Nos réseaux sociaux

BLOG

🔮 Louis Marie Kakdeu: « l’Affaire Obama est le triomphe de la justice populaire/privĂ©e »

Louis-Marie Kakdeu est enseignant-chercheur et consultant spĂ©cialiste du pilotage et de l’Ă©valuation des politiques pubiques. Il est diplomĂ© de l’Institut de Hautes Etudes en Administration Publique (IdhĂ©ap) Ă  Lausanne, Suisse. Il est actuellement auteur de 32 articles scientifiques et de 8 livres dont un sur l’Ă©valuation de la qualitĂ© de la dĂ©mocratie en Afrique Noire Francophone.

Publié

Le


Ce fait d’actualitĂ© me permet d’illustrer les limites du systĂšme judiciaire actuel que je critique depuis quelques semaines.
Au Cameroun de nos jours, la tendance des victimes est de se rendre justice. Lorsqu’on attrape un voleur, on a tendance Ă  « se dĂ©fouler » sur lui. L’ampleur de la situation est telle que le PrĂ©sident de la Cour SuprĂȘme du Cameroun y avait consacrĂ© son discours Ă  l’occasion de la rentrĂ©e solennelle de la haute juridiction le 22 fĂ©vrier 2017. Mieux, un « repas spirituel » avait Ă©tĂ© organisĂ© pour cette annĂ©e sur « La rĂ©surgence de la justice privĂ©e et l’Etat de droit au Cameroun ».

« Aujourd’hui dans notre pays, nul n’est Ă  l’abri du lynchage mĂ©diatique »

M. MEKOBE SONE a insistĂ© longtemps sur le « lynchage mĂ©diatique », dont l’objectif est de porter atteinte Ă  l’intĂ©gritĂ© morale ou Ă  leur vie privĂ©e. Il dit: « Aujourd’hui dans notre pays, nul n’est Ă  l’abri du « lynchage mĂ©diatique ». Nous sommes donc lĂ  en plein dans la problĂ©matique centrale du dossier Obama.
M. MEKOBE SONE pense que la justice privĂ©e est « une dĂ©rive intolĂ©rable dans un Etat de droit » et qu’il faut que les gens se ressaisissent. D’accord!
Mais, l’on ne pense vraiment pas comme lui dans ce couloir de la justice populaire. En effet, la tendance est Ă  « en finir » avec l’accusĂ©. Why? Parce que les victimes n’ont pas confiance au systĂšme judiciaire actuel. Elles ont le sentiment de n’ĂȘtre pas suffisamment protĂ©gĂ©es. Elles n’ont pas l’impression que la « correction » est Ă  la hauteur de leurs cris de dĂ©tresse Ă©mis. Qui entendra donc les victimes dans ce pays? La tendance, mĂȘme parmi les dĂ©fenseurs des droits humains, est de protĂ©ger l’accusĂ© et de le rendre « intouchable ». Vous avez donc rĂ©guliĂšrement les accusĂ©s qui narguent les victimes dans le couloir de la justice camerounaise actuelle. This is the problem. Cela fait regretter aux victimes d’avoir mis l’accusĂ© entre les mains de la justice sans s’ĂȘtre dĂ©foulĂ©es. Les victimes et autres « connaisseurs » du systĂšme disent n’ĂȘtre plus disposĂ©s Ă  commettre ce genre d’erreurs.

Manquement observé:
Aussi longtemps que la justice se trouvera du cĂŽtĂ© de l’accusĂ©, les victimes continueront Ă  se faire justice. Cette justice populaire/privĂ©e prend plusieurs formes, chacun y allant avec les moyens Ă  sa disposition. Dans la rue, l’on assiste Ă  l’expression de la violence physique. C’est ce que font les commerçants, les (moto)taximen, les Ă©tudiants, etc. Dans l’administration publique, on assiste trĂšs souvent aux dĂ©tentions abusives. Ils ont le stylo pour Ă©crire. Pour le cas d’espĂšce, Amougou Belinga se sent trahi. Il y est allĂ© avec les moyens Ă  sa disposition: l’humiliation mĂ©diatique. Il a un mĂ©dia et c’est un habituĂ©.

Au-delà du commentaire des faits divers, la nécessité de penser un nouveau systÚme judiciaire:
Toute politique publique commence par l’analyse des besoins. Nous ne pouvons pas ignorer le besoin des victimes dans la conception de notre politique judiciaire. Le dĂ©calage entre les besoins de justice des citoyens victimes et vulnĂ©rables, et l’offre de justice actuelle doit nous pousser Ă  remettre en cause la pertinence du systĂšme et Ă  faire de nouvelles propositions. M. MEKOBE SONE le dit lui-mĂȘme: « Il existe tout un chapelet de griefs dĂ©veloppĂ©s par les tĂ©nors de la justice privĂ©e qui mĂ©ritent d’attirer notre attention, nous invitent Ă  une autocritique de nos maniĂšres de servir (
) En rĂ©alitĂ©, la justice privĂ©e interpelle Ă  la fois le lĂ©gislateur et le corps judiciaire dans son ensemble. Elle invite le lĂ©gislateur Ă  amĂ©liorer les lois pour les adapter Ă  l’évolution de notre temps et aux rĂ©alitĂ©s actuelles de notre sociĂ©tĂ©. Parfois, le temps use la loi et la vide de sa substance. (
) La loi doit donc s’arrimer aux aspirations profondes des citoyens. » VoilĂ  que c’est dit!

« Juger est un art par lequel, dans la sociĂ©tĂ©, on doit rendre Ă  chacun son dĂ». Tant que ceci n’est pas vrai, il y aura INFLATION de la justice privĂ©e/populaire. »

Je dĂ©fends un systĂšme oĂč la justice procure rĂ©paration Ă  la victime. C’est la seule façon de limiter l’Ă©mergence de la justice populaire dominĂ©e par l’INSTINCT PRIMAIRE. Les citoyens continueront de se rendre justice aussi longtemps qu’ils auront le sentiment que la justice « ne fera pas faite ». Et lorsqu’on voit la tendance de l’opinion publique au Cameroun, on constate avec regret que les gens ont plus pitiĂ© de l’accusĂ© que de la victime. Au-delĂ  du dossier Obama, vous aurez la mĂȘme tendance dans d’autres dossiers, mĂȘme politique. Lorsque vous entendez les gens dĂ©fendre les sĂ©paratistes (bourreaux) dans ce pays en les confondant intentionnellement avec leurs victimes (populations anglophones), vous vous demandez de quel cĂŽtĂ© se trouve la justice. Vous voyez, chers amis, que mĂȘme la lecture des droits humains dĂ©pend de quel cĂŽtĂ© l’on se trouve.
Choisissez votre cĂŽtĂ©. Pour ma part, je suis clairement du cĂŽtĂ© des victimes. Peut-on ĂȘtre des deux cĂŽtĂ©s? Je ne sais pas. Ce que je sais par contre, c’est qu’il faut pouvoir dire ULPIEN « Suum cuique trbuere » (Attribuer Ă  chacun son dĂ»). Pour le corps judiciaire, juger est un art par lequel, dans la sociĂ©tĂ©, on doit rendre Ă  chacun son dĂ». Tant que ceci n’est pas vrai, il y aura INFLATION de la justice privĂ©e/populaire.

Louis Marie Kakdeu

LMK

Lire la suite
Advertisement
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

BLOG

🔮 Marcel O. Ndi : « Le mouvement 10 millions de nordistes est un repli identitaire de trop »

Pendant que le monde s’unifie, dans le cadastre d’un grand village planĂ©taire, concevoir un Cameroun clivĂ© pose forcĂ©ment un problĂšme d’inopportunitĂ© politique surtout, en ce moment dĂ©cisoire d’une transition imminente.

Publié

Le

Par

MOUVEMENT 10 MILLIONS DE NORDISTES : quelle perspective politique ?

Ce type de regroupement est essentiellement embarrassant et inopportun dans un paysage socioculturel cosmopolite oĂč, le regroupement identitaire sous quel que pretexte qu’il soit, prĂȘte Ă  confusion et force une politisation qu’elle pourrait ne pas avoir Ă  l’origine.

Pendant que le monde s’unifie, dans le cadastre d’un grand village planĂ©taire, concevoir un Cameroun clivĂ© pose forcĂ©ment un problĂšme d’inopportunitĂ© politique surtout, en ce moment dĂ©cisoire d’une transition imminente.

« La rĂ©ponse la plus facile, pour nombre d’opposants en quĂȘte d’excuses est que, le systĂšme electoral est viciĂ©. Pourtant, la rĂ©alitĂ© affiche l’absence d’un discours fĂ©dĂ©rateur »

Ce projet Ă  configuration identitaire a forcĂ©ment une incidence sur la capacitĂ© de l’opposition Ă  parvenir Ă  l’alternance. Remarquons qu’aprĂšs une trentaine d’annĂ©es de pluralisme politique, 5 Ă©lections prĂ©sidentielles organisĂ©es suivant un calendrier Ă©lectoral connu, trĂšs peu, sinon aucun homme politique n’a convaincu le peuple camerounais afin de lui attribuer, dans son immense majoritĂ©, ses votes au cours d’une Ă©lection prĂ©sidentielle. Cette intrigante situation questionne le fondement d’un tel Ă©chec.

La rĂ©ponse la plus facile, pour nombre d’opposants en quĂȘte d’excuses est que, le systĂšme electoral est viciĂ©. Pourtant, la rĂ©alitĂ© affiche l’absence d’un discours fĂ©dĂ©rateur, dĂ©fiant le replis identitaire et, touchant par contre toutes les sensibilitĂ©s communautaristes. Autrement dit, que chaque camerounais, de quel que tribu qu’il soit, retrouve dans le projet d’un leader, une partie des solutions Ă  ses problĂšmes.

Cependant, la cartographie politique du Cameroun me semble encore fortement calquĂ©e sur le clivage ethnique de sa sociĂ©tĂ©. Toute chose qui justifierait, en partie, la plethore de partis politiques reconnus et lĂ©galisĂ©s dans notre pays : une sorte d’opĂ©ration une tribu Ă©gale un parti politique.

Du coup, qu’un mouvement politique portant la dĂ©signation, mĂȘme symbolique, d’un regroupement identitaire naisse, cela montre indiscutablement et une fois de plus que, le leadership alternatif n’a pas encore diagnostiquĂ© le fondement de son Ă©chec ce, malgrĂ© les multiples concerts de dĂ©nonciation des miasmes du replis identitaire.

Le grand danger qu’un prĂ©sident soit Ă©lu sur la base d’une domination statistiques d’une tribu est que, la redistribution des richesses sera, Ă  coup sĂ»r, une rĂ©compense ethnique, plutĂŽt qu’une distribution Ă©quitable, prenant en compte la pluralitĂ© ethnique du pays. Un tel scĂ©nario est porteur des germes d’une guerre civile


Pour ma part, et, au vue de ce qui précÚde, le mouvement 10 millions des nordistes est un replis identitaire de trop et donc, inopportun et inacceptable dans une sociétés aussi cosmopolites que la société camerounaise.

Marcel Olivier Ndi – MĂ©phisto

Lire la suite

BLOG

🔮 CĂŽte d’Ivoire – DĂ©cĂšs d’Amadou Gon Koulibaly: la sorcellerie et Hamed Bakayoko indexĂ©s – Partie 2

D’aprĂšs le lanceur d’alerte Chris Yapi, l’attaque cardiaque du 02 Mai 2020 et la mort le 08 Juillet dernier du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly ne sont que la rĂ©sultante d’une terrible guerre mystique au sommet de l’Ă©tat ivoirien. Voici un texte publiĂ© par ce lanceur d’alerte quelques jours seulement avant la mort d’Amadou Gon Coulibaly. PrĂ©monitoire?

Publié

Le

Par

AMADOU GON-COULIBALY ET HAMED BAKAYOKO : TOUT EST GÂTÉ.

Le premier citĂ© a Ă©tĂ© trĂšs malade, il a mĂȘme frĂŽlĂ© la mort. N’eĂ»t Ă©tĂ© la providence divine, il ne serait plus de ce monde. Le PrĂ©sident Ouattata a eu peur, vraiment trĂšs peur. Le second, lui, espĂ©rait fortement que l’irrĂ©parable se produise. Il l’avait mĂȘme laissĂ© entendre Ă  ses amis. Il Ă©tait sĂ»r que les astres du ciel lui faisaient un clin d’Ɠil. L’enjeu ? Le pouvoir, la PrĂ©sidence de la RĂ©publique de CĂŽte d’Ivoire. Disons que depuis plus de cinq ans, Hamed Bakayoko y travaille patiemment et silencieusement. Il y travaille depuis que les oracles avaient laissĂ© entrevoir qu’il serait le successeur d’Alassane Ouattara.
Mais, il a bien appris que mĂȘme quand la providence doit agir, il faut la pousser. Ne dit-on pas : « aide-toi et le ciel t’aidera ? » Hamed Bakayoko, est un audacieux touche-Ă -tout. Il a de l’audace et une certaine forme de tĂ©mĂ©ritĂ©. Grand maĂźtre de la franc-maçonnerie, il est aussi versĂ© dans l’occultisme africain.

Depuis son terroir natal de SĂ©guĂ©la, le Ministre de la DĂ©fense a demandĂ© Ă  ses parents de peser sur le destin. Alors, le cercle familial a dĂ©cidĂ© de confier cette mission Ă  Awaza Bakayoko, l’oncle du ministre et grand connaisseur des rites mystiques et des cercles maraboutiques. L’activisme d’Awaza et ses nombreux sacrifices ont rassurĂ© Hambak sur la rĂ©alisation inĂ©luctable de son destin prĂ©sidentiel. Quelle ne fut donc sa surprise, une surprise dĂ©sagrĂ©able, quand le PrĂ©sident Ouattara lui prĂ©fĂ©ra Amadou Gon-Coulibaly comme candidat Ă  la prĂ©sidentielle et successeur. Il en a Ă©tĂ© affectĂ© et le cachait difficilement.

Hamed Bakayoko

« Hamed Bakayoko dût se rendre à Séguéla pour faire des bains mystiques et renforcer sa puissance occulte et le miracle se produisit ! Amadou Gon-Coulibaly, le chouchou du Président de la République, fut terrassé par une attaque cardiaque »

Pour dire vrai, le Ministre de la DĂ©fense a frĂŽlĂ© la dĂ©pression. Mais, ses marabouts n’en dĂ©mordaient pas et continuaient Ă  l’encourager : « tu seras PrĂ©sident » assuraient-ils. « Nos ancĂȘtres de Koro ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s, les sacrifices ont Ă©tĂ© faits et nous avons l’assurance qu’ils nous donneront satisfaction ».
En sus de ces sacrifices, Hamed Bakayoko dĂ»t se rendre Ă  SĂ©guĂ©la pour faire des bains mystiques et renforcer sa puissance occulte et le miracle se produisit ! Amadou Gon-Coulibaly, le chouchou du PrĂ©sident de la RĂ©publique, fut terrassĂ© par une attaque cardiaque. EntrĂ© dans le coma, il Ă©tait donnĂ© pour mort. MĂȘme Chris Yapi l’avait cru, puisque sa source au sein de l’entourage le lui avait jurĂ© sur tous les dieux. DĂšs qu’Amadou Gon fut sauvĂ© par les plus grands mĂ©decins français, tous les supporters du Premier ministre criĂšrent avec jubilation que Chris Yapi avait menti. Que nenni.

Cette information sur la santĂ© dĂ©licate du Premier ministre Ă©tait tellement vraie, que pour rassurer les partisans du RHDP, le PrĂ©sident Alassane Ouattara lui-mĂȘme se prĂȘta Ă  une manƓuvre mensongĂšre qui a terni son image. Il s’est prĂȘtĂ© Ă  la mascarade d’une fausse visioconfĂ©rence avec son poulain, avec pour unique objectif de dĂ©montrer que ce dernier Ă©tait en pleine forme et prĂȘt Ă  assurer la relĂšve.
Pendant qu’il s’essayait Ă  berner l’opinion publique ivoirienne, le PrĂ©sident Ouattara chargeait son ami Nicolas Sarkozy, ancien PrĂ©sident français devenu son lobbyiste, de se dĂ©mener pour qu’Amadou Gon soit traitĂ© par les meilleurs spĂ©cialistes de la France. L’activisme de Sarkozy a payĂ©. Satisfait, le PrĂ©sident Ouattara lui a collĂ© une nouvelle mission: se dĂ©brouiller pour faire adouber la candidature d’Amadou Gon-Coulibaly par l’actuel PrĂ©sident français, Emmanuel Macron ainsi que par la droite française.

Pour le malade Amadou Gon et sa famille, il Ă©tait clair que le mal subit qui s’est abattu sur le candidat du RHDP n’était pas une maladie naturelle. Ils y ont dĂ©tectĂ© l’Ɠuvre de mains obscures. Il fallait trouver le coupable de cet attentat mystique. Tous les fĂ©ticheurs sĂ©noufos consultĂ©s par la famille Ă©taient formels : le responsable n’est autre que son numĂ©ro deux au Gouvernement, Hamed Bakayoko, qui voulait devenir Calife Ă  la place du Calife. Ils annoncĂšrent Ă  la famille du Premier ministre Amadou Gon que si leur fils restait en France, il mourrait Ă  petit feu.

C’est pourquoi et contre l’avis gĂ©nĂ©ral de ses mĂ©decins que le Premier ministre insistait pour rentrer terminer son traitement en CĂŽte d’Ivoire, par les plantes traditionnelles et les potions magiques africaines.
Amadou Gon-Coulibaly Ă©tait inflexible sur sa dĂ©cision de rentrer en CĂŽte d’Ivoire pour ne pas mourir dans un hĂŽpital parisien. Tous les fĂ©ticheurs les plus connus et les plus puissants du Poro et du Tchologo, furent consultĂ©s pour examiner la question de la maladie et du retour du Premier ministre au pays. Leur diagnostic Ă©tait invariable : les blancs ne peuvent pas guĂ©rir cette maladie, car elle est mystique. Il faut qu’il rentre pour ĂȘtre sauvĂ©.

Amadou Gon Coulibaly

« Des sorciers dĂ©barquĂšrent en France par vol spĂ©cial, pour apporter des remĂšdes traditionnels Ă  Amadou Gon…Curieusement, la santĂ© du Premier ministre a commencĂ© Ă  s’amĂ©liorer de jour en jour. Hamed Bakayoko sous-estimait la charge de haine et la capacitĂ© de riposte d’Amadou Gon, devenu dĂšs lors, son ennemi »

Mais, les mĂ©decins français s’opposaient Ă  son voyage, estimant qu’il n’Ă©tait pas suffisamment remis sur pied. C’est ce qui explique les nombreuses annonces avortĂ©es de son retour. Le dilemme Ă©tait si grand qu’à force de rĂ©flexion, on finit par dĂ©cider qu’il fallait dĂ©placer certains sorciers Ă  Paris. Imaginez la scĂšne cocasse de guĂ©risseurs africains avec des canaris et des calebasses d’eau noirĂątre dĂ©ambulant en plein Paris 16Ăšme arrondissement. Et c’est ce qui se produisit.

En effet, des sorciers dĂ©barquĂšrent en France par vol spĂ©cial, pour apporter des remĂšdes traditionnels Ă  Amadou Gon. Ce fut alors une alchimie qui combinait les traitements les plus modernes aux bains dĂ©senvoutants des fĂ©ticheurs. Curieusement, la santĂ© du Premier ministre a commencĂ© Ă  s’amĂ©liorer de jour en jour, asseyant du coup la certitude que c’était bien les marabouts et autres mystiques d’Hambak qui lui avaient jetĂ© un sort. Il ne perdait donc rien pour attendre. Hamed Bakayoko sous-estimait la charge de haine et la capacitĂ© de riposte d’Amadou Gon, devenu dĂšs lors, son ennemi. Hambak avait maintenant le dos au mur. Il savait qu’il Ă©tait dĂ©sormais en tĂȘte de liste des personnes Ă  qui le Premier ministre Amadou Gon rĂ©glerait leurs comptes dĂšs sa guĂ©rison.

Pire, certains de ses fidĂšles avaient commis le crime politique d’avoir commencĂ© Ă  annoncer fiĂšrement sa prochaine candidature au titre du RHDP, pendant que le Premier ministre Amadou Gon, candidat dĂ©signĂ©, Ă©tait couchĂ© sur son lit d’hĂŽpital. Tout le monde l’a vu et lu sur Internet. Le jour donc oĂč ses espions ont annoncĂ© Ă  Hamed Bakayoko qu’Amadou Gon Ă©tait tirĂ© d’affaire et qu’il se portait de mieux en mieux, ce fut le branle-bas dans son camp. Il en voulu fortement Ă  Awaza son sacrificateur et ses marabouts, les menaçant de reprĂ©sailles. Avec le retour en fanfare d’Amadou Gon-Coulibaly, Hamed Bakayoko est conscient qu’une guerre vient d’ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e.

« Le jour de l’arrivĂ©e du Premier ministre Ă  Abidjan, toute sa famille lui a conseillĂ© de ne point serrer la main du Ministre Hamed Bakayoko, car il Ă©tait supposĂ© dissimuler une amulette dans sa poche, qui pourrait lui nuire s’il le saluait »

Signe de l’ouverture des conflits, le jour de l’arrivĂ©e du Premier ministre Ă  Abidjan, toute sa famille lui a conseillĂ© de ne point serrer la main du Ministre Hamed Bakayoko, car il Ă©tait supposĂ© dissimuler une amulette dans sa poche, qui pourrait lui nuire s’il le saluait. Les proches des deux hommes ont notĂ© le malaise perceptible entre eux Ă  l’aĂ©roport. Ils se sont Ă  peine saluĂ©s. Hamed Bakayoko a compris que la partie allait ĂȘtre dĂ©licate pour lui et qu’il jouait maintenant son avenir politique face Ă  la dĂ©termination affichĂ©e d’Amadou Gon de rĂ©gler des comptes. Il a dĂ©cidĂ© de se replier sur ses bases de SĂ©guĂ©la pour se prĂ©parer Ă  affronter la tempĂȘte. L’État-major d’Awaza a Ă©tĂ© rĂ©uni avec de nouvelles compĂ©tences.

De nouvelles consultations ont Ă©tĂ© faites et des nouvelles rassurantes ont Ă©tĂ© donnĂ©es au fils de SĂ©guĂ©la. Ses devins sont formels : Amadou Gon rechutera avant les Ă©lections et ne sera plus candidat. Un autre parmi les grands candidats dĂ©clarĂ©s tombera Ă©galement et ne pourra pas compĂ©tir pour la prĂ©sidentielle. Ces deux candidats qui pourraient empĂȘcher Hamed Bakayoko d’accomplir son destin prĂ©sidentiel seront foudroyĂ©s. Ainsi, de guerre lasse, le PrĂ©sident Ouattara serait obligĂ© de se rebattre sur Hambak comme ultime recours. Tous les candidats affichĂ©s, dont Guillaume Soro et Henri Konan BĂ©diĂ©, ont donc du souci Ă  se faire. Ceux qui veulent croire qu’ils croient. Ceux qui veulent nĂ©gliger cette prĂ©diction des marabouts d’Hamed Bakayoko, libre Ă  eux !

Mais, juste un conseil : la famille et les proches d’Amadou Gon-Coulibaly feraient mieux de prendre au sĂ©rieux ces Ă©crits de Chris Yapi, au lieu de se laisser aller Ă  la jubilation. Veillez sur le Premier ministre et soignez-le bien, car la bataille rentre dans une nouvelle dimension.
Souvenez-vous de la bataille de Kirina entre Soundjata KĂ©ita et Soumangourou KantĂ©, aux multiples rebondissements. Le vainqueur est devenu l’empereur du MandĂ©. Entre Amadou Gon-Coulibaly et Hamed Bakayoko qui portera la couronne ? Qui vivra verra. Octobre n’est pas loin et la guerre des titans est loin d’ĂȘtre terminĂ©e.

CHRIS YAPI NE MENT PAS. « 

*La suite, on la connaßt, le premier Ministre Amadou Gon Coulibaly décÚdera en plein conseil des ministres.

Lire la suite

LES PLUS POPULAIRES