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🔮 KaratĂ©: Vaste scandale sexuel Ă  la FĂ©dĂ©ration camerounaise, le prĂ©sident sur le gril

HarcĂšlement sexuel, tentative de viol, chantage et dĂ©tournement de primes, voila la substance d’un rapport rendu public par le Cercle des Ceintures Noires de KaratĂ© du Centre. Des tĂ©moignages d’athlĂštes Ă  visage dĂ©couvert, pour des faits commis alors que certains Ă©taient encore mineurs accablent le patron de la fĂ©dĂ©ration ainsi que de nombreux encadreurs pour des pratiques trĂšs douteuses

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Un rapport du Cercle des Ceintures Noires de KaratĂ© du Centre, rendu public le 7 juillet 2020 par une commission d’enquĂȘte chapeautĂ©e par Me Francis AmpĂšre Simo, fait Ă©tat des tĂ©moignages de prĂšs d’une demi-douzaine d’athlĂštes ayant Ă©tĂ© victimes de harcĂšlement sexuel et de tentative de viol par son prĂ©sident, MaĂźtre Emmanuel Wakam, ainsi que de nombreux encadreurs des sĂ©lections nationales et des clubs de fĂ©dĂ©ration camerounaise de karatĂ©.
Les victimes sont des filles pour la plupart, membres des Ă©quipes nationales ou les ayant Ă©tĂ©. On citera Sioma Stella Ogandoa, Ornella Ngo Hiol, Nga Manga, Annick MichĂšle Donkap, Victoire Edouma, qui rĂ©vĂšlent avoir Ă©tĂ©, plus d’une fois, Ă  l’occasion des compĂ©titions nationales et internationales, ou lors des stages, harcelĂ©es physiquement ou psychologiquement par leurs bourreaux, dans l’optique d’assouvir leurs envies sexuelles.

Voici quelques extraits explosifs de ce rapport:

« LES CAS DE VIOLENCES SEXUELLES DANS LE KARATE

Les victimes des violences sexuelles dans le karaté au Cameroun choisissent trÚs souvent de se
murer dans le silence de peur de subir des représailles de la part des auteurs qui sont trÚs souvent
des dirigeants hauts placés de la fédération ou des encadreurs. Dans le cadre de la démarche
initiée par le Cercle des ceintures noires du Centre, certaines de ces victimes, et quelques témoins,
pour la premiÚre fois, ont décidé de rompre le silence et de dénoncer leurs bourreaux afin que les
choses changent.
Il est Ă©vident que les victimes qui s’expriment dans ce rapport ne reprĂ©sentent qu’une infime
partie des victimes de ces actes ignobles. La grande majorité préférant garder le silence et le secret
sur les humiliations par elles subies. Il appert également que les victimes qui ont accepté de
parler sont celles qui ont résisté et contenu les assauts de leurs bourreaux.
Nous reportons ci-dessous les propos qui illustrent le phĂ©nomĂšne et surtout l’état de dĂ©crĂ©pitude
de la morale et de l’éthique sportive dans le karatĂ© camerounais. Nous avons pour cela donnĂ© la
parole Ă  des athlĂštes qui ont la particularitĂ© d’ĂȘtre des membres de l’équipe nationale de karatĂ© ou
qui ont été dans cette équipe.

« 2017 je suis championne d’Afrique. J’obtiens une bourse d’études pour la France. Ladite bourse finira par disparaitre. Le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Ă©crira Ă  la veille d’une compĂ©tition en Allemagne au SecrĂ©taire d’Etat Ă  la DĂ©fense pour demander ma rĂ©vocation de la gendarmerie »

A.- OGANDOA SIOMA Stella
« Au lendemain de la ligue professionnelle de Karaté tenue au Maroc en 2016, le Président de la
FĂ©dĂ©ration Camerounaise de KaratĂ© Maitre Emmanuel Wakam m’a appelĂ©, au tĂ©lĂ©phone, au
retour de la dĂ©lĂ©gation du Cameroun. Il m’a invitĂ© Ă  le retrouver Ă  l’hĂŽtel des dĂ©putĂ©s oĂč il logeait.
Il a prĂ©cisĂ© que je devais venir directement Ă  la chambre 10 qu’il occupait. Ce qui m’a beaucoup
Ă©tonnĂ© car il pouvait bien me recevoir au restaurant Ă  la salle de rĂ©ception ou au hall de l’hĂŽtel.
Qu’à cela ne tienne, Je m’y suis rendu. Quand j’ai frappĂ© Ă  la porte de sa chambre, il m’a
demandĂ© d’entrer. Il n’était vĂȘtu que d’un caleçon. Je me suis assise sur une chaise mais il m’a
demandĂ© de m’asseoir plutĂŽt Ă  cĂŽtĂ© de lui. J’étais trĂšs gĂȘnĂ©e. Il s’est mis Ă  me faire des promesses
notamment de faire de moi une grande championne et surtout de m’amener au championnat du
monde de karaté.
J’ai dĂ» inventer une histoire pour m’en aller. J’ai dit que j’avais rendez-vous avec ma grande sƓur.
Il m’a remis une somme de 10000 Francs en me demandant de l’appeler pour un nouveau
rendez-vous quand j’aurai fini avec ma grande sƓur.
Constatant que je n’avais rĂ©pondu Ă  ses attentes, les reprĂ©sailles ont commencĂ©. Par exemple en
2017 je suis championne d’Afrique. J’obtiens une bourse d’études pour la France. Ladite bourse
finira par disparaitre. En sus de cela le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Ă©crira Ă  la veille d’une
compĂ©tition de la SKI qui devait se tenir en Allemagne au SecrĂ©taire d’Etat Ă  la DĂ©fense pour demander ma rĂ©vocation de la gendarmerie au motif que j’ai dĂ©cidĂ© de quitter le territoire national
sans autorisation pour me réfugier en Allemagne.
La mĂ©daille de chevalier de l’ordre de la valeur que je devais recevoir aprĂšs mon titre de
championne d’Afrique je ne l’ai pas obtenu. Mon nom aurait Ă©tĂ© oubliĂ© par le ministĂšre des
sports. Je crois que c’est entre autres des reprĂ©sailles dues Ă  mon refus de me plier aux avances du
président ».
Ces propos traduisent une situation d’outrage privĂ©e Ă  la pudeur et de harcĂšlement sexuel.

« Il m’a proposĂ© de l’argent pour coucher avec lui. Je lui ai dit que je le considĂ©rais comme un pĂšre… Il m’a tenu violemment par la culotte et a entrepris de me dĂ©shabiller par force. Je me suis dĂ©battue en faisant beaucoup de bruits. »

B.- NGO HIOL Ornella
« Tout a commencé pendant le stage préparatoire de la ligue professionnelle qui devait se tenir au
Maroc en 2016. Nous Ă©tions, pour la circonstance, logĂ©s Ă  l’hĂŽtel le FIBI au quartier Essomba Ă 
Yaoundé. 4 Jours avant le voyage je me suis blessée au genou gauche. AprÚs quelques séances de
massages effectuĂ©es par le KinĂ©sithĂ©rapeute de l’équipe, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration de KaratĂ©
s’est substituĂ© au KinĂ© de l’équipe nationale pour le massage de ma jambe endolorie.

ArrivĂ© au Maroc, le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration m’a invitĂ© dans sa chambre. Il a fermĂ© la porte Ă 
clef. AprĂšs m’avoir demandĂ© des nouvelles de ma jambe, il a changĂ© de sujet. Il m’a dit que j’étais
sa fiancĂ©e. Qu’il m’appelle souvent sa fiancĂ©e et qu’il Ă©tait temps que l’on consomme le mariage.
Il a sorti une grosse somme d’argent ; m’a proposĂ© de l’argent pour coucher avec lui. Je lui ai dit
que je le considĂ©rais comme un pĂšre et qu’il Ă©tait inadmissible pour moi d’entretenir des rapports
sexuels avec lui. Il m’a tenu violemment par la culotte et a entrepris de me dĂ©shabiller par force.
Je me suis débattue en faisant beaucoup de bruits. Ce qui a alerté Christian Ndougsa son voisin
de chambre. Celui-ci est arrivé et à frapper à la porte. Pendant que le président ouvrait la porte,
j’en ai profitĂ© pour m’échapper.
A cause de mon refus d’entretenir des rapports sexuels avec le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration, celui-ci
a promis de bannir de son Ă©quipe toute la famille Hiol. C’est ce qui justifie qu’aprĂšs quelques
apparitions sporadiques Ă  l’équipe nationale du Ă  une pression venue du MinistĂšre des sports,
depuis 2018 moi et ma sƓur sommes Ă©cartĂ©es de l’équipe nationale de KaratĂ© ».

« Je suis allĂ© frapper Ă  la porte de la chambre du prĂ©sident… j’ai vu ma petite sƓur Ngo Hiol qui Ă©tait toute transpirante de sueur… elle est sortie en trombe. Par la suite elle m’a fait savoir que j’étais venu la sauver des griffes du prĂ©sident »

Témoignage de NDOUGSA Christian : « En 2016 on avait karaté one à Rabat au Maroc, le
dernier jour de la compĂ©tition j’étais dans ma chambre qui jouxtait celle du prĂ©sident de la
fĂ©dĂ©ration, j’ai entendu des bruits dans la chambre du prĂ©sident. Je suis allĂ© frapper Ă  la porte de
la chambre du prĂ©sident. Il a ouvert, j’ai vu ma petite sƓur Ngo Hiol qui Ă©tait toute transpirante
de sueur. A peine j’étais entrĂ© dans la chambre, elle est sortie en trombe. Par la suite elle m’a fait
savoir que j’étais venu la sauver des griffes du prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration qui voulait l’obliger Ă 
avoir des rapports sexuels avec lui. Elle m’a dit que si je n’étais pas venu Ă  temps elle ne sait pas
ce qui allait se passer dans cette chambre. VoilĂ  ce que j’ai vĂ©cu Ă  Rabat ».
L’on peut dĂ©duire de ces propos une situation de harcĂšlement sexuel doublĂ©e d’une tentative de viol.

« Un soir, il m’a fait venir dans sa chambre et il a fermĂ© la porte. Il a essayĂ© de m’embrasser en me disant que je lui plaisais beaucoup…En plein examen scolaire, il m’a Ă©cartĂ© de la liste dĂ©finitive au motif que j’étais indisciplinĂ©. »

C – NGA MANGA
« Mon Coach, l’entraineur national junior, ESSE Jean Francis Ledoux m’a toujours fait des
avances en me proposant d’avoir une relation intime avec lui. Lors du stage pour les jeux de la
jeunesse, il m’a fait appel dans sa chambre et a commencĂ© Ă  m’apprĂ©cier soit disant que j’étais
diffĂ©rente des autres. C’est pourquoi il souhaitait que je devienne sa petite amie. Il avait dĂ©jĂ  fait la
mĂȘme proposition Ă  Yvette.
Je savais dĂ©jĂ  que je n’allais pas participer Ă  cette compĂ©tition. A la troisiĂšme semaine du stage, il a
promis de me faire voyager Ă  la prochaine occasion si j’accĂ©dais Ă  sa demande. Au retour de la
compétition il a commencé à me harceler au téléphone avec messages et appels. Lors de la
prĂ©paration de la compĂ©tition suivante qui devait se tenir au Rwanda, il m’invitait rĂ©guliĂšrement
dans les snacks et bars aprùs les entrainements. Un soir, il m’a fait venir dans sa chambre et il a
fermĂ© la porte. Il a essayĂ© de m’embrasser en me disant que je lui plaisais beaucoup. J’ai parlĂ© de
cette situation Ă  Nkollo et Ă  Simo des athlĂštes avec qui nous Ă©tions en stage.
Trois jours aprÚs notre arrivée au Rwanda, il a continué son manÚge faisant croire à tout le
monde qu’il y avait une relation intime entre moi et lui. Il n’hĂ©sitait pas Ă  dire que j’étais sa
femme.
Au retour du Rwanda, il m’a fait savoir que c’était grĂące Ă  lui que j’avais voyagĂ©, que c’était grĂące Ă 
lui que j’avais obtenu la mĂ©daille d’or au Rwanda. Mais qu’en retour je n’accĂ©dais pas toujours Ă 
sa demande. Il a commencĂ© Ă  ĂȘtre distant. Pour la prĂ©paration du stage de la compĂ©tition qui
devait se tenir au Botswana sachant trĂšs bien que j’étais en plein examen scolaire, il m’a Ă©cartĂ© de
la liste dĂ©finitive au motif que j’étais indisciplinĂ©. C’était le dĂ©but des reprĂ©sailles, rĂ©sultante de
mon refus d’accĂ©der Ă  ses exigences ».

« Il m’invitait Ă  leur hĂŽtel. Je tiens Ă  prĂ©ciser qu’ils Ă©taient tous de connivence lui et les autres membres de l’équipe d’encadrement. Une fois il a fermĂ© la porte de sa chambre, a retirĂ© son pantalon et a commencĂ© Ă  se masturber devant moi »

D. – DONKAP Annick Michùle

« Depuis 2012, un encadreur, Mbopda Jean (maĂźtre ‘Kabila) m’a approchĂ© en me disant que
comme j’étais la seule fille originaire de l’Ouest Ă  l’équipe nationale de karatĂ©, il fallait qu’il me
parraine pour que tout se passe bien pour moi. Il m’a expressĂ©ment fait comprendre que si je
devenais sa petite amie je ne devais pas avoir de problĂšme Ă  l’équipe nationale. Et que si je
n’acceptais pas il suffisait d’un simple coup de fil pour que je sois Ă©cartĂ© de l’équipe. Je ne me
voyais pas avoir une relation de ce genre avec un homme plus ùgé que mes parents.
Au fil du temps, il revenait rĂ©guliĂšrement Ă  la charge. Il me donnait souvent de l’argent pour
m’amadouer. Plus j’étais rĂ©ticente, on m’écartait aussi progressivement des listes de l’équipe
nationale. Les sĂ©ances d’entrainements auxquelles je participais Ă©taient l’occasion de me crier
dessus, de me chosifier et de me faire comprendre que je ne valais pas grande chose. Chaque fois qu’il venait Ă  YaoundĂ©, Il m’invitait Ă  leur hĂŽtel Ă  cĂŽtĂ© de Fokou au quartier Ekounou. Je tiens Ă  prĂ©ciser qu’ils Ă©taient tous de connivence lui et les autres membres de l’équipe d’encadrement. Une fois il a fermĂ© la porte de sa chambre, a retirĂ© son pantalon et a commencĂ© Ă  se masturber devant moi en me suppliant de ne pas le laisser dans cet Ă©tat d’excitation. Il a Ă©jaculĂ©. Je lui ai fait comprendre que je ne me voyais pas entretenir de rapport sexuel avec lui que je considĂ©rais comme un pĂšre. Pour cela j’ai Ă©tĂ© Ă©cartĂ© dĂ©finitivement de l’équipe nationale. AprĂšs un arrĂȘt de la pratique du KaratĂ© de deux ans en raison d’une maternitĂ©, j’ai repris de l’activitĂ©. En 2018 quand il m’a revu il est revenu Ă  la charge en me rĂ©itĂ©rant les mĂȘmes propos que je lui plaisais et que si j’acceptais la relation qu’il me proposait j’allais trĂšs vite rĂ©intĂ©grer l’équipe nationale ».

« L’entraineur national Ngo SIMB Marie avait l’habitude des attouchements injustifiables :
toucher et caresser les fesses des athlĂštes. Elle palpait trĂšs souvent les seins des filles sans
explications. Une fois en 2011 au Kenya Ă  l’aĂ©roport elle m’a accompagnĂ© aux toilettes et a tenu Ă 
voir comment je me mettais Ă  l’aise. Elle m’a demandĂ© ce que je voulais cacher. Et que je
n’ignorais rien. Elle n’hĂ©sitais pas Ă  se dĂ©shabiller au milieu des athlĂštes ».

E. EDOUMA Victoire

« Germain Ambani Ă©tait mon maĂźtre. Il m’a invitĂ© un jour dans un motel, plus prĂ©cisĂ©ment Ă 
l’auberge le Marseillais de Pakita Ă  Mvog Ada et a essayĂ© de me violer. Me william l’entraineur du
Taekwendo est témoin. Le carnet délivré par le dispensaire de Mvog Ada montrait que mon
vagin avait Ă©tĂ© forcĂ©. J’avais entre 14 et 15 ans. Il a continuĂ© Ă  me faire des avances. Il me
demandait de ne pas porter de caleçon quand je venais aux entrainements. Il vérifiait
rĂ©guliĂšrement si je m’étais Ă©pilĂ© au niveau du sexe. On devait lui montrer nos soutiens gorges et
nos sous-vĂȘtements. Sous prĂ©texte d’arranger nos postures lors des entrainements, il appuyait
mes seins, caressait mes fesses. Je n’avais pas droit au vestiaire. Je devais me dĂ©shabiller devant
lui. Il a une autre fois essayĂ© de me violer dans le mĂȘme motel. Il a Ă©tĂ© surpris par mon grand
frĂšre que j’avais prĂ©venu. Mon grand frĂšre l’a surpris nu. Il a pris la fuite avec mon sac. Junior
mon frÚre est témoin de tous les harcÚlements que je subissais de la part de maßtre Ambani ».

« MaĂźtre Kabila, m’a invitĂ© une fois aprĂšs une compĂ©tition Ă  YaoundĂ© dans l’hĂŽtel oĂč il logeait
Ă  Ekounou Ă  23 heures en me faisant savoir que le mobil de l’invitation Ă©tait trĂšs sĂ©rieux. Il
justifiera cette invitation Ă  une heure aussi tardive de la nuit par le fait qu’ils avaient une rĂ©union
qui devait prendre du temps. J’y suis allĂ©e sans arriĂšres pensĂ©es. Je ne me doutais de rien parce qu’il ne m’avait jamais draguĂ©. Quand je suis entrĂ©e dans sa chambre, il Ă©tait nu couchĂ© sur son lit. Il s’est mis Ă  caresser son sexe devant moi. Il m’a fait comprendre qu’il m’aimait et voulait avoir des rapports sexuels avec moi. Je l’ai bien injuriĂ© avant de partir. Depuis ce jour il n’a pas arrĂȘtĂ© de me harceler au tĂ©lĂ©phone. A ce jour, j’ai eu Ă  changer de puce tĂ©lĂ©phonique trois fois Ă  cause de maĂźtre Kabila. Il ne s’est pas dĂ©couragĂ©. Une autre fois il Ă©tait en compagnie de maĂźtre Tchoffo Oscar. Ce dernier m’a intimĂ© de coopĂ©rer pour ne pas avoir de problĂšmes au niveau du karatĂ©. TrĂšs rĂ©cemment encore, aprĂšs une journĂ©e de compĂ©tition aux brasseries Ă  YaoundĂ©, maĂźtre Kabila m’a appelĂ© en me proposant de venir passer une semaine chez lui Ă  Douala en me faisant comprendre que sa famille, ses enfants n’étaient pas lĂ  ».

« Il y a aussi maßtre Bassilekin, un arbitre venant de Douala, qui à chaque compétition
m’amĂšne dans les bars, snacks et auberges en me proposant que nous allions dormir ».

« Il y a aussi maĂźtre Tieck Jean Jacques, un coach de Sanama. Lors de l’open de Mbalmayo, il a
tout mis en Ɠuvre pour « coucher » avec moi. A la fin de la compĂ©tition il m’a invitĂ© Ă  prolonger
mon sĂ©jour dans la ville. Pour me rassurer il m’a fait comprendre que nous allions passer la nuit
dans des chambres séparées. Il a payé une chambre pour moi. Quelque temps aprÚs il est revenu
dire que toutes les chambres du motel Ă©taient occupĂ©es et qu’il Ă©tait contraint de passer la nuit
dans la mĂȘme chambre que moi. Toute la nuit il a essayĂ© de m’obliger Ă  avoir des rapports
sexuels avec lui. Il a par la suite continuĂ© Ă  me harceler en m’invitant dans un certain motel au
quartier Nlong-kak ici à Yaoundé ».


Il ressort de l’ensemble de ces auditions rĂ©alisĂ©es les caractĂ©ristiques suivantes concernant les
auteurs de ces violences sexuelles : ils tiennent réguliÚrement envers leurs victimes des propos
humiliants à caractÚre sexuel, que ce soit en public ou de façon isolée. Ils promettent des
privilÚges ou récompenses en échange de faveurs sexuelles ou menacent les victimes de sanctions
et de représailles si elles daignent refuser leurs avances.
Ces pervers sexuels aiment regarder avec insistance leurs victimes lorsqu’elles sont aux toilettes,
sous la douche ou lorsqu’elles se dĂ©shabillent, que ce soit en salles ou aux vestiaires.
Ces agresseurs sexuels ne connaissent pas le sentiment de honte. Ils sont prĂȘts, Ă  tout moment, Ă 
exhiber leur nudité, se caresser ou se masturber devant leurs victimes. Ces bourreaux
développent des comportements qui repoussent progressivement les barriÚres du normal (gestes
de tendresse insistants, contacts physiques insistants
). Ils ont tendance à profiter de certaines
situations (sommeil, réconfort, encouragement, fatigue
) pour se lancer dans leur sport favori :
toucher ou caresser inopportunément leurs proies. Pour ces personnes sans vergogne, les
victimes sont des proies qu’ils peuvent s’échanger et qui devraient subir leurs baisers, leurs
caresses, leurs attouchements voire leurs tentatives de viol sans rechigne.

TĂ©moignages: AthlĂštes mis en cause reprĂ©sentĂ©s par l’association des ceintures noires du Cameroun »

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âŻïž Antoine DJOMO : « Les Ă©diteurs locaux produisent Ă  l’extĂ©rieur, c’est bĂ©nĂ©fique pour eux car ils ne paient pas les taxes, les imprimeurs locaux si »

Antoine DJOMO, Président du Syndicat National des Employeurs des Industries, Arts Polygraphiques et Activités Connexes

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Pour rĂ©Ă©couter en intĂ©gralitĂ© l’interview, cliquez sur le lien ci-dessous:

Ci-dessous quelques attitudes fortes recueillies lors de cette interview:

« La pĂ©nurie de manuels scolaire sera toujours lĂ  tant que les pouvoirs publics ne changent pas de paradigme. On exporte le livre Ă  l’extĂ©rieur et la pandĂ©mie de Coronavirus a accentuĂ© le dĂ©ficit. »

« Le premier ministre ne doit pas se limiter aux recommandations, il doit accompagner les imprimeurs locaux »

« Les prix de manuels scolaires sont abordables. Les manuels qui sont faits Ă  l’extĂ©rieur ne sont pas des papiers de qualitĂ© c’est pourquoi vous allez voir au bout de 3 ou 4 mois le manuel scolaire de l’enfant est abĂźmĂ©. »

« Les difficultĂ©s auxquelles nous sommes confrontĂ©es : les matiĂšres premiĂšres taxĂ©es, les conventions signĂ©es par l’État ne sont pas respectĂ©es, la main d’Ɠuvre locale n’est pas bien formĂ©e car le gouvernement et les Ă©diteurs sont exigeant sur la qualitĂ© du livre »

« AprĂšs la crise du Covid il y a beaucoup d’imprimeries qui ont fermĂ©. Il faut que l’État jette un coup d’Ɠil pour dĂ©velopper l’industrie locale. »

« Si on avait des commandes fermes on pouvait avoir les Ă©tudes de finitions qui pourront nous aider Ă  rivaliser avec les Ă©trangers. Avec ça on va relever l’industrie locale. »

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☕ Infos en 89 secondes du 16 Septembre 2021

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Santé : Une femme de 55 ans met au monde un enfant

Au Chracerh centre hospitalier des recherches et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine a enregistrĂ© deux nouvelles naissances hier mercredi. Parmi celles-ci, le bĂ©bĂ© de sexe fĂ©minin d’une femme de 55 ans. Celle ci a pu dĂ©couvrir les joies de la maternitĂ© grĂące Ă  la science, aprĂšs six essais non concluant.

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