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đŸ”” Histoire: L’assassinat de GuĂ©randi Mbara par les services secrets camerounais

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Par Arol Ketch

Je vais vous raconter une histoire digne des plus grands films hollywoodiens, celle de la fin de Guérandi Mbara.

GuĂ©randi Mbara Ă©tait un militaire et homme politique camerounais. Il est l’un des acteurs clĂ©s du Coup d’Etat manquĂ© du 6 Avril 1984.

En effet, avec un groupe d’officiers, il crĂ©e, au sein de certaines unitĂ©s de l’armĂ©e, des cellules clandestines de rĂ©flexion qui joueront un rĂŽle actif dans le Coup d’Etat du 6 avril 1984 contre le rĂ©gime Biya. Le soulĂšvement est un Ă©chec. Seul survivant du groupe initiateur ; il est condamnĂ© Ă  mort.

Le capitaine GuĂ©randi est l’objet deux mois durant d’une vĂ©ritable chasse Ă  l’homme, une traque. Ce stratĂšge rĂ©ussit Ă  quitter le Cameroun in extremis en juin 1984, pour le Burkina Faso oĂč il est accueilli par son ami le PrĂ©sident Blaise CompaorĂ©. En effet, Ă  l’école École Militaire Inter-Armes de YaoundĂ©, il a Ă©tĂ© le promotionnaire de jeunes officiers africains notamment du Burkina Faso avec lesquels il a nouĂ© une solide et durable amitiĂ©. Il Ă©tait un ami intime de Blaise CompaorĂ© et Thomas Sankara.

Le 4 aoĂ»t 1983, le capitaine Blaise CompaorĂ© et ses hommes renversent le rĂ©gime de Jean-Baptiste OuĂ©draogo. Ce coup de force place Sankara Ă  la tĂȘte de la Haute Volta. GuĂ©randi Mbara est fortement marquĂ© par le putsch rĂ©alisĂ© par ses amis BurbinabĂš ; il a en tĂȘte de rĂ©aliser le mĂȘme coup pour faire tomber la dictature Camerounaise.

Guérandi Mbara était formel : «Le régime de Yaoundé ne tombera que par la force des armes».

Depuis la date fatidique du 6 avril 1984 et le coup d’Etat, GuĂ©randi Mbara est devenu l’ennemi d’Etat numĂ©ro du rĂ©gime de YaoundĂ© ; le savoir vivant, empĂȘchait le rĂ©gime de dormir. GuĂ©randi Mbara Ă©tait formel : « le rĂ©gime de YaoundĂ© ne tombera que par la force des armes ».

En 2004, Paul Biya rechigne mĂȘme Ă  participer au sommet de la Francophonie au Burkina Faso, il Ă©voque des risques Ă©levĂ©s pour sa sĂ©curitĂ©. En rĂ©alitĂ©, c’est l’ombre de GuĂ©randi Mbara qui lui donne des sueurs froides. Il a fallu l’intervention du PrĂ©sident Chirac pour le rassurer et le convaincre de faire le voyage.

Depuis ses multiples lieux d’exil, GuĂ©randi Mbara mĂšne des rĂ©flexions et met en place des stratĂ©gies pour faire tomber le rĂ©gime de YaoundĂ©.

Guérandi Mbara

Des Ă©missaires du pouvoir ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  plusieurs reprises rencontrer GuĂ©randi pour le convaincre d’arrĂȘter son combat avec pour monnaie d’échanges une amnistie, de fortes sommes d’argent lui ont mĂȘme Ă©tĂ© proposĂ©es, un poste ministĂ©riel lui a mĂȘme Ă©tĂ© proposĂ© en Ă©change de son engagement dans le parti au pouvoir ; GuĂ©randi a balayĂ© tout cela du revers de la main. Face Ă  son intransigeance et sa dĂ©termination, les faucons du rĂ©gime dĂ©cident d’implĂ©menter l’option ultime : « Ă©liminer GuĂ©randi Mbara ». L’homme va Ă©chapper Ă  plusieurs tentatives d’assassinat commanditĂ©s par les services Camerounais. C’est la naissance du mythe de l’invincibilitĂ© de Mbara.

A force de rĂ©flexions et de consultations, Mbara a Ă©laborĂ© une stratĂ©gie et a trouvĂ© des hommes solides pour l’accompagner dans son aventure. En 2012, GuĂ©randi Mbara entre en contact le truculent marchand d’armes Georges Starckmann. Guerandi lui assure qu’il a 2500 hommes suffisamment formĂ©s prĂȘts Ă  faire tomber le rĂ©gime ; il lui rĂ©vĂšle mĂȘme qu’il a des complicitĂ©s Ă  un niveau Ă©levĂ© au sein de l’armĂ©e camerounaises ; toutefois il souhaiterait acquĂ©rir des armes pour rĂ©aliser avec brio le putsch du siĂšcle.

Personnage sulfureux qui se vend au plus offrant, Starckmann a enregistré les différentes entrevues avec Mbara ; ils envoient les vidéos au régime de Yaoundé et fait monter les enchÚres : soit vous me donnez 20 fois plus que ce Mbara me propose et je vous aide à le liquider ; ou alors je vends les armes à Mbara et peu importe ce qui arrivera.

Cette proposition est du pain bĂ©ni pour les autoritĂ©s de YaoundĂ© qui avec ses pieds nickelĂ©s mal formĂ©s ont lamentablement Ă©chouĂ© Ă  maintes reprises Ă  Ă©liminer le capitaine GuĂ©randi. Le rĂ©gime de YaoundĂ© accepte l’offre de Starckmann. Pour rĂ©aliser la funeste mission, celui-ci dĂ©cide de faire appel Ă  un colonel portugais Ă  la retraite, un certain JosĂ© Alberto Fernandes Abrantes, et empoche au passage une confortable avance de 350 000 euros sur les 500 000 qu’il doit toucher en guise de commission.

Guérandi Mbara

En bon espion expérimenté, Abrantes va rencontrer Guérandi une trentaine de fois et va gagner sa confiance.

Abrantes connaĂźt bien l’Afrique et le Cameroun en particulier ; aprĂšs avoir travaillĂ© pour les services secrets ivoiriens, il s’est installĂ© au Cameroun et a collaborĂ© avec les services Ă  la Direction gĂ©nĂ©rale de la recherche extĂ©rieure (DGRE). En bon espion expĂ©rimentĂ©, Abrantes va rencontrer GuĂ©randi une trentaine de fois et va gagner sa confiance. GuĂ©randi est convaincu d’avoir enfin trouver un marchand d’armes prĂȘts Ă  l’accompagner dans son projet de pustch.

Abrantes a Ă©laborĂ© son plan macabre. Il demande Ă  GuĂ©randi de quitter Ouagadougou pour venir Ă  sa rencontre Ă  Porto au Portugal afin qu’avec son jet privĂ©, ils aillent ensemble en Russie pour voir les types d’armes qui pourraient intĂ©ressĂ©s GuĂ©randi. En rĂ©alitĂ©, il ne s’agit pas d’aller en Russie, il s’agit de kidnapper GuĂ©randi et de le ramener mort ou vivant au Cameroun pour qu’il soit liquidĂ© sur place.

Dans un premier temps, Abrantes souhaite atterrir en discrĂ©tion Ă  l’aĂ©roport de Bafoussam (Bamougoum) afin d’éviter tout soupçon ; mais en raison de l’exiguĂŻtĂ© de cet aĂ©roport, les pilotes frileux, ont peur d’ĂȘtre sanctionnĂ©s et de perdre leur licence d’autant plus que cet aĂ©roport n’est pas international. Exit Bafoussam ! Cap Sur Douala ! Les plans ont changĂ©. Il propose un nouveau lieu et une nouvelle date de rendez-vous Ă  GuĂ©randi.

Comme convenu, GuĂ©randi dĂ©barque sur les lieux du rendez-vous. Il ne se doute de rien. Il est mĂȘme enthousiaste Ă  l’idĂ©e d’aller voir les armes qu’on lui propose. Le 25 janvier 2013 un avion dĂ©colle de l’aĂ©roport Vrazhdebna de Sofia, en Bulgarie. À son bord, outre l’équipage, trois hommes : un colonel bulgare, le vendeur d’armes JosĂ© Alberto Fernandes Abrantes et GuĂ©randi Mbara.

Lorsque GuĂ©randi pĂ©nĂštre dans l’avion affrĂ©tĂ© par les sbires Ă  la solde du rĂ©gime de YaoundĂ©, on lui injecte un violent sĂ©datif ; il tombe et est inanimĂ©. Le colis est neutralisĂ© ; il faut Ă  prĂ©sent le livrer. Cap sur Douala. L’avion atterrit nuitamment Ă  l’aĂ©roport de Douala ; un problĂšme se pose « Comment dĂ©barquer un homme inanimĂ© dans cette aĂ©rogare gĂ©nĂ©ralement trĂšs frĂ©quentĂ©e sans attirer l’attention et, surtout, sans se faire arrĂȘter par des gendarmes zĂ©lĂ©s ? C’est lĂ  qu’intervient Thierry AndrĂ© MathĂ©, le commissaire de l’aĂ©roport. »

Celui-ci leur trouve une porte dĂ©robĂ©e et le colis est livrĂ© entre les mains des membres de la DGRE. A son rĂ©veil, GuĂ©randi Mbara se trouve nez Ă  nez avec ses bourreaux. Il comprend immĂ©diatement ce qui s’est passĂ©. Mais GuĂ©randi Mbara n’est pas homme Ă  se laisser anĂ©antir sans riposter. Dans un sursaut et avec l’énergie du dĂ©sespoir, ce monsieur proche de la soixantaine rĂ©ussit Ă  neutraliser le garde en faction qui attendait son rĂ©veil avant le dĂ©but de la sĂ©ance de torture.

Mbara est neutralisĂ© par la suite par les autres Ă©lĂ©ments ; on lui demande de s’agenouiller et de demander pardon ; mais c’est trĂšs mal connaĂźtre GuĂ©randi, le guerrier fier prĂ©fĂšre la mort Ă  l’humiliation. D’ailleurs GuĂ©randi sait qu’il va ĂȘtre liquidĂ© mais autant mieux mourir fiĂšrement en restant debout jusqu’à la fin. Inutile de vous dire que GuĂ©randi lutta jusqu’à la fin.

De l’aveu mĂȘme des sbires, la derniĂšre trace du « colis » reçu par l’équipe de la DGRE conduite par le commissaire James Elong LobĂ© est « quelque part sur la route entre ÉdĂ©a et Pouma ». On n’aura plus jamais de traces, plus de nouvelles de GuĂ©randi Mbara jusqu’au jour oĂč Abrantes, l’homme qui a rĂ©alisĂ© la sale besogne va dĂ©cider de tout rĂ©vĂ©ler. En effet, aprĂšs la rĂ©alisation de son forfait, l’homme n’a pas Ă©tĂ© entiĂšrement payĂ© par les commanditaires. Se disant menacĂ©, il a dĂ» quitter le Cameroun en dĂ©cembre 2013 pour rentrer au Portugal.

Guerandi MaiworĂ© Elisabeth, l’épouse de Guerandi est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2017 Ă  Ouagadougou dans des conditions non Ă©lucidĂ©es sans avoir eu la lumiĂšre sur la disparition de son Ă©poux.

NB : RĂ©cit inspirĂ© de plusieurs articles de presse sur le sujet notamment l’article trĂšs fouillĂ© de Jeune Afrique « Mbara GuĂ©randi : enquĂȘte sur une affaire d’État camerounaise » paru en 2014, un livre rĂ©digĂ© par Jean-Marc Soboth relate aussi une autre version de cette histoire : « Guerandi Mbara, le « colis » de Monsieur Biya : Tout ce qu’on vous a cachĂ© sur l’assassinat de l’ancien homme de main de Blaise CompaorĂ© », quelques tĂ©moignages des protagonistes m’ont aussi aidĂ© pour le rĂ©cit.

Les noms citĂ©s dans mon rĂ©cit ont Ă©tĂ© repris tels que mentionnĂ©s dans les sources citĂ©es ci-dessus ; je n’ai rien inventĂ© et je suis uniquement responsable du rĂ©cit et je veux voir mes enfants grandir.

Souhaitez-vous dĂ©couvrir l’Histoire des putschs salvateurs en Afrique ?

Alors lisez le livre : « LES COUPS D’ETAT SALVATEURS EN AFRIQUE »

Contact : leseditionsdumuntu@gmail.com
Arol KETCH – 06.04.2020
Rat des archives
Fourmi Magnan égarée

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L'INFO EN 89 SEC.

☕ Infos en 89 secondes du 31 Juillet 2021

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SociĂ©tĂ© : 39 sacs de chanvre indien dĂ©couverts dans un magasin dans l’ExtrĂȘme-nord du pays.

Le gardien et le convoyeur d’un magasin ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s Ă  la suite de la perquisition de ce magasin Ă  Laka Ă  Kousseri dans le dĂ©partement du Logone et Chari, rĂ©gion de l’extrĂȘme nord. Les Ă©lĂ©ments de la brigade de gendarmerie en collaboration avec ceux du Bataillon d’intervention rapide y ont trouvĂ© 39 sacs de 9 kilogrammes de chanvre indien en provenance de Douala. Les deux suspects sont devant la justice et une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte dans le but de dĂ©manteler ce rĂ©seau.

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âŻïž AurĂ©ole Tchoumi : « Le ministre de la justice ne veux pas faire son travail, dĂšs que l’on ouvre une enquĂȘte elle est conduite par le chef de l’État »

Auréole Tchoumi est journaliste et chroniqueur hebdomadaire de la matinale.

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Pour rĂ©Ă©couter en intĂ©gralitĂ© l’interview, cliquez sur le lien ci-dessous:

Ci-dessous quelques attitudes fortes recueillies lors de cette interview:

Comment comprendre que dans un pays comme le Cameroun on soit encore entrain de traiter par une voie d’une firme allemande l’Ă©tablissement d’un objet de souverainetĂ© qu’est le passeport. Les camerounais peuvent dĂ©jĂ  le faire.

On ne peut pas comprendre que le prĂ©texte derriĂšre c’est 110.000 f c’est la dĂ©matĂ©rialisation. En rĂ©alitĂ© rien ne change dans cette affaire de passeport a part son prix. On refuse de faire confiance aux jeunes Camerounais.

Un pays comme le Cameroun qui a des entreprises basĂ© dans chaque rĂ©gion qui produisent du ciment en grande quantitĂ©, on se retrouve Ă  importer le ciment de l’Italie. Le stade d’Olembe porte la malĂ©diction du drapeau il est habillĂ© en couleur du Burkina Faso.

Le ministre de la justice ne veux pas faire son travail, on est fatiguĂ©s que dĂšs que l’on ouvre une enquĂȘte elle est conduite par le chef de l’État, Paul Biya n’est pas en charge de la justice !.. Laurent Esso est celui qui plombe encore le justiciable.

Est ce qu’on peut comprendre qu’une organisation de la CAN qui nous a Ă©tĂ© confiĂ©e depuis 2014, qu’on soit encore entrain de tergiverser jusqu’Ă  prĂ©sent. Ce n’est pas pas le prĂ©sident qui organise les compĂ©titions, les ministres ont Ă©galement un rĂŽle Ă  jouer. On doit ĂȘtre capable de faire dĂ©missionner un ministre s’il ne fait pas bien son travail.

Je suis sĂ»r Ă  100% que le Cameroun n’organisera pas la CAN 2022. La CAF Ă  une liste d’attente sur laquelle il y a au moins 4 pays dĂ©jĂ  prĂȘts.

Deux salaires en Un, c’est une catastrophe ce n’est pas au prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale de nommĂ© son chargĂ© de la sĂ©curitĂ©. Comment Monsieur Cavaye Yeguie Djibril peut nommer son propre fils !? Il a fautĂ© et il faut qu’un juge intervienne. On ne doit pas accepter ça, c’est un sujet grave!

Emmanuel Macron est devenu la personne qui est ma plus dĂ©testĂ©e en France. Le prĂ©sident français Ă  rĂ©ussi son coup de communication. On est en pĂ©riode de Covid-19 aucun prĂ©sident ne peut saluer une personne mĂȘme entre eux ils ne se touchent pas. Donc cette fameuse gifle Ă©tait un coup montĂ© pour pouvoir grimper dans les sondages.

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