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⏯ Kamdem Souop : « le 09 février, on a assisté à l’enterrement du SDF et 09 leçons sont à tirer »

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Invité de l’émission ABK MATIN sur ABK RADIO 89.9 le mercredi 26 février, l’écrivain, éditeur et Journaliste Kamdem Souop, interviewé par Luc Ngatcha a déclaré : « Il n’ya pas eu élections dans le NOSO. Seul le MINAT se sent à l’aise de revendiquer un vote massif et  dans une zone sinistrée et désertée. Ce qui a participé à enfoncer le SDF qui aura beaucoup de mal à se relever de cette défaite cuisante.»

Pour le directeur  de publication du journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv, « les mêmes raisons qui ont conduit à la situation qui a poussé le conseil constitutionnel à annuler  le scrutin dans le Nord-Ouest et Sud –Ouest du Cameroun ne peuvent pas être corrigées en 40 jours. Soit le régime voudra procéder à un rectificatif permettant au SDF de s’en sortir avec de quoi constituer un groupe parlementaire, soit on n’aura pas élections. Dans tous les cas, on est dans une situation où une espèce d’arrangements  et ce ne serait pas la première fois que ça se passe entre le SDF et le RDPC. Une espèce d’arrangements a lieu pour permettre au SDF de survivre sur l’échiquier politique. Dans tous les cas il n’ya pas eu élections dans le NOSO le 09 février, il n’ yen n’aura pas dans 40 jours.

Il ya tout de même 09 leçons à tirer du double scrutin qui s’est déroulé le 09 février 2020.

1-Le taux de participation.

Le message que le peuple camerounais a voulu faire passer est probablement qu’il veut voir la politique être faite autrement. Il a ainsi exprimé sa désaffection par rapport au jeu politique. L’autre chose c’est que ce taux de participation montre quand même que le pays sort des deux dernières élections organisées au Cameroun divisé. Je pense que de ce point de vue logiquement nos dirigeants devraient pouvoir en tirer quelques leçons.

 2-Les sphères du pouvoir sont désormais totalement phagocytées par le RDPC

Au niveau de la Présidence de la République, même si les résultats d’octobre 2018 continuent d’être contestés par Maurice Kamto, c’est entre les mains du RDPC. Puis on a les  316 communes qui sont entre les mains du RDPC, de même que 152 députés selon les tendances. Et si on s’en tient à ce que le chef de l’Etat a dit le 09 février,  les régionales c’est pour bientôt ce sera encore forcément entre les mains du RDPC. Donc, on voit que toutes les sphères du pouvoir sont phagocytées par le parti-Etat, le RDPC.

 3- La décision du conseil constitutionnel d’annuler les législatives dans les 11 circonscriptions du  NOSO.

C’est à la fois logique et amusant logique parce que c’est clair, il n’ya pas eu élections dans ces régions et amusant parce c’était un double scrutin ; et il se trouve que seules les législatives font l’objet d’annulation on se demanderait logiquement mais pourquoi ce n’est pas le cas pour les municipales.

4- Le RDPC est finalement est  un laboratoire expérimental du Cameroun

Parce que le niveau de tensions qui y règne est incroyable et à l’image de ce que le pays vit actuellement où vous avez une base appelant le peuple qui se bat contre une élite prédatrice qui  s’accapare tout,  même la lumière du soleil pour les jeunes pousses. Vous avez également en son sein un taux du renouvèlement du personnel politique qui n’est pas négligeable mais ce n’est pas le fait du parti c’est simplement que vous avez des jeunes loups qui sont rassasiés d’attendre leur tour et qui forcent un peu la main à leurs aînés pour avoir une place au soleil c’est le cas à Batouri, c’est le cas à yaoundé 06, on a aussi le cas où  des jeunes sont tout simplement pistonnés par des aînés comme c’est le cas notamment dans certaines localités.

 5- Le SDF a perdu très très gros.

 Il jouait gros et il perdu gros et personnellement je doute qu’il ne s’en relève jamais parce qu’on notait déjà une espèce de décrescendo de ses performances sur les précédentes élections,  là on assiste presque à un enterrement et surtout que cela se passe en l’absence du MRC qui lui contestait sa position de première force politique de l’opposition.

6- Le PCRN devient la troisième force politique institutionnelle au Cameroun.

Même si cela reste très localisé en zone Bassa, et on peut le comprendre le pouvoir en place avait besoin de remplacer une UPC complètement essoufflée et qui vient de disparaître complètement de l’échiquier politique.

 7-L’UNDP redevient la deuxième force politique institutionnelle au Cameroun

Alors qu’on l’avait enterré il y’a quelques années, ce n’est pas une moindre victoire pour ce parti.

 8- le MPCN démontre que Paul Eric Kingue n’avait pas tort

Il n’avait pas tort de revendiquer un certain bastion et on l’y voit donc en force. C’est un bon point

9-Le MRC a pris un très gros risque de ne pas participer au double scrutin

Mais qui finalement, s’est retrouvé avant et pendant le scrutin au cœur de tous les débats. Il y’a donc fort à parier que sa présence a été aussi forte avant et pendant, que cette présence se confirme après mais comment cela se fera t-il? Là est toute la question.

Toujours au sujet du double scrutin, KAMDEM SOUOP déclare que « L’existence de l’UPC depuis le retour au multipartisme est une grosse supercherie du pouvoir en place qui a tué le plus grand parti historique du pays. Avec toutes les tendances qu’on a eues depuis 1992 l’UPC survivait simplement par sa capacité  à revendiquer une alliance avec le parti au pouvoir, nous venons d’assister à ses obsèques.

Concernant la participation massive, le journaliste continue son analyse: « Il n’ya pas eu élections dans le NOSO seul le Ministre de l’Administration Territoriale se sent à l’aise de revendiquer un vote massif et  dans une zone sinistrée et désertée »

Kamdem Souop n’a pas manqué d’évoquer la longévité au pouvoir de nos dirigeants et de leur état de santé.

 »Nous apprenons que la santé du Président de l’Assemblée Nationale est défaillante. Il n’ya aucune communication officielle  à ce sujet pourtant dans un système où la transparence est de mise, les camerounais auraient dû être informés sur le l’état de santé du PAN ; Si on s’en tient à ce qui est donné comme information officieuse, le PAN se bat pour revenir avant la prochaine session, puisqu’il souhaite être reconduit (RIRES) je me réjouis de la longévité de ces dirigeants et  regrette le fait que nous soyons gouvernés par des personnes qui sont à un âge où les problèmes de santé ne sont pas un évènement, mais qui refusent de prendre une retraite paisible. Si le Chef de l’État veut être sérieux avec le peuple Camerounais, il temps d’aider Cavaye Yeguie Djibril à aller se reposer et à prendre une retraite bien méritée. Le Président Paul BIYA devrait  profiter du fait qu’il ya un léger renouvellement au sein du RDPC, pour proposer un autre président de l’Assemblée Nationale surtout que les prochaines années vont être assez intéressantes sur le plan de l’animation politique, la mise en place des régions le pays a besoin de sentir que sa chambre basse joue le jeu avec une position qui épouse les enjeux de notre temps».

Pour ce qui est des exécutifs municipaux, Kamdem Souop remarque que plusieurs maires ont quitté leurs postes au profit d’autres candidats.

« Le RDPC est une machine à respecter. C’est un parti né au pouvoir qui a appris à rester au pouvoir avec une aisance déconcertante. On a du mal à avoir un jeu politique transparent qui permette aux populations de se mettre à l’aise dans cet environnement. On peut regretter que Yaoundé ait tourné le dos au genre parce que les rares femmes qui étaient l’arbre qui cachent la forêt sont tombées et c’est une défaite pour la démocratie dans le mesure où le RDPC qui a pratiquement tout raflé aurait pu se permettre le luxe d’avoir 07 femmes  comme maires à Yaoundé malheureusement c’est une occasion ratée, et sur le plan symbolique, le RDPC  a manqué l’occasion de montrer au femmes qu’elles avaient également droit au pouvoir »

Mireille CHIMI

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⏯️ Gaston Kelman : « Penda Ekoka est un phénomène, il finit d’attaquer le lion Biya, il s’en va attaquer le lion Kamto »

Gaston Kelman est écrivain Camerounais de renommée mondiale. Il est chroniqueur permanent chez ABK Radio et nous livre sa lecture du monde actuel.

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Ci-dessous quelques attitudes fortes recueillies lors de cette interview:

« J’aurai toujours mes deux nationalités et je ferai toujours les tours entre les deux, mais je ne compte pas retourner au Cameroun. »

Je suis noir, j’aime pas le manioc. 20 ans après je me demande pourquoi beaucoup n’ont pas toujours compris le concept.

 » Dans une logique de prédateurs et de proies il faut aider la proie a de libérer mais la liberté s’arrache. Les raisons qui amènent Achille Mbembe à Macron sont préjudiciables! « 

 » 85% de chinois sont contents de leur système politique contre 31% d’Américains. Travaillons pour que l’Afrique s’émancipe, telle est ma vision. La mutation ne peut venir que de l’Afrique a travers un système éducatif, économique, social qui lui est propre. »

Le Cameroun n’est pas une nation. Il y a encore beaucoup de choses pour y arriver. Nos avons encore des relents monarchiques dans nos pensées.

 » Nous sommes dans une logique de la renaissance, nous sommes brutalisés par la modernité qui nous est tombée dessus il y a 50 ans.
Que je sois pour ou contre la gestion père- fils, le plus important c’est que les intellectuels travaillent avec les politiques pour leur pays. »

 » Penda Ekoka c’est un phénomène. Il sert un système et le combat mais ne démissionne pas. Il finit d’attaquer le lion Biya et il s’en va attaquer à l’autre lion Kamto. C’est une recherche de reconnaissance sublimée. Il monte, il descend, il monte, il descend. Quand un parti politique se mêle à l’argent, à l’humanitaire, ça finit mal. Au gouvernement Penda Ekoka a créé le clash, il sort il crée le clash. Je pense qu’il est au bout du rouleau. »

Propos retranscrits par Carine Hzeume

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⏯️ Eric Jean Paul Yombi : « Béchir Ben Yamed était un homme de réseau qui a perpétué la Françafrique »

Eric Jean Paul YOMBI est journaliste et spécialiste en relations internationales. Il est chroniqueur permanent de la matinale.

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Ci-dessous quelques attitudes fortes recueillies lors de cette interview:

 » 1960 qui est la création de son groupe Jeune Afrique, n’est pas une date anodine pour l’Afrique, c’est 3 ans avant la naissance de l’Union Africaine. »

 » Béchir Ben Yamed était un homme volontaire, très introduit dans la France-Afrique, il nous a permis de mieux comprendre la place de l’Afrique. Avec l’avancement du monde on est toujours d’un bord, n’empêche qu’il s’est démarqué malgré tout. »

Propos retranscrits par Carine Hzeume & Laure Manga

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