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CULTURE & SOCIÉTÉ

đź”´ Culture: Femme Rasta, femme au foyer ou pas?

Rastafari est un mouvement patriarcal. Jusqu’au seuil des annĂ©es 80, la femme rastafarienne (Queen ; Dawta ; Sista ; Rastawoman) occupe une place secondaire au sein du « moveman ». Cet Ă©tat des lieux doit ĂŞtre aujourd’hui rĂ©visĂ© et rĂ©actualisĂ©. – Par Bigadier Masamba

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Le sexisme n’est pas une spĂ©cificitĂ© rastafarienne

Les « Lionnes Rugissantes » (les soeurs rastas) ne tolèrent plus la subordination systématique, comme en témoigne les imprécations de la dub-poetess Cherry Natural: « You fia bun Woman, You are a mad man (…) Man and Woman need fe get militant. Go read books and stop behaving ignorant. »

Le sexisme n’est pas une spĂ©cificitĂ© rastafarienne. La misogynie, les fantasmes de la femme dĂ©moniaque et luxurieuse sont contenus en germe dans la plupart des religions. L’histoire du mouvement rasta n’Ă©chappe pas Ă  la règle: « Mes frères noirs, vos soeurs ne sont pas vos ennemies. Vos soeurs noires ne sont pas une menace pour votre masculinité » (Sista Loi). La femme est marquĂ©e du sceau pĂ©chĂ© originel, elle incarne la tentation diabolique. Sa prĂ©sence au cĂ´tĂ© de son King-Man (homme) nuit Ă  la mĂ©ditation divine.

« il est parfois avancĂ© que la femme rasta ne peut accĂ©der au divin que par l’entremise de son homme. »

Tenues Ă  l’Ă©cart des rituels, les femmes doivent par ailleurs se soumettre aux prescriptions vestimentaires mentionnĂ©es dans l’EpĂ®tre aux Corinthiens (XI-5 Ă  7): « Toute femme qui prie ou prophĂ©tise le chef dĂ©couvert fait affront Ă  sa tĂŞte (…) l’homme lui, ne doit pas se couvrir la tĂŞte parce qu’il est Ă  l’image et Ă  la gloire de Dieu ; quant Ă  la femme, elle est Ă  la gloire de l’homme. » Ainsi les reines de l’ordre de Nyabinghi doivent-elles se couvrir les cheveux durant les cĂ©rĂ©monies et elles ne participent pas aux reasonings (conseil de sages). Les prĂ©ceptes de l’ordre confirment cette conception androcentrique : « La reine Nyabinghi doit reconnaĂ®tre son roi (son homme) comme sa tĂŞte (comme son maĂ®tre). »

La diabolisation de l’image fĂ©minine tient principalement au tabou des menstruations: « Lorsqu’une femme a un Ă©coulement de sans et que du sang s’Ă©coule de son corps, elle restera pendant sept jours dans la souillure de ses règles. Qui la touchera sera impur jusqu’au soir. »

Cette pĂ©riode de « purification » consignĂ©e dans le LĂ©vitique (XV-19) est triplĂ©e chez les Bobo Ashanti… Plus gĂ©nĂ©ralement, il est parfois avancĂ© que la femme rasta ne peut accĂ©der au divin que par l’entremise de son homme.

Dans les annĂ©es cinquante, renonçant au commerce de la chair, des ascètes rastas de la I-gelic House optent pour l’abstinence et le cĂ©libat. (Mais Ă  la lutte pour la culture, certains prĂ©fèrent une bonne partie de « cul-turlutte »: « Je ne peux pas croire que les rastas n’aiment pas la chatte » s’exclame Bounty Killer. Difficile Ă  croire en effet, et l’archiprĂŞtre de l’Ethiopian Orthodox Church, l’Abuna Yesehaq, de s’en indigner: « Les rastas croient qu’un homme peut avoir plusieurs femmes. Ce n’est pas l’enseignement de notre Ă©glise. Un homme pour une femme: c’est tout. »)

« A la lutte pour la culture, certains prĂ©fèrent une bonne partie de « cul-turlutte »: « Je ne peux pas croire que les rastas n’aiment pas la chatte » s’exclame Bounty Killer »

InfĂ©riorisĂ©es, subordonnĂ©es aux tâches domestiques, les femmes rastas commencent Ă  revendiquer un statut Ă©galitaire vers la fin des annĂ©es 70: « You never use to have a Rastawoman ; you use to have a Rastaman Woman. » (« Vous n’aviez pas l’habitude d’avoir des femmes rastas, vous aviez l’habitude d’avoir des femmes de rastas. » Sister Ilaloo)
Les figures fĂ©minines importantes dans le mouvement sont mises en avant : Comme la reine de Saba. Ou le culte Nyabinghi en Ouganda, qui rĂ©vĂ©rait une reine insoumise (Nanny « the Ashanti Maroon Queen »). Ainsi que Amy « Jacques » Garvey : co-fondatrice de l’UNIA. Ou encore la proto-rasta Grace Jenkins Garrison de l’Hamitic Church ; et pour finir : l’impĂ©ratrice Menen…

Les soeurs rasta se solidarisent et s’organisent en associations (Rastafarian Women’s Organisation ; Rasis International ; King Alpha and Queen Omega Daughters United ; Theocracy Daughters United…) et les anciennes rasta (les matriarches de l’Ordre de Nyabinghi comme : Sister Daphney, Ma Ashanti, Sister Merriam Lennox, Dawta Baby I, Sista Farika Birhan) sont consultĂ©es et, de manière gĂ©nĂ©rale, les femmes rastas s’investissent aujourd’hui dans de nombreux projets bĂ©nĂ©fiques Ă  la communautĂ©. Des personnalitĂ©s rastas appuient leur cause comme Mutabaruka, Ras Miguel Lorne ou Ras Iration.

« L’Ă©galitĂ© sexuelle est un principe fondamental de l’organisation de la famille rastafarienne. »

Brigadier Masamba

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⏯️ AurĂ©ole Tchoumi : « Oui Ă  la task force mais non Ă  l’illĂ©galitĂ© dans la passation des marchĂ©s »

Auréole TCHOUMI est journaliste chroniqueur politique et social permanent de la matinale.

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Ci-dessous quelques attitudes fortes recueillies lors de cette interview:

 » Une petite investigation nous permet de comprendre que la dame qui s’apprĂŞte Ă  jouir de 2milliards 929 millions FCFA n’en n’a pas qualitĂ©. Oui Ă  la task force mais non Ă  l’illĂ©galitĂ©. »

 » La transparence dans le processus voudrait que tout le monde soit libre de postuler pour ce marchĂ© mais on se rend compte qu’il y a eu du grĂ© Ă  grĂ©. Mais Mr Ngoh Ngoh le fait de manière illĂ©gale. »

Il y a des choses assez louches qui se passent. Dans un pays où on traverse les moments difficiles, il a écrit au ministre de la santé, pourquoi le premier ministre est exclu de cette affaire ? Le ministre de la santé est le patron de tous les cabinets médicaux, pourquoi lui imposer des cabinets sans véritable point de repère ? »

 » Ce qui se passe Ă  BangangtĂ© c’est que des gens veulent prouver Ă  Niat qu’il est temps pour eux de gĂ©rer les affaires de cette commun. Certains pensent que le nom de Éric Niat vient de YaoundĂ© mais c’est faux! Mr Niat a tout simplement le profil de l’emploi, il a du poids dans la localitĂ©. On le connait, on l’a vu Ă  l’Ĺ“uvre sur le terrain mais qui connait Mme Nana? »

 » Concernant l’affaire Survie Cameroun, je ne croirais jamais Ă  cette affaire de bug. Certains Mrcistes veulent diaboliser Penda Ekoka, ça vole très bas. On n’a pas de bon mĂ©diateur au Cameroun ! J’avais pensĂ© au patriarche Albert Nzongang ou un autre qui pouvait mettre les deux parties ensemble pour une mĂ©diation. »

Propos retranscrits par Carine Hzeume

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⏯️ Christelle Mouen : « Le chômage technique, le congé annuel et de maternité peuvent conduire à une rupture de contrat »

Christelle Mouen est cadre des services administratifs Ă  la DĂ©lĂ©gation RĂ©gionale du Travail et de la SĂ©curitĂ© Sociale du Littoral. Elle Ă©tait l’invitĂ© de la matinale sur ABK Radio au micro d’Achille Assako.

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Pour réécouter en intégralité l’interview, cliquez sur le lien ci-dessous:

Ci-dessous quelques attitudes fortes recueillies lors de cette interview:

 » Certains travailleurs comme employeurs sont encore ignorants de leurs droits. Le contrat de travail est un arrangement, un échange. « 

 » Le contrat Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e est limitĂ© et peut tenir compte de la rĂ©alisation d’un projet. Tandis que le contrat a durĂ©e indĂ©terminĂ©e peut ĂŞtre rompu Ă  tout moment. Le contrat se nĂ©gocie, c’est du donnant donnĂ©, selon les compĂ©tences de tout un chacun. « 

Il y a des grilles salariales qu’on peut consulter et maitriser avant nĂ©gociation.

 » Au Cameroun le droit du travail n’exige pas qu’un contrat doit ĂŞtre Ă©crit . Toutefois, un contact verbal peut avoir des documents de preuves tel qu’un bulletin de paie. Des documents qui peuvent aider en temps de conflit. »

Le chômage technique, le congé annuel, le congé de maternité peuvent conduire à une rupture de contrat. La rupture de contrat varie selon le type de contrat en lui même.

 » Conseil, contrĂ´le et conciliation sont les trois termes qui lient l’administration au demandeur qui peut ĂŞtre l’employeur ou le travailleur. »

 » Il est toujours bon qu’un contrat de travail soit matĂ©rialisĂ© afin de prĂ©venir tout conflit. Le contrat de travail Ă©crit n’est pas timbrĂ©, chaque partie garde une copie après signature. »

Propos retranscrits par Carine Hzeume & Laure Manga

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