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☣️ Dr. THIERRY FOZING: « L’Hydroxychloroquine +Azithromycine sont la seule alternative viable pour contenir l’épidémie du COVID-19 au Cameroun »

Le Dr. THIERRY FOZING est Spécialiste en médecine interne et Cardiologie- CAMFOMEDICS e.V.

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Ce document se veut succinct pour des raisons évidentes, car l’heure est au pragmatisme. Nous restons néanmoins ouverts à toute proposition constructive.

Il existe 4 grandes approches épidémiologiques en ce moment dans le monde pour faire face à la pandémie du COVID-19 :

Le modèle hollandais : ou immunisation de masse.

Caractéristiques : On permet la contamination progressive de toute la population. Isolation seulement des personnes vulnérables ou malades, pas de dépistage massif. (1) Le but est de faire en sorte que la contamination de toute la population se fasse lentement pour ne pas engorger les hôpitaux. L’espoir étant que la population pourra graduellement développer une immunité comme c’est le cas pour la grippe usuelle.

Résultats : Cette stratégie a été révisée par les autorités sanitaires hollandaises ces derniers jours du fait de l’infection massive de la population. Au 29 mars 2020 on comptait plus de 1000 cas par jour avec près de 1000 patients en soins intensifs et près de 700 morts. La fermeture des écoles, bars, restaurants…etc. a finalement été décidée. (1)

De l’aveu même des autorités hollandaises, cette approche, même si elle parait séduisante sur le papier, s’est finalement avérée dangereuse, faisant de la Hollande l’un des pays les plus touché par l’épidémie (env. 800 morts pour 11000 malades). (2)

Conclusion No 1 : même au sein d’une population en bonne santé dans un système sanitaire performant, un minimum d’isolation sociale reste indispensable.

Le modèle Chinois/Franco-italien : ou confinement généralisé

Caractéristiques : Fermeture de tous les lieux publics non essentiels (restaurants, bars, écoles, certaines entreprises publique /privées), recours au télétravail si possible, dépistage seulement des cas symptomatiques graves au sein de centres agréés. Interdiction de déplacement non essentiel, si absolument nécessaire, en cas de déplacement on doit se munir d’un justificatif délivré par une autorité compétente (notamment médecin).

Résultats : A ce jour, résultat mitigé voire négatif (2). Beaucoup de personnes restent chez elles et n’arrivent à l’hôpital que lorsqu’ elles sont dans un état critique. On isole des personnes saines avec des personnes malades à la maison, beaucoup ne respectent pas ce confinement, il est difficile à surveiller et demande des moyens humains et économiques titanesques. De l’avis de beaucoup, le pire semble à venir, car on prévoit une explosion de la maladie à la fin du confinement. La Chine par contre, prouve que ce modèle peut fonctionner à condition bien sûr d’avoir une population disciplinée et d’y mettre des moyens conséquents. La France, l’Italie et l’Espagne, bien que pratiquant le confinement généralisé sont les pays en ce moment les plus durement touchés par la pandémie (avec les USA et la Hollande) (2). Les pays pratiquant cette politique ont donc étonnamment un grand taux de mortalité, comparable à celui qu’on retrouve en Hollande, malgré les moyens mis en jeu !

Rappelons que ce modèle a été choisi en Europe du fait de la rareté des tests permettant un dépistage massif de la population. Il s’agissait donc au départ d’un choix par défaut, les systèmes sanitaires européens n’ayant pas pris la pleine mesure de cette pandémie qui sévissait déjà en Chine depuis fin 2019.

Conclusion 2 : Le confinement généralisé peut fonctionner (exemple la Chine) à condition d’y mettre des moyens colossaux (financiers et humains) et de disposer d’une population qui adhère pleinement à ce modèle (discipline/civisme). Le confinement généralisé, malgré les moyens mis en jeu, conduit néanmoins à une mortalité plutôt haute, comparable au modèle hollandais !

Le modèle sud-coréen/ allemand : ou test généralisé et confinement ciblé/ généralisé

Caractéristiques : Test généralisé de la population (Corée), test de tous les cas suspects (Allemagne). Isolation des malades et des suspects avec géolocalisation (Corée). En Allemagne pas de géolocalisation (elle est néanmoins en débat). Fermeture de tous les lieux publics non essentiels (restaurants, bars, écoles, certaines entreprises publiques /privées). Certaines régions allemandes pratiquent un confinement généralisé en plus de tester massivement la population. L’Allemagne s’achemine vers une extension des tests aux personnes non suspectes pour plus se rapprocher du modèle coréen (3). Dans les 2 cas on a affaire à une population plutôt disciplinée qui d’elle-même prend des initiatives afin de limiter tous contacts sociaux. Contrairement à l’Allemagne, la Corée elle, ne dispose que d’une seule frontière terrestre, pratiquement hermétique avec la Corée du Nord. La Corée du Sud a donc une meilleure maitrise des flux de populations sur son territoire. Les entrées se faisant essentiellement par les airs et dans une moindre mesure par voie maritime. On peut donc comprendre pourquoi l’Allemagne a eu recours à une restriction plus stricte de la mobilité des Hommes en comparaison au modèle sud-coréen.

Des soldats sud-coréens désinfectent une rue face au coronavirus à Séoul, lundi 9 mars 2020.

Résultats : Ces 2 pays économiquement comparables, affichent les taux de mortalité les plus bas au monde pour cette pandémie du COVID-19 et sont régulièrement cités en exemple.

Conclusion No 3 : La mise en place de tests à grande échelle, l’isolation et la surveillance au moins des malades et des suspects, la maitrise des frontières permet de baisser considérablement le taux de mortalité de cette maladie.

Le modèle marseillais : ou le dépistage massif des cas suspects et la mise sous traitement immédiat des patients positifs par le protocole : Hydroxychloroquine +Azithromycine.

Caractéristiques : Le professeur Didier Raoult est l’un des plus grands infectiologues de notre temps (4). Sa renommée et sa compétence ne font l’ombre d’aucun doute dans son domaine. Au sein de son institut à Marseille il a mis en place une politique de dépistage massif inspirée du modèle sud-coréen. Tous les patients revenus positifs ont immédiatement été mis sous un traitement (Hydroxychloroquine =NIVAQUINE +Azithromycine) qui semble prometteur et qui avait d’ailleurs déjà été implémenté en Chine au plus fort de l’épidémie (5). Ce protocole thérapeutique peu couteux, s’il est utilisé tôt, fait baisser plus rapidement la charge virale, rend le patient de ce fait moins infectieux tout en permettant à l’organisme affecté de venir plus rapidement à bout du virus. Les tests en laboratoire l’avaient déjà démontré, le professeur Raoult en a fait la démonstration à grande échelle à Marseille (6).

Résultats : Au 30/03/2020 sur 17479 personnes testées, 2222 sont revenus positifs. 1291 patients ont reçu le protocole Hydroxychloroquine +Azithromycine et on ne note…que 1 (un) seul mort (5) !

Conclusion No 4 : La mise en place de tests ciblés sur des personnes suspectes, l’isolation et la surveillance des personnes testées positives, ainsi que la mise immédiate sous traitement Hydroxychloroquine 600mg/J pendant 10 jours +Azithromycine 500mg le 1 er jours, ensuite 250mg/J pendant 4J (7) permet de baisser drastiquement le taux de mortalité de cette maladie, à moindre coût (13EUR/patient) sans avoir recours à un confinement généralisé. Plusieurs études de validation de cette thérapeutique à grande échelle sont en cours dans le monde en ce moment.

SYNTHESE, quelles solutions pour le Cameroun ?

A l’heure où ce rapport est rédigé, le Cameroun compte officiellement 193 cas et 6 morts confirmés. L’ONU et l’OMS prédisent une véritable hécatombe en Afrique si rien n’est fait pour contenir cette pandémie tant au niveau régional que national. Selon les autorités sanitaires locales, les patients testés positifs au COVID-19 sont soit des personnes arrivées récemment des zones à risque, soit des proches de ces derniers. On a donc affaire à un collectif facilement identifiable et traçable à l’échelle d’un Etat, car chaque personne entrant au Cameroun doit préciser sur sa carte de débarquement son identité et son contact local.

Vue aérienne de Douala

La solution pour le Cameroun devra tenir compte du fait que :

Le secteur informel constitue 70-80% des emplois et 38% de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté : La plupart des personnes gagne leurs vies au jour le jour et ne dispose d’aucune épargne. Ils sont donc obligés de sortir travailler tous les jours pour se nourrir, se loger, se vêtir eux et leurs proches.

L’eau potable est inaccessible à la vaste majorité des Camerounais : Comment ferons les gens pour se laver régulièrement les mains ?

L’électricité nécessaire à la conservation des aliments est inaccessible à la vaste majorité des Camerounais : Même ceux disposant d’assez de moyens financiers devront quand même sortir se ravitailler régulièrement.

La promiscuité et l’absence de logement décent est la réalité de nos centres urbains : Comment se confiner lorsqu’ on n’a pas de logement digne de ce nom ou lorsqu’on vit dans la rue ?

L’incivisme a pris des proportions inquiétantes depuis plusieurs années : Comment s’assurer de l’adhésion des populations à une politique de confinement généralisée ?

L’économie nationale fait face à une grave crise de liquidité, exacerbée par les conflits en zone anglophone et à l’extrême nord : D’où viendront les moyens financiers et humains nécessaires pour la mise en place d’une politique de confinement généralisée ?

Le système sanitaire camerounais est à l’agonie : Un afflux massif de patients incapables financièrement de se prendre en charge conduirait inévitablement à l’hécatombe annoncée, tellement il manque de tout dans nos hôpitaux à commencer par la motivation des personnels de santé, la compétence, les plateaux technique et bien sûr l’argent. L’Italie qui est pourtant une nation développée voit son système sanitaire complètement débordé au cours de cette épidémie.

De toutes les approches explorées plus haut, il conviendrait de choisir la plus efficiente, c’est à dire une méthode qui permettrait de contenir rapidement et à un coût humain et économique raisonnable cette maladie.

Nous savons de façon empirique que :

Même au sein d’une population en bonne santé dans un système sanitaire performant comme en Hollande, un minimum d’isolation sociale est indispensable.

Le confinement généralisé peut fonctionner (exemple la Chine) à condition d’y mettre des moyens colossaux (financiers et humains) et de disposer d’une population qui adhère pleinement à ce modèle (discipline/civisme). Le confinement généralisé, malgré les moyens mis en jeu, conduit à une mortalité plutôt haute, comparable au modèle hollandais !

La mise en place de tests à grande échelle, l’isolation et la surveillance au moins des malades et des suspects, la maitrise des frontières permet de baisser considérablement le taux de mortalité de cette maladie.

La mise en place de tests ciblés sur les personnes suspectes, l’isolation et la surveillance des personnes testées positives, ainsi que la mise immédiate sous traitement Hydroxychloroquine 600mg/J pendant 10 jours +Azithromycine 500mg le 1 er jours, ensuite 250mg/J pendant 4J permet de baisser dramatiquement le taux de mortalité de cette maladie, à moindre coût sans avoir recours à un confinement généralisé.

Nous proposons donc de :

  1. Recenser toutes les personnes suspectes arrivées récemment au Cameroun et n’ayant pas respecté la quarantaine édictée par le gouvernement : Les services de polices et les entreprises de téléphonie mobiles ainsi que par des communiqués sur réseaux sociaux à la télévision peuvent aider à mettre la main sur toutes ces personnes. On parle d’env. 500 personnes en divagation dans la nature, si on y inclut leurs proches, en faisant des projections on peut cibler env. 10000 personnes à tester et à surveiller le cas échéant pour 2-3 semaines. A l’échelle d’un pays ce n’est rien surtout si ça permet d’éviter un péril national.
  2. Les campagnes et les petites villes sont pour l’instant épargnées. On devrait donc bloquer la circulation vers les villages et ne tolérer que le transport des biens essentiels vers les métropoles ou vice versa jusqu’à la fin de la quarantaine. Parallellement encourager les villageois à se confiner dans les villages.
  3. Test de dépistage de tous les suspects et de leur entourage immédiat. Jusqu’ au résultat du test, confinement obligatoire. En cas de test négatif, la personne pourra continuer de vaquer à ses occupations. En cas de test positif, le patient devra être mis en isolement et immédiatement sous le protocole thérapeutique vulgarisé par Marseille : Hydroxychloroquine 600mg/J pendant 10 jours +Azithromycine 500mg le 1 er jours, ensuite 250mg/J pendant 4J. La durée de l’isolement dépendra du second test qui devra être négatif. Le second test pourra se faire entre le 6 ème et 14 ème jour de confinement. Le 10ème jour correspond à la fin du traitement.
  4. Continuer de sensibiliser les populations sur les mesures barrières, sur la distanciation sociale (bars, restaurants, réunions diverses…etc.) et sur la nécessité de se faire dépister en cas de symptômes faisant suspecter une infection au COVID-19. Des centres de référence de dépistage et de traitement devront être mis en place sur toute l’étendue du territoire national avec une concentration particulière dans les grandes zones urbaines, visiblement plus touchées.
  5. Requisitionner 2 ou 3 grands hôpitaux à Yaoundé et Douala dès maintenant. Commencer à les equiper et les adapter pour se préparer au pire. Les autres hôpitaux de la ville devant continuer à assurer les autres soins courant. On évitera ainsi d’éparpiller les malades à travers la ville. À défaut, à l’exemple du Nigeria, préparer un ou deux grand espaces qui serviront de centrale therapeutiques.
  6. L’Etat devra prendre en charge gratuitementle dépistage et le traitement des populations. Il s’agit d’un problème de santé publique. Les premiers 20 000 Test disponibles comme don de la Chine peuvent servir pour un début. La charge du dépistage et du traitement ne saurait peser sur des populations déjà indigentes de peur qu’elles ne viennent pas se faire tester et traiter, faute de moyens. Pour cela il faudra débloquer un fond d’urgence pour se procurer de kits de dépistages fiables (en Corée du sud notamment) et de traitements en quantité suffisante sur le marché international ou produits localement si cela peut se faire rapidement et de façon fiable.
  7. Mettre à la disposition du personnel soignant en première ligne du matériel de travail adéquat et en quantité suffisante (masques, gants, désinfectants, surblouses, lunettes surchaussures…etc.). La population aussi devra être fournie massivement en masques même fabriqués de façon artisanale. Les sociétés nationales d’eau et d’électricité devront tout mettre en œuvre pour approvisionner les populations des zones à risques avec le moins d’interruption possible au plus fort de l’épidémie.
  8. Enfin saisir l’occasion que nous offre le COVID-19 pour développer une expertise locale fiable capable de prévenir et d’endiguer les prochaines pandémies qui à coup sûr reviendront régulièrement dans les années à venir du fait de la mondialisation.

Conclusion finale :

Nous ne croyons donc pas à un confinement généralisé de la population dans un contexte comme le nôtre, car nous n’en avons simplement pas les moyens. Par ailleurs il existe de par le monde des alternatives éprouvées à ce confinement total, produisant des résultats spectaculaires à moindre coût. Les mesures cardinales restent : Sensibilisation permanente et restriction cibléede regroupements (stades, écoles, restaurant, buvettes) au plus fort de l’épidémie, dépistage massifdes suspects, isolation et traitement rapide des malades.

Quand on sait qu’un séjour dans un service de réanimation coûte au minimum 300.000 FCFA/J au Cameroun, nous pensons qu’il faut tout faire pour éviter d’en arriver là. Avec l’Hydroxychloroquine +Azithromycine (coût total 13EUR par patient en France pour toute la durée du traitement) un instrument majeur de préservation de la vie est mis à notre disposition et représente pour le moment la seule alternative viable. Il revient donc aux politiques de prendre leur responsabilité devant l’Histoire.

Pour CAMFOMEDICS (Forum germano-camerounais pour les sciences médicales et paramédicales)

Dr.  Nyuki FonyuyPrésident national et Dr. Thierry FOZING Président de la commission COVID-19

Niederbipp le 31.03.2020

Camfomedics a été fondée le 7 mai 1994 à Tübingen, en Allemagne, par des étudiants camerounais en médecine, pharmacie et dentisterie en Allemagne. Le nom Camfomedics est l’abréviation de Forum germano-camerounais pour les sciences médicales et paramédicales eV

Bibliographie :

  1. https://www.forbes.com/sites/joshuacohen/2020/03/27/caught-between-herd- immunity-and-national-lockdown-holland-hit-hard-by-covid-19/ #21208a823557
  2. https://www.worldometers.info/coronavirus/
  3. https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-l-allemagne- qui-compte-57-298-cas-et-455-deces-choisit-la-strategie-sud-coreenne-6795256
  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Raoult
  5. https://twitter.com/raoult_didier/status/1242808646997880832/photo/
  6. https://www.mediterranee-infection.com/covid-19/
  7. https://www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/03/ Hydroxychloroquine_final_DOI_IJAA.pdf Ampliation: -Mr le Ministre de la Santé -Mr le Président de l’Ordre des Médecins -Le Président du Conseil scientifique

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🔴 Armand Leka Essomba: « Achille MBEMBE-Entre Juifs et Nègres »

En appeler à l’Assemblée Nationale pour légiférer sur la « liberté de penser », m’est proprement incompréhensible, après le Moyen-âge chrétien et les lumières du 18ème siècle européen.

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Il y a près de deux semaines, j’ai apposé ma signature à une pétition en circulation pour marquer mon soutien intellectuel à Achille MBEMBE, l’un des penseurs les plus féconds de notre époque, victime en Allemagne d’un faux procès.

A la faveur d’un remarquable « lapsus », somme toute anecdotique d’un journaliste réputé au Cameroun, l’état d’esprit de censure que je croyais circonscrit à la lointaine Allemagne face à ses propres démons, semble avoir gagné l’espace public de la dispute chez nous.

Là-bas, MBEMBE serait coupable « d’hostilité à l’égard de l’État d’Israël » et ici, « d’hostilité à l’égard de l’État du Cameroun ». Coupable là-bas de « complaisance à l’égard de la Shoah juive », ici, de « complaisance à l’égard de la « cause nègre » (la cause nationale) pour avoir, dans une tribune particulièrement controversée, évoqué la nécessité d’une intervention militaire (française) pour organiser la transition au Cameroun.

Là-bas : critique de la raison raciste

La parenté entre Juifs et Nègres est connue. Pourchassés dans une Europe en proie à ses démons cycliques : le désir de haine et le fantasme de pureté, de nombreux Juifs ont envisagé de trouver hospitalité et paix en Afrique noire. Beaucoup y ont toujours leurs descendances. Cette parenté, Juifs et Nègres la partagent aussi dans l’expérience de la « grande souffrance ». La traite négrière, la Shoah et l’Apartheid, auront été des expériences limite de la haine de l’homme contre l’Homme.


L’acte de naissance de cette grande souffrance que ces deux « catégories d’humanités » expérimentèrent dans leur histoire, portait avant tout, la signature des « politiques d’inimitiés » élaborés au cœur même du lieu d’où émargea et prit forme, pour la première fois, l’humanisme et l’universalisme moderne : le vieux monde européen. Cette facette nocturne d’un universalisme abstrait et d’un humanisme professé s’abreuvait à l’éthos des politiques de la « séparation » et des philosophies de la ségrégation qui furent tout, sauf des politiques du semblable.

Elles se déployaient suivant un axe philosophique particulièrement ambivalent, à la fois lumineux et caverneux, porté simultanément par un idéal émancipateur, lui-même guidé par cette trinité indépassable que constitue la liberté, l’égalité et la fraternité (l’œuvre de Dieu) ;et par une folie enténébrante, puissamment stimulé par le culte de la haine et un permanent désir de génocide (la part du Diable).

C’est bien cette face nocturne et ténébreuse que certains courants d’idées, notamment de droite et d’extrême droite, en occident, cherchent toujours à refouler, à masquer et à nier à tue-tête, sans pour autant y parvenir. Car comme on le sait, ce sont bien les nègres d’Afrique qui les premiers, payeront le prix le plus élevé de ce délire, avant que les juifs, récemment, n’en payent à leur tour un prix tout aussi élevé.

La critique philosophique des politiques de l’inimitié, alors que l’on assiste partout à une « planétarisation de la condition Nègre » et au « devenir nègre du monde », par un étrange retournement est soumise à l’injonction de se faire plus discrète, alimentée par un état d’esprit de censure intellectuelle.

Cette critique sans concession est absolument nécessaire et les voix qui la portent doivent être soutenus et protégées, en tant que veilleur d’espérance humaine.

Sous AHIDJO, MONGO BETI fut enseigné (que ne disait-il pas sur le Cameroun à l’époque?) ; Marcien TOWA, le grand philosophe indocile sous le parti unique, fut libre de penser et l’on pouvait librement le citer.



Ici : Au-delà de la caverne

Sous AHIDJO, MONGO BETI fut enseigné (que ne disait-il pas sur le Cameroun à l’époque?) ; Marcien TOWA, le grand philosophe indocile sous le parti unique, fut libre de penser et l’on pouvait librement le citer. Grâce à ce dernier d’ailleurs, nous avons pu avoir, les BASSECK BA KOBBIO et NKOLO FOE, parmi tant d’autres.

Ces deux derniers principalement, auront permis à l’auteur de ces lignes de recevoir le meilleur héritage que l’Université puisse donner à un esprit : le sens très aigu de la dispute intellectuelle. Ce sera au Cercle Philo-Psycho-Socio-Anthropo de l’Université de Yaoundé I, qu’ils ont créé, mains nues.

Le Cercle Philo-psycho-socio-anthropologie (où l’on passait des nuits entières à lire toutes sortes de livres), en tant qu’espace de socialité académique et scientifique, fut pour nous un lieu unique de rencontre interdisciplinaire, ainsi qu’un laboratoire irremplaçable d’initiation à la discussion critique.

Ce fut d’abord dans ce « non-lieu » institutionnel, au travers de son « irremplaçable » et modeste fond documentaire que nombre d’entre nous, furent confrontés pour la première fois vraiment, au choc fructueux de la divergence.

C’est peut-être là que nous fûmes aussi, très tôt, préparés à l’idée selon laquelle, l’unité de quête (la recherche de la vérité) qui traverse et légitime irréductiblement le projet éthique de toute recherche scientifique, ne devait jamais perdre sa préséance face aux contradictions nées du morcellement des cheminements qui conduisent à cette quête.

La fixation de l’estimé philosophe NKOLO FOE, sur les opinions médiatiques de son compatriote Achille MBEMBE, et sa tendance à tout réduire à cela, au point où le penseur fait le choix de faire l’apologie de la censure, m’a à vrai dire profondément émue et peiné.


C’est en effet là que nous fûmes socialisés, à l’idée que, la recherche de la vérité sociale sur l’homme, vivant en société, s’appauvrit chaque fois que les préjugés liés aux dogmes disciplinaires, s’emploient à ériger des murs, là où des ponts s’imposent, à tous ceux qui se sont donnés pour métier de comprendre, d’expliquer ou d’interpréter ce pathétique spectacle et cette jolie cacophonie qu’est la vie sociale.

Et c’est précisément là que pour la première fois vraiment, presque grâce à nos estimés devanciers (BASSECK et NKOLO FOE), l’on allait faire la « rencontre » avec les écrits de Jean-Marc ELA, EBOUSSI BOULAGA, Achille MBEMBE, Cheick ANTA DIOP et bien d’autres encore.

La fixation de l’estimé philosophe NKOLO FOE, sur les opinions médiatiques de son compatriote Achille MBEMBE, et sa tendance à tout réduire à cela, au point où le penseur fait le choix de faire l’apologie de la censure, m’a à vrai dire profondément émue et peiné.

En appeler à l’Assemblée Nationale pour légiférer sur la « liberté de penser », m’est proprement incompréhensible, après le Moyen-âge chrétien et les lumières du 18ème siècle européen. S’en prendre à un journaliste pour avoir cité un penseur important (ses thèses fussent-elles contestables) m’est à la vérité pénible.

En appeler à l’Assemblée Nationale pour légiférer sur la « liberté de penser », m’est proprement incompréhensible, après le Moyen-âge chrétien et les lumières du 18ème siècle européen.


Cette forme émergente d’intolérance, n’est pas bon signe. Surtout si elle venait à être légitimée intellectuellement par certains meilleurs esprits de notre temps. La répression des libertés académiques étant la pire des répressions.

Beaucoup d’entre nous, pensons « avec » et « contre » MBEMBE, par delà les distributeurs automatiques d’étiquettes. Certains d’entre nous ont toujours explicitement marqué notre profond désaccord avec les implications morales et politiques de la manière dont une certaine « critique politique colérique » ( dont Achille MBEMBE est le parfait représentant dans ses tribunes médiatiques) probablement inspirée par le prisme déformant du « BIYA must go first », analyse le Cameroun.

Mais, cet état d’esprit fait de propos injonctifs et de sentences dogmatiques qui gagne du terrain est absolument inapproprié. Il risque de réprimer cet esprit critique qui reste irréductiblement la seule et ultime valeur à sauvegarder pour le grand bien de tous. Nous en sommes à appeler à la censure des penseurs et à la pénalisation d’une étrange infraction. Nous en sommes presque à guetter des journalistes, une certaine légitimation cathodique somme toute vaine.

Cette polémique alimentée de manière obsessionnelle, en ce moment, n’est pas saine pour la « classe intellectuelle ». Pour les générations qui viennent, nous rêvons de mieux, en ce qui est de notre commune appartenance à cette « aristocratie morale », que sont les intellectuels, qui ne doit sa légitimité qu’à « elle-même » d’abord et à une instance méta sociale certes controversée : la vérité.

A propos de l’auteur :
Armand Leka Essomba est sociologue, directeur exécutif du Laboratoire camerounais d’études et de recherches sur les sociétés contemporaines (CERESC), Université de Yaoundé I.
Pour découvrir quelques uns de ses livres, cliquez ici

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🔴 Tribune – Bassek Ba Kobhio : « Mon cher Pr et ami Nkolo Foe »

Au cours de « la veillée sur l’unité nationale », un magnifique magazine produit et présenté par Charles Ndongo le 19 mai dernier, le journaliste a cité l’écrivain Achille Mbembé; une reférence qui a provoqué l’ire du Philosophe Nkolo Foe. Et une réaction de l’essayiste Bassek Ba Kobhio qui s’est rappelé à son bon souvenir. Avec classe et hauteur.

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Je te vois ces derniers temps t’agiter bruyamment et je dois te dire ma tristesse face à tes récriminations faites de sorties douteuses sur un ton de militant de base de parti unique, toi le grand professeur de philosophie qui devrait montrer la voie de l’acceptation voire de la promotion de la différence , toi qui depuis les bancs de l’école ne se classait ni dans les médiocres ni dans les envieux, au contraire .  Puisque tu aimes tant l’université de Yaoundé à quelques kilomètres de la CRTV et que c’est la mesure de toute chose pour toi,  restes-y mais adopte toutes les exigences de l’institution. L’université, me semblait-il, c’est la liberté partout et pour tous, le rejet du caporalisme, de la pensée unique.

L’université, me semblait-il, c’est la liberté partout et pour tous, le rejet du caporalisme, de la pensée unique.


La préoccupation de Charles Ndongo l’autre soir, dans une émission qui restera dans les annales de la presse audiovisuelle camerounaise comme Henri Bandolo marqua l’écrit camerounais avec La Flamme et la fumée,  ne fut pas tant de rechercher un professeur qui parlerait pour une philosophie camerounaise dont on peut se demander à quoi d’ailleurs renvoie cette catégorie,  que de citer un Camerounais qui quelles que soient ses opinions est désormais une référence, pense et fait parler du Cameroun qu’on le veuille ou non, en suscitant et alimentant le débat au niveau mondial. On peut ne pas être d accord avec Achille Mbembe, et c’est tout ton droit, et je ne suis pas moi-même  d’accord  avec tout ce qu’il écrit ou toutes ses positions,  on ne peut nier cependant qu’ au Cameroun et dans le monde entier aujourd’hui, parler de la pensée camerounaise voire africaine c’est convoquer dans le groupe restreint des penseurs à la notoriété établie notre camarade Achille Mbembe. Je dis camarade, parce-que toi et moi devrions en plus être honorés, au-delà de nos parcours singuliers loin d’être insignifiants, d’avoir été ses camarades de faculté comme je  m’honore d’avoir été le tien, comme nous remercions le ciel d avoir eu pour maître un Marcien Towa dont la grandeur tenait plus de ce qu’il  parlait à l’Afrique et au monde, davantage qu’aux cours qu’il nous dispensa dans des espaces restreints à l université.

Marcien Towa fut persécuté dans ce pays parce-qu’il pensait différent. Le droit à la différence est le premier stade de l’exercice philosophique.


Tu sais bien comment Marcien Towa fut persécuté dans ce pays parce-qu’il pensait différent. Le droit à la différence est le premier stade de l’exercice philosophique. Il devrait y avoir tellement de distance entre les propos d’un militant de base de parti et ceux d’un professeur de philosophie de mes amis dont je souhaiterais tant qu en descendant d avion à Libreville ou Abidjan on ne me parle que de sa dernière livraison intellectuelle, seule chose qui l’inscrira sur la durée et dans le temps, plutôt que de lire de lui d’incroyables appels à l’intolérance, puisque tu reproches au journaliste de choisir librement ses références, lui dont la fidélité au régime qu’il sert ne s’est pourtant jamais démentie.

L’aigreur est toujours mauvaise compagne de route de la saine pensée.


Le maccarthysme vit fleurir aux Etats-Unis une flopée de censeurs chargés de désigner les bons et mauvais américains, que Dieu nous préserve de telles dérives où la faiblesse de la réflexion pourrait se vêtir de méthodes policières et inquisitoriales pour se venger ou faire place nette.  Mono Ndzana l’a fait il y a 30 ans pour tous et pour tout le siècle, avec une récolte discutable. L’aigreur est toujours mauvaise compagne de route de la saine pensée.
Avec l’heureux souvenir de notre club de philosophie,   Ton camarade et ami Bassek ba Kobhio.

Pr Nkolo FOE

« Mieux vaut être militant de base d’un parti unique que de revêtir le costume d’un BHL ou d’un Bernard Kouchner. Peu importe l’amitié qui me lierait à Achille, l’idée d’une intervention de l’OTAN au Cameroun ne passe pas chez moi. L’idée que l’Afrique serait peuplée de satrapes et d’États voyous pour plaire à l’Occident non plus!
Il ne s’agit pas de censurer qui que ce soit. Il s’agit de citer en exemple des gens qui se mettent à genoux, pour supplier l’ancienne puissance coloniale (et ses alliés) d’envoyer des armées pour organiser la succession au Cameroun. Si Émilie accepte une telle issue qui priverait le peuple de son droit souverain, moi je dis non! Un régime dans un char étranger ? Non, non et non. Achille n’a pas le droit de dire une telle connerie. C’est indigne ! »

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