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đŸ”” LE REGARD DE JULIO: Qui veut tuer l’Ă©cole avec les violences en milieux scolaire?

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Les pouvoirs publics semblent dépassés par les agressions qui se multiplient dans les lieux de dispensation de savoir et de savoir-vivre.

Une fois de plus, et peut ĂȘtre de trop, la recrudescence de la violence  dans nos campus scolaires prend des galons. Aie mon pays ! Cette fois ci, c’est un enseignant qui en a fait les frais. Le mercredi, 15 janvier 2020, il n’y avait de place que pour cette tragĂ©die survenue au LycĂ©e classique de Nkolbisson, dans le septiĂšme arrondissement de la ville de YaoundĂ©. Qu’est ce qui a poussĂ© le jeune B.B.N Ă  attenter Ă  la vie de son jeune professeur de mathĂ©matiques, Boris Kevin Tchakounte Njomi (26 ans). On s’interroge, on se questionne.

Ohh mon dieu ! La veille, l’enseignant en cours d’intĂ©gration Ă  la Fonction publique a Ă©tĂ© mortellement poignardĂ© par son Ă©lĂšve. Sur les circonstances du drame, on rapporte aprĂšs des versions contradictoires, une altercation entre le professeur et le jeune homme, au terme de laquelle l’élĂšve a sorti un couteau de son sac pour poignarder Ă  deux reprises l’enseignant avant de prendre la fuite et rattrapĂ© par la suite. Au cƓur de la dispute, un problĂšme de notes.

Ce qui choque dans tout ça, c’est la sortie du ministre de tutelle. Papa God Ă©loigne-nous des tĂ©nĂšbres. Dans une sortie que certains apprĂ©cient sĂ©vĂšrement, la Ministre des Enseignements Secondaires a tentĂ© de rassurer la communautĂ© des enseignants sur la diligence de l’enquĂȘte. Mme Nalova Lyonga a indiquĂ© entre les lignes que ce fonctionnaire en dĂ©but de carriĂšre est mort dans un Ă©tablissement de YaoundĂ© alors qu’il aurait dĂ» se trouver Ă  son poste d’affectation, Panke-Njindoum, dans le dĂ©partement du Noun, Ă  l’Ouest. Ce qui ajoute un problĂšme administratif Ă  l’insĂ©curitĂ© dĂ©criĂ©e. Ce dĂ©tail pourrait-il expliquer ce qui est arrivĂ© ? Selon certaines indiscretions, il y exerçait depuis deux ans comme professeur de mathĂ©matiques et son comportement n’était pas particuliĂšrement diffĂ©rent de celui des autres enseignants de l’établissement. Alors, comment le dĂ©linquant a-t-il dissimulĂ© un couteau sous sa tenue pour entrer dans le campus et commettre son forfait comme il l’avait programmĂ© et dit Ă  ses camarades ?

Un constat gĂ©nĂ©ral est que les mesures de sĂ©curitĂ© ne sont pas rigoureuses dans et autour des Ă©tablissements scolaires. Pas de camĂ©ra de surveillance (y a un simulacre au LycĂ©e Bilingue de Deido consĂ©quence du dĂ©cĂšs de l’élĂšve BlĂ©riot ), insuffisance criarde du personnel d’encadrement. Il y a longtemps que l’Etat ne recrute plus cette catĂ©gorie de personnel. La fouille des Ă©lĂšves est occasionnelle, mĂȘme si le butin est effarant : un chef d’établissement secondaire a rĂ©cemment fait le buzz en prĂ©sentant aux camĂ©ras le sac de poignards qu’il dit avoir confisquĂ© aux enfants, en une seule descente inopinĂ©e dans les classes. Au plus fort de la lutte contre la menace terroriste de Boko Haram, les Ă©tablissements scolaires avaient Ă©tĂ© contraints d’acquĂ©rir des dĂ©tecteurs de mĂ©taux. Au Cameroun, les lois sont toujours de vĂ©ritables loisirs. La psychose passĂ©e, l’usage est devenu alĂ©atoire. Pour ne rien arranger, les enfants sont entassĂ©s dans les salles de classe comme des sardines de sorte que mĂȘme l’enseignant le plus rigoureux ne peut circuler pour contrĂŽler ce que font les uns et les autres.

Dans cette promiscuité qui renforce la nervosité des acteurs, certains usent de complicités extérieures et du silence complice des camarades, pour brouiller les vecteurs de la sécurité. Entre eux déjà, les bagarres se gÚrent avec des lames de rasoir dissimulées dans les boßtes de géométrie, les compas, le matériel de travail manuel et de nombreux objets contondants.

Nombre d’élĂšves trafiquent et vendent la drogue, sous le regard complice des parents qui viennent souvent au lycĂ©e plaider pour que les dĂ©linquants ne soient pas exclus. Pour de nombreux enseignants qui ont commentĂ© l’incident, c’est la faute du systĂšme. Ils pointent un doigt accusateur sur une mauvaise promotion des droits des enfants, avec ces multiples textes, instances et organismes qui, ces derniĂšres annĂ©es, donnent l’impression de travailler pour leur Ă©mancipation. « Nos Ă©coles sont truffĂ©es d’assassins et de tueurs sans scrupules », regrettent d’aucuns, qui parlent d’une fragilisation de l’autoritĂ© des enseignants par des gens qui n’hĂ©sitent pas Ă  les maltraiter ou Ă  leur porter plainte devant des juridictions aux ordres. Beaucoup regrettent « la dĂ©ification » des Ă©lĂšves.

LE TABLEAU NOIR DE L’ECOLE

– 20 novembre 2018 : Un commandant de Brigade et son Ă©pouse dĂ©barquent au LycĂ©e de Mayo-Oulo et bastonnent sĂšchement le Surveillant GĂ©nĂ©ral.  Son crime :  » Un groupe d’élĂšves a Ă©tĂ© consignĂ© pour mettre la propretĂ© au lycĂ©e. La fille du commandant, Ă©tait dans le groupe. Elle a refusĂ© de s’exĂ©cuter. Ce qui est plus grave, c’est qu’elle s’est saisie d’une machette pour agresser le surveillant. MĂ©contente de la punition qui lui a Ă©tĂ© infligĂ©e, elle est allĂ©e appeler son papa au secours».

– 19 septembre 2019 : Louisette Teualen, enseignante en classe de CE2 Ă  l’école publique du « Garage Militaire » Ă  Bafoussam, est prise Ă  partie par un militaire. Pour cause, celle-ci a puni son fils pour devoirs non faits.

– 22 octobre 2019 : Le Proviseur du lycĂ©e bilingue d’EbonĂ©, Adolf TAMBE, et sa fille sont agressĂ©s. Son crime : « d’aprĂšs des sources, tout serait parti du discours tenu lundi par le proviseur lors du rassemblement, fustigeant la violence au sein de l’établissement par des Ă©lĂšves exclus qui envahissent le lycĂ©e et agressent leurs ex-camarades. A en croire la mĂȘme source, les prĂ©sumĂ©s agresseurs seraient des anciens Ă©lĂšves exclus du lycĂ©e pour « indiscipline aggravĂ©e ». Le proviseur dit d’ailleurs avoir reconnu l’un de ses agresseurs. AprĂšs vĂ©rification des documents administratifs, les soupçons ont Ă©tĂ© portĂ©s sur l’élĂšve exclu Pichou Mouandjo ».

– 5 novembre 2019 : Un gendarme tabasse copieusement les responsables du lycĂ©e bilingue de Bonassama dans le littoral. Il accusait les responsables dudit Ă©tablissement d’avoir violentĂ© sa fille. En rĂ©alitĂ©, cet homme en tenue est arrivĂ© Ă  l’établissement en compagnie de sa fille inscrite en classe de terminale. Selon le rĂšglement dans cet Ă©tablissement, chaque Ă©lĂšve qui arrive en retard est obligĂ© de laisser son sac auprĂšs d’un responsable. Une fois que cela est fait, l’élĂšve franchit le portail en courant jusqu’à rĂ©cupĂ©rer son sac avant d’entrer en classe en course. Le papa de la jeune n’a pas acceptĂ© que sa progĂ©niture soit traitĂ©e de la sorte. Il s’en est pris violemment aux Responsables de l’Ă©tablissement en signifiant qu’étant gendarme, il ne peut pas accepter que sa fille soit ainsi traitĂ©e.

– 14 janvier 2020 : TragĂ©die au LycĂ©e de Nkolbisson. L’enseignant de mathĂ©matiques NJONI TCHAKOUNTE Maurice est assassinĂ© par son Ă©lĂšve dans des circonstances qui restent Ă  Ă©lucider.                                                                                                                                                   -15 janvier LycĂ©e de Massagam dans le Noun, un Ă©lĂšve blesse son camarade avec Ă  lame de rasoir                                                                                                                                                          -16 janvier lycĂ©e d’Akwa Nord Ă  Douala un Ă©lĂšve menace avec un poignard son camarade de classe.

Le ver est vraiment dans le fruit et il faut l’extirper. Combien de morts faut-il encore compter pour que les autoritĂ©s en charge de l’Ă©ducation comprennent qu’il faut agir ?    

A chacun son avis.

JULIO STONY         

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đŸ”” Opinion-Charles MONGUE-MOUYEME: « La FĂ©cafoot c’est le Cameroun en miniature, pas de quoi en ĂȘtre scandalisĂ©! »

Charles Mongue-Mouyeme est un observateur averti de la scĂšne footbalistique du Cameroun.

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1- Causez toujours, nous on avance

Je suis Ă©tonnĂ© que les gens soient si scandalisĂ©s par ce qui se passe Ă  la FECAFOOT. Quand comprendrons-nous que le foot est la meilleure vitrine du Cameroun? Cette vitrine ne montre que ce qu’est devenu notre pays! Oui, la FECAFOOT, c’est le Cameroun en miniature. Tenez, vous souvenez-vous que des consultations avaient Ă©tĂ© lancĂ©es rĂ©cemment pour savoir ce que l’opposition et la sociĂ©tĂ© civile avaient comme propositions pour le calendrier Ă©lectoral? La tendance gĂ©nĂ©rale qui s’Ă©tait dĂ©gagĂ©e de cette large concertation Ă©tait que les sĂ©natoriales se dĂ©roulent aprĂšs les municipales et les lĂ©gislatives. Qu’est-ce qui a Ă©tĂ© fait par ceux qui dirigent? Eh bien, n’est-ce pas ce que la FĂ©dĂ© a reproduit?

2- Combien coûtent vos consciences?

La candidate Ă  la prĂ©sidence de la FECAFOOT a portĂ© plainte contre des dĂ©lĂ©guĂ©s Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la FĂ©dĂ© du 19 juin 2013 pour, dit-elle, abus de confiance. Elle explique que des membres du comitĂ© exĂ©cutif sont allĂ©s la voir pour lui dire que, en raison du blocage des comptes de la FĂ©dĂ©, les dĂ©lĂ©guĂ©s venus des rĂ©gions sont sans abris Ă  YaoundĂ©, et n’ont rien Ă  manger. Grand cƓur, elle a donc donnĂ© de l’argent (20 millions de francs CFA environ), pour leur venir en aide. « J’ai agi en mĂ©cĂšne », dĂ©clare-t-elle dans une interview diffusĂ©e Ă  la radio. Seulement, aprĂšs les « élections », elle exige que son argent lui soit remboursĂ©, et porte donc plainte pour abus de confiance. DrĂŽle de mĂ©cĂšne qui attend une contrepartie, n’est-ce pas? Mais quelle contrepartie attendait-elle?

Eh bien, c’est le « secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral » de la Ligue de Football du Littoral qui apportera la rĂ©ponse dans une autre interview qu’il accorde Ă  une radio, aprĂšs avoir Ă©tĂ© relaxĂ© du SED (SecrĂ©tariat d’Etat Ă  la DĂ©fense) oĂč il Ă©tait interpellĂ©, suite au remboursement effectuĂ© par le « nouveau prĂ©sident » de la Ligue du Littoral. Cet argent, avoue-t-il, Ă©tait destinĂ© aux dĂ©lĂ©guĂ©s des rĂ©gions, dans le cadre du « lobbying » des Ă©lections. En français facile, il s’agissait d’acheter les votes des dĂ©lĂ©guĂ©s en faveur de la candidate.

Cela ne vous rappelle-t-il pas les sacs de riz et de maquereau, les billets de banque qui sont distribuĂ©s aux populations Ă©lectrices lors des consultations Ă©lectorales de la scĂšne politique au Cameroun? L’achat des votes et des consciences, pourtant interdit par les lois du pays, est un sport trĂšs pratiquĂ© au Cameroun. ImpunĂ©ment! Le foot, notre vitrine, ne fait que l’exposer. Pouah!

3- Qui est la créature de qui?

Le culte de la personnalitĂ© a atteint les sommets. MĂȘme privĂ© de libertĂ©, le prĂ©sident sortant de la FĂ©dĂ© Ă©tait obligĂ© de se prĂ©senter Ă  « l’Ă©lection », parce qu’aucun de ses sujets ne s’estimait avoir assez de carrure pour s’asseoir sur son trĂŽne. Des magistrats supposĂ©s de haut vol torpillent allĂšgrement le droit, des responsables d’organismes internationaux donneurs de leçons de bonne gouvernance Ă  nos rĂ©publiques dites « bananiĂšres » prennent part Ă  des sortes d’orgies de corruption Ă  ciel ouvert, des jeunes gens hypothĂšquent ce qu’il leur restait de crĂ©dibilitĂ© et donc leur avenir, pourvu que leur dieu leur maintienne sa « bĂ©nĂ©diction ». On ment Ă©hontĂ©ment, on tronque le savoir scientifique, on s’humilie publiquement, on pose des actes suicidaires, pour cĂ©lĂ©brer celui qui est devenu un vĂ©ritable gourou. Oui, au niveau oĂč se trouve notre foot, ces gens qui semblent avoir subi un lavage de cerveau, affirment, pince-sans-rire, que le football se porte bien au pays de MbappĂš LĂ©pĂ©! C’est fou!

Tenez, mais c’est vrai qu’au Cameroun, il y a des hommes qui sont les crĂ©atures d’autres hommes! C’est vrai que des docteurs en doctorats et autres « élites » n’ont aucune retenue Ă  aller dans les mĂ©dias affirmer que le Cameroun se porte trĂšs bien aujourd’hui. C’est vrai que le prĂ©sident du SĂ©nat au Cameroun peut nommer un SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral, et ce dernier se retrouve Ă  remercier plutĂŽt Son Excellence 
 Oui, c’est vrai qu’en 2013, il se trouve des esprits trĂšs Ă©clairĂ©s qui demandent dĂ©jĂ  au Chef de l’Etat de se reprĂ©senter Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 
2018!

Le foot vient encore d’Ă©taler Ă  la face du monde les cimes de l’ubuesque que notre pays a atteint aujourd’hui avec le culte de la personnalitĂ©. OĂč sont nos psys pour diagnostiquer cette maladie peu ordinaire? SOS!

4- « Observateurs ndolÚ »

Chaque fois qu’il y a des Ă©lections « politiques » au Cameroun, on nous annonce l’arrivĂ©e d’observateurs internationaux, et le pouvoir en place en parle Ă  satiĂ©tĂ©, pour utiliser ces prĂ©sences « neutres » comme gage de la transparence du scrutin. Et Ă  la fin du vote, ces observateurs recherchent les micros et camĂ©ras des mĂ©dias pour accorder des interviews dans lesquelles ils affirment tous, comme une leçon bien apprise, que « les Ă©lections se sont bien dĂ©roulĂ©es dans l’ensemble, malgrĂ© quelques irrĂ©gularitĂ©s qui ne peuvent pas entacher le rĂ©sultat final ». Ces dĂ©clarations sont reprises en boucle dans tous les mĂ©dias, pendant plusieurs jours, en tout cas suffisamment longtemps pour noyer les plaintes de l’opposition relativement Ă  l’organisation du scrutin. Et certain porte-parole peut alors monter au crĂ©neau pour « dĂ©montrer » le caractĂšre irrĂ©prochable des Ă©lections, « d’ailleurs relevĂ© par la communautĂ© internationale qui a tout observé ».

Que croyez-vous que les envoyĂ©s spĂ©ciaux de la FIFA ont fait le 19 juin dernier au sortir de « l’Ă©lection » Ă  la FECAFOOT? Eh bien, la mĂȘme chose. Ils se sont volontiers prĂȘtĂ©s aux interviews, pour dĂ©clarer qu’ils ont assistĂ© Ă  une Ă©lection correcte, malgrĂ© quelques rĂ©criminations qui ne manquent jamais en pareille circonstance. Et que croyez-vous que les dirigeants de la FĂ©dĂ© ont fait d’autre que de prĂ©senter ces interviews dans les mĂ©dias comme caution Ă  la transparence et Ă  la crĂ©dibilitĂ© du « scrutin ».

Le Cameroun est bien l’un des champions du monde la corruption, et il n’est pas jusqu’aux Ă©trangers (mĂȘme venant des pays « civilisĂ©s ») qui ne s’y piquent quand ils s’y frottent. La crise du foot camerounais agit donc comme un rĂ©vĂ©lateur puissant. Vous avez dit « observateurs ndolÚ »?

Charles MONGUE-MOUYEME
21 juin 2013

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đŸ”” Dr Richard Makon: « A l’Ă©cole, j’Ă©tais nul, mĂ©diocre, un Ă©lĂ©ment perturbateur, un enfant nuisible »

Voici l’histoire ahurissante des anciens bulletins de notes de Richard Makon livrĂ©s Ă  ses Ă©tudiants. Richard Makon est Docteur / PhD en Droit International, Expert/Consultant en Droit des investissements et Leadership.

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Le commun des mortels croit dur comme fer que lorsqu’on est Docteur, a fortiori enseignant d’universitĂ©, cela signifie qu’on est intelligent, et surtout que notre titre de Docteur dans une discipline donnĂ©e sanctionne un parcours brillant.

« Nombreux d’entre les titulaires de doctorat, et moi le premier, sont de grands « forceurs »

C’est une grave mĂ©prise, car en rĂ©alitĂ© devenir Docteur est moins une question d’intelligence que de rĂ©sistance et de persĂ©vĂ©rance. Nombreux d’entre-nous, et votre humble serviteur le premier, sont de grands « forceurs » (des forçats mĂȘme peut-ĂȘtre), que la grĂące de Dieu et une faible dĂ©termination ont sauvĂ© des voies de la perdition.

TrĂšs peu sont des Docteurs et universitaires qui ont eu un parcours brillant (il y en a Ă©videmment, j’en connais quelques rares), il n’y a qu’Ă  voir l’Ă©tat de nos productions, de nos activitĂ©s, de nos institutions, de nos pays et du monde pour s’en convaincre ! Notre pays et le monde se portent mal en grande partie Ă  cause de nous. Et je prends humblement et en responsabilitĂ© toute ma part dans ce dĂ©sastre.

Mes étudiants, eux aussi, le pensaient. Il faut dire que beaucoup de mes collÚgues ne les ont pas vraiment aidé dans ce sens.

Mais mal leur en a pris, les pauvres. Il y a quelques semaines j’ai prĂ©sentĂ© quelques uns de mes bulletins de notes Ă  mes Ă©tudiants de Master. Des bulletins de 1Ăšre et Terminale, et des relevĂ©s de notes de 1Ăšre annĂ©e jusqu’Ă  l’annĂ©e de DEA. J’ai failli causer un sĂ©isme.

Voici quelques uns des constats les plus saillants qu’ils ont fait aprĂšs un examen minutieux du « prĂ©cieux sĂ©same » :

1- J’ai redoublĂ© Ă  trois (03) reprises (ce qui reste du moins une statistique honorable),

2- Je n’ai jamais eu « le malheur » d’ĂȘtre 1er de ma classe (ce qui est un exploit que beaucoup m’envient),

3- J’ai Ă©tĂ© le champion incontestĂ© des 10 et 11 de moyenne (toujours combattu par mes camarades mais jamais abattu ni dĂ©trĂŽnĂ©),

4- J’ai battu tous les records des heures d’absence, de corvĂ©es, et emportĂ© de haute lutte le prix du plus grand nombre de mise Ă  pied en un trimestre en classe de 1Ăšre (je suis certain de n’avoir pas Ă©tĂ© dĂ©trĂŽnĂ© jusqu’Ă  ce jour),

5- J’ai bĂ©nĂ©ficiĂ© du rare privilĂšge d’ĂȘtre le rat de laboratoire de toutes les expĂ©rimentations des commentaires d’enseignants sur un bulletin : « nul, mĂ©diocre, affligeant, dĂ©sespĂ©rant, Ă©lĂ©ment perturbateur, enfant nuisible, Ă©lĂšve Ă  exclure dĂ©finitivement, individu dangereux et hostile Ă  l’autorité », etc. (et j’ai gardĂ© les plus trash),

6- Je suis subitement et bizarrement devenu « intelligent » à partir du DEA (je trompe mon monde).

« il n’y a pas d’enfant irrĂ©cupĂ©rable dans une famille ou une sociĂ©tĂ©, juste de pauvres diables mal orientĂ©s, mal encadrĂ©s ou sans motivation particuliĂšre »

À la fin de cet exercice, j’ai expliquĂ© Ă  cette belle jeunesse « choquĂ©e » par ces rĂ©vĂ©lations que rien n’est figĂ© dans la vie d’un ĂȘtre humain, et que tout peut arriver, tout peut changer, Ă  tout moment, il suffit juste d’y croire :

  • d’abord parce que si l’on croit en Dieu et en soi, et si l’on travaille dur, on peut devenir Ă  tout moment une meilleure version de soi-mĂȘme,
  • ensuite parce qu’il n’y a pas d’enfant irrĂ©cupĂ©rable dans une famille ou une sociĂ©tĂ©, juste de pauvres diables mal orientĂ©s, mal encadrĂ©s ou sans motivation particuliĂšre,
  • enfin parce que l’Ă©chec est le sillon sur lequel bourgeonne le succĂšs, et les Ă©checs bien compris d’aujourd’hui nous prĂ©parent aux grandes rĂ©ussites de demain!

C’est assurĂ©ment la meilleure introduction de cours qu’il m’ait Ă©tĂ© donnĂ© de faire depuis que j’ai cette grĂące d’enseigner.

J’ai Ă©tĂ© le 1er enseignant qui n’Ă©tait pas 1er de toutes ses classes. J’ai Ă©tĂ© le tout 1er enseignant, pour ces jeunes, Ă  se fĂ©liciter de ses nombreux Ă©checs, et Ă  leur montrer qu’avec de la volontĂ©, de la foi, du travail, du courage, de la persĂ©vĂ©rance, l’aventure humaine est le champ de tous les possibles.

Richard Makon, PhD

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