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⏯ JULES DOMCHE: « J’ai déjà ma carte de parti et c’est le Cameroun qui est inscrit dessus. »

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Jules Domché, Journaliste et politologue, Directeur Général de la chaîne de télévision Vox-Africa a répondu à l’appel de nos auditeurs sur ABK Radio, et a décrypté  sans langue de bois, les dernières actualités politiques nationales  avec la verve et son style sans tabou. De sa relation avec Maurice KAMTO au bilan des 37 ans du renouveau, Jule DOMCHE a refait le parcours de la dernière élection présidentielle et a livré sa position sur les interdictions des manifestations de l’opposition au Cameroun.  Voici ses réactions aux questions de Luc NGATCHA.

 SUR LE BALLET DES PERSONNALITES A NGOUACHE

Pour Ngouache, soyons moins juges et évitons de faire de la polémique autour de la décente de nos politiques sur le lieu du drame. Il faut apprendre à analyser les faits avec froideur. Je critique ceux qui sont dans l’exagération.

Si KAMTO n’y était pas allé, on allait dire qu’il n’est pas parti, maintenant, les adversaires de Maurice KAMTO ont totalement le droit de dire ce qu’ils veulent de ce qu’ils ont vu. Je crois qu’on homme politique a totalement le droit de communier avec le peuple. Il faut noter au regard de ces images foules, que depuis 1992, on n’avait pas vu une telle mobilisation, c’était exceptionnel.  Je n’ai pas été surpris par la mobilisation du Pr Maurice KAMTO KAMTO, et je crois qu’au-delà de l’Ouest, il peut faire le même effet dans les autres régions du Cameroun. Aujourd’hui il est le leader de l’opposition camerounaise et il a la faveur de la situation de prison qui a attiré les projecteurs sur lui.

A PROPOS DES MEETINGS DU MRC INTERDITS, LE JOURNALISTE ET CEO DE VOX-AFRICA EST SANS LANGUE DE BOIS.

Au sujet de l’interdiction des meetings du MRC du samedi 09 novembre à Bonamoussadi, Jules DOMCHE déclare : C’est du grand n’importe pas, dans ce pays, on vole d’incongruités en incongruités. Ça devient vraiment laçant d’en parler, je ne comprends pas l’intérêt d’interdire les manifestations du MRC à chaque fois, surtout que ces actes d’interdiction sont totalement illégaux.

Même quand on veut interdire une manifestation, je pense qu’on peut faire preuve d’un peu de hauteur, on peut habiller un peu.

Interdire une manifestation en signifiant en prétexte  que c’est parce que le bailleur des lieux n’a pas donné l’autorisation, c’est vraiment ridicule.

Ce n’est pas le rôle du préfet de vérifier si vous avez obtenu l’autorisation du bailleur d’un lieu pour organiser votre manifestation et ce n’est nulle part mentionné dans la loi. Et le prétexte de menace à la sécurité ne tient pas du tout. KAMTO était hier jeudi 07 novembre à Bafoussam, regardez la foule qui y était, il y’a eu quel débordement ? Quel trouble à la paix ? Il faut respecter la loi, force doit revenir à la loi.

SUR LE COMPORTEMENT DE L’ADMINISTRATION 

C’est vraiment regrettable qu’on en soit à ce genre de situation. Il faut que ce soit clair dans les esprits de tous. Ce qui est garanti dans la constitution du Cameroun, c’est la liberté de manifester. Ce n’est pas l’ordre public.  Les seuls cas où on peut interdire une manifestation c’est quand il y’a menace de l’ordre public, mais on ne peut pas interdire systématiquement les manifestations de l’opposition. Les préfets et les sous-préfets sont aussi là pour organiser la sécurité de leur territoire et permettre que la liberté s’exprime, parce que c’est cela qui en fin de compte est garanti.

Il faut arrêter de prendre des décisions qui vont à l’encontre de la constitution.

Je ne sais pas quel est le but de ces manœuvres du régime ; parce qu’il devient à limite ridicule à mon sens.  Il y’a un peu de malice dans cette façon de faire, mais c’est même une malice maladroite.

Je comprends le contexte, les gouverneurs et préfets sont sous pression, eux même ils ne savent pas à quel saint se vouer,  mais je pense que chacun doit à un moment donné faire preuve d’un  peu de fierté.

Regardez ce qui s’est passé à Ebolowa, un sous-préfet qui autorise et interdit la même manifestation.

A Douala, le sous-préfet de Douala 5 et le préfet interdisent aussi une autre manifestation du MRC. Ça donne un sentiment regrettable. Quel est vraiment le but recherché par ces autorités. Vraiment ça va dans tous les sens.

Regardez ce qui s’est passé en France avec les Gilets Jaunes, même au plus fort de la violence et les manifestations qui ont duré plusieurs mois, à aucun moment il n’est venu d’interdire les manifestations en France. C’était impossible, pourquoi, parce que la liberté de manifester est un fondamental.  

Je pense que le comble du ridicule, on l’a franchi à Yaoundé avec l’interdiction Mardi 05 Novembre, de la conférence de Presse de Christian PENDA EKOKA, à la Fondation Muna. Il faut que les gens arrêtent de ridiculiser notre pays. J’ai du mal à comprendre l’argument du sous-préfet de Yaoundé 1er pour interdire une conférence de presse dans une petite salle .Vraiment, On touche le fond, il faut qu’on arrête.

SUR LA NEUTRALITE DU JOURNALISTE

Je n’ai pas peur qu’on me taxe de journaliste de l’opposition.

Donnez-moi tous les noms que vous voulez. J’ai toujours été critique et pas seulement à l’égard de ce régime. Et à ceux qui parlent de neutralité du journaliste, il faut vraiment arrêter ce fantasme. Le journaliste doit être neutre par rapport à quoi ? Vous pensez que le journaliste est un extra-terrestre ? Ce n’est pas un être humain qui a des avis et ses émotions? La neutralité axiologique n’est pas possible, mais je demande aux journalistes d’observer l’équilibre et moi, je dois avoir l’honnêteté intellectuelle de donner la parole à ceux qui ne pensent pas comme moi, et me rassurer de l’équilibre.    Moi je fais des chroniques et dans mes chroniques, je prends position.

Si chaque fois que vous dites que ça ne va pas, on doit vous taxer de journaliste de l’opposition, Appelez-moi, journaliste de l’opposition, je suis totalement d’accord avec ça.  

Si chaque fois que vous dites que ça ne va pas, on doit vous taxer de journaliste de l’opposition, Appelez-moi, journaliste de l’opposition, je suis totalement d’accord avec ça.  

JULES DOMCHE FAIT LE BILAN DES 37 ANS DE BIYA AU POUVOIR

 Rien que le fait d’entendre que Paul BIYA a fait 37 ans au pouvoir, ça me donne des ulcères d’estomac.

Je n’ai aucune raison de faire un bilan positif des 37 ans de règne du renouveau. Si on cherche bien, on va trouver des choses qui ont été faites, mais malheureusement tellement de choses n’ont pas été faites.

Quand je vois ce que ça coute d’être Chef d’Etat à d’autres président, je me dis : Si vous faites 37 ans à la tête d’un Etat, il y’a un problème c’est que vous ne travaillez pas et vraiment ça me désole énormément.

Il ne faut pas qu’on pense que le Cameroun est la propriété de M. Paul BIYA et ses affidés. Le Cameroun nous appartient tous.

Il faut qu’on évite de franchir la ligne rouge. Le président Paul BIYA malgré ses 37 ans de pouvoir peut encore soigner sa sortie. Le Président Paul Biya est le premier Responsable du désastre que nous vivons au Cameroun. Il ne doit pas être premier seulement quand ça l’arrange, quand c’est bien. Il doit aussi être premier quand c’est mauvais, c’est lui le responsable.  

SA RELATION AVEC MAURICE KAMTO ET D’AUTRES OPPOSANTS

Je n’ai aucune honte à affirmer une quelconque proximité je que j’ai avec Maurice KAMTO. Je le connais très bien. Je l’ai connu à l’université et nous avons gardé de très bon rapport.  ù

Je ne vais pas renier mes amis pour célébrer ceux qui ne le sont pas.  

C’est pourquoi lors de l’élection présidentielle, je me suis mis en retrait.  Je connais aussi très bien Cabral Libii, mon ancien collègue, Joshua Osih est un ami personnel, et Valséro est un frère, un ami avec qui j’ai commencé la radio. Il est évident que nos points de vue nous rapprochent et ce sont toutes, des personnes qui me sont proches, donc vraiment arrêtez de nous faire ce procès, nous sommes des êtres humains, arrêtons de fantasmer.  Les gens me demandent d’avoir peur d’affirmer mon amitié avec Valséro. Et pourquoi je dois le faire ? J’aime et j’apprécie ce qu’il fait depuis des années. Donc je dois le voir dans la rue et l’embrasser, ensuite venir sur le plateau dire que je ne le connais pas ? Il faut arrêter ça.

SUR LES ELECTIONS AU CAMEROUN

Pour l’élection présidentielle passée, la seule certitude que j’ai, c’est qu’il y’a eu des fraudes à l’élection du 07 octobre.  Mais je suis incapable de dire ou d’évaluer l’impact de cette fraude sur les résultats de l’élection. C’est une élection où chacun a eu ses chiffres. Le problème c’est que les règles du jeu sont viciées. Il faut définitivement régler cette question.

Si BIYA reste 50 ans au pouvoir et que c’est le fruit de la volonté de la majorité des camerounais, je n’ai pas de problème avec cela. Le problème c’est que les règles du jeu sont biaisées et les résultats ne sont pas les reflets de la volonté populaire.   

SON ADHESION A UN PARTI POLITIQUE

 Je n’ai aucunement l’ambition de militer dans un parti politique. Je milite à ma manière et   Je n’ai pas besoin de militer dans un parti politique pour changer les choses.  

Tout le monde n’est pas obligé d’être Cablal Libii, Maurice KAMTO, Joshua Osih. Ma carte du parti est dans mon cœur et dans ce que je fais au quotidien, on ne peut pas m’imposer  de prendre une carte. J’ai déjà ma carte de parti et c’est le Cameroun qui est inscrit dessus.

Merci Jules DOMCHE

C’est moi qui vous dis merci, à bientôt.

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