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🔮 Paul Biya: « Le port du masque restera obligatoire jusqu’à nouvel ordre »

Voici en intĂ©gralitĂ© le Message du Chef de l’Etat Ă  la Nation Ă  la veille de la FĂȘte du 20 Mai 2020:

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Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Je ne m’adresse pas habituellement Ă  vous Ă  la veille de notre FĂȘte Nationale. Elle est traditionnellement l’occasion de cĂ©lĂ©brer, dans la joie, notre unitĂ© nationale ainsi que les valeurs de notre RĂ©publique et de notre dĂ©mocratie.

« Il est impératif que les consignes qui ont été données (port de masques, distanciation physique, lavage fréquent des mains) soient scrupuleusement respectées »

Aujourd’hui, le contexte est diffĂ©rent. Comme la plupart des pays du monde, le Cameroun est atteint par le COVID-19. Notre systĂšme de santĂ© est mobilisĂ© pour combattre cette grave maladie. Diverses dispositions, annoncĂ©es par le Premier Ministre, ont Ă©tĂ© prises pour freiner la propagation. Il est impĂ©ratif que les consignes qui ont Ă©tĂ© donnĂ©es (port de masques, distanciation physique, lavage frĂ©quent des mains) soient scrupuleusement respectĂ©es. Il y va de la santĂ© de tous et de chacun.

Dans ces conditions, il n’était pas possible que les festivitĂ©s qui marquent notre FĂȘte Nationale soient maintenues, en raison des rassemblements que cela implique. Ce n’est Ă©videmment pas de gaietĂ© de cƓur que j’ai dĂ» prendre cette dĂ©cision. Mais ma prĂ©occupation principale Ă©tant la protection de la santĂ© de mes compatriotes, il n’y avait pas d’hĂ©sitation possible.

La plupart d’entre vous ont bien compris que devant le danger sournois que reprĂ©sente le COVID-19, il convenait de mettre de cĂŽtĂ© les querelles politiciennes et de prĂ©senter un front commun. Certains dirigeants politiques qui n’appartiennent pas Ă  la majoritĂ© gouvernementale se sont exprimĂ©s dans ce sens. Je les en remercie.

« Je voudrais vous dire de ne pas céder à la panique, et de ne pas croire les fausses informations véhiculées par les réseaux sociaux »

Nous avons eu Ă©galement la satisfaction de recevoir l’aide et les encouragements de pays amis, d’organisations internationales, de dirigeants d’entreprises nationales et Ă©trangĂšres, ainsi que de diverses personnalitĂ©s comme M. Jack MA de la fondation Alibaba. Je veux ici les remercier en votre nom.

Mes chers compatriotes,
La premiĂšre chose que je voudrais vous dire en ce jour est de ne pas cĂ©der Ă  la panique, et de ne pas croire les fausses informations vĂ©hiculĂ©es par les rĂ©seaux sociaux notamment. Le dĂ©fi est certes grand, mais nous sommes capables de le relever ensemble comme nous l’avons fait en de nombreuses autres circonstances.

Je veux aussi que vous sachiez que le Gouvernement, sous mon impulsion, fait le maximum possible pour nous sortir de cette grave crise sanitaire.

Comme je l’ai dit, les mesures de protection ont d’ores et dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prises pour contrer la propagation du COVID-19 sur notre territoire.

MalgrĂ© cela, le nombre de personnes infectĂ©es augmente de jour en jour, apportant la preuve que la lutte contre cette pandĂ©mie est complexe et difficile. J’invite donc chacun de vous Ă  s’y impliquer personnellement. Il est essentiel que les mesures qui ont Ă©tĂ© indiquĂ©es soient absolument respectĂ©es par chacun de nous. C’est une des conditions de la victoire que nous voulons tous remporter contre ce virus.

J’invite particuliĂšrement tous les responsables politiques, tous les hommes de religion, tous les leaders d’opinion, tous les responsables d’associations, tous les chefs traditionnels et tous les corps constituĂ©s Ă  continuer Ă  s’investir pleinement dans ce combat contre le COVID-19. Bien entendu, tout ceci dans le cadre fixĂ© par le Gouvernement et dans le respect des lois et rĂšglements de la RĂ©publique.

« Je tiens Ă©galement Ă  saluer l’extrĂȘme courage du corps mĂ©dical camerounais et de ceux qui l’assistent. Avec les moyens qui sont les nĂŽtres, ils font le maximum pour soigner les personnes infectĂ©es »

Mes chers compatriotes,
Sans plus attendre, je voudrais m’associer Ă  la douleur des familles qui ont perdu leurs proches des suites de cette terrible maladie. J’adresse mes encouragements aux malades encore hospitalisĂ©s dans nos formations sanitaires et leur souhaite un prompt rĂ©tablissement. Je demande par ailleurs aux personnes testĂ©es positives de respecter scrupuleusement les rĂšgles de confinement.

Je tiens Ă©galement Ă  saluer l’extrĂȘme courage du corps mĂ©dical camerounais et de ceux qui l’assistent. Avec les moyens qui sont les nĂŽtres, ils font le maximum pour soigner les personnes infectĂ©es. En effet, ils ne baissent pas les bras face Ă  la gravitĂ© de l’infection au COVID-19. La Nation, par ma voix, les en fĂ©licite et les encourage Ă  persĂ©vĂ©rer dans cette voie.

Comme vous le savez, depuis l’apparition de cette pandĂ©mie dans notre pays, Ă  cĂŽtĂ© des mesures de protection dont j’ai dĂ©jĂ  parlĂ©, un Fonds SpĂ©cial de SolidaritĂ© Nationale pour la Lutte contre le Coronavirus a Ă©tĂ© mis en place. J’ai pris des dispositions pour que, dans la limite de nos moyens prĂ©sents, il soit alimentĂ©, dans un premier temps, Ă  hauteur d’un milliard de francs CFA. En fonction de l’évolution des besoins sur le terrain, des ressources nouvelles pourraient y ĂȘtre apportĂ©es.

C’est pour moi le lieu de fĂ©liciter les concitoyens qui ont dĂ©jĂ  versĂ© des contributions. J’invite ceux qui le peuvent, Ă  en faire autant. La solidaritĂ© nationale l’exige.

Dans le combat qui est le nĂŽtre aujourd’hui, le Gouvernement s’emploiera Ă  poursuivre la lutte contre toute instrumentalisation ou exploitation politique, Ă©conomique ou sociale de cette tragĂ©die.

« Il nous faudra retrouver le chemin de la croissance tout en veillant à ce que les emplois soient préservés dans la mesure du possible »

Mes chers compatriotes,
Je voudrais maintenant appeler votre attention sur les conséquences économiques de cette crise sanitaire.

Nous nous trouvons aujourd’hui en face de nouveaux dĂ©fis liĂ©s Ă  la forte baisse des places boursiĂšres, Ă  la chute des cours des matiĂšres premiĂšres et Ă  un fort ralentissement imprĂ©vu de nos Ă©changes commerciaux. La pandĂ©mie du Coronavirus a donc un impact nĂ©gatif sur l’économie mondiale ainsi que sur la nĂŽtre.

Il nous faudra, bien sĂ»r, retrouver plus tard le chemin de la croissance tout en veillant Ă  ce que, pendant cette pĂ©riode d’incertitude et de difficultĂ©, les emplois soient prĂ©servĂ©s dans la mesure du possible.

J’invite le Gouvernement Ă  continuer Ă  se mobiliser comme il l’a fait depuis le dĂ©but de cette crise sanitaire. Dans un contexte social inĂ©dit, il devra en particulier se montrer ingĂ©nieux et inventif pour maintenir nos Ă©quilibres financiers, contenir le taux d’inflation, assurer la continuitĂ© du service public, notamment dans le secteur Ă©ducatif, et rĂ©guler l’activitĂ© Ă©conomique de maniĂšre Ă  sauvegarder la stabilitĂ© et la paix sociales.

Sur le plan sanitaire, malgrĂ© la progression des cas dĂ©tectĂ©s positifs au Coronavirus, la situation reste maĂźtrisable. Nous n’épargnerons donc aucun effort pour limiter la propagation du virus et rĂ©duire le taux de mortalitĂ© induit par cette pandĂ©mie.

« Les autres pathologies qui affectent tout autant les Camerounais ne doivent pas ĂȘtre nĂ©gligĂ©es. »

La crise sanitaire mondiale due au Coronavirus va sans doute provoquer un tournant dans le fonctionnement de notre société. Elle exige, dÚs à présent, de poursuivre le renforcement de nos structures sanitaires, de densifier notre offre de soins et, surtout, de remettre à jour certains de nos projets et programmes de développement.

D’autre part, devant l’épreuve, notre systĂšme de santĂ© devra se montrer encore plus efficace. Les autres pathologies qui affectent tout autant les Camerounais ne doivent pas ĂȘtre nĂ©gligĂ©es. Il doit en ĂȘtre de mĂȘme du programme habituel de vaccination. C’est pourquoi des centres spĂ©cialisĂ©s de prise en charge des malades du COVID-19 ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©s Ă  YaoundĂ© et Ă  Douala. D’autres sont en voie de l’ĂȘtre dans les chefs-lieux de rĂ©gions et de dĂ©partements.

Mes chers compatriotes,
Avant de conclure, j’estime nĂ©cessaire de revenir quelques instants sur les mesures de protection mises en Ɠuvre pour enrayer la propagation du coronavirus. La plupart sont dĂ©jĂ  appliquĂ©es et contribuent certainement Ă  ralentir la diffusion de la pandĂ©mie.

Mais, en considĂ©ration de l’évolution de la situation sanitaire et des effets du COVID-19 sur notre vie Ă©conomique et sociale, un certain rĂ©ajustement devenait indispensable. J’ai alors instruit le Premier Ministre, qui s’était dĂ©jĂ  exprimĂ© Ă  deux reprises sur ce sujet, de reprendre la parole pour annoncer de nouvelles mesures et en adapter d’autres dĂ©jĂ  en application. Ce qu’il a fait le 30 avril avec toute la clartĂ© nĂ©cessaire.

Sans revenir sur le dĂ©tail des 19 mesures Ă©dictĂ©es Ă  la fin du mois dernier, je voudrais en prĂ©ciser l’esprit. Il s’agissait essentiellement d’attĂ©nuer l’impact de la pandĂ©mie sur l’économie nationale et sur la vie des mĂ©nages les plus fragiles. En tirant les leçons encourageantes de notre stratĂ©gie de riposte contre le COVID-19, il a Ă©tĂ© possible de prendre des mesures d’assouplissement et de soutien au bĂ©nĂ©fice des secteurs Ă©conomiques concernĂ©s et des personnes les plus touchĂ©es par la pandĂ©mie.

Ces mesures visent notamment :

  • Ă  faciliter la vie sociale et les dĂ©placements des individus,
  • Ă  suspendre le versement de certains impĂŽts, taxes et cotisations,
  • Ă  soutenir les entreprises en difficultĂ©,
  • et Ă  relever le niveau des allocations familiales et de certaines pensions.

Il va de soi que ces assouplissements ne nous dispensent pas d’observer les « gestes barriĂšres » visant Ă  limiter la propagation de la pandĂ©mie, et en particulier le port du masque dans l’espace public ainsi que l’interdiction des rassemblements.

« Je demande donc aux Camerounais de faire confiance aux pouvoirs publics… l’industrie locale doit continuer Ă  s’investir dans la fabrication des masques et des gels hydro-alcooliques »

Je demande donc aux Camerounaises et aux Camerounais de faire confiance aux pouvoirs publics. Le Gouvernement est pleinement conscient de la gravitĂ© de la situation et est prĂȘt Ă  prendre toutes les mesures nĂ©cessaires. DĂ©jĂ , je peux affirmer ceci :

  • dĂšs qu’un traitement sera disponible, le nĂ©cessaire sera fait pour le mettre Ă  la disposition de nos concitoyens ; avant cela,
  • le port du masque dans l’espace public restera obligatoire jusqu’à nouvel ordre.

A cet effet, l’industrie locale doit continuer à s’investir dans la fabrication des masques et des gels hydro-alcooliques, dans le strict respect des normes prescrites par le Gouvernement et l’OMS.

Je sais pouvoir compter, une fois de plus, sur votre patriotisme, votre sens des responsabilitĂ©s et votre courage pour qu’ensemble, nous parvenions Ă  vaincre ce flĂ©au qui touche la planĂšte entiĂšre. Dans ce cadre, Ă©vitons de stigmatiser ceux qui sont atteints par la maladie. Chacun doit se sentir concernĂ© et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus. N’oublions pas que la nĂ©gligence d’une seule personne peut nuire gravement Ă  l’ensemble de la communautĂ©. Ne baissons donc pas la garde.

« J’encourage Ă©galement tous les efforts visant Ă  mettre au point un traitement endogĂšne du COVID-19 »

Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Vous l’aurez compris, il nous faudra beaucoup d’efforts pour mener la lutte contre le COVID-19 qui peut devenir une menace Ă  la stabilitĂ© de nos Etats.

Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné.

J’en appelle donc Ă  une sorte d’« union sacrĂ©e » de toutes les forces vives de la Nation pour combattre la pandĂ©mie du Coronavirus. Je salue Ă  ce propos, une nouvelle fois, l’attitude de la quasi-totalitĂ© des dirigeants politiques et des autoritĂ©s religieuses qui ont acceptĂ© de se joindre Ă  ce combat national. J’encourage Ă©galement tous les efforts visant Ă  mettre au point un traitement endogĂšne du COVID-19. Consacrons toutes nos Ă©nergies Ă  la lutte contre cet ennemi commun.

Vive la RĂ©publique !

Vive le Cameroun !

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🔮 Armand Leka Essomba: « Achille MBEMBE-Entre Juifs et NĂšgres »

En appeler Ă  l’AssemblĂ©e Nationale pour lĂ©gifĂ©rer sur la « libertĂ© de penser », m’est proprement incomprĂ©hensible, aprĂšs le Moyen-Ăąge chrĂ©tien et les lumiĂšres du 18Ăšme siĂšcle europĂ©en.

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Il y a prĂšs de deux semaines, j’ai apposĂ© ma signature Ă  une pĂ©tition en circulation pour marquer mon soutien intellectuel Ă  Achille MBEMBE, l’un des penseurs les plus fĂ©conds de notre Ă©poque, victime en Allemagne d’un faux procĂšs.

A la faveur d’un remarquable « lapsus », somme toute anecdotique d’un journaliste rĂ©putĂ© au Cameroun, l’état d’esprit de censure que je croyais circonscrit Ă  la lointaine Allemagne face Ă  ses propres dĂ©mons, semble avoir gagnĂ© l’espace public de la dispute chez nous.

LĂ -bas, MBEMBE serait coupable « d’hostilitĂ© Ă  l’égard de l’État d’IsraĂ«l » et ici, « d’hostilitĂ© Ă  l’égard de l’État du Cameroun ». Coupable lĂ -bas de « complaisance Ă  l’égard de la Shoah juive », ici, de « complaisance Ă  l’égard de la « cause nĂšgre » (la cause nationale) pour avoir, dans une tribune particuliĂšrement controversĂ©e, Ă©voquĂ© la nĂ©cessitĂ© d’une intervention militaire (française) pour organiser la transition au Cameroun.

LĂ -bas : critique de la raison raciste

La parentĂ© entre Juifs et NĂšgres est connue. PourchassĂ©s dans une Europe en proie Ă  ses dĂ©mons cycliques : le dĂ©sir de haine et le fantasme de puretĂ©, de nombreux Juifs ont envisagĂ© de trouver hospitalitĂ© et paix en Afrique noire. Beaucoup y ont toujours leurs descendances. Cette parentĂ©, Juifs et NĂšgres la partagent aussi dans l’expĂ©rience de la « grande souffrance ». La traite nĂ©griĂšre, la Shoah et l’Apartheid, auront Ă©tĂ© des expĂ©riences limite de la haine de l’homme contre l’Homme.


L’acte de naissance de cette grande souffrance que ces deux « catĂ©gories d’humanitĂ©s » expĂ©rimentĂšrent dans leur histoire, portait avant tout, la signature des « politiques d’inimitiĂ©s » Ă©laborĂ©s au cƓur mĂȘme du lieu d’oĂč Ă©margea et prit forme, pour la premiĂšre fois, l’humanisme et l’universalisme moderne : le vieux monde europĂ©en. Cette facette nocturne d’un universalisme abstrait et d’un humanisme professĂ© s’abreuvait Ă  l’éthos des politiques de la « sĂ©paration » et des philosophies de la sĂ©grĂ©gation qui furent tout, sauf des politiques du semblable.

Elles se dĂ©ployaient suivant un axe philosophique particuliĂšrement ambivalent, Ă  la fois lumineux et caverneux, portĂ© simultanĂ©ment par un idĂ©al Ă©mancipateur, lui-mĂȘme guidĂ© par cette trinitĂ© indĂ©passable que constitue la libertĂ©, l’égalitĂ© et la fraternitĂ© (l’Ɠuvre de Dieu) ;et par une folie entĂ©nĂ©brante, puissamment stimulĂ© par le culte de la haine et un permanent dĂ©sir de gĂ©nocide (la part du Diable).

C’est bien cette face nocturne et tĂ©nĂ©breuse que certains courants d’idĂ©es, notamment de droite et d’extrĂȘme droite, en occident, cherchent toujours Ă  refouler, Ă  masquer et Ă  nier Ă  tue-tĂȘte, sans pour autant y parvenir. Car comme on le sait, ce sont bien les nĂšgres d’Afrique qui les premiers, payeront le prix le plus Ă©levĂ© de ce dĂ©lire, avant que les juifs, rĂ©cemment, n’en payent Ă  leur tour un prix tout aussi Ă©levĂ©.

La critique philosophique des politiques de l’inimitiĂ©, alors que l’on assiste partout Ă  une « planĂ©tarisation de la condition NĂšgre » et au « devenir nĂšgre du monde », par un Ă©trange retournement est soumise Ă  l’injonction de se faire plus discrĂšte, alimentĂ©e par un Ă©tat d’esprit de censure intellectuelle.

Cette critique sans concession est absolument nĂ©cessaire et les voix qui la portent doivent ĂȘtre soutenus et protĂ©gĂ©es, en tant que veilleur d’espĂ©rance humaine.

Sous AHIDJO, MONGO BETI fut enseignĂ© (que ne disait-il pas sur le Cameroun Ă  l’époque?) ; Marcien TOWA, le grand philosophe indocile sous le parti unique, fut libre de penser et l’on pouvait librement le citer.



Ici : Au-delĂ  de la caverne

Sous AHIDJO, MONGO BETI fut enseignĂ© (que ne disait-il pas sur le Cameroun Ă  l’époque?) ; Marcien TOWA, le grand philosophe indocile sous le parti unique, fut libre de penser et l’on pouvait librement le citer. GrĂące Ă  ce dernier d’ailleurs, nous avons pu avoir, les BASSECK BA KOBBIO et NKOLO FOE, parmi tant d’autres.

Ces deux derniers principalement, auront permis Ă  l’auteur de ces lignes de recevoir le meilleur hĂ©ritage que l’UniversitĂ© puisse donner Ă  un esprit : le sens trĂšs aigu de la dispute intellectuelle. Ce sera au Cercle Philo-Psycho-Socio-Anthropo de l’UniversitĂ© de YaoundĂ© I, qu’ils ont crĂ©Ă©, mains nues.

Le Cercle Philo-psycho-socio-anthropologie (oĂč l’on passait des nuits entiĂšres Ă  lire toutes sortes de livres), en tant qu’espace de socialitĂ© acadĂ©mique et scientifique, fut pour nous un lieu unique de rencontre interdisciplinaire, ainsi qu’un laboratoire irremplaçable d’initiation Ă  la discussion critique.

Ce fut d’abord dans ce « non-lieu » institutionnel, au travers de son « irremplaçable » et modeste fond documentaire que nombre d’entre nous, furent confrontĂ©s pour la premiĂšre fois vraiment, au choc fructueux de la divergence.

C’est peut-ĂȘtre lĂ  que nous fĂ»mes aussi, trĂšs tĂŽt, prĂ©parĂ©s Ă  l’idĂ©e selon laquelle, l’unitĂ© de quĂȘte (la recherche de la vĂ©ritĂ©) qui traverse et lĂ©gitime irrĂ©ductiblement le projet Ă©thique de toute recherche scientifique, ne devait jamais perdre sa prĂ©sĂ©ance face aux contradictions nĂ©es du morcellement des cheminements qui conduisent Ă  cette quĂȘte.

La fixation de l’estimĂ© philosophe NKOLO FOE, sur les opinions mĂ©diatiques de son compatriote Achille MBEMBE, et sa tendance Ă  tout rĂ©duire Ă  cela, au point oĂč le penseur fait le choix de faire l’apologie de la censure, m’a Ă  vrai dire profondĂ©ment Ă©mue et peinĂ©.


C’est en effet lĂ  que nous fĂ»mes socialisĂ©s, Ă  l’idĂ©e que, la recherche de la vĂ©ritĂ© sociale sur l’homme, vivant en sociĂ©tĂ©, s’appauvrit chaque fois que les prĂ©jugĂ©s liĂ©s aux dogmes disciplinaires, s’emploient Ă  Ă©riger des murs, lĂ  oĂč des ponts s’imposent, Ă  tous ceux qui se sont donnĂ©s pour mĂ©tier de comprendre, d’expliquer ou d’interprĂ©ter ce pathĂ©tique spectacle et cette jolie cacophonie qu’est la vie sociale.

Et c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que pour la premiĂšre fois vraiment, presque grĂące Ă  nos estimĂ©s devanciers (BASSECK et NKOLO FOE), l’on allait faire la « rencontre » avec les Ă©crits de Jean-Marc ELA, EBOUSSI BOULAGA, Achille MBEMBE, Cheick ANTA DIOP et bien d’autres encore.

La fixation de l’estimĂ© philosophe NKOLO FOE, sur les opinions mĂ©diatiques de son compatriote Achille MBEMBE, et sa tendance Ă  tout rĂ©duire Ă  cela, au point oĂč le penseur fait le choix de faire l’apologie de la censure, m’a Ă  vrai dire profondĂ©ment Ă©mue et peinĂ©.

En appeler Ă  l’AssemblĂ©e Nationale pour lĂ©gifĂ©rer sur la « libertĂ© de penser », m’est proprement incomprĂ©hensible, aprĂšs le Moyen-Ăąge chrĂ©tien et les lumiĂšres du 18Ăšme siĂšcle europĂ©en. S’en prendre Ă  un journaliste pour avoir citĂ© un penseur important (ses thĂšses fussent-elles contestables) m’est Ă  la vĂ©ritĂ© pĂ©nible.

En appeler Ă  l’AssemblĂ©e Nationale pour lĂ©gifĂ©rer sur la « libertĂ© de penser », m’est proprement incomprĂ©hensible, aprĂšs le Moyen-Ăąge chrĂ©tien et les lumiĂšres du 18Ăšme siĂšcle europĂ©en.


Cette forme Ă©mergente d’intolĂ©rance, n’est pas bon signe. Surtout si elle venait Ă  ĂȘtre lĂ©gitimĂ©e intellectuellement par certains meilleurs esprits de notre temps. La rĂ©pression des libertĂ©s acadĂ©miques Ă©tant la pire des rĂ©pressions.

Beaucoup d’entre nous, pensons « avec » et « contre » MBEMBE, par delĂ  les distributeurs automatiques d’Ă©tiquettes. Certains d’entre nous ont toujours explicitement marquĂ© notre profond dĂ©saccord avec les implications morales et politiques de la maniĂšre dont une certaine « critique politique colĂ©rique » ( dont Achille MBEMBE est le parfait reprĂ©sentant dans ses tribunes mĂ©diatiques) probablement inspirĂ©e par le prisme dĂ©formant du « BIYA must go first », analyse le Cameroun.

Mais, cet Ă©tat d’esprit fait de propos injonctifs et de sentences dogmatiques qui gagne du terrain est absolument inappropriĂ©. Il risque de rĂ©primer cet esprit critique qui reste irrĂ©ductiblement la seule et ultime valeur Ă  sauvegarder pour le grand bien de tous. Nous en sommes Ă  appeler Ă  la censure des penseurs et Ă  la pĂ©nalisation d’une Ă©trange infraction. Nous en sommes presque Ă  guetter des journalistes, une certaine lĂ©gitimation cathodique somme toute vaine.

Cette polĂ©mique alimentĂ©e de maniĂšre obsessionnelle, en ce moment, n’est pas saine pour la « classe intellectuelle ». Pour les gĂ©nĂ©rations qui viennent, nous rĂȘvons de mieux, en ce qui est de notre commune appartenance Ă  cette « aristocratie morale », que sont les intellectuels, qui ne doit sa lĂ©gitimitĂ© qu’à « elle-mĂȘme » d’abord et Ă  une instance mĂ©ta sociale certes controversĂ©e : la vĂ©ritĂ©.

A propos de l’auteur :
Armand Leka Essomba est sociologue, directeur exĂ©cutif du Laboratoire camerounais d’études et de recherches sur les sociĂ©tĂ©s contemporaines (CERESC), UniversitĂ© de YaoundĂ© I.
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L'INFO EN 89 SEC.

☕ L’INFO EN 89 SECONDES DU 22 MAI 2020

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Coronavirus : 528 nouveaux cas enregistrĂ©s en 24h au Cameroun

528 nouveaux cas pour 08  morts et 27 guĂ©ris, Ce qui fait au total de 4288 cas confirmĂ©s dont 1808 guĂ©ris, 2324 actifs et 156 dĂ©cĂšs. Un record depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie il y a deux mois au Cameroun. Face Ă  l’ampleur de la propagation du virus dans les communautĂ©s, les autoritĂ©s sanitaires annoncent la mise en Ɠuvre de la surveillance Ă©pidĂ©miologique Ă  base communautaire qui consiste pour les spĂ©cialistes Ă  aller dans les communautĂ©s, quartiers, villages pour traquer les porteurs du virus, tracer toutes les personnes qui ont Ă©tĂ© en contact avec le sujet porteur afin de les sĂ©curiser.

Pour  le Pr Alain Georges Etoundi Mballa, directeur de la Lutte contre la Maladie, les Ă©pidĂ©mies et les pandĂ©mies au ministĂšre de la SantĂ© Publique, cette flambĂ©e des cas est obtenue grĂące Ă  l’augmentation de la capacitĂ© de dĂ©pistage prĂ©coce. Les tests sont disponibles, a-t-il ajoutĂ©, en prĂ©venant que le nombre de cas contaminĂ©s ira croissant dans les prochains jours, du fait de l’augmentation du nombre de tests.

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