qu’il boit un peu d’eau. Nous pensons qu’il a dû boire très peu (pour éviter de devoir se lever) et est tombé en  déshydratation. Très vite, je me souviens des conseils du pharmacien la veille, quand je suis allé le consulter pour une pommade capable d’atténuer des sensations de brûlures sur la peau. Je lui ai parlé des antécédents cancéreux de papa avec ses 27 séances de radiothérapie et 6 séances de chimio. On avait un peu de temps. Les clients sont plutôt rares en cette période de confinement. Alors, il a pris le temps de m’expliquer pourquoi la perception de la soif diminue avec l’âge, augmentant les risques de déshydratation des personnes âgées. Il a insisté sur l’urgence de réagir vite, car la déshydratation peut conduire chez la personne âgée à des convulsions, voire des troubles de la conscience et même le coma.

Papa se sent de plus en plus fatigué. Avec mon frère, notre diagnostic est clair : papa est déshydraté et il faut y aller. Au pas de course, à Guy la boisson chaude à la cuisine et à moi la pommade hydratante. Mon cousin Pascal a anticipé le petit déjeuner à quatre temps avec ces recettes improbables qu’il improvise tous les jours. Je ne sais pas s’il y a un lien avec ma constipation mais je sais que cette période a révélé ses talents cachés de cuisinier. Si la crise perdure il pourra se reconvertir. Il déteste m’entendre le dire, alors je l’écris ici.

 « Tout mon corps semble sous l’effet des flammes. Regarde mes doigts.. ». « Soyez courageux. Il faut tout envisager même le pire … »

C’est comme un signe du destin. La pommade Biafine que le médecin m’a vendu hier va entrer en service. C’est la première fois en deux ans qu’on va donner un remède à papa sans lui avoir lu toute la notice. Et expliquer chaque terme « bizarre ». Sinon rien. Il m’a été dit du Biafine qu’il est indiqué pour le traitement des brûlures, des plaies superficielles non infectées après radiothérapie.

J’ai appliqué de larges couches de cette émulsion blanche et fraiche sur les parties douloureuses. Il a bu son thé avec beaucoup de volonté. Et très vite, il s’est senti mieux. Il n’en revenait pas. Il m’a arraché le tube de biafine entre les mains et la phase des questions s’est ouverte par un « Mon père, la pommade là agit au-delà de la peau pour toucher les os à l’intérieur ? Quand tu m’en parlais hier, je me disais que c’est juste une pommade de plus. Me voici qui marche, alors que toute la nuit, me tenir debout sur mes deux jambes, c’était l’enfer…! ».

06h30: La séance d’écriture des dernières volontés d’Officier est suspendue et renvoyée à une date ultérieure.

Papa savoure un moment de calme. Avant la prochaine tempête comme il dit. Je retourne m’allonger un moment. Je n’avais en fait pas pu dormir au milieu des vibrantes quintes de toux de papa. J’ai vraiment cru que c’était la fin. J’ai réalisé (peut-être enfin) que mon papa pouvait partir à tout moment. Je vais y réfléchir.

Guy regagne directement la nouvelle salle de cours improvisée dans la maison pour préparer les télé-enseignements avec ses filles. Je m’installe pour écouter la radio, cette radio qui me relie au Cameroun. ABK Matin passe depuis un peu plus d’une heure. Et alors que mes oreilles sont tournées vers Douala, mon esprit déambule ici …

Et si on parlait de la maladie de papa ?

Lui même en parle aujourd’hui comme d’autres présentent leurs décorations. « Brigadier Leupi à la retraite…A 84 ans, deux cancers et toujours debout. J’ai accepté que mon cas serve pour des études sur la maladie. Les 8 médecins blancs qui me suivent ne comprennent pas comment je suis encore debout.  Vous pouvez vous vanter ». il y a une forme de jubilation dans sa voix. Une ode à la vie.

NE PLUS POUVOIR JOUER AVEC SES PETITS-ENFANTS EST LE PLUS DIFFICILE

En fait c’est lui qui s’en vante. Nous nous contentons de remercier le Ciel pour cette grâce. Car mis à part ces moments d’atroces douleurs et cette toux qui sait tour à tour être rauque, aboyante ou comme un phoque, papa est totalement lucide et tient à assumer son rôle de Chef de clan. Autonome avec autorité de la chose jugée.

Ses deux tumeurs sont l’une aux poumons et l’autre à la prostate. Les deux tumeurs ont été jugées inopérables ou pas nécessaire à être opérées. Toujours est-il que quand une tumeur est jugée inopérable mais reste localisée au thorax par exemple, une radiothérapie est indiquée. Elle peut être associée à une chimiothérapie, comme ce fut le cas chez lui ; Généralement, c’est selon l’état de santé général du patient. Et lui a le privilège d’être de constitution très solide. Avant la dernière crise qui a nécessité une évacuation à l’étranger, il  y a un peu plus de deux ans, papa ne manquait aucune édition des « 10Km du Cœur ».

La radiothérapie est indolore sur le moment, mais elle peut entraîner un certain nombre d’effets secondaires qui apparaissent progressivement au fil des séances. Ils peuvent disparaitre habituellement quelques jours à quelques semaines après l’arrêt du traitement. Par exemple, les patients peuvent présenter une fatigue inhabituelle, une déglutition douloureuse, une toux irritante et des réactions cutanées. Lesquelles sont réduites si nécessaires avec des anti-inflammatoires. Pour des personnes très âgées comme papa, des effets peuvent se prolonger du fait de la fragilité du patient à réparer « naturellement » les agressions que son corps a subies.

La radiothérapie cause des dommages aux cellules cancéreuses, mais elle peut aussi endommager les cellules saines qui se trouvent dans la zone de traitement. Les dommages causés aux cellules saines provoquent des effets secondaires. Comme ces douleurs osseuses sur les vertèbres lombaires qui rendent la vie de Papa si pénible. Je suis arrivé avec lui en France pour revoir ses médecins. Et coronavirus s’est invité au banquet. A ce jour, tous les rendez-vous sont annulés et il n’a pas encore vu un médecin. Dans cette tragédie qui ébranle nos modes de vie et de communication, le cas de l’officier Leupi ne relève plus d’une urgence.

15h: L’enterrement de Manu et la deuxième mort d’Alain

Ce matin j’ai reçu deux messages qui ont mis en lambeaux un cœur déjà soumis à rude épreuve. Tonton Manu sera mis en terre ce vendredi dans la stricte intimité. J’ai donc une forte pensée pour la scène qui se déroule au cimetière du Père Lachaise dans le 20è arrondissement de Paris. Ce cimetière est réputé le plus grand cimetière parisien intra muros et l’un des plus célèbres dans le monde. Nombre de célébrités y sont logées. D’Oscar Wilde à Jim Morrison, de Maria Callas à Edith Piaf. Manu va y passer l’éternité aux côtés d’autres légendes comme lui.

Normalement fermé pour cause de cette vilaine pandémie, le cimetière a été ouvert sur autorisation spéciale du Préfet de Paris pour recevoir ce citoyen d’honneur.

Manu a habité cet arrondissement pendant plusieurs années. C’est là-bas, qu’a eu lieu notre première rencontre, au milieu des Années 90. Il y recevait très souvent autour d’une tasse de café, dans un Bar-Tabac situé au pied de son immeuble.

L’autre message m’annonce que mon regretté frère et ami Alain Siekappen sera incinéré le Mardi 31/ 03/2020 de 13h30 à 14h30. Le programme parvenu à la famille relève du régime militaire.

  • Mise en Bière : 13h30 Hôpital Delafontaine à Saint Denis. Suite à la réglementation gouvernementale du COVID 19 aucune présence ne sera admise à la chambre mortuaire.
  • Départ : à 14h00.
  • Crémation : 14h30 Crématorium des Joncherolles (95 rue Marcel Sembat 93430 Villetaneuse). Suite à la réglementation gouvernementale du COVID 19 aucune présence ne sera admise au crématorium.
  • Remise de l’urne au dépôt du crématorium jusqu’à nouvel ordre. Ensuite vos pourrez prendre un rendez-vous pour la restitution de l’urne avec votre pièce d’identité

L’auteur de cette littérature funèbre ne mesure pas combien ces mots sonnent pour nous Africains comme un désastre. Un non-deuil ; pire que la mort physique d’Alain, c’est la 2e mort d’Alain. Je me mets à la place de Miriam. La lecture est déchirante. Mais je n’en veux pas à l’auteur. Il fait son travail.

LE PARISIEN A CONSACRE UN ARTICLE A ALAIN

Pour les salariés de pompes funèbres, faire respecter les règles hygiéniques comme éviter les contacts, n’est pas une mince affaire auprès des familles. Le Haut conseil de la santé publique en France a préconisé de son côté que les corps des défunts soient placés dans des housses mortuaires étanches, et hermétiquement fermées avant d’être transférés en chambre mortuaire. Faute de données officielles sur la contagiosité des défunts, le secteur des pompes funèbres est nerveux.

Protégeons nos vieux. Il est déjà 20h.

J’entends déjà monter la clameur des applaudissements de ce peuple qui sait dire Merci et célébrer ses héros. Même les plus ordinaires comme le corps médical ici célébré pour son dévouement. Je repense à Manu. Et toute cette désacralisation orchestrée jadis…

Je pense à cette littérature de la connerie qui a émergé ces jours-ci sur les réseaux sociaux pour demander « ce que Manu a fait pour son pays ». Il n’aurait pas construit immeubles, conservatoires et autres restaurants, cabarets peut-être. Pourquoi pas des auberges (chambres de passe à la camerounaise) pendant qu’on y est. Ces nouveaux temples de notre cul-ture.

MANU REPOSE AU PÈRE LACHAISE

A qui viendrait en France l’idée de demander ce que « Johnny a apporté à la France » ? Même toutes ses frasques n’ont pas écorné l’image de l’idole des jeunes devenue vache sacrée de toute une nation. On n’y touche pas. C’est quoi cette dictature de la bêtise ? Nous résisterons.  En me baladant tout à l’heure sur facebook, j’ai lu des choses qui m’ont donné envie de tremper ma plume dans du vinaigre. Heureusement que sur les réseaux, on fait aussi d’improbables et jouissives rencontres comme chaque fois sur le mur d’Achille Mbembe. Son post de ce vendredi après-midi portait un passage troublant. Il écrit :

« En milieu d’après-midi, je reçois un message écrit de l’une des plus grandes agences d’information au monde. On me demande si j’accepterais de contribuer à la rédaction de l’”obituary” du Président de la République du Cameroun, Monsieur Paul BIYA. On m’explique que la requête peut paraître étrange, mais que de telles notices, écrites du vivant de l’intéressé, sont choses courantes. Je le savais. Je ne souhaite pas la mort au Chef de l’Etat camerounais. Contribuer, alors qu’il est encore vivant, à l’écriture de sa notice nécrologique ne me convient absolument pas ».

Je suis d’accord avec lui.

Dans le forum whatsapp de la rédaction d’ABK Radio, je vois passer un courrier du Président du MRC le Pr Maurice Kamto qui en clair, donne 7 jours à Paul Biya pour donner « des signes de vie » si je puis me permettre. C’est troublant tout ça.

Puis une dépêche de l’AFP indique comment en Espagne on franchit le mur de l’horreur dans les maisons de retraite. Impossible d’évacuer tous les corps. Plus de 2/3 des personnes décédées dans ce pays ont plus de 80 ans. Je pense encore à papa, mais pas seulement. Le virus tueur des vieux est impitoyable. Protégeons les nôtres.

Entre temps, la combinaison chloroquine et un antibiotique semble porteuse d’espoir.

Le Dr Raoult a fait bouger les lignes. Il revendique plus de 700 patients traités à Marseille. Lueur ou éclair d’espoir ?

Le Pr Raoult a fourni quelques détails sur le protocole qui a été appliqué aux 24 patients de son étude : « Nous avons utilisé la posologique que nous connaissons le mieux : 600 mg par jour, indique-t-il. L’hydroxychloroquine est un médicament extraordinairement toléré, qui est donné pendant 10 à 20 ans aux patients atteints de maladies inflammatoires. C’est un dérivé de la chloroquine qui est utilisée depuis 60 ans dans le paludisme. »

La chloroquine est largement fabriquée en Chine. L’usine du monde semble à l’arrêt. On va tous y passer.

La chloroquine est largement fabriquée en Chine

Publiée par le journal de l’université du Zhejiang le 6 mars, une étude chinoise s’est intéressée au cas de 30 patients atteints par le Covid-19. La moitié d’entre eux a pris de l’hydroxychloroquine, un antipaludéen dont l’utilisation fait débat en ce temps de pandémie. Après sept jours de traitement, 13 des 15 patients traités ont été testés négatifs au virus. « Pour le groupe qui n’était pas sous hydroxychlororquine, ce chiffre était de 14. Et le temps médian pour guérir était similaire pour les 30 participants, tous atteints de formes modérées. Cependant, cette étude diffère trop de celle de Didier Raoult, fervent promoteur de la chloroquine, pour créer une véritable comparaison. Par exemple, les doses d’hydroxychloroquine administrées sont plus faibles chez les Chinois. En outre, le faible nombre de participants ne permet pas de conclure. ».

Le Premier ministre Edouard Philippe de France a annoncé la prolongation des mesures de confinement pour au moins deux semaines supplémentaires. La date de la fin du confinement est donc désormais (et pour le moment) le 15 avril 2020. Il est temps que je m’achète un nouveau pantalon jean.

Un autre petit éclair d’émotion cet après-midi, un appel de mon ancien Directeur général. M. Joel Nana Kontchou prenait les nouvelles du « confiné ».

Lui, si rare en générosité m’a dit une ou deux choses sur ABK Radio qui ont valeur de compliments superlatifs. J’en étais ému. J’en ai profité pour en savoir plus sur ses activités actuelles et j’ai appris qu’il prépare un livre et de nombreux autres projets à fort impact sur les jeunes. Cela m’a fait plaisir. Il a tant d’expérience à partager. Je l’imagine d »ailleurs donnant conférences de haut niveau et séminaires pour des « Executives ».

Je reviendrai un jour sur son style de management qui a anticipé mon départ d’une entreprise pour laquelle j’aurais pu apporter encore une ou deux choses qui me tenaient à cœur. Toujours est-il que c’est l’un des esprits les plus aboutis que j’ai rencontrés dans ma vie. Il a le défaut des premiers de la classe. Ce type de camarades qui en venaient à vous énerver au lycée par la facilité avec laquelle ils captaient au premier coup les équations les plus complexes et ne comprenaient pas que vous ne compreniez pas des choses « aussi évidentes ». Ils étaient sincères et…énervants.

Avec JNK, assertivité, agilité empathique, intelligence émotionnelle sont bouffés au petit déjeuner. Ce qui consomme la force de travail du « collaborateur même le plus modèle ». On y laisse beaucoup d’énergie. Entraînant l’angoisse de ne pas être à la hauteur, une imagination peu fertile sur ce qui serait supposé plaire au chef, en somme l’antichambre du burn out. Je n’en étais pas si éloigné.

Si vous croyez que Dieu n’existe pas, regardez Boris Johnson. Seules mes valeurs chrétiennes m’empêchent de me réjouir de ce qui lui arrive.

Mais pour en revenir au flux d’informations que nous recevons.. Si vous croyez que Dieu n’existe pas, regardez Boris Johnson. Seules mes valeurs chrétiennes m’empêchent de me réjouir de ce qui lui arrive. « Au cours des 24 dernières heures, j’ai développé des symptômes bénins et j’ai été testé positif pour le coronavirus. Je me suis isolé, mais je continuerai de diriger la réponse du gouvernement par vidéoconférence alors que nous combattons ce virus« . Dernièrement, Boris Johnson a été au centre de plusieurs polémiques, refusant dans un premier temps d’arrêter de serrer la main de ses interlocuteurs puis en misant sur « l’immunité collective » face au Covid-19, avant de se raviser.

Après les applaudissements de ce soir, un épais nuage de calme couvre à nouveau le quartier. En temps ordinaire, assis à cette fenêtre, j’entends en fond sonore passer un train toutes les quinze minutes. La gare de la Garenne-Colombes n’est pas loin et le Tram 2 longe l’axe routier Défense-Pont de Bézons. On dirait que la vie s’est arrêtée dans ce pays. Et il ne donne pas l’impression de s’écrouler. L’édifice est-il aussi solide qu’il en a l’air ?.

Et ce samedi se tient au Cameroun une veillée chez la maman d’Alain à l’entrée Crtv Mballa 2 à Yaoundé. Je n’y serai pas. Je suis presque soulagé d’échapper à ce moment où il faudra bien croiser le regard de maman et lui dire quelque chose. Mais alors quoi ? Bon courage à vous Serge-Alain, Martial, Jackson, et tous les amis qui iront passer un moment avec la maman d’Alain. Alain, mort dans l’exercice de son métier.

Demain je vous parlerai de mon Manu. En tout cas j’espère trouver assez de souffle pour y arriver.

Alex Siewe

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