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🔴 Dr Roger Etoa: « La puissance dévastatrice du Covid19 a diminué, mais des malchanceux peuvent l’avoir »

Dr Roger Etoa est médecin de santé publique au Cameroun.

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Pendant presque 08 mois, je me suis concentré dans la communication sur le Covid19. Des Janvier 2020, j’avais déjà certains signaux que nous étions en face de pire menace sanitaire de la décennie. La suite des événements nous l’a malheureusement confirmé.
Pendant ces 08 mois, j’ai fait avec mes modestes connaissances, mes informations actualisées et mes recherches actives de la communication autour de cette maladie. Nous avons utilisé tous canaux (réseaux sociaux, radio, télé, presse écrite, réunions officielles ou informelles pour aborder les sujets suivants:

  • Les signes d’alerte de la maladie
  • La situation épidémiologique à jour du Cameroun, de l’Afrique et du monde
  • Les théories scientifiques et même non scientifiques en cours sur cette maladie
  • L’état de la recherche et les pistes de traitement actualisées, controversées ou pas;
  • La situation à jour de la gestion de la pandémie au Cameroun et dans le monde;
    -Idées Et propositions pour les citoyens malades, personnels de santé, autorités sanitaires, administratives et politiques
  • Des rencontres avec les différents acteurs de la lutte
  • Des projets concrets pour soulager certains acteurs tels que les professionnels de la sante sur le terrain;

– Les lueurs d’espoir, ou de doutes sur l’avenir,

Je suis conscient que nous avons utilisé toutes les techniques pour vous garder en éveil (le matraquage informationnel, la peur, l’humour noir, etc..) ou alors susciter l’espérance quand le moment s’y prêtait. J’ai accepté avec amusement tous les qualificatifs que certains m’ont donné (Espion des blancs, agent secret de l’OMS, allié du gouvernement, agent commercial des firmes de vaccin, gourou de l’immuté collective, adepte de le secte du Pr Raoult, etc…😅😅😜). Ce sont des reactions comprehensibles face aux idées nouvelles ou differente. Et je n’en garde donc aucune acrimonie.

Aujourd’hui, nous sommes tous au même niveau d’information. Et chacun détient ses propres capacités d’analyse et de gestion de cette crise.

Le Coronavirus a infecté à date près de 25 millions de personnes dans le monde et fait près de 900 000 morts, dont 408 au Cameroun. Tous les pays du monde ont connu une première poussée au premier semestre de l’année avant une décroissance en début du deuxième semestre 2020. Bien qu’on parle un peu partout de notion de seconde vague, je pense qu’en ce qui concerne cette maladie, le mode « urgence » devrait être désactivé pour revenir à la gestion « ordinaire » (mais pas banale). Le Coronavirus ne disparaîtra pas complètement de si tôt. Même si le nombre de cas continue de chuter, il en restera une portion résiduelle que même les systèmes de santé les plus fragiles peuvent gérer.
Ceci est donc probablement mon dernier post sur cette maladie et je vais me consacrer à autre chose.

« Pendant la gestion de cette crise du COVID19 que personne ne connaissait, nous avons beaucoup appris, parfois avec vous au même moment ».

Je pense justement qu’il est grand temps de s’occuper des autres maladies et problèmes de santé oubliés ou meconnus : Le paludisme, le choléra, les accidents de la route, la mortalité maternelle et infantile, la situation alimentaire des paysans, etc…

Pendant la gestion de cette crise du COVID19 que personne ne connaissait, nous avons beaucoup appris, parfois avec vous au même moment. Nous nous sommes trompés parfois. Certaines de nos prévisions ont été justes, d’autres moins exactes. Nous avons aussi eu de nombreuses surprises tels que l’incroyable résilience de l’Afrique face à cette tornade épidémiologique que tous les experts, y compris moi, prédisaient au début. Je suis donc fier de l’Afrique et des africains.

Cette crise nous a également enseigné l’humilité. Les systèmes de santé les plus sophistiqués sont devenus subitement les plus vulnérables pendant que les plus fragiles affichaient fière allure. La recherche scientifique la plus avancée s’est retrouvée complètement désarmée et incapable d’offrir à l’humanité le traitement et le vaccin qu’elle attend impatiemment ; Les experts, chercheurs et scientifiques les plus aguerris sont restés muets ou tournées en bourrique devant des profanes (hommes politiques, religieux, tradipraticiens, chamanes, etc…) qui sont montés au créneau pour présenter au monde leur solution (traitement où vaccin) contre la maladie avec des résultats que l’histoire jugera.

Avec le COVID19, le monde a changé. La médecine doit aussi changer sans ébranler ses fondements scientifiques. Tout en conservant sa rigueur, elle doit perdre sa rugosité. La médecine devrait par ailleurs gagner en plasticité. Elle doit réintroduire une dose raisonnable de doute, de curiosité, de pensée différente, voire dissidente, l’expérimentation et la recherche-action. Elle doit se rappeler que c’est avec ces qualités que Pasteur a eu le courage de vacciner le jeune Joseph Meister, un garçon âgé de 08 ans qui venait d’être mordu par un chien enragé en 1885 et le sauva ainsi de la rage. Et pourtant ça faisait 08 ans que Pasteur avait mis au point son vaccin et ne l’avait essayé que sur les poules, les canards et les moutons atteint de « fièvre charbonneuse ». C’est également ainsi qu’Alexandre Flemming a découvert « par hasard » la pénicilline en 1925. En effet, le célèbre biologiste écossais, très désordonné dit-on, avait laissé un échantillon de bactérie sur la paillasse de son laboratoire et était parti en vacances. La moisissure s’était introduite par le fenêtre et détruit toutes les bactéries contenues sur l’échantillon posé sur La paillasse. Flemming en a deduit que cette moisissure (champignon) contenait une substance bactericide qu’il a appelé penicillium qui deviendra 10 ans plus tard la pénicilline qui a sauvé de nombreuses blessés pendant la seconde guerre mondiale.

Nous médecins et scientifiques africains devront nous en inspirer. Nous ne croyons pas en nous, en nos capacités, en notre pays et en notre continent. Malgré les scandales de fraudes et de corruption sur les résultats de recherches dans les grandes revues scientifiques du monde, nous continuons tous d’avoir tous les regards tournés la bas. Nous recitons les résultats du Lancet où du New England Medicine comme des versets sacrés.

« Le Coronavirus n’est pas fini. Ni dans le monde, ni au Cameroun ».

L’Afrique et encore moins le Cameroun ne détient aucun journal scientifique de référence. Après la décolonisation politique, il faut immédiatement engager la décolonisation scientifique. La solution ultime du Covid19 ne se fera probablement pas sur les sentiers battus. Il faudra penser différemment.

Le Coronavirus n’est pas fini. Ni dans le monde, ni au Cameroun. Sa puissance dévastatrice a diminué, mais des « malchanceux » peuvent toujours tomber dans les mailles de ses filets.
Tous les pays du monde y compris le Cameroun s’apprêtent à relancer les économies sinistrées depuis 08 mois tout en « attenuant » les effet et dégâts du virus. Des entreprises fermées doivent être rouvertes, les emplois doivent être sauvegardés, les ecoles et frontières doivent être rouvertes avec des mesures de précautionnisme sanitaire optimales.

Tout en essayant de retrouver son activité ordinaire ou en la changeant si c’est nécessaire, que personne ne baisse la garde.

Portons nos masques et portez-vous bien!

Dr Roger Etoa

Médecin de santé publique

etoaroger@happy-zilly.org

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🔵 Opinion-Louis Marie Kakdeu: « Néo Industry S.A ne peut pas tenir »

Louis Marie Kakdeu est universiataire, Dr PHD, chercheur et auteur renommé. il livre ici son analyse sur l’affaire qui oppose Néo industry SA basée à Kékem et une banque qui a entamé une procédure de recouvrement forcé.

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Neo Industry S.A: Un énième éléphant blanc au Cameroun?

Deux ans à peine après son ouverture en grande pompe, l’entreprise semble déjà avoir à faire face à une procédure de recouvrement forcé de la part de la banque SCB. Au-delà des raisons pouvant être liées au montage financier déficitaire, je voudrais discuter dans le cadre de ce post son modèle économique, c’est-à-dire la manière par laquelle l’entreprise entendait créer de la richesse ou tout au moins générer de l’argent/le profit.

Modèle économique très discutable

Neo Industry S.A. m’a rappelé dès le départ plusieurs éléphants blancs déjà enregistrés au Cameroun. On se rappelle la SOTRAMAS (Société de Transformation Industrielle du Manioc de Sangmélima), du nom d’une agro-industrie qui avait l’ambition de transformer 120 tonnes de manioc par jour, c’est-à-dire qu’il fallait arracher environ 25 hectares de manioc chaque jour pour faire fonctionner l’usine (les variétés traditionnelles donnent environ 5 tonnes à hectare). La SOTRAMAS est née en 2011 et est morte vers 2015 sans jamais fonctionner.

On se rappelle aussi la Société des produits agricoles du Cameroun (SPAC). Vous ne la connaissez pas? Il s’agit d’une agro-industrie ayant aussi bénéficié des fonds publics basée à Bafang et qui avait pour ambition de révolutionner l’offre en poulet prêt à consommer au Cameroun. L’ACDIC avait fait interdire l’importation massive des découpes de poulets congelés, ce qui offrait un marché évident à la production nationale. Parfait! La SPAC est née en 2010 et est morte immédiatement. Elle avait une capacité d’abattage de 2500 poulets à l’heure et l’ambition de livrer 15 millions de poulets par an sur le marché camerounais. Mon Dieu! On peut citer ainsi une dizaine d’entreprises très ambitieuses ayant été fermées au lendemain de leur ouverture. Une question identitaire? Non! Une simple question de modèle économique très discutable.

Règle N° 1: IL N’Y A PAS D’INDUSTRIE SANS MATIERE PREMIERE.

La SOTRAMAS devait prendre 120 tonnes de manioc où par jour? La SPAC devait prendre 2500 poulets où par heure? Pire, Bafang est un bassin de production des poulets de chair depuis quand? Il faut d’abord mettre l’industrie et former les producteurs après? C’est un modèle économique très discutable. Même la SODECOTON qui accompagne depuis longtemps les petits producteurs locaux ne s’en sort pas! Pourquoi? Parce que les petits producteurs ont des problèmes de survie et ne supportent pas la rigidité du circuit formel de distribution. D’ailleurs, certains hypothèquent même leurs productions avant la récolte! Ils hypothèquent à qui? Aux spéculateurs.

Règle N°2: L’INDUSTRIE NE S’ACCOMMODE PAS AVEC LA SPECULATION.

Vous ne pouvez pas construire une industrie en comptant sur le marché de la spéculation. Les spéculateurs ne vous vendront pas la matière première, préférant aller chercher un meilleur marché. Pour respecter la stabilité de prix, une usine ne peut pas se permettre d’acheter la matière première à n’importe quel prix. Il ne faut donc pas se lancer dans la transformation en croyant pouvoir absorber les produits agricoles que l’on retrouve sur le marché. Vous serez déçu par la spéculation.
Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les pouvoirs publics qui financent l’essentiel de ces projets n’en tirent pas définitivement les leçons. C’est donc un autre visage du problème de maturation des projets que les Experts déplorent depuis longtemps dans ce pays.

LA CHARRUE AVANT LES BOEUFS!

Néo Industry S.A. a une capacité de production est de 32 000 tonnes sans aucune garantie de matières premières. Pour ce niveau d’investissement, il faut avoir ses propres plantations de cacao. Or, l’investisseur a voulu se lancer dans la production dans la Vallée du Ntem après avoir construit l’usine: De la charrue avant les bœufs. A ce jour, il semble être coincé maintenant que le projet de la Vallée du Ntem a été suspendu. Jusqu’ici, l’usine n’a pu transformer qu’environ 4200 tonnes, soit environ 12% seulement du taux d’activité. A ce rythme, cette usine va fermer car pour être pleinement rentable, une usine de cette taille doit tourner en plein régime. C’est clair, Neo Industry ne peut pas tenir ses engagements financiers. C’est visiblement une usine à gaz!

ALERTE !
Beaucoup d’autres industries sont en cours de construction sous le même modèle économique. Il est temps de tirer les leçons de l’échec dans ce pays.

Louis Marie Kakdeu

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🔵 Opinion – Jean Michel Nintcheu: « CRISE ANGLOPHONE: Éviter un nouveau KUMBA »

L’épreuve que traverse le Cameroun actuellement et qui n’est que la conséquence de l’arrogance du régime de Yaoundé appelle à une interpellation forte qui est la cessation de l’ensauvagement de notre pays.

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Le drame innommable de KUMBA a pour principal responsable M. Biya. J’associe une fois de plus ma pensée et ma compassion émues à celles des autres compatriotes pour le repos éternel des âmes des victimes innocentes de cette barbarie inqualifiable. C’est M. Biya et personne d’autre qui a prêté le serment constitutionnel de garantir la sécurité des personnes et des biens. Les coupables des atrocités, il incombe à la justice de les désigner à condition que celle-ci soit véritablement impartiale et indépendante. Ces milliers de morts dans les deux régions du nord-ouest et du sud-ouest, on aurait pu les éviter. M. Biya choisi la pire des solutions à savoir la solution militaire pour résoudre une crise qui est pourtant éminemment politique. C’est son choix et il doit assumer toutes les conséquences qui en découlent. Il portera tous ces morts innocents dans sa conscience. Chercher un autre bouc-émissaire en termes de responsabilité participe de la politique de l’autruche. M. Biya a les solutions d’un retour à la paix mais refuse obstinément d’actionner les leviers nécessaires dont il dispose pourtant.

« Aucune disposition légale ne permet d’interpeller un citoyen et de le garder sans titre de détention ».

La situation du Cameroun ne fait que davantage s’enliser. L’exaspération est perceptible du fait des embastillements et des séquestrations totalement arbitraires qui sont devenus la règle de gouvernance politique. Les plus récents sont ceux survenus le 22 septembre dernier. Malgré les protestations enregistrées de par le monde, le régime policier de M. BIya est resté jusqu’ici campé sur sa position hitlérienne initiale.

Aucune disposition légale ne permet d’interpeller un citoyen et de le garder sans titre de détention. Encore moins sans motif légal de détention tel que cela se passe actuellement.

Sommes-nous définitivement dans un État de non-droit sans limite où on peut interpeller sans titre légal en violation flagrante du Code de procédure pénale en vigueur ? Sommes-nous dans un État d’ensauvagement où de simples citoyens peuvent être non seulement retenus contre leur gré mais en plus être traduits par la suite devant le tribunal militaire sans que la moindre preuve ait été apportée que ce citoyen a été détenteur d’une quelconque arme que ce soit? La Gestapo ne ferait pas autrement.

À l’heure où le Cameroun connaît une désolation profonde au point de susciter l’émoi de Sa Sainteté le Pape François, j’exige, en tant que Député de la Nation, la levée immédiate et sans condition de la séquestration du Professeur Maurice Kamto ainsi que la libération de tous ceux qui ont été arrêtés le 22 septembre dernier et subsidiairement, que les manifestants pacifiques embastillés depuis près d’un an soient également libérés.

Nous devons absolument passer à une autre phase dans notre vivre ensemble où tous les citoyens sont libres et égaux. Le Nord-ouest et le Sud-ouest nous parlent suffisamment pour que certains narguent en permanence les citoyens parce qu’ils sont temporairement détenteurs d’une parcelle de pouvoir. Ce comportement détestable de nos dirigeants doit cesser. De toute évidence, le tribunal de l’Histoire s’en chargera.

« Nos arrogants habituels gagneraient tout simplement à comprendre le message du Pape ».

Le Nord-ouest et le Sud-ouest nous parlent suffisamment, où nous vivons les conséquences atroces de l’autisme et de l’arrogance de ceux qui régentent ce pays depuis 38 ans.
Le Nord-ouest et le Sud-ouest nous parlent suffisamment au point où Sa Sainteté le Pape François vient d’intervenir solennellement pour appeler de vive voix tout le monde – notamment les protagonistes de cette crise – à la raison. Nos arrogants habituels gagneraient tout simplement à comprendre le message du Pape. Avant qu’il ne soit trop tard pour eux.

Libérez tous les leaders incarcérés dans le cadre de la crise anglophone. Et asseyons-nous cette fois-ci pour entamer un dialogue inclusif franc et sincère et non pour le spectacle de l’année dernière que d’aucuns ont qualifié d’improductif pour n’avoir pas jusqu’ici apporté la moindre étincelle de paix dans ces deux régions. Asseyons-nous au besoin sous l’égide de l’Union africaine qui servira de médiateur dans ce conflit. Pour qu’on en sorte pour éteindre les foyers de tension potentiels dans notre pays. Et éviter ainsi un nouveau KUMBA.

Jean Michel Nitcheu, SDF

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