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☣️ Coronavirus: La revue The Lancet évoque l’inefficacité de la chloroquine. Faut-il la croire?

Quels sont les véritables enjeux de cette bataille. Cette étude a t-elle été biaisee ? La question est à nouveau posée après la publication d’une étude très controversée sur l’inefficacité de la chloroquine.

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C’est toujours intéressant de savoir qui parle et d’où on parle . Ainsi en est-il de tout citoyen et de tout groupe ou d’organisation qui s’expriment publiquement que ce soit à travers les médias, dans un forum , une réunion publique ou dans une entreprise. Je m’explique . The Lancet est une revue médicale britannique hebdomadaire qui appartient à la multinationale néerlando-britannique RELX Group dont le capital est détenu par d’importants fonds de pension et d’investissements notamment américains dont le sulfureux BlackRock. Certains de ces fonds de pension ont investi dans l’industrie pharmaceutique. Ce qui peut poser la question des conditions de la production de l’information dans cet environnement sous influence du capitalisme financiarisé et de ses prédateurs que sont ces fonds de pensions. The Lancet a ses bureaux à Londres à quelques pas de la City. Tout un symbole , surtout quand on sait que The Lancet appartenait avant à Reed Elsevier ( depuis 1991 ) tout autant connu pour la réputation de ses 2500 journaux que pour ses extraordinaires marges financières . Depuis  plus de vingt ans , Elsevier-Relx Group réalise en effet plus de 30 % – certaines années plus de 35 % de marge sur un chiffre d’affaire de 3 milliards d’euros et un bénéfice de plus de 2 milliards ( voir l’étude de Plos One de 2015 ). Elsevier, aujourd’hui RELX Group, a des activités également très rentables dans l’analyse financière, le conseil juridique, les médias, l’événementiel, l’organisation de salons à travers le monde comme ceux de l’automobile etc. La position de force du groupe dans le recueil de l’information médicale et scientifique est telle , qu’elle contraint les gouvernements de plusieurs pays de lui acheter des bouquets de titres . Ainsi la France paie chaque année à la multinationale Elsevier-RELX Group plus de 35 millions d’euros, dont 5 millions d’euros pour le CNRS…

Voilà pour le décor, ou plutôt la vitrine rapidement dressée . Car il y a , la vitrine et l’arrière vitrine, et ce qui se passe à l’abri des curieux, dans l’arrière vitrine, c’est pour ainsi dire pas très reluisant. Je dirais même que c’est plutôt nauséabond comme le sont les affaires de malversations, de concussions ou de corruptions.

Il faut savoir en effet que cette célèbre revue The Lancet a fait tout au long de son histoire ,  l’objet de vives critiques et de plusieurs scandales. Ainsi en 1998 , lorsque The Lancet publie une étude suggérant un lien entre le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons , le ROR, et l’autisme. L’étude porte sur les cas d’une dizaine d’enfants , elle est signée par le docteur Andrew Wakefield  et de douze de ses collègues du Royal Free Hospital et de la School of Médecine de Londres. L’étude déclenche une vive polémique en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis . L’affaire aurait pu s’arrêter là . Mais c’était sans compter la pugnacité d’un grand journaliste d’investigation du Sunday Time , Brian Deer, qui après une enquête minutieuse découvrit un énorme conflit d’intérêts concernant le signataire et responsable de l’étude , le docteur Wakefield . Le journaliste Brian Deer révéla ainsi que ce médecin avait été rémunéré par un laboratoire en tant qu’expert pour la somme de … 510.249 euros ! Suite à cette enquête , le General Medical Council britannique qualifia d’erreurs grossières et la méthode de recherches «  non éthiques «

The Lancet décida alors de se rétracter et de retirer la publication de cette étude sur le ROR de ses archives ( dépêche AFP du 2 février 2010). En janvier 2011, le British Medical Journal qualifie l’étude de fraude et accuse le docteur Andrew Wakefield d’avoir délibérément falsifié ses données .

Le docteur Wakefield et John Walter-Smith, l’un des principaux cosignataire de l’étude furent finalement radiés du registre des médecins britanniques par le GMC , le General Medical Council, l’équivalent chez en France de l’Ordre National des Médecins.

The Lancet connut d’autres polémiques, d’autres scandales concernant des falsifications d’études ou d’articles frauduleux ,  notamment en janvier 2006 , avec l’affaire du chercheur cancérologue  norvégien John Subdo et de 13 co-auteurs à l’origine de plusieurs publications  et d’ études truquées au sujet de certains cancers en particuliers des cancers  de la bouche . Plus près de nous , en 2018, il y eut le scandale de l’étude du chirurgien de transplantation de trachées , Paolo Macchiareni qui obligea The Lancet à retirer l’étude de ses archives .

Ces affaires doivent poser la question centrale du rôle du Rédacteur en Chef de The Lancet , Richard Horton , journaliste et médecin, aujourd’hui directeur de cette revue. Il faut savoir que avant d’être journaliste , Richard Horton a été interne à Birmingham et au Royal Free Hospital de Londres .Mais aussi expert et conseiller scientifique à l’OMS et à l’ONU. En tant que journaliste , Rédacteur en Chef et directeur de l’hebdomadaire The Lancet, il a la responsabilité de s’assurer que les soumissions d’études scientifiques à des fins de publication subissent bien un examen pertinent , objectif , impartial et indépendant des pressions de l’industrie pharmaceutiques , des lobbies, ou des propriétaires du journal ( en particulier des fonds de pension américain ou autres ) . Il doit vérifier et s’assurer que les Peer reviews, les relecteurs  de ces études , ne soient pas anonymes et que eux-mêmes ne soient pas sous influence.

Il est fort à parier que l’étude déjà très controversée parue dans The Lancet sur la non efficacité de l’Hydroxychloroquine  va alimenter dans les jours prochains cette rubrique des scandales et à moyen terme la rubrique judiciaire.

Patrick Champagnac.

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L'INFO EN 89 SEC.

☕ Infos en 89 secondes du 31 Juillet 2021

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Société : 39 sacs de chanvre indien découverts dans un magasin dans l’Extrême-nord du pays.

Le gardien et le convoyeur d’un magasin ont été arrêtés à la suite de la perquisition de ce magasin à Laka à Kousseri dans le département du Logone et Chari, région de l’extrême nord. Les éléments de la brigade de gendarmerie en collaboration avec ceux du Bataillon d’intervention rapide y ont trouvé 39 sacs de 9 kilogrammes de chanvre indien en provenance de Douala. Les deux suspects sont devant la justice et une enquête a été ouverte dans le but de démanteler ce réseau.

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⏯️ Paul Emmanuel AFANA TINA : « La loi donne 10 jours à l’employeur pour introduire son travailleur à la CNPS après l’embauche »

Paul Emmanuel AFANA TINA, élève administrateur du travail et de la prévoyance sociale à l’École nationale d’Administration et de la magistrature

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Pour réécouter en intégralité l’interview, cliquez sur le lien ci-dessous:

Ci-dessous quelques attitudes fortes recueillies lors de cette interview:

« Selon la loi n° 77/11 du 13 juillet 1977 qui porte réparation des accidents de travail. L’article 17, on retient que lorsqu’un accident de travail survient et que l’employeur n’est pas inscrit à la CNPS, la CNPS peut prendre en charge le travailleur. Mais après, elle va récupérer les frais à l’employeur et pousser celui-ci à s’immatriculer. »

« L’immatriculation est importante pour répondre aux problèmes des la précarité une fois à la retraite ou alors à la suite d’un accident de travail qui lui coûte sa mobilité de travail »

« L’employeur, selon la loi, dispose de 10 jours pour introduire son travailleur à la Cnps. Mais si l’employeur ne le fait pas, le salarié peut lui-même aller se faire immatriculer. »

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