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🔮 CĂŽte d’Ivoire – DĂ©cĂšs d’Amadou Gon Koulibaly: la sorcellerie et Hamed Bakayoko indexĂ©s – Partie 2

D’aprĂšs le lanceur d’alerte Chris Yapi, l’attaque cardiaque du 02 Mai 2020 et la mort le 08 Juillet dernier du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly ne sont que la rĂ©sultante d’une terrible guerre mystique au sommet de l’Ă©tat ivoirien. Voici un texte publiĂ© par ce lanceur d’alerte quelques jours seulement avant la mort d’Amadou Gon Coulibaly. PrĂ©monitoire?

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AMADOU GON-COULIBALY ET HAMED BAKAYOKO : TOUT EST GÂTÉ.

Le premier citĂ© a Ă©tĂ© trĂšs malade, il a mĂȘme frĂŽlĂ© la mort. N’eĂ»t Ă©tĂ© la providence divine, il ne serait plus de ce monde. Le PrĂ©sident Ouattata a eu peur, vraiment trĂšs peur. Le second, lui, espĂ©rait fortement que l’irrĂ©parable se produise. Il l’avait mĂȘme laissĂ© entendre Ă  ses amis. Il Ă©tait sĂ»r que les astres du ciel lui faisaient un clin d’Ɠil. L’enjeu ? Le pouvoir, la PrĂ©sidence de la RĂ©publique de CĂŽte d’Ivoire. Disons que depuis plus de cinq ans, Hamed Bakayoko y travaille patiemment et silencieusement. Il y travaille depuis que les oracles avaient laissĂ© entrevoir qu’il serait le successeur d’Alassane Ouattara.
Mais, il a bien appris que mĂȘme quand la providence doit agir, il faut la pousser. Ne dit-on pas : « aide-toi et le ciel t’aidera ? » Hamed Bakayoko, est un audacieux touche-Ă -tout. Il a de l’audace et une certaine forme de tĂ©mĂ©ritĂ©. Grand maĂźtre de la franc-maçonnerie, il est aussi versĂ© dans l’occultisme africain.

Depuis son terroir natal de SĂ©guĂ©la, le Ministre de la DĂ©fense a demandĂ© Ă  ses parents de peser sur le destin. Alors, le cercle familial a dĂ©cidĂ© de confier cette mission Ă  Awaza Bakayoko, l’oncle du ministre et grand connaisseur des rites mystiques et des cercles maraboutiques. L’activisme d’Awaza et ses nombreux sacrifices ont rassurĂ© Hambak sur la rĂ©alisation inĂ©luctable de son destin prĂ©sidentiel. Quelle ne fut donc sa surprise, une surprise dĂ©sagrĂ©able, quand le PrĂ©sident Ouattara lui prĂ©fĂ©ra Amadou Gon-Coulibaly comme candidat Ă  la prĂ©sidentielle et successeur. Il en a Ă©tĂ© affectĂ© et le cachait difficilement.

Hamed Bakayoko

« Hamed Bakayoko dût se rendre à Séguéla pour faire des bains mystiques et renforcer sa puissance occulte et le miracle se produisit ! Amadou Gon-Coulibaly, le chouchou du Président de la République, fut terrassé par une attaque cardiaque »

Pour dire vrai, le Ministre de la DĂ©fense a frĂŽlĂ© la dĂ©pression. Mais, ses marabouts n’en dĂ©mordaient pas et continuaient Ă  l’encourager : « tu seras PrĂ©sident » assuraient-ils. « Nos ancĂȘtres de Koro ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s, les sacrifices ont Ă©tĂ© faits et nous avons l’assurance qu’ils nous donneront satisfaction ».
En sus de ces sacrifices, Hamed Bakayoko dĂ»t se rendre Ă  SĂ©guĂ©la pour faire des bains mystiques et renforcer sa puissance occulte et le miracle se produisit ! Amadou Gon-Coulibaly, le chouchou du PrĂ©sident de la RĂ©publique, fut terrassĂ© par une attaque cardiaque. EntrĂ© dans le coma, il Ă©tait donnĂ© pour mort. MĂȘme Chris Yapi l’avait cru, puisque sa source au sein de l’entourage le lui avait jurĂ© sur tous les dieux. DĂšs qu’Amadou Gon fut sauvĂ© par les plus grands mĂ©decins français, tous les supporters du Premier ministre criĂšrent avec jubilation que Chris Yapi avait menti. Que nenni.

Cette information sur la santĂ© dĂ©licate du Premier ministre Ă©tait tellement vraie, que pour rassurer les partisans du RHDP, le PrĂ©sident Alassane Ouattara lui-mĂȘme se prĂȘta Ă  une manƓuvre mensongĂšre qui a terni son image. Il s’est prĂȘtĂ© Ă  la mascarade d’une fausse visioconfĂ©rence avec son poulain, avec pour unique objectif de dĂ©montrer que ce dernier Ă©tait en pleine forme et prĂȘt Ă  assurer la relĂšve.
Pendant qu’il s’essayait Ă  berner l’opinion publique ivoirienne, le PrĂ©sident Ouattara chargeait son ami Nicolas Sarkozy, ancien PrĂ©sident français devenu son lobbyiste, de se dĂ©mener pour qu’Amadou Gon soit traitĂ© par les meilleurs spĂ©cialistes de la France. L’activisme de Sarkozy a payĂ©. Satisfait, le PrĂ©sident Ouattara lui a collĂ© une nouvelle mission: se dĂ©brouiller pour faire adouber la candidature d’Amadou Gon-Coulibaly par l’actuel PrĂ©sident français, Emmanuel Macron ainsi que par la droite française.

Pour le malade Amadou Gon et sa famille, il Ă©tait clair que le mal subit qui s’est abattu sur le candidat du RHDP n’était pas une maladie naturelle. Ils y ont dĂ©tectĂ© l’Ɠuvre de mains obscures. Il fallait trouver le coupable de cet attentat mystique. Tous les fĂ©ticheurs sĂ©noufos consultĂ©s par la famille Ă©taient formels : le responsable n’est autre que son numĂ©ro deux au Gouvernement, Hamed Bakayoko, qui voulait devenir Calife Ă  la place du Calife. Ils annoncĂšrent Ă  la famille du Premier ministre Amadou Gon que si leur fils restait en France, il mourrait Ă  petit feu.

C’est pourquoi et contre l’avis gĂ©nĂ©ral de ses mĂ©decins que le Premier ministre insistait pour rentrer terminer son traitement en CĂŽte d’Ivoire, par les plantes traditionnelles et les potions magiques africaines.
Amadou Gon-Coulibaly Ă©tait inflexible sur sa dĂ©cision de rentrer en CĂŽte d’Ivoire pour ne pas mourir dans un hĂŽpital parisien. Tous les fĂ©ticheurs les plus connus et les plus puissants du Poro et du Tchologo, furent consultĂ©s pour examiner la question de la maladie et du retour du Premier ministre au pays. Leur diagnostic Ă©tait invariable : les blancs ne peuvent pas guĂ©rir cette maladie, car elle est mystique. Il faut qu’il rentre pour ĂȘtre sauvĂ©.

Amadou Gon Coulibaly

« Des sorciers dĂ©barquĂšrent en France par vol spĂ©cial, pour apporter des remĂšdes traditionnels Ă  Amadou Gon…Curieusement, la santĂ© du Premier ministre a commencĂ© Ă  s’amĂ©liorer de jour en jour. Hamed Bakayoko sous-estimait la charge de haine et la capacitĂ© de riposte d’Amadou Gon, devenu dĂšs lors, son ennemi »

Mais, les mĂ©decins français s’opposaient Ă  son voyage, estimant qu’il n’Ă©tait pas suffisamment remis sur pied. C’est ce qui explique les nombreuses annonces avortĂ©es de son retour. Le dilemme Ă©tait si grand qu’à force de rĂ©flexion, on finit par dĂ©cider qu’il fallait dĂ©placer certains sorciers Ă  Paris. Imaginez la scĂšne cocasse de guĂ©risseurs africains avec des canaris et des calebasses d’eau noirĂątre dĂ©ambulant en plein Paris 16Ăšme arrondissement. Et c’est ce qui se produisit.

En effet, des sorciers dĂ©barquĂšrent en France par vol spĂ©cial, pour apporter des remĂšdes traditionnels Ă  Amadou Gon. Ce fut alors une alchimie qui combinait les traitements les plus modernes aux bains dĂ©senvoutants des fĂ©ticheurs. Curieusement, la santĂ© du Premier ministre a commencĂ© Ă  s’amĂ©liorer de jour en jour, asseyant du coup la certitude que c’était bien les marabouts et autres mystiques d’Hambak qui lui avaient jetĂ© un sort. Il ne perdait donc rien pour attendre. Hamed Bakayoko sous-estimait la charge de haine et la capacitĂ© de riposte d’Amadou Gon, devenu dĂšs lors, son ennemi. Hambak avait maintenant le dos au mur. Il savait qu’il Ă©tait dĂ©sormais en tĂȘte de liste des personnes Ă  qui le Premier ministre Amadou Gon rĂ©glerait leurs comptes dĂšs sa guĂ©rison.

Pire, certains de ses fidĂšles avaient commis le crime politique d’avoir commencĂ© Ă  annoncer fiĂšrement sa prochaine candidature au titre du RHDP, pendant que le Premier ministre Amadou Gon, candidat dĂ©signĂ©, Ă©tait couchĂ© sur son lit d’hĂŽpital. Tout le monde l’a vu et lu sur Internet. Le jour donc oĂč ses espions ont annoncĂ© Ă  Hamed Bakayoko qu’Amadou Gon Ă©tait tirĂ© d’affaire et qu’il se portait de mieux en mieux, ce fut le branle-bas dans son camp. Il en voulu fortement Ă  Awaza son sacrificateur et ses marabouts, les menaçant de reprĂ©sailles. Avec le retour en fanfare d’Amadou Gon-Coulibaly, Hamed Bakayoko est conscient qu’une guerre vient d’ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e.

« Le jour de l’arrivĂ©e du Premier ministre Ă  Abidjan, toute sa famille lui a conseillĂ© de ne point serrer la main du Ministre Hamed Bakayoko, car il Ă©tait supposĂ© dissimuler une amulette dans sa poche, qui pourrait lui nuire s’il le saluait »

Signe de l’ouverture des conflits, le jour de l’arrivĂ©e du Premier ministre Ă  Abidjan, toute sa famille lui a conseillĂ© de ne point serrer la main du Ministre Hamed Bakayoko, car il Ă©tait supposĂ© dissimuler une amulette dans sa poche, qui pourrait lui nuire s’il le saluait. Les proches des deux hommes ont notĂ© le malaise perceptible entre eux Ă  l’aĂ©roport. Ils se sont Ă  peine saluĂ©s. Hamed Bakayoko a compris que la partie allait ĂȘtre dĂ©licate pour lui et qu’il jouait maintenant son avenir politique face Ă  la dĂ©termination affichĂ©e d’Amadou Gon de rĂ©gler des comptes. Il a dĂ©cidĂ© de se replier sur ses bases de SĂ©guĂ©la pour se prĂ©parer Ă  affronter la tempĂȘte. L’État-major d’Awaza a Ă©tĂ© rĂ©uni avec de nouvelles compĂ©tences.

De nouvelles consultations ont Ă©tĂ© faites et des nouvelles rassurantes ont Ă©tĂ© donnĂ©es au fils de SĂ©guĂ©la. Ses devins sont formels : Amadou Gon rechutera avant les Ă©lections et ne sera plus candidat. Un autre parmi les grands candidats dĂ©clarĂ©s tombera Ă©galement et ne pourra pas compĂ©tir pour la prĂ©sidentielle. Ces deux candidats qui pourraient empĂȘcher Hamed Bakayoko d’accomplir son destin prĂ©sidentiel seront foudroyĂ©s. Ainsi, de guerre lasse, le PrĂ©sident Ouattara serait obligĂ© de se rebattre sur Hambak comme ultime recours. Tous les candidats affichĂ©s, dont Guillaume Soro et Henri Konan BĂ©diĂ©, ont donc du souci Ă  se faire. Ceux qui veulent croire qu’ils croient. Ceux qui veulent nĂ©gliger cette prĂ©diction des marabouts d’Hamed Bakayoko, libre Ă  eux !

Mais, juste un conseil : la famille et les proches d’Amadou Gon-Coulibaly feraient mieux de prendre au sĂ©rieux ces Ă©crits de Chris Yapi, au lieu de se laisser aller Ă  la jubilation. Veillez sur le Premier ministre et soignez-le bien, car la bataille rentre dans une nouvelle dimension.
Souvenez-vous de la bataille de Kirina entre Soundjata KĂ©ita et Soumangourou KantĂ©, aux multiples rebondissements. Le vainqueur est devenu l’empereur du MandĂ©. Entre Amadou Gon-Coulibaly et Hamed Bakayoko qui portera la couronne ? Qui vivra verra. Octobre n’est pas loin et la guerre des titans est loin d’ĂȘtre terminĂ©e.

CHRIS YAPI NE MENT PAS. « 

*La suite, on la connaßt, le premier Ministre Amadou Gon Coulibaly décÚdera en plein conseil des ministres.

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🔮 Opinion – Me Yondo Black: « L’armĂ©e doit rompre le silence face Ă  la tourmente qui frappe la population camerounaise »

L’ancien BĂątonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun et Leader politique des premiĂšres heures de la dĂ©mocratie au Cameroun au dĂ©but des annĂ©es 90 et prĂ©sident du M.S.N.D. d’adresse aux forces armĂ©es camerounaises.

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‘’Chers frùres et sƓurs, Mes Compatriotes,

Vous avez choisi l’un des mĂ©tiers les plus nobles et les plus dangereux au monde, parce que votre vie est sans cesse exposĂ©e pour protĂ©ger le pays, la nation, le territoire, les biens et surtout les populations. Et lorsqu’on Ă©voque vos missions, on dit spontanĂ©ment : HONNEUR ET FIDELITE ! Vous ĂȘtes l’honneur de tout un peuple auquel vous avez jurĂ© fidĂ©litĂ© et loyautĂ©, et pour rien au monde vous ne devez l’oublier : vous n’ĂȘtes infĂ©odĂ© Ă  aucun homme, Ă  aucun parti, Ă  aucune quelconque idĂ©ologie. Vous ne devez nourrir aucun esprit partisan, vous n’appartenez Ă  aucune rĂ©gion, vous ne devez prendre part Ă  aucun dĂ©bat qui divise la nation, d’oĂč l’attribut qui vous sied Ă  merveille : la grande muette !

Mais la grande muette ne saurait ĂȘtre assimilĂ©e Ă  la grande sourde et encore moins Ă  la grande aveugle. Et depuis quelque temps, la colĂšre du peuple monte, l’entendez-vous ? La sociĂ©tĂ© se fragmente, le voyez-vous ? Le tribalisme est Ă  son paroxysme, nos diffĂ©rences sont exacerbĂ©es, on n’est plus partout chez soi au Cameroun, le sentez-vous ? La pauvretĂ© est devenue la chose la mieux partagĂ©e, le voyez-vous ? Il n’y a pas d’eau, pas d’électricitĂ©, le savez-vous ? Il n’y a plus ni train, ni avion, les dĂ©placements interurbains sont un vĂ©ritable cauchemar Ă  cause de l’état de nos routes, l’avez-vous constatĂ© ? Les hĂŽpitaux, lorsqu’il y en a, sont de vĂ©ritables mouroirs pour le petit peuple, tandis que nos grands se font soigner Ă  l’étranger aux frais du contribuable, ĂȘtes-vous au courant ? A coups de milliards on a fourguĂ© des jouets en guise d’ordinateurs Ă  nos enfants, l’avez-vous appris ?

2000 milliards destinĂ©s Ă  la construction des infrastructures pour la CAN ont atterri dans les poches de particuliers connus et on nous a servi un glissement, vous en ĂȘtes-vous rendu compte ? Un individu sorti de nulle part et se prĂ©valant de relations au plus haut sommet de l’Etat nous a livrĂ© un spectacle affligeant en narguant tout un plĂ©nipotentiaire et le plus haut responsable de la police nationale, l’honneur et la dignitĂ© du pays tout entier que vous avez l’obligation de dĂ©fendre n’ont-ils pas Ă©tĂ© entamĂ©s ? Cette liste ne saurait ĂȘtre exhaustive, mais la question est la mĂȘme : vous sentez-vous toujours en phase avec les populations de ce pays qui souffrent et se battent au quotidien pour leur survie, ou vous laissez-vous enfermer dans un piĂšge qui vous prive de vos yeux et de vos oreilles, pour faire de vous des hommes et des femmes Ă  la solde du chef suprĂȘme des forces armĂ©es.

« Votre chef des armĂ©es a dĂ©clarĂ© la guerre sans que jamais, je dis bien jamais, il n’ait endossĂ© l’uniforme ou le moindre gilet pour se rapprocher du thĂ©Ăątre des opĂ©rations afin de galvaniser ses troupes ».

Vous ĂȘtes de la grande muette, mais vous n’ĂȘtes pas moins des citoyens Ă  part entiĂšre soumis Ă  des obligations et disposant de droits. Jamais il ne sera question de vous faire passer pour des mercenaires. Et mieux que moi, vous savez ce que c’est qu’un chef. C’est bien celui qui dit : suivez-moi, et non sans cesse : allez-y, et se contente de vous engraisser pour pouvoir vous tenir en laisse. Vous avez montrĂ© votre courage et tout votre professionnalisme en mettant un terme au phĂ©nomĂšne des coupeurs de route, de mĂȘme avec opiniĂątretĂ©, vous dĂ©mantelez les niches de rĂ©sistance des combattants de Boko Haram Ă  qui ce chef des armĂ©es a dĂ©clarĂ© la guerre sans que jamais, je dis bien jamais, il n’ait endossĂ© l’uniforme ou le moindre gilet pour se rapprocher du thĂ©Ăątre des opĂ©rations afin de galvaniser ses troupes. Et lorsque certains d’entre vous tombent au champ d’honneur, il ne se dĂ©place pas pour apporter du rĂ©confort aux familles de nos hĂ©ros, ou pour leur rendre les derniers honneurs.

Est-ce lĂ  l’idĂ©e prĂ©cise que vous vous faites d’un chef ? J’en doute fort. Plus grave, lorsque la crise sociale du NOSO s’est transformĂ©e en crise sĂ©curitaire, les politiques, dont votre chef, ont vite fait de vous jeter en premiĂšre ligne avec ordre de tirer sur d’autres Camerounais, sans avoir cherchĂ© Ă  vider la dimension qu’offre le dialogue. Et depuis ce temps on ne compte plus les morts, parmi les populations civiles, les sĂ©cessionnistes et mĂȘme dans vos propres rangs. Que d’orphelins, sans compter que de nombreuses familles n’ont pas encore pu faire leur deuil : nos yeux dĂ©bordent de larmes, nous sommes fatiguĂ©s d’inhaler l’odeur fĂ©tide du sang, nous sommes Ă  bout, nous n’en pouvons plus ! Avec la pandĂ©mie de la Covid-19, on a encore pu mesurer la boulimie de nos dirigeants qui ne se sont pas privĂ©s de dĂ©tourner les fonds allouĂ©s Ă  la riposte sanitaire, vous le savez sans aucun doute.

« il n’y a pas de souhait plus largement partagĂ© de nos jours que celui de vous voir rompre votre silence, non pas pour entendre le bruit des bottes, mais simplement pour vous entendre affectueusement nous dire : Nous sommes avec vous ».

Doit-on Ă©ternellement garder le silence sous prĂ©texte qu’on veut prĂ©server la paix dans un pays dĂ©jĂ  si fragilisĂ© et dans la tourmente ? Nous avons peine Ă  croire que vous ne le savez pas ! « Mais rien de plus ambigu que le silence. Il ne laisse pas deviner ni son objet ni son motif ». C’est pourquoi il me plaĂźt de vous dire , Chers frĂšres et sƓurs en tenue qu’il n’y a pas de souhait plus largement partagĂ© de nos jours que celui de vous voir rompre votre silence, non pas pour entendre le bruit des bottes, mais simplement pour vous entendre affectueusement nous dire : Nous sommes des vĂŽtres, nous sommes avec vous. Mon objectif n’est nullement de vous inviter Ă  mettre fin Ă  la descente de plus en plus glissante vers laquelle s’oriente notre pays. Ce serait un mimĂ©tisme dangereux qui risquerait de vous faire passer pour un corps incapable par lui-mĂȘme d’analyse.

L’histoire, nĂ©anmoins, nous enseigne que prenant ses responsabilitĂ©s comme un rempart contre le chaos, l’armĂ©e joue le rĂŽle de dernier recours lorsque les situations apparaissent dĂ©sespĂ©rĂ©es et, stoppant la descente vers l’enfer, elle ouvre la voie Ă  une transition qui traditionnellement s’achĂšve par des Ă©lections. Vous ĂȘtes- vous demandĂ©s si les mĂȘmes causes produisent toujours les mĂȘmes effets ! Ce qui s’est passĂ© ailleurs pourrait-il nĂ©cessairement se produire chez nous ? Qu’adviendra-t-il de nous, qui sommes habituĂ©s Ă  nous terrer ?

Me Yondo Black

« Est-il normal qu’un homme Ă©lu Ă  plus de 70% ne soit plus aperçu nulle part, et soit totalement inaudible devant tant de dangers que court le pays ? »

Attention, pas de mimĂ©tisme, Surtout pas ! Pas d’idĂ©ologies importĂ©es. Gardons-nous en. Sur le plan politique, nous sommes dans l’impasse, et une classe d’hommes a tout confisquĂ© Ă  son profit alors que la voix de votre chef ne se fait sentir dĂ©sormais que par dĂ©cret. Il y a lĂ  un danger auquel, je crois, la nation est exposĂ©e. Est-il normal qu’un homme Ă©lu Ă  plus de 70% ne soit plus aperçu nulle part et soit totalement inaudible devant tant de dangers que court le pays ?

La sociĂ©tĂ© est bloquĂ©e et il nous semble impĂ©ratif d’intĂ©grer que les Camerounais qui Ă©prouvent le besoin fort et lĂ©gitime de construire un nouveau contrat social se retrouvent autour d’une table pour engager une vĂ©ritable palabre sur des questions qui gĂȘnent : le retour Ă  la paix au NOSO, la forme de l’Etat et un systĂšme Ă©lectoral consensuel, notamment. Vous ĂȘtes du peuple, vous connaissez les souffrances de votre peuple, vous avez le devoir de protĂ©ger ce peuple. La nation vous sera Ă  jamais reconnaissante. C’est le cri du cƓur d’un citoyen de base qui en appelle Ă  la contribution de tous pour une paix des braves, pour le plus grand bien de notre patrie sans laquelle nous n’existons pas : le Cameroun ! « Une conscience qui fait autant de bruit qu’une arme Ă  feu est D’une grande paix » Jacques NTEKA BOKOLO’’

Me Yondo Black

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🔮 Louis Marie Kakdeu: « Il y a une solution simple pour limiter les affrontements communautaires au Cameroun »

Cameroun: Trois mesures pour limiter les affrontements intercommunautaires
Par Louis-Marie Kakdeu, PhD & MPA

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Au Cameroun, Les violences et affrontements intercommunautaires font dĂ©sormais partie du paysage quotidien des citoyens du pays Ă  la fois dans le monde virtuel (rĂ©seaux sociaux) que dans le rĂ©el. Au-delĂ  des vellĂ©itĂ©s de sĂ©cession qui secoue la partie anglophone depuis novembre 2016, l’on a notĂ© depuis 2019 une dizaine d’affrontements intercommunautaires. Ce 04 septembre 2020, les Sawa ont signĂ© un mĂ©morandum et manifestĂ© contre la nomination des « chefs allogĂšnes » chez eux. Aussi, des appels Ă  la haine tribale se multiplient sur les rĂ©seaux sociaux, compromettant sĂ©rieusement la paix dans le pays. Notre prĂ©occupation est de savoir ce qui pose problĂšme et ce qu’il faut faire pour apporter des solutions.

Sur ce chemin de la recherche de la solution, certains proposent le fĂ©dĂ©ralisme comme Ă©tant une panacĂ©e. Ils expliquent que le fĂ©dĂ©ralisme viendra rĂ©soudre les problĂšmes communautaires, ce qui est trĂšs discutable dans la mesure oĂč notre sociĂ©tĂ©, camerounaise ou non, est une rĂ©alitĂ© cosmopolite. Il n’y aura JAMAIS homogĂ©nĂ©itĂ© culturelle et ethnique dans une localitĂ© au Cameroun. Le fĂ©dĂ©ralisme n’a pas vocation Ă  homogĂ©nĂ©iser les communautĂ©s. Cela veut dire que les gens proposent une mauvaise solution pour un vrai problĂšme. Nous avons L’OBLIGATION de rĂ©flĂ©chir sur un projet de vivre-ensemble dans le cadre d’une sociĂ©tĂ© multiculturelle et cosmopolite. Voici mes trois propositions :

1- Réformer le statut inégalitaire des citoyens et promouvoir la citoyenneté résidentielle

Toutes les localitĂ©s du Cameroun sont cosmopolites mais, la citoyennetĂ© reste identitaire au lieu d’ĂȘtre rĂ©sidentielle. Je dĂ©fends la citoyennetĂ© rĂ©sidentielle. C’est elle qui est en droite ligne avec les exigences dĂ©mocratiques appliquĂ©es dans les Etats modernes. La migration est un phĂ©nomĂšne courant voir normale et naturelle, mais certains l’envisagent encore comme Ă©tant un problĂšme pour la cohĂ©sion sociale. Mon hypothĂšse d’intervention est que si nous voulons crĂ©er une paix durable, alors nous devons Ă©viter de crĂ©er de par la Constitution, deux catĂ©gories de citoyens dans un mĂȘme pays : l’autochtone (citoyen plein) et l’allogĂšne (sous-citoyen). Le piĂšge est que chaque citoyen est tantĂŽt autochtone tantĂŽt allogĂšne en fonction de sa situation gĂ©ographique dans le pays. C’est en dĂ©calage avec les exigences du fonctionnement d’un Etat moderne. On tend Ă  oublier au Cameroun/Afrique qu’un Etat fonctionne grĂące aux impĂŽts et que celui qui paie ses impĂŽts a le droit de regard sur sa cotisation. Et donc, l’on fabrique un Etat dans lequel les Autochtones et les AllogĂšnes sont soumis aux mĂȘmes devoirs civiques et aux droits diffĂ©rents. C’est un projet d’escroquerie politique. La citoyennetĂ© est rĂ©sidentielle dans tous les Etats modernes du monde. Si le Cameroun veut aussi ĂȘtre moderne un jour, il devra s’y accommoder. Un digne fils ou fille d’une localitĂ© n’est pas, au sens moderne, celui ou celle dont les parents sont installĂ©s depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations (nous sommes toutes et tous des migrants) ; mais, celui ou celle qui contribue dignement Ă  construire la localitĂ©.
Que faut-il faire pour promouvoir la citoyennetĂ© rĂ©sidentielle ? Il faut rĂ©former la Constitution sans forcĂ©ment changer la forme de l’Etat (ceux qui me lisent savent dĂ©jĂ  que je ne trouve pas que le fĂ©dĂ©ralisme soit une panacĂ©e). Bien qu’au Titre premier, Article premier, AlinĂ©a 2 de la Constitution, il soit prĂ©vu que la RĂ©publique du Cameroun assure l’égalitĂ© de tous les citoyens devant la loi, on observe que la mĂȘme Constitution, au mĂȘme Titre premier, mĂȘme Article premier et mĂȘme AlinĂ©a 2 reconnaĂźt les valeurs traditionnelles sous rĂ©serve du respect des valeurs dĂ©mocratiques qui ne sont pas requises dans les faits.

« Le terme « allogÚne » est violent dans sa forme actuelle et la dichotomie autochtone/allogÚne contenue dans la Constitution camerounaise est inappropriée »

Par consĂ©quent, les personnes qui sont « dans leur village [oĂč elles ont une descendance multisĂ©culaire) » ont la primautĂ© sur celles qui rĂ©sident au village avec une descendance rĂ©cente (allogĂšne). Ces villages sont organisĂ©s autour d’une chefferie traditionnelle oĂč les allogĂšnes n’ont ni rang ni classe en violation des « valeurs dĂ©mocratiques ». Pire, la mĂȘme Constitution engage l’Etat Ă  prĂ©server les droits des populations « autochtones ». En ne dĂ©finissant pas le terme « autochtones », cette Constitution crĂ©e le doute et la confusion ; toutefois, il s’agit au sens du Haut-commissariat des Nations Unies pour des Droits de l’Homme des «descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une rĂ©gion gĂ©ographique Ă  l’Ă©poque oĂč des groupes de population de cultures ou d’origines ethniques diffĂ©rentes y sont arrivĂ©s et sont devenus par la suite prĂ©dominants, par la conquĂȘte, l’occupation, la colonisation ou d’autres moyens ». Dans cette dĂ©finition, c’est la notion de minoritĂ© qui ressort et qui nĂ©cessite une protection juridique. Comme dans tout Etat moderne et dĂ©mocratique, il faut plutĂŽt introduire la notion de minoritĂ© dans la Constitution et assurer leur protection. J’ai l’habitude de dire que les problĂšmes sont mal posĂ©s au Cameroun.
Le terme « allogĂšne » est violent dans sa forme actuelle et la dichotomie autochtone/allogĂšne contenue dans la Constitution camerounaise est inappropriĂ©e. En matiĂšre de droits humains, l’on protĂšge les minoritĂ©s ; or, aucun texte lĂ©gislatif ou rĂ©glementaire ne dĂ©finit les minoritĂ©s ethniques au Cameroun. A la rigueur, seuls les pygmĂ©es mĂ©ritent actuellement d’ĂȘtre protĂ©gĂ©s. Pour le reste, il est difficile de dire qu’il existe des « peuples autochtones » au Cameroun au sens des instruments internationaux.
Ce concept Ă  connotation primitive importĂ© dans la Constitution camerounaise est source de confusion. Dans le droit international, le terme anglais « indigenous/indigena » a Ă©tĂ© traduit en français par « autochtone » pour Ă©viter le terme « indigĂšne » qui renvoie Ă  la catĂ©gorie juridique des « sujets indigĂšnes » de l’Empire colonial français (« Code de l’indigĂ©nat »). Il convient pour les Camerounais/Africains d’utiliser ces termes avec modĂ©ration. Le Cameroun doit respecter son engagement constitutionnel de garantir que « Toute personne a le droit de se fixer en tout lieu et de se dĂ©placer librement [sur l’ensemble du territoire national]».

2- Réformer le droit de propriété et protéger la propriété privée

En marge des affrontements intercommunautaires au Cameroun, se trouve la croyance des autochtones qu’ils ont le pouvoir de « chasser [exproprier] » les allogĂšnes en marge du droit. Les autochtones se croient investis du pouvoir de « faire la loi » chez eux. En l’état, il n’existe pas de sĂ©curitĂ© d’investir au Cameroun en dehors de son village (d’origine) ; un jour et en cas de dĂ©saccord avec les autochtones, le « propriĂ©taire » peut ĂȘtre « chassĂ©/ expropriĂ© » sous le regard passif des autoritĂ©s publiques. Cela fait croire aussi aux allogĂšnes qu’ils peuvent ĂȘtre « chassĂ©s » parce que le pouvoir de l’Etat est dĂ©tenu par un « autochtone ». D’oĂč la violence du combat politique pour le contrĂŽle du pouvoir de l’Etat.
Pour ma part, la solution se trouve dans la rĂ©forme du droit de propriĂ©tĂ©. Dans un Etat moderne qui se veut dĂ©mocratique, le droit de propriĂ©tĂ© est sacrĂ©. Aussi, il serait injuste au sens des libertĂ©s individuelles de s’attaquer aux biens d’autrui. Ni l’Etat, ni les autochtones ne doivent pouvoir « chasser » un propriĂ©taire privĂ© contre son grĂ© sous prĂ©texte qu’il est « allogĂšne ». Il convient de renforcer les bases de la libertĂ© et du droit dans notre sociĂ©tĂ©. Au-delĂ  du problĂšme de vivre-ensemble, ce nouveau modĂšle de sociĂ©tĂ© est plus propice au dĂ©veloppement dans la mesure oĂč il permettrait de rassurer les investisseurs et d’attirer des ressources extĂ©rieures (IDE) nĂ©cessaires aux financements des investissements intĂ©rieurs. Il garantirait un systĂšme libre et Ă©quitable: droits de propriĂ©tĂ© et droit de rĂ©sidence inviolables. Certains communautaristes au Cameroun semblent dĂ©fendre le projet de construction d’une vie en autarcie. Or, ils ignorent qu’un Etat moderne a besoin d’attirer les capitaux Ă©trangers pour se dĂ©velopper et que personne ne viendrait investir lĂ  oĂč il peut ĂȘtre « chassĂ© » au premier dĂ©saccord. Le dĂ©saccord est normal dans la vie des ĂȘtres humains et certains veulent faire croire qu’il n’y aura jamais de dĂ©saccord ou d’escroquerie entre frĂšres et sƓurs du village. Mensonge !

3- Lutter contre l’Etat providence et promouvoir la libre compĂ©tition

Mon hypothĂšse ici est que la prĂ©caritĂ© socioĂ©conomique et la paupĂ©risation de notre sociĂ©tĂ© exacerbent les replis identitaires. Dans la recherche du bouc-Ă©missaire, le « Nous » pense que le « Eux » reprĂ©sente une menace pressante en raison de la raretĂ© des ressources pour la survie. Les autochtones pensent donc qu’ils galĂšrent Ă  cause des allogĂšnes qui profitent aussi de leurs ressources. Ils pensent qu’en chassant les allogĂšnes, leurs ressources leur suffiraient, ce qui est une illusion. La rĂ©flexion Ă©conomique a pour vocation de permettre l’optimisation des ressources dans ces cas oĂč la demande est supĂ©rieure Ă  l’offre. Le rĂ©gime Biya a Ă©chouĂ© Ă  conduire Ă  bien cette rĂ©flexion Ă©conomique. Au lieu de fuir le dĂ©bat, il faut mener cette rĂ©flexion. Le contexte Ă©conomique national est caractĂ©risĂ© par l’existence des ressources limitĂ©es et des opportunitĂ©s illimitĂ©es de production, de transformation ou de distribution. Au sein des Ă©conomistes, deux modĂšles de sociĂ©tĂ© (avec prix Nobel chacun) cohabitent de façon conflictuelle : Une premiĂšre approche qui serait plutĂŽt keynĂ©sienne pousse la population Ă  attendre de l’Etat qu’il favorise la consommation en vue de la relance. Une autre approche plutĂŽt libĂ©rale (Paul Krugman) pense que la mondialisation (et donc la migration) n’est pas coupable et que le libre-Ă©change (l’ouverture des marchĂ©s) dispose plutĂŽt des vertus. Au Cameroun, les ressources de l’Etat se font rares et les citoyens se rĂ©voltent. Les jeunes qui se retrouvent au chĂŽmage et dans l’oisivetĂ©, sombrent dans l’incivisme. Dans les faits, les jeunes oisifs (qui attendent tout de l’Etat) s’attaquent aux biens des jeunes entrepreneurs (qui n’attendent rien de l’Etat) parce que ces derniers seraient allogĂšnes (libĂ©raux). L’Etat providence et le jacobinisme promu par le colon français avaient fait croire que la rĂ©ussite sociale se trouvait plutĂŽt dans la fonction publique de l’Etat. Or, il n’en est rien !

« Dans son discours de fin d’annĂ©e, Paul Biya a l’habitude de donner le nombre d’emplois crĂ©Ă©s au lieu du nombre d’entreprises crĂ©Ă©es. Dans un Etat moderne, ce sont les entreprises qui crĂ©ent la richesse et non l’Etat ! »


Les affrontements identitaires au Cameroun sont aussi le fruit de l’affrontement de ces deux modĂšles de sociĂ©tĂ©. Ceux qui n’attendent rien de l’Etat ne sont pas intĂ©ressĂ©s par le quota ethnique dans les concours ou dans l’appareil de l’Etat.
Dans une sociĂ©tĂ© de plus en plus ouverte, il convient de remettre en question l’idĂ©e de l’Etat providence. Il faudrait promouvoir l’égalitĂ© de traitement et donner la possibilitĂ© Ă  tout citoyen d’ĂȘtre compĂ©titif. Il s’agit simplement de la promotion de la libre entreprise et/ou de l’esprit d’entrepreneuriat. Cela passe par le dĂ©placement du symbole de la rĂ©ussite sociale de l’obtention du matricule (intĂ©gration dans la fonction publique) Ă  la crĂ©ation d’une entreprise. Dans son discours de fin d’annĂ©e, Paul Biya a l’habitude de donner le nombre d’emplois crĂ©Ă©s (approche keynĂ©sienne) au lieu de donner le nombre d’entreprises crĂ©Ă©es. Dans un Etat moderne, ce sont les entreprises qui crĂ©ent la richesse et non l’Etat !
S’il est vrai que l’Etat ne peut pas recruter tous les citoyens dans la fonction publique, il lui est en revanche possible de permettre Ă  chaque citoyen de crĂ©er son entreprise et d’aspirer Ă  la richesse. A l’image du « American dream », il faut libĂ©rer les ascenseurs sociaux pour favoriser le « Cameroon dream » en vue de permettre aux citoyens ordinaires d’aspirer librement Ă  l’argent, au pouvoir et Ă  la gloire. Cette possibilitĂ© de rĂȘver n’est possible qu’avec l’ouverture des frontiĂšres communautaires et la prĂ©paration Ă  la libre compĂ©tition. Le « Nous [autochtones] » ne percevra plus le « Eux [allogĂšnes/immigrĂ©s] » comme menace dans la mesure oĂč chacun aura droit Ă  son rĂȘve au-delĂ  des barriĂšres communautaires. Un BĂ©ti/BamilĂ©kĂ© qui crĂ©e son entreprise ne peut pas rĂȘver ne vendre qu’à l’intĂ©rieur de sa communautĂ© ethnique. Notre modĂšle d’ouverture crĂ©erait la croissance nĂ©cessaire pour gĂ©nĂ©rer le financement des biens publics actuellement demandĂ©s par le citoyen (eau, Ă©nergie, route, Ă©cole, hĂŽpitaux, logements sociaux, etc.).

En somme, nous pensons que pour limiter les affrontements communautaires au Cameroun, il faut promouvoir la citoyennetĂ© rĂ©sidentielle, la protection de la propriĂ©tĂ© privĂ©e et la libre entreprise. Ce sont-lĂ  des bases solides pour construire une nouvelle justice sociale et un nouvel ordre social consensuel. C’est le modĂšle qui cadre le plus avec les exigences de droits humains et de libertĂ©s fondamentales. C’est le modĂšle qui cadre le plus avec les exigences d’un Etat moderne et dĂ©mocratique. Tous ceux qui sont en Europe ou aux Etats-Unis vivent dans ce modĂšle sans le savoir pour certains.

Louis Marie Kakdeu

Dr Louis Marie Kakdeu

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