Nos réseaux sociaux

ABK ACTU

🔮 Hommage: Emmanuel Macron s’incline devant la mĂ©moire de Manu Dibango

Immense musicien, il Ă©tait aussi une figure d’humaniste universelle qui, par-delĂ  les frontiĂšres gĂ©ographiques et les styles musicaux, semait Ă  foison la gĂ©nĂ©rositĂ© et la joie. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique Française adresse Ă  ses proches et Ă  tous ses admirateurs ses plus sincĂšres condolĂ©ances.

Publié

Le

La musique mondiale a perdu un gĂ©ant. Manu Dibango, saxophoniste, compositeur, passeur de rythmes et lanceur de tubes, Ă©tait l’un de ces musiciens virtuoses et gĂ©nĂ©reux dont le talent ne connaissait pas de limites : ses crĂ©ations ont fait danser plusieurs gĂ©nĂ©rations, plusieurs continents. Il est hĂ©las l’une des premiĂšres personnalitĂ©s mondiales Ă  succomber Ă  la pandĂ©mie du Covid-19.

C’est Ă  Douala au Cameroun qu’Emmanuel Dibango a vu le jour en 1933. Au temple protestant oĂč sa mĂšre est chef de chƓur, il apprend Ă  vocaliser sur Bach et Haendel et Ă  caresser les cordes sous la bienveillante fĂ©rule d’un oncle guitariste. En 1949, il a 15 ans lorsqu’il arrive en France pour faire ses Ă©tudes, avec 3 kilos de cafĂ© dans ses bagages pour payer un premier mois d’accueil Ă  ses hĂŽtes. Mais, assez vite, la musique le tire loin des manuels scolaires. Un enseignant lui fait dĂ©couvrir le piano, puis un ami, Francis Bebey, qui deviendra lui aussi une grande figure de la musique camerounaise, l’initie au jazz et au saxophone, son instrument-roi.

De Paris Ă  Bruxelles, de caves en cabarets, il frĂ©quente la diaspora afro-caraĂŻbĂ©enne et la bouillonnante scĂšne jazz de l’aprĂšs-guerre. Il rencontre bientĂŽt Joseph KabaselĂ©, alias « Grand KallĂ© », le pĂšre de la rumba congolaise et le crĂ©ateur de l’un des hymnes des indĂ©pendances africaines, IndĂ©pendance Tcha-tcha, qui l’embauche comme saxophoniste dans son orchestre African Jazz. InstallĂ© pour un temps Ă  LĂ©opoldville au Congo, Manu Dibango dĂ©bute alors une carriĂšre en solo, se fait connaĂźtre avec « Premier twist Ă  LĂ©o », et ouvre son propre club de musique, le Tam-Tam.

Revenu en France avec un rĂ©pertoire qui s’est enrichi au fil de ses pĂ©rĂ©grinations et de ses rencontres, qui s’est ouvert Ă  la soul et au funk, il travaille avec quelques-unes des plus grandes vedettes de l’époque : Dick Rivers, Nino Ferrer, Mike Brant. A la fin des annĂ©es 1960, il est le premier Ă  faire jouer des artistes africains pour une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision française, Pulsations, dont il signe le gĂ©nĂ©rique en live avec son big band.

Manu Dibango se riait des frontiĂšres : il sautait d’un continent Ă  l’autre, d’une culture Ă  l’autre, d’un genre Ă  l’autre, d’un instrument Ă  l’autre – il les maĂźtrisait presque tous – pour crĂ©er une musique universelle, qui Ă©tait Ă  la fois africaine et caraĂŻbĂ©enne, amĂ©ricaine et europĂ©enne, mais qui Ă©tait surtout chaloupĂ©e, entrainante et joyeuse. À chaque album, il inventait de nouveaux rythmes de joie, des mĂ©lodies du bonheur.

C’est avec un tube funk en diable, « Soul Makossa », qu’il avait accĂ©dĂ© Ă  une renommĂ©e internationale. Un hymne Ă  la danse et au mĂ©lange qui n’était Ă  l’origine que la face B d’un 45-tours sorti Ă  l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations de 1972, et qui est devenu, par un improbable cheminement d’admirations et de reprises, un hymne mondial dont le succĂšs ne se dĂ©ment pas : dĂ©couvert par les pionniers new-yorkais du Disco, pillĂ© par les plus grandes stars, citĂ©, repris, il est jouĂ© et rejouĂ© depuis prĂšs de cinquante ans.

Infatigable musicien voyageur, il a fait rĂ©sonner son art virtuose sur les scĂšnes de France et de Belgique, aux États-Unis, en AmĂ©rique Latine, en CĂŽte d’Ivoire oĂč il a un temps dirigĂ© l’Orchestre de la Radio-tĂ©lĂ©vision ivoirienne. ApĂŽtre d’une musique oĂč les artistes du monde entier dialoguent ensemble sur un pied d’égalitĂ©, Manu Dibango n’a jamais cessĂ© de jeter des ponts, d’inventer des hybridations nouvelles, de susciter des rencontres, collaborant tour Ă  tour et parfois en mĂȘme temps avec Youssou N’Dour, AngĂ©lique Kidjo, Peter Gabriel, Sting, Serge Gainsbourg, Herbie Hancock ou Fela Kuti.

Avec le temps, celui qu’on surnommait « Papa Groove » Ă©tait devenu « Papy groove », mais il n’avait jamais perdu son Ă©nergie et son enthousiasme : il Ă©tait encore en tournĂ©e en France et Ă  travers le monde l’an dernier, Ă  l’occasion de ses 60 ans de carriĂšre avec son « Safari symphonique », oĂč s’entrelaçait harmonieusement le jazz et la musique classique.

Manu Dibango Ă©tait aussi une voix, grave, engagĂ©e, qui savait se faire entendre pour cĂ©lĂ©brer les indĂ©pendances, pour dĂ©noncer le racisme et l’apartheid, pour combattre partout les injustices, et pour cĂ©lĂ©brer cette Afrique dont il Ă©tait l’un des fils les plus connus. En 1994, il en avait mĂȘme pris le visage, sur la pochette de son album Wakafrica, auquel il avait fait participer les plus grandes stars du continent.

Immense musicien, il Ă©tait aussi une figure d’humaniste universelle qui, par-delĂ  les frontiĂšres gĂ©ographiques et les styles musicaux, semait Ă  foison la gĂ©nĂ©rositĂ© et la joie. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique adresse Ă  ses proches et Ă  tous ses admirateurs ses plus sincĂšres condolĂ©ances.

Lire la suite
Advertisement
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ABK ACTU

âŻïž Alice Sadio: « Les prioritĂ©s du gouvernement ont toujours Ă©tĂ© ailleurs que dans la santĂ©… »

Leader politique, Alice Sadio est ancienne prĂ©sidente de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP). Elle a revisitĂ© l’actualitĂ© autour du Covid19 au Cameroun.

Publié

Le

Par

Pour réécouter en intégralité linterview d Alice Sadio dans la cadre de la matinale dABK Radio, cliquez sur le lien ci-dessous:

Voici quelques déclarations fortes dAlice Sadio au micro de notre rédaction:

« A quoi va servir un milliard dans la prĂ©servation de la vie des Camerounais ? Alors qu’on est capable de mettre mille milliards dans les infrastructures pour les jeux
 comparativement Ă  ce que les autres pays africains qui ont le mĂȘme PIB que nous font, il y a lieu de s’inquiĂ©ter »

« L’argent de ce pays aussi riche part dans les comptes des gens. Le Coronavirus est une affaire d’argent. »

« Que les voleurs de la RĂ©publique rapatrient les fonds pour sauver la vie des Camerounais. Nous savons comment notre systĂšme sanitaire, notre plateau technique sont, le personnel a besoin d’ĂȘtre motivĂ©, et ce personnel , au mĂȘme titre que l’armĂ©e a droit aux primes. »

« Il y a des gens qui ont dans leur compte privĂ©, l’argent qui est destinĂ© aux camerounais et qui aurait pu ĂȘtre utilisĂ© pour soutenir la lutte contre ce virus. »

 » Le Coronavirus n’a pitiĂ© de personne. Il n’a de respect pour aucun galon ou grade. »

« Les prioritĂ©s de ce gouvernement ont toujours Ă©tĂ© ailleurs et aujourd’hui ça nous rattrape aujourd’hui. »

« Si ce virus atteint le pic qu’il a atteint dans les pays europĂ©ens, je crains que mĂȘme les enfants ne soient pas Ă©pargnĂ©s. »

« Croisons les doigts pour que le virus ne mette pas trop long dehors et prenons des mesures conservatoires, parce qu’il s’agit des questions civiles. »

« C’est une folie que d’adopter un confinement sans prĂ©voir une politique d’accompagnement. Quand un confinement dure une semaine ou plus, c’est plutĂŽt la famine qui va tuer les populations avant le Coronavirus. »

NADINE GUIADEM

Lire la suite

L'INFO EN 89 SEC.

☕ L’INFO EN 89 SECONDES DU 03 AVRIL 2020

Publié

Le

Precedent1 de 6
Utilisez ← → (les flĂšches) pour naviguer

Douala: Incendie survenu au lieu-dit Douala-bar

Un entrepÎt situé non loin de la boulangerie Saker à Akwa est parti en fumée ce matin.

Le propriĂ©taire qui Ă©value les pertes Ă  environ 10 Millions de Fcfa fait savoir que le feu s’est dĂ©clarĂ© aux environs de 6h30 ce matin. Le magasin en question contenait entre autres du matĂ©riel didactique, du matĂ©riel de linge, des objets de brocante, et meubles.

La propagation des flammes a Ă©tĂ© maitrisĂ©e par les Sapeurs-Pompiers qui ont aussi encadrĂ© les lieux pour Ă©viter qu’ils ne soient envahis par les badauds.

Precedent1 de 6
Utilisez ← → (les flĂšches) pour naviguer

Lire la suite

LES PLUS POPULAIRES