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⏯DRAME: « Le meurtrier qui était l’enseignant de ma fille de 23 ans a écopé de 20 ans de prison, mais ne regrette rien! »

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Le 11 Novembre 2019, le verdict a été rendu à la cour d’appel du littoral . Armand TANKOUA qui a reconnu avoir étranglé Ines KAMGA à mort écope de 20 ans de prison et 20 millions de FCFA de préjudices à reverser à la famille, mais, le coupable semble ne rien regretter.

L’intégralité de l’entretien accordé à ABK Radio par M. Monkam est à écouter ci dessous:👇🏽👇🏽👇🏽

Pour le reste, c’est le regard perdu et les yeux larmoyants que M. Christophe MONKAM KAMGA arpente les couloirs pour rejoindre le studio d’ABK RADIO ce mercredi 13 Novembre 2019. L’ingénieur en télécommunications et père de 05 enfants (désormais au nombre de 04) , y a été invité par l’équipe d’ABK matin pour partager son témoignage, à la suite du verdict que vient de rendre la Cour d’Appel du Littoral, au sujet de l’assassinat de sa fille. Malgré l’émotion qui se dessine sur son visage, cet ingénieur de télécoms, la cinquantaine sonnée et tout de noir vêtu, nous confie ceci:

« Je ne suis plus le même depuis le décès d’Inès, mais j’ai accepté vous raconter l’histoire parce que beaucoup de jeunes doivent être sensibilisés»

Les faits…

Le 08 décembre 2015, M.MONKAM employé au centre technique de  la CRTV logbessou qui a l’habitude de déposer sa fille Inès âgée de 23 ans au campus et la transporter une fois les cours terminés, passe un coup de fil à cette dernière pour savoir à quel moment il pourrait passer ; Malheureusement, le téléphone sonne dans le vide. En bon père, il décide de se rendre dans la classe de sa fille qui est titulaire d’un Master en Plans et Projets et c’est là que ses camarades lui apprennent qu’elle s’est déplacée vers 12h avec son téléphone disant qu’elle va faire une transaction financière. Normal, puisque son papa qui ne se doute de rien aperçoit son sac posé sur la table. L’inquiétude commence lorsque malgré les coups de fil à répétitions, personne ne répond. C’est à ce moment qu’il soupçonne quelque chose d’anormal et alerte les forces de sécurité.

Alors que les recherches sont lancées, M.MONKAM qui ne cesse d’appeler sa fille dans l’espoir de la voir décrocher reçoit un message qui stipule : 

« Papa, je suis à Kotto et il y a un Monsieur avec moi. J’ai volé le téléphone pour t’écrire et j’ai peur qu’il me fasse du mal.»

Pendant qu’il se précipite à rappeler, pas de réponse. Il décide de se rendre au Commissariat à Logbessou  pour qu’une équipe entame les fouilles.

C’est alors qu’il est approché par un jeune homme robuste et sportif d’environ 1,94 mètre qui se propose de l’aider. A aucun moment, il ne soupçonnera que ce dernier est l’assassin de sa fille. Les alertes sont lancées, mais s’avèrent infructueuses puisque la famille Monkam passera la nuit sans Inès.

Le pot aux roses

On est très tôt le lundi matin, et M.Monkam reçoit le coup de fil du commissaire, l’invitant à se rendre au carrefour Kotto dans l’arrondissement de Douala 5e et c’est là qu’il rencontrera une foule de personnes massée qui regardent vers la même direction. Il se précipitera et tombera face à face avec le corps d’une fille ; c’est celui d’Inès puisqu’il reconnait les tresses rastas qu’elle avait sur la tête. Déboussolé, il trouvera le courage d’appeler son épouse en ce moment là en mission dans la ville de Dschang pour lui dire que leur fille Inès  a été retrouvé, mais est blessée et qu’elle devrait éteindre son téléphone juste après l’appel pour éviter d’être embêtée. Evidemment pour ne pas l’ alarmer.

Il se rendra à la morgue pour remplir les formalité de dépôt du corps à la morgue et, retournant chez lui, il rencontrera à nouveau ce jeune homme qui l’aidera même à classer les chaises à son domicile pour recevoir les proches venus pour les cérémonies funéraires, tout en le consolant.

Le suspect mis à nu

C’est au fil de l’enquête que les fins limiers de la police découvrent des indices qui feront du jeune homme âgé alors de 27 ans et qui se proposait d’aider M. Monkam le suspect numéro un et un peu plus tard, le coupable de ce meurtre. Il sera localisé et interpellé, avec en sa possession le téléphone de la victime.

Il est rapporté qu’au cours de l’interrogatoire, il a été demandé au jeune homme d’ôter sa chemise. Ne pouvant plus se cacher avec des marques de griffures visibles sur la poitrine, il avouera les faits:

« Depuis 08 jours, je voulais me débarrasser d’elle… pour réussir mon coup, j’ai appelé Inès lui disant de venir chercher des documents chez moi et une fois à la maison, je lui ai demandé de s’asseoir, c’est là que je l’ai étranglée. Voyant sa langue tombée et croyant qu’elle était morte, j’ai voulu lâcher prise et elle a envoyé sa main pour me griffer (ce qui a été vérifié sur les doigts de la victime) et c’est là que j’ai continué à serrer…Je l’ai tuée à 12h 45, brisé ensuite ses articulations avant d’emballer son corps dans un sac de voyage. Je suis allé dispenser mes cours au campus de 14h à 19h avant de revenir récupérer le sac de voyage contenant son corps et le déposer au carrefour Kotto »

Images et souvenir effroyables…

Pour Monsieur Monkam, les souvenirs restent vivaces et douloureux: «je ne comprenais pas en faufilant dans la foule, j’ai vu quelqu’un étalé par terre dans un drap blanc,  j’étais loin de penser que c’était ma fille, sauf que je l’ai reconnue par ses rastas. Elle était emballée dans un sac, puis étalée au sol. C’est un bon samaritain qui a recouvert son corps à l’aide d’un drap. C’était très difficile, je ne l’ai pas reconnue parce qu’elle était abimée, parce qu’elle avait le cou cassé. »

 Famille brisée…Avenir sombre

Diplômée d’un master en Plans et Projets, Ines KAMGA devait voyager pour le canada dans les deux semaines qui suivaient son décès. Elle était l’espoir de sa famille, celle qui devait aider ses cadets à réussir.

Armand Tankoua, l’assassin est connu comme encadreur d’Inès et son père soutien qu’elle était bien éduquée et ne pouvait céder facilement à un homme. Ce que son encadreur n’aurait pas digéré. Ce qui lui fait le plus mal, c’est ce qu’il appelle le manque de compassion du camp d’en face.

« A aucun moment l’assassin ne m’a approché pour dire qu’il regrettait l’acte qu’il a posé, ni même sa famille. Au contraire, il me nargue à chaque fois qu’on se voit au tribunal et tellement ma femme ne supporte pas cet état de choses qu’elle n’y va plus »

Il conclut en disant : « Le verdict a été rendu le 11 Novembre et j’ai encore 08 jours pour aller en cassation, parce que 20 ans pour moi c’est insuffisant ; c’est après la réunion de famille que je serai fixé. Il faut qu’il soit véritablement puni. Si j’ai un conseil à donner aux jeunes, c’est de ne jamais aller seul à un rendez-vous. Surtout informez vos proches quand vous vous déplacez »

Avec l’aide d’ABK Radio, monsieur Monkam a été mis en contact avec un psychologue pour suivi.

Mireille CHIMI

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