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☣ Pr Nadine Machikou: « Il faut recourir au biopouvoir pour faire face au Covid19 »

Le Professeur Nadine Machikou, est enseignante-chercheure, Directrice du Centre d’étude et de recherche en droit international et communautaire de l’Université de Yaoundé II au Cameroun, et Directrice de séminaire à l’Ecole supérieure internationale de guerre du Cameroun.

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Le Cameroun face à la pandémie du COVID -19 : l’appel au biopouvoir

Le 6 mars dernier, le Ministre de la santé publique a fait savoir à l’opinion publique nationale et internationale, que le Cameroun était désormais au rang des pays touchés par le Covid-19. De 2 cas ce jour-là, 5 cas, 10 jours plus tard ; 27 cas le 20 mars et quatre jours après, à 66 cas, ce 24 mars 2020, le rythme de propagation peut être défini en tout état de cause : en moyenne, il double tous les trois jours. A ce jour, deux guérisons et un seul décès confirmé par les autorités sanitaires malgré d’insistantes rumeurs. Ainsi va le décompte morbide, comminatoire et certainement sous-estimé faute de dépistage systématique et généralisé. Si la pandémie, par son ampleur et sa gravité, est une épreuve inédite pour les sociétés contemporaines à l’échelle planétaire, elle questionne l’Afrique (où les prévisions annoncent le pire) et singulièrement notre pays. Cette pandémie apparait dans un moment historique peu anodin, marqué par un affaissement du soin populationnel, intensifiée par des difficultés socioéconomiques, la résurgence des actes terroristes de l’insurrection Boko Haram, dans la partie septentrionale du pays et un conflit de basse intensité dans des poches territoriales des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. L’appel à l’anticipation et la précaution peuvent sembler exagérer la menace mais désormais, le risque est objectif et non plus subjectif : sous nos yeux, l’Italie hagarde, compte des milliers de morts. Face aux incertitudes épidémiologiques, l’imaginaire collectif autour de la menace pandémique se précise au Cameroun, mais pas assez vite. L’on continue à voir nos concitoyens pour certains heureux et insouciants, angoissés et engagés dans des luttes quotidiennes de survie (39% de la population a moins de 1000 FCFA par jour pour vivre) ; pour d’autres fatalistes ou animés d’espoirs divers, confiants dans leurs amulettes et autres recettes de grand-mère ou ressources spéculatives. L’on est face à l’impérieuse nécessité du biopouvoir ; rapport spécifique entre le pouvoir et la vie

La gestion pandémique : entre discipline des corps et biopolitique

Il est superflu d’indiquer que la gestion de la pandémie est avant toute chose une responsabilité des gouvernants. C’est à l’autorité protectrice de l’Etat que revient le pouvoir d’agir de manière optimale sur les caractéristiques vitales de notre existence. Dans l’entendement de Michel Foucault, inventeur du concept en 1974, le biopouvoir remplace la forme juridique du pouvoir souverain en tant que droit de vie et de mort à travers le droit de saisir des choses, des corps, la vie mais aussi le temps des sujets au nom de l’en-commun. Il repose sur deux grandes modalités à savoir la discipline des corps et la biopolitique des populations. Ici l’Etat devient gestionnaire de la vie et de la survie collective à travers essentiellement un support bipolaire : l’anatomo-politique du corps humain, cherchant à maximiser ses forces et à les intégrer dans des systèmes efficaces et les contrôles régulateurs concentrés sur le corps de l’espèce, imprégnée des mécanismes de la vie tels les politiques de naissance, morbidité, mortalité, longévité. Le pouvoir est ici garant de la santé et de la productivité populationnelle. La biopolitique est ainsi la stratégie spécifique d’intervention et de coercition au nom de la vie et de la santé pour protéger de manière légitime et efficace la population. On le voit, la dynamique du fait pandémique a avant tout un ressort comportemental.

Le Covid -19 n’est contrôlé en l’absence de vaccin, que lorsque les individus acceptent de se soumettre à des prescriptions : se laver les mains, respecter la distance sociale/ physique, tousser dans le pli du coude ou encore se faire dépister.

Ceci dénote d’une discipline des corps dont l’opérateur le plus légitime est l’Etat ; les 13 mesures prescrites par le Premier Ministre Chef du Gouvernement en sont. Entre autodiscipline et contrôle, la régulation de la vie sociale est faite de l’intérieur et de l’extérieur pour que la subjectivation (résistances sociales aux injonctions publiques diverses par l’évasion des espaces de quarantaine ou le refus obstiné et public de s’y soumettre) ne rende improductifs les efforts du gouvernement. Ceci pose évidemment la question de savoir pourquoi les individus obéissent ou pas à l’Etat.

Entre discipline et responsabilité vis-à-vis de soi et des autres dans un effort collectif, pas d’atermoiements, il faut plus d’Etat.

Ici et là, d’aucuns vantent le modèle chinois, biopouvoir dans sa version la plus autoritaire : structurant dispositif de surveillance massive, quarantaines prolongées et rigoureusement contrôlées, interdictions de formes ordinaires de sociabilités, légitimation d’une surveillance sociétale avec un relevé de températures fait dans le cadre du porte-à-porte par des citoyens volontaires, vaste déploiement de l’armée et autres bonnes recettes autocratiques. La confrontation de ce modèle à une approche plus libérale, faisant confiance au citoyen qui va souscrire volontairement aux mesures publiques, est de moins en moins d’actualité, la généralisation des quarantaines étant amorcée, en l’absence de solutions antivirales ou vaccinales efficaces. Certes les deux réussites actuelles, la Corée du Sud et Taiwan sont des démocraties.

Facteur aggravant en ce qui concerne le Cameroun, le visage de l’offre sanitaire : peu d’espaces de mise en quarantaine, 1,3 lits d’hôpitaux pour 1000 habitants selon les statistiques de la Banque mondiale (3.4 pour l’Italie et 6,5 pour la France), capacités en oxygène et en assistance respiratoire pendant une dizaine de jours dans la meilleure des hypothèses pour un malade infimes, etc. Plus il y a de lits et de matériel médical de prise en charge, moins il y a de morts comme l’indiquent les deux exemples européens qui affichent un taux de mortalité lié au Covid-19 de 8,29% pour l’Italie et 3,38% pour la France. Notre système de santé ne peut tout simplement pas absorber un taux de contamination élevé. La projection en termes de taux de létalité serait de 7 à 10 %, toutes choses étant égales par ailleurs, selon certaines prévisions.

Il est clairement inenvisageable de ne pas restreindre de manière plus drastique la circulation des personnes, vecteur de propagation. Ceci doit être clairement affirmé, puisque le biopouvoir est aussi une matrice de savoirs et un régime de vérité.

Le virus n’a pas une inclinaison particulière pour les débits de boissons, les restaurants et autres espaces de loisir sommés de fermer à 18h, tandis qu’il goûterait peu les écoles et campus universitaires qui eux sont désormais totalement clos depuis une semaine. D’ailleurs, il n’est pas non plus prouvé que le virus devient plus féroce à la tombée de la nuit. Les mesures de prévention se doivent d’être conséquentes.

Il faut dire et répéter que les pandémies ne sont contrôlées que lorsque les gens sont amenés à ( voire contraints de) se conduire de manière à stopper la propagation. Toutes les mesures doivent être prises dans ce sens, y compris sur certains territoires, le confinement total.

L’instauration et l’extension de l’état d’exception n’est pas une coquetterie autocratique, mais le référentiel ordinaire de prise en charge de menaces sanitaires de cette envergure, à condition bien sûr qu’il ne soit ni indéterminé, ni dépourvu de mesures sociales permettant d’habiller la vie nue.

L’Etat –Providence et le Covid-Care

En cette épreuve pandémique qui n’est pas seulement sanitaire mais aussi socioéconomique, la vie nue doit être habillée de soins par le pouvoir et la société. Cette crise pandémique est en effet un révélateur de fragilités. Les mesures de confinement ne sont pas socialement homogènes dans leurs conséquences, elles ne touchent pas de manière égale riches et pauvres, qu’il s’agisse d’individus ou de pays.

Elles sont d’ailleurs un accélérateur des inégalités déjà marquées : que feront les plus vulnérables, souvent actifs dans un secteur informel massif, en cas de confinement total ? Recourront-ils au télétravail informel ? Comment se laver les mains 20 fois par jour quand on n’a pas accès à l’eau potable ?  On voit clairement que des décennies d’ajustement néolibéral ont dévasté le service public et les capacités protectrices de l’Etat. Peut-on les réhabiliter dans l’urgence ? Certainement pas mais ce temps viendra : nous voyons tous clairement notre vulnérabilité et identifions les politiques publiques vitales pour la survie d’une société, celles qui devront dessiner les priorités publiques dans l’avenir. Pour l’heure, la réponse au Covid -19 doit s’inscrire dans une refondation des nouvelles modalités de l’en-commun et dans l’ingénierie du gouvernement plus rationalisée. Elle peut prendre la forme d’un soin, sorte de Covid-Care dont les ressorts sont très anciens.

Dans son Traité de police, dès 1707, Nicolas de la Mare faisant valoir précocement, un principe de responsabilité étatique dans le soin populationnel et prend corps sous les traits l’Etat hygiéniste, au 19e siècle qui, par diverses techniques, fait de l’hygiène une police des corps. Lutter contre le Covid-19, c’est rendre docile le corps malade ou suspecté de l’être et en en contenant les menaces, c’est aussi procurer divers soins. Ainsi, outre la régulation biopolitique des conduites et les sanctions normalisatrices, il faut envisager de bien mesurer et prendre en charge les effets désagrégateurs de la pandémie, qui sont essentiellement un affaissement socioéconomique et une fragilisation du lien.  

Quelle forme prend le Covid-Care ? Il s’agit d’abord d’une responsabilité collective de soin mutuel allant bien au-delà des ressorts distributifs et redistributifs traditionnels de l’Etat –Providence : il emporte de manière fondationnelle le fait de se soucier de l’autre, de prendre soin de lui, de le prendre en charge et d’accepter soi-même d’être objet de soins. Entre éthique de l’autre, disposition à la sollicitude et activité pratique de soin, le Covid-Care peut s’apparenter aujourd’hui au fait de se confiner, de mettre à disposition de l’eau et du savon à l’entrée de chez soi ou dans l’espace public, d’encourager l’autre au lavage des mains tout en s’y conformant soit même, de distribuer des denrées de premières nécessités aux plus vulnérables, etc. Sollicitude d’en haut, soins d’en bas, soins offerts aux proches, aux voisins, soins à la population, soins reçus, soins donnés.

Dans ce régime de soins, l’Etat se doit de montrer une attention particulière aux plus vulnérables en réhabilitant les filets sociaux, déchiquetés par des décennies de catéchisme néolibéral.

  • Il s’agit d’abord du soin public pour les soignants, ceux qui sont en première ligne de la prise en charge hospitalière (cœur du soin) qui méritent les plus grands honneurs mais aussi et surtout les moyens médicaux et financiers pour bien prendre soin des malades.
  • Il s’agit ensuite du soin pour les cibles médicales qui doivent continuer d’être dépistées et soignées gratuitement. Ceux qui sont mis en quarantaine de manière administrative et ceux qui sont malades doivent être placés sous l’aile protectrice de l’Etat.
  • Il s’agit enfin du soin pour les plus vulnérables qui sont dans leur grande majorité exclus des circuits formels de prévoyance sociale. Au minimum, un système d’aide alimentaire aux plus démunis de nos compatriotes qui pour certains, craignent plus la faim que le Covid-19, est incontournable.

La prise en charge humanitaire des victimes de la crise anglophone indique quelques pistes intéressantes d’action.

En attendant un registre national unifié des précaires, l’urgence nous commande d’agir en plafonnant les prix des produits de première nécessité tout en sanctionnant toute spéculation. Il faudra soutenir la classe moyenne, segment souvent oublié mais aussi les acteurs économiques (suspension de charges sociales, moratoire sur le remboursement des crédits bancaires des entreprises, etc. pendant la période de confinement) mais ceci appelle à réflexion spécifique.

Un nouveau monde est en gestation, dans lequel même les dévots les plus zélés de la religion friedmanienne se dédisent les uns à la suite des autres, réifiant le souverainisme ou les bienfaits d’un Etat qui ne se contente pas de réguler mais prend en charge le bien-être de sa population. Avec le Covid-19, la crise pratique et symbolique du néolibéralisme est actée. L’économie biopolitique de la pandémie doit se faire sous un régime de gouvernement de la vie, non de mortalité ou de morbidité. Cette logique de la vitalité dont la rentabilité économique ne doit pas être l’horizon, passe par une refondation des termes de l’en-commun et du service public au Cameroun.

Nadine Machikou Ndzesop

Agrégée de Science politique

Professeure des universités

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  1. Nadege Carine

    24 mars 2020 at 18:44

    Merci Pr. Machikou pour cette réflexion qui touche du doigt de manière froide et professionnelle les divers aspects du gouvernement de la crise sanitaire, sociale et humanitaire sans précédent vers laquelle nous nous acheminons à petit feu. Je partage entièrement vos analyses et recommandations sur les registres de gouvernementalité dans lesquels devront s’inscrire l’action publique sanitaire et humanitaire tout comme l’action individuelle et collective. Il est impératif que le monde universitaire apporte sa contribution à la transformation des politiques publiques internes qu’impose la temporalité Covid-19. Que ces contributions puissent comme ailleurs inspirer l’action publique et que nous en soyons tous acteurs.
    La faiblesse de l’offre sanitaire n’étant plus qu’un secret de polichinelle, le régime de vérité pourrait en effet être une arme de combat effective. Je pense notamment à la mobilisation de ressources participative. A travers le monde de nombreux citoyens se mobilisent pour soutenir les efforts des gouvernements se sont inscrits dans ce régime. Ignorer le covid-19 ou apporter une réponse timide reviendrait à lui donner carte blanche pour la destruction de régions entière. Nous sommes dans une économie de guerre.
    Les questions que je me aujourd’hui sont les suivantes : de combien d’hôpitaux disposons nous au Cameroun et par région ? Combien d’espaces avons-nous identifiés qui puissent être transformés en hôpitaux ? Combien d’appareil d’assistance respiratoire disposons-nous ? Quels sont les besoins réels du gouvernement ? Avons-nous chiffré les besoins en assistance humanitaire pour les plus vulnérables et quels mécanismes pourrions-nous activer ? Quand est-ce que le confinement sera prononcé et l’armée déployée pour stopper l’avancée fulgurante de la légion covid-19 ? Y a-t-il une réflexion sur les processus de mise en agenda et de problématisation conséquente des processus décisionnel y compris au sein de l’Assemblée nationale ? A quand l’Etat d’urgence et le déblocage de ressources corrélatives ? Avons-nous un plan de contingence ? L’heure est au patriotisme, à l’anticipation faute de capacité curative, ainsi qu’à l’innovation dans l’action.

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☣️ Alain-Roger Edou: « Le Covid va reconfigurer la carte du monde et redistribuer les équilibres de puissance ».

Le Dr Alain Roger Edou est Politologue, spécialiste de politique internationale et membre-expert du Réseau de Recherche sur les Opérations de Paix de l’Université de Montréal. Il est auteur du Petit Traité des relations internationales africaines contemporaines paru en mai 2019 à Paris chez l’Harmattan.

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Vers une troisième guerre mondiale? ou Le corona virus par les mots de la polémologie

Penser le Corona Virus relève aujourd’hui de la banalité, tant l’expertise savante est brouillée par le discours commun. Pour l’internationaliste, révéler les affinités électives entre les mots du champ de la médecine et ceux du champ de la polémologie s’avère heuristique. L’internationaliste doit pourtant faire entendre sa voix, à rebours du discours ambiant ou des prises de position militantes et obsessionnelles autour de cet « évènement monstre ». Quelquefois pressé par des proches, je me suis laissé convaincre de la nécessité d’y jeter un regard froid et sans complaisance. Ainsi, contrairement à une certaine tradition scolastique, je pense que l’homme de science est un exégète de l’histoire du présent,à condition qu’il élague les substrats idéologiques de son analyse et qu’il « s’arme » de rigueur. Au demeurant, la rapidité avec laquelle ce virus s’est répandu va de pair avec la soudaineté de son émergence en Chine. Celà a fait naître des théories complotistes qui affirment qu’il s’agit d’un virus fabriqué en laboratoire pour des visées géoéconomiques hégémoniques. Alors que certains chercheurs ayant breveté l’invention du Corona virus sont pointés du doigt, le chef de l’exécutif étasunien désigne le mal par l’appelation « virus chinois ». Cette guerre sémantique cache mal la similarité de rhétorique guerrière entre les énoncés courants utilisés à la fois par la communauté scientifique, le monde social et politique, le monde médiatique ; et la polémologie classique. Cette affinité nominale n’est pas un fait anodin. Ne traduit-elle pas, au fond, le déroulement d’une troisième guerre mondiale sui generis où s’affrontent, non plus les armées rivales des Etats, mais des laboratoires scientifiques ? Quelles premières leçons peut-on en tirer pour les relations internationales?

Les mots de la polémologie dans le discours médical

Les inventions scientifiquesont de tout temps été considérées comme un instrument en polémologie. En effet, c’est bien l’esprit scientifique qui a permis l’évolution de l’industrie de l’armement, la logistique de guerre, l’invention des armes de destruction massive, et la sophistication des techniques de défense. Mais, avec le corona virus, il apparait comme une inversion de curseur. C’est plutôt la tradition de la guerre, dans ses représentations verbales et nominales, qui influence la communauté scientifique appelée en rescousse pour trouver une réponse à cette dynamique virale dont le potentiel de sinistralité a été très vite établi.

Tant et si bien, le langage des médecins et des chercheurs semble, plus que par le passé,  irrigué par l’intrusion du vocabulaire de la guerre. Plusieurs expressions en traduisent la réalité.

Il y a premièrement le mot « confinement ».

Dans la polémologie, la notion de containment mobilisée pendant la guerre froide s’en rapproche superbement. Celle-ci fait appel à l’idée d’encerclement ou de blocage, faisant référence à une stratégie de combat pour etoufer l’ennemi. Or la population confinée ne saurait être cet ennemi. Le confinement ici permet d’assurer le « maillage » du   territoire du virus.

Ville en confinement total

Il en va de même de la notion de « barrière ».

Le vocabulaire médical ces dernières semaines a enrichi le quotidien des locuteurs de l’expression « geste-barrière » qui renvoie aux attitudes à prescrire et à celles à proscrire pour contenir la progression du virus. Or, précisément, la barrière dans le langage militaire est un obstacle dressé sur le chemin de « l’ennemi ». Il s’agit d’un point de contrôle et de filtrage qui est, à l’instar de la sphère médicale, un horizon de protection contre l’ennemi.

Il existe plusieurs autres expressions qui dénotent du brouillage ou de l’enrichissement mutuel des champs.

C’est aussi le cas du concept de « sécurité » employé dans le mot composé « distance de sécurité ».

Dans la tradition néo réaliste des relations internationales, il est admis que les Etats sont en quête parmanente, non plus de puissance, mais plutôt de sécurité. Cette idée vise à dire que le besoin de paix qui irrigue le comportement international de l’Etat se manifeste pareillement chez les individus. Le champ de la polémologie associe quasi-naturellement les notions de défense et de sécurité pour désigner un dispositif de quadrillage de l’espace territorial pour faire advenir l’ordre. Faire observer une « distance de sécurité » renvoie dès lors et fatalement, à la posture « d’auto-défense », dont l’essence est l’évitement de l’insécurité liée à l’exposition au virus. L’expression est courante dans l’univers de la protection des personnalités, des champs de tirs ou des essais atomiques, etc.

Au surplus, l’on observe avec quelque étonnement, l’emploi anaphorique du terme « équipement ».

Le vocabulaire militaire est coutumier de la notion. La logistisque de guerre comprend effectivement des « équipements militaires » qui laissent la place, dans cette forme de troisième guerre mondiale, aux équipements médicaux.

La guerre mondiale qui se déroule sous nos yeux, sape les capacités d’organisation des Etats. Elle questionne l’efficacité des systèmes de santé publique et pose le problème de la qualité des équipements médicaux.

Incidemment, la figure de l’Etat y est questionnée en termes d’ordonnateur de la configuration des systèmes de santé et de programmateur des réponses adéquates face à la menace sanitaire.

Qu’il suffise de s’intéresser à un dernier concept fort de sens : les « opérations ».

Le corona virus exige dans certains cas des actes chirurgicaux que sont les opérations, lorsque les sujets ont des complications dûes par exemple à l’existence des pathologies antérieures. Ce vocable est couramment utilisé depuis quelques semaines dans le cadre des rapatriements des ressortissants des Etats. Les « opérations de rapatriement » donnent une fausse illusion du confinement du corona virus dans les zones de départ. Le langage de la polémologie fait usage commun de la notion d’opération armée et celle de théâtre d’opérations, qui mettent en avant le mouvement. C’est exactement cette phénoménologie qui se dévoile dans la logique de transfert des citoyens dans leurs terroirs originels. De la sorte, l’affinité élective se manifeste par le fait que les opérations d’évacuation traduisent surtout une interopérabilité entre les nationaux et leurs dirigeants, au même moment où les interactants d’un théâtre d’opération ou d’une opération armée s’affrontent ou coopèrent.

Les mots de la polémologie dans le discours politique

La guerre, disait Clausewitz, est la continuation de la politique par d’autres moyens. Ce qui se déroule sous nos yeux est à maints égards symptomatique de la prise en main par les politiques de la riposte contre la menace globale qu’est désormais ce virus. Tout est politique, clamme-t-on de manière répétitive dans les sciences du politique. A la vérité, la rhétorique sur le corona virus est portée par les acteurs politiques qui sembent supplanter, dans la majorité des cas, les acteurs scientifiques. Le concept de légitimité de Max Weber permet d’expliquer ce phénomène dans sa variante légale rationelle. Les décideurs, gouvernants et hommes politiques en responsabilité sont détenteurs des mandats démocratiques qui leur confèrent la légitimité de parler au nom de la communauté. Aussi, est-il question de marquer le coup, car la sanction de l’opinion souvent est sans appel. Dans les Etats confrontés à l’imminence du bouillonnement du temps politique, le vocabulaire guerrier est plus prégnant. C’est le cas de la France où le président a proprement parlé de « guerre sanitaire » à moult occurrences. La stratégie du président américain, à la veille du scrutin de novembe, consiste à rattraper le retard constaté dans le déclenchement de la riposte du pays, en mettant en avant le caractère erroné et incomplet des informations que la Chine fournissait aux Etats dès décembre 2019 ; ce qui a amené ceux-ci à minorer la « menace ».

L’évocation du concept de « menace » propre à la grammaire polémologique s’applique bien au corona virus que les hommes politiques désignent comme tel. La menace peut être visible, invisible, symétrique ou asymétrique. Dans le cas d’espèce, le corona virus est désigné par les acteurs politiques et décisionnels comme une menace invisible de type asymétrique. Et, puisque cette catégorie de menace ne nécessite pas la mobilisation des armées conventionnelles, un nouveau type d’armée voit le jour.

La troisième guerre mondiale qui a court érige dès lors le medecin, la firme pharmaceutique, le chercheur du laboratoire, en unités armées.

En clair, ici, se jouent des stratégies directes où, les Etats, plutôt que de lutter collectivement contre le corona virus, soutiennent individuellement leurs unités de combats d’un nouveau genre, en installant le monde dans une course à la découverte du vaccin et du sérum. On est évidemment loin de la figure du diplomate et du soldat de Raymond Aron comme déterminant de la dualité actorielle des relations internationales.

Les notions de « crise » sont aussi régulièrment mobilisées dans les discours. En France, en Italie, en Espagne, et partout dans le monde, la crise sanitaire semble désacraliser toutes les autres thématiques de l’agenda mondial. Tout est reporté, annulé, disqualifié au profit de la convergence des énergies vers le corona virus. Le temps mondial semble suspendu aux effets dévastateurs de la crise sanitaire sur l’économie-monde. Un bouleversement de l’ordre du monde est probablement attendu. D’où l’intérêt pour l’Etat de monter en force dans la recherche des réponses idoines.

L’homo politicus, dans ce contexte, donne des « ordres ». L’Etat providence  devient interventionniste, en ce sens qu’il se saisit de tout, régule tout et organise tout. Des stocks des casques de protection ou de médicaments au soutien au marché, en passant par l’organisation des dispositifs de ravitaillement des ménages, la dérégulation s’estompe. Il y a même dans certains cas, une hypertrophie des pouvoirs présidentiels ou exécutifs. Les cas les plus emblématiques sont américains et français. Dans le premier cas, Donald Trump décrète l’ensemble du territoire de la fédération « urgence nationale », ce qui lui confère des pouvoirs exeptionnels. Dans le second cas notamment, une loi sur l’état d’urgence sanitaire permettra probablement au président de la République de devenir un jupiter constitutionnel, au premier ministre et au ministre de la santé de jouir des prérogatives exorbitantes. Que dire de l’exemple chinois, sinon qu’il illustre le point culminant de la notion de « l’ordre » ? La mise en confinement à Wuhan de près de 12 millions d’habitants a été un fait inédit dans l’histoire de la régulation des mobilités urbaines. Ailleurs, la restriction des « déplacements » aux seuls cas justifiés par les nécessités impérieuses a posé la question de la violation des libertés individuelles. En temps de guerre, cela nest-il pas justifiable ? A preuve, la Corée du Sud et le Japon ont suivi ce chemin.

Face aux demandes sociales pressantes, il est partout question pour le politique de proposer une « stratégie » de lutte contre le corona virus. Ici, l’exception nationale prime là où la mise en synergie aurait pu prévaloir.

Il suffit d’évoquer le cas de l’Italie et ses appels restés aphones au niveau de l’union européenne. L’arrivée, sous acclamation, le 21 mars 2020, de 36 médecins, 15 infirmiers et un administrateur cubains dans ce pays, est emblématique de cette paradoxologie. Dans le même sens, le secours de la Chine s’est accompagné d’un acte symbolique de remplacement de l’étendard de l’union européenne par celui de ce pays.

Même s’il ne s’est pas agi d’une cérémonie officielle, l’écho de cet acte a raisonné au-delà de l’Italie. L’Afrique centrale Cemac l’a compris aux aurores de la pénétration de cette pandémie dans son territoire. Les ministres en charge de la santé ont réfléchi ensemble sur les réponses communautaires possibles malgré l’existence des programmes nationaux. Il faudrait sans doute plus de recul avec l’immédiateté pour mieux en évaluer l’efficacité, ce d’autant plus que l’union africaine n’a réuni les ministres africains de la santé autour d’une stratégie continentale de réponse que le 22 février 2020.

L’idée même de réponse globale est portée par l’OMS qui dresse la cartographie et la sociographie actualisées du corona virus. La diffusion des informations sur le virus étant aujourd’hui polluée par les demi-savants, la banalisation de l’expertise brouille tout horizon clair de déchiffrage. Face aux décomptes macabres, le regain d’humanité qui traverse les vivants ou survivants favorise la diffusion tous azimuts des recette-miracles. Cette pollution en vient à édulcorer la valeur des produits de la pharmacopée traditionnelle. Des témoignages de proches des victimes inondent les réseaux sociaux autour de la dangerosité du virus et interpellent les pouvoirs publics sur la nécessité de prendre des mesures plus efficaces pour stopper la saignée humaine. Une appétence à la mort se tisse dans l’éthos social au point où, les interactions quotidiennes se nouent et se dénouent au rythme du décompte macabre. C’est la course à l’exclusivité de l’annonce des nouveaux infectés, morts, ou guerris. Cette culture du charognard est un défi pour les politiques qui doivent pourtant maitriser la communication de masse et contrôler les effets anxiogènes des psychoses et scenarii de l’apocalypse ainsi créés.

En outre, les querelles scientifiques entre praticiens et chercheurs de la médecine, abreuvent les publics d’informations contradictoires et parfois aux antipodes. On voit se dessiner une guerre des chiffres, une guerre de légitimité sur les protocoles de médication, avec en « première ligne » les professionnels de la santé. Des « combats » épiques sont livrés entre experts, bien que quelques expériences collaboratives soient aussi enregistrées. S’en suit une « bataille de l’opinion » qui censure à la fois l’action ou l’inaction des politiques et le sens moral des professionnels du serment d’hypocrate. Cette « guerre » symbolique utilise les médias classiques et les nouveaux médias pour relayer des spots gouvernementaux et des films de propagande autour de l’efficacité de l’action publique et de la prévention.

En conclusion : ce que le Corona virus enseigne aux relations internationales stratégiques

L’hypothèse d’une troisième guerre mondiale ne relève donc pas d’un fantasme de l’analyste. Même si la nature des armes en « combat » est différente des modalités des deux premières déflagrations mondiales, que les belligérants sont des civils pour la majorité d’entre eux, et que la cible militaire ne fonde pas l’animosité des acteurs, il demeure que la « guerre virale » qui a cours  n’a pas encore dévoilé la totalité de ses énigmes. Quelle soit spontanée ou construite, cette guerre comporte une dimension économique et financière de nature à reconfigurer la carte de la démographie mondiale et à redistribuer les équilibres de puissance en Europe et en Asie. La nature mondialisée de la première et de la deuxième guerre mondiale était en réalité le fait des stratégies indirectes. Or aujourd’hui, la globalisationdes mobilités internationales, la révolution des moyens de transport, et la mobilité du capital ont entraîné une deterritorialisation de la dynamique virale. L’Afrique est confrontée, autant que les autres aires géographiques réceptacles des premiers contaminés, aux mêmes défis avec en prime, une pression plus forte sur son « disposiif » de réponse à cette « attaque » frontale.

Pour « neutraliser » la pandémie, l’on observe un regain de territorialité dans le comportement international de l’Etat. A la politique d’alliance, qui fut par exemple un multiplicateur de puissance entre 1914 et 1918 et entre 1939 et 1945, est substitué l’individualisme des Etats qui recherchent des solutions nationales.

Les frontières sont clairement perçues comme des « fronts » ; ce qui constitue un paradoxe géopolitique au regard du truisme selon lequel l’énnemi de mon ami est mon ennemi. Si donc, le covid-19 est cet ennemi commun, la différence des intérêts nationaux et les pesanteurs géoéconomiques semblent être les données structurantes des logiques solitaires dans un contexte paradoxal de guerre globale. L’après-guerre sera sans doute, dans certains espaces plus que d’autres, un défi pour fixer les nouveaux marqueurs de l’éthique et de la solidarité internationales…

Dr Alain-Roger Edou Mvelle

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ABK ACTU

☣ Le confinement aurait sauvé entre 21.000 et 120.000 personnes fin mars.

Un rapport de l’Imperial College London publié lundi 30 mars estime que les mesures prises en Europe pour enrayer l’épidémie de Covid-19 auront permis d’éviter près de 120.000 décès à la date du 31 mars.

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Dans l’ensemble, les chercheurs jugent que les mesures prises en Europe ont réduit la propagation de la maladie. Cumulées sur les 11 pays, elles auront permis d’éviter entre 21.000 et 120.000 décès fin mars. En tenant compte de la marge d’erreur.

En Belgique par exemple, l’étude estime que 3,7% de la population belge a effectivement contracté le nouveau coronavirus. Un chiffre similaire à la moyenne des 11 pays européens étudiés. Il ne correspond pas aux bilans officiels communiqués par le Centre de crise, qui ne compte que les cas confirmés par dépistage.

La proportion de la population infectée est la plus élevée en Espagne (15%), selon les calculs des experts. L’Italie suit avec près de 10%. Le taux est le plus faible en Allemagne (0.72%) et en Norvège (0.41%), ce qui indique que ces pays se trouvent au début de l’épidémie.

Il faut deux ou trois semaines pour pouvoir observer l’impact d’une disposition après sa mise en application. Il est donc trop tôt pour affirmer avec certitude que les mesures sont efficaces, nuance cependant l’étude. 

Il faut deux ou trois semaines pour pouvoir observer l’impact d’une disposition après sa mise en application. Il est donc trop tôt pour affirmer avec certitude que les mesures sont efficaces, nuance cependant l’étude. 

Ces scientifiques britanniques de l’Imperial College de Londres avaient estimé qu’il faudrait maintenir les mesures de confinement et de distanciation sociale jusqu’à 18 mois pour espérer en finir définitivement avec l’épidémie de coronavirus Covid-19.

L’Imperial College en grande partie responsable de la décision de Boris Johnson  de commencer à mettre en place des « mesures drastiques ».

Une décision survenue après la publication alarmante d’un article scientifique sur le Covid-19, provenant d’un groupe de chercheurs de l’Imperial College London. Les données transmises au gouvernement britannique ont ainsi convaincu les autorités qu’une propagation du virus non canalisée serait dramatique. A sa lecture, le Premier Ministre Britannique, jusque-là sceptique, a demandé à ses citoyens anglais d’éviter tout contact inutile avec d’autres personnes.

Un rapport pris en compte également par l’administration de Donald Trump. « Notre équipe s’est concentrée sur ce rapport qui préconise un confinement de 14 jours en cas de contamination », a déclaré Deborah Birx, coordinatrice pour la Maison Blanche dans la lutte contre le Covid-19.

Le collectif de chercheurs de l’Imperial College London a déclaré que, si aucune action n’était entreprise par le Gouvernement et par les citoyens britanniques, l’épidémie deviendrait incontrôlable. Des chiffres alarmant ont alors fait état de 510 000 morts au Royaume-Uni et plus de deux millions aux Etats-Unis si rien n’était entrepris. Le tout dans un pays dit « développé » avec un système de santé performant, alors qu’adviendrait-t-il dans les pays dit « sous-développés ? ».

Des chiffres alarmant ont alors fait état de

510 000 morts au Royaume-Uni et plus de deux millions aux Etats-Unis si rien n’était entrepris.

Les chercheurs expliquaient que si le gouvernement britannique agissait rapidement pour réduire la propagation du virus, alors le nombre de décès dans le pays chuterait à environ 20 000 personnes. Pour cela,  il faudrait obliger la population à éviter tout contact, isoler les cas et que fermer les écoles et universités pour non pas quelques semaines, mais quelques mois.

Une publication qui fait peur, mais qui a eu le mérite d’alarmer les autorités outre-Manche et outre-Atlantique.

Que contenait cette étude choc de l’Imperial College of London ?

Publié le 16 mars, ce rapport sur le coronavrus présentait une modélisation prévoyant des millions de morts et un confinement possible jusqu’à 18 mois.  Réalisé par des dizaines d’experts, elle informait les décideurs politiques que les systèmes de santé seraient dépassés et que  la vie ne serait plus jamais la même, selon le rapport..  Pour atténuer la catastrophe, de nouvelles mesures devraient être mises en place immédiatement et durer des mois avant d’être assouplies. Cette étude choquante semble avoir incité le président américain Donald Trump et le Premier ministre britannique Boris Johnson à changer de cap et à augmenter les tests et les mesures.

Sur la base des données actuellement disponibles, les experts en modélisation ont estimé que “l’efficacité de toute intervention menée de façon isolée est susceptible d’être limitée, rendant nécessaire d’associer plusieurs [mesures de santé publique] pour avoir un impact substantiel sur la transmission”. En clair, le fait d’isoler les personnes malades du Covid-19 sans aucune autre mesure associée ne suffirait pas à freiner la progression du virus.

En attendant qu’un vaccin soit disponible, les scientifiques détaillent les deux stratégies possibles : 

  • l’atténuation, qui est axée sur la mise en quarantaine des individus infectieux ;
  • et la suppression,  qui vise à réduire la transmission en isolant ceux qui ne sont pas infectés, autrement dit les mesures de confinement et de distanciation sociale pour tous et toutes.

Comment ce rapport at-il été reçu ailleurs ?

En Israël, la menace virale a été prise au sérieux beaucoup plus tôt, mais les cas ont néanmoins dépassé les 677 le 19 mars. Israël compte plus de cas par habitant que le Royaume-Uni ou les États-Unis. Avec une capacité très limitée dans les hôpitaux, Israël est correctement préoccupé par ce que montrent les modèles produits à l’Imperial College et par d’autres experts. Ces modèles n’affectent pas seulement Israël, ils affectent tout le Moyen-Orient. La Jordanie ferme les routes par l’armée. Les États du Golfe arrêtent les vols. La région du Kurdistan irakien est sous couvre-feu.

l’efficacité de toute intervention menée de façon isolée est susceptible d’être limitée, rendant nécessaire d’associer plusieurs [mesures de santé publique] pour avoir un impact substantiel sur la transmission


On trouve dans ce rapport du 16 mars, tous les éléments de langage liés à la crise des coronavirus, comme la notion «d’aplatir la courbe», les préoccupations sur les effets des ventilateurs et dans les unités de soins intensifs, la distanciation sociale, etc.

Ironiquement, le virus est, à certains égards, plus une menace pour les pays avancés que ceux dont les systèmes médicaux sont faibles ou inexistants. En effet, les pays riches sont plus vulnérables aux pannes lorsque la vie change et que les gens réclament un certain niveau de traitement. Les pays pauvres où des millions de personnes sont soumises à des structures étatiques défaillantes ont dû se débrouiller déjà avec les crises sanitaires existantes telles que le paludisme ou la famine.

L’objectif final de l’étude et des politiques gouvernementales est désormais d’empêcher le système d’être submergé. La question est de savoir quel système va craquer en premier, médical, économique ou gouvernemental et sécuritaire. Ce sont les vraies données inconnues par ce modèle.

Par Alexandre Siewe

SOURCE : https://www.imperial.ac.uk/mrc-global-infectious-disease-analysis/covid-19/

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