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🔵 Tribune – Ludovic Lado: « Tout pouvoir lĂ©gitime vient de Dieu mais tout abus de pouvoir vient du diable »

« Recevez mes salutations citoyennes. Et si vous êtes chrétien, je vous souhaite une bonne fête de la Toussaint qui nous rappelle que nous sommes tous appelés à une vie intègre qui est le chemin de sainteté. Je vous écris justement au sujet de l’injustice qui ferme la porte du ciel à beaucoup de gens en position d’autorité. Je vous écris au sujet d’une moto que vous détenez abusivement depuis le 13 octobre, date à laquelle nos chemins se sont croisés à Edéa. »

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LETTRE OUVERTE AU PRÉFET ET AU COMMISSAIRE D’EDEA

Objet : Tout pouvoir légitime vient de Dieu mais tout abus de pouvoir vient du diable

Monsieur le préfet,
Monsieur le Commissaire,

Recevez mes salutations citoyennes. Et si vous êtes chrétien, je vous souhaite une bonne fête de la Toussaint qui nous rappelle que nous sommes tous appelés à une vie intègre qui est le chemin de sainteté. Je vous écris justement au sujet de l’injustice qui ferme la porte du ciel à beaucoup de gens en position d’autorité. Je vous écris au sujet d’une moto que vous détenez abusivement depuis le 13 octobre, date à laquelle nos chemins se sont croisés à Edéa.

Dans un verset biblique, le Christ affirme ceci: « Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant…et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. » (Mt 5, 40). Quand vous avez violé mes droits civiques et politiques le 13 octobre dernier en interrompant mon pèlerinage pour la paix dans le NOSO, c’était un abus de pouvoir. Mais ce n’était pas le seul ; vous vous êtes entendus pour retenir la moto du moto-taximan qui me servait de support logistique. Sur le conseil de certains de vos collaborateurs, nous sommes revenus à Edéa le lendemain, espérant rentrer avec la moto sur Douala où vous m’aviez reconduit manu militari. Mais, arrivé au commissariat où la moto est garée, un commissaire, proche collaborateur du commissaire principal, après nous avoir laissé poiroter toute la matinée dans la ville nous a dit de rentrer à Douala et d’attendre d’être appelé. Sa hiérarchie n’était pas encore prête à libérer la moto. Cela fait déjà 19 jours que l’on attend votre appel, alors que nous avions déposé un recours gracieux auprès des services du préfet en lui signifiant que cette moto était le gagne-pain d’un citoyen Camerounais.

Pendant l’interrogatoire à Edéa, faute de motif d’inculpation sérieux, vous aviez reproché à cet honnête citoyen d’avoir un permis de catégorie B au lieu d’un permis de catégorie A , alors que vous savez pertinemment que la tolérance administrative a fait que à peine 5% des milliers de moto-taximen du Cameroun n’ont aucun permis. Soit ! Sur un plan strictement légal, il est en infraction. Mais si je ne me trompe pas, le défaut de permis de conduire est une infraction punie par une amende forfaitaire de 25 000 francs CFA et non par la confiscation du véhicule. Il s’agit d’une contravention de 4ème classe : l’amende aurait été réglée et le propriétaire aurait récupéré sa moto dès le 13 octobre 2020.

Mais l’aspect légal n’a jamais été évoqué. D’ailleurs le commissaire qui m’a auditionné le 13 octobre nous avait dit au sujet de la moto : « Comme ça, ça vous apprendra à ne pas commencer des choses qui vont vous dépasser. » Vous n’avez jamais signifié au propriétaire ce qu’il devait faire pour rentrer en possession de sa moto. « Rentrez, on a vos numéros, et on va vous appeler. » n’est pas un article d’un code civil ou pénal au Cameroun. Quand vous rentrez chez vous le soir et que vous embrassez votre femme et vos enfants, vous pensez que ce citoyen et sa famille vivent de quoi ? Tout pouvoir légitime vient de Dieu, comme le disent les Saintes Écritures, mais tout abus de pouvoir vient du diable. Aujourd’hui, j’arrive à la conclusion que vos agissements relève de la pure méchanceté humaine, indigne des autorités de votre rang. Incapables de me punir, vous vous acharnez contre un pauvre citoyen dont le seul péché est d’avoir fait route avec moi.

Mais, encore une fois, « je vous dis de ne pas rĂ©sister au mĂ©chant…et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. » (Mt 5, 39-40). Nous ne vous rĂ©sisterons pas. Notre concitoyen aura une nouvelle moto grâce Ă  la solidaritĂ© humaine. Quant Ă  celle que vous avez purement et simplement confisquĂ©e le 13 octobre dans le but de faire souffrir un ĂŞtre humain, dĂ©cision a Ă©tĂ© prise de vous en faire cadeau. Contemplez la chaque jour en arrivant au commissariat et qu’elle vous rappelle les nombreux Camerounais victimes des injustices et des abus de pouvoir dans notre pays. Plaise Ă  Dieu que cette moto ne vous porte pas malheur, car vous aurez des comptes Ă  rendre «L’Éternel, l’Éternel, Dieu misĂ©ricordieux et compatissant, lent Ă  la colère, riche en bontĂ© et en fidĂ©litĂ©, qui conserve son amour jusqu’Ă  mille gĂ©nĂ©rations, qui pardonne l’iniquitĂ©, la rĂ©bellion et le pĂ©chĂ©, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquitĂ© des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’Ă  la troisième et Ă  la quatrième gĂ©nĂ©ration! » (Ex 34, 6-7). Et si vous dĂ©cidez un jour de vendre cette moto ou d’en faire cadeau Ă  quelqu’un, prière de cibler un pauvre. Dieu pourra s’en souvenir au dernier jour pour vous faire misĂ©ricorde et vous ouvrir la porte du Ciel pour jouir de la compagnie tous les saints.

Patriotiquement vĂ´tre,

Père Ludovic Lado, Jésuite !

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🔵 Opinion-Louis Marie Kakdeu: « Néo Industry S.A ne peut pas tenir »

Louis Marie Kakdeu est universiataire, Dr PHD, chercheur et auteur renommĂ©. il livre ici son analyse sur l’affaire qui oppose NĂ©o industry SA basĂ©e Ă  KĂ©kem et une banque qui a entamĂ© une procĂ©dure de recouvrement forcĂ©.

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Neo Industry S.A: Un énième éléphant blanc au Cameroun?

Deux ans Ă  peine après son ouverture en grande pompe, l’entreprise semble dĂ©jĂ  avoir Ă  faire face Ă  une procĂ©dure de recouvrement forcĂ© de la part de la banque SCB. Au-delĂ  des raisons pouvant ĂŞtre liĂ©es au montage financier dĂ©ficitaire, je voudrais discuter dans le cadre de ce post son modèle Ă©conomique, c’est-Ă -dire la manière par laquelle l’entreprise entendait crĂ©er de la richesse ou tout au moins gĂ©nĂ©rer de l’argent/le profit.

Modèle économique très discutable

Neo Industry S.A. m’a rappelĂ© dès le dĂ©part plusieurs Ă©lĂ©phants blancs dĂ©jĂ  enregistrĂ©s au Cameroun. On se rappelle la SOTRAMAS (SociĂ©tĂ© de Transformation Industrielle du Manioc de SangmĂ©lima), du nom d’une agro-industrie qui avait l’ambition de transformer 120 tonnes de manioc par jour, c’est-Ă -dire qu’il fallait arracher environ 25 hectares de manioc chaque jour pour faire fonctionner l’usine (les variĂ©tĂ©s traditionnelles donnent environ 5 tonnes Ă  hectare). La SOTRAMAS est nĂ©e en 2011 et est morte vers 2015 sans jamais fonctionner.

On se rappelle aussi la SociĂ©tĂ© des produits agricoles du Cameroun (SPAC). Vous ne la connaissez pas? Il s’agit d’une agro-industrie ayant aussi bĂ©nĂ©ficiĂ© des fonds publics basĂ©e Ă  Bafang et qui avait pour ambition de rĂ©volutionner l’offre en poulet prĂŞt Ă  consommer au Cameroun. L’ACDIC avait fait interdire l’importation massive des dĂ©coupes de poulets congelĂ©s, ce qui offrait un marchĂ© Ă©vident Ă  la production nationale. Parfait! La SPAC est nĂ©e en 2010 et est morte immĂ©diatement. Elle avait une capacitĂ© d’abattage de 2500 poulets Ă  l’heure et l’ambition de livrer 15 millions de poulets par an sur le marchĂ© camerounais. Mon Dieu! On peut citer ainsi une dizaine d’entreprises très ambitieuses ayant Ă©tĂ© fermĂ©es au lendemain de leur ouverture. Une question identitaire? Non! Une simple question de modèle Ă©conomique très discutable.

Règle N° 1: IL N’Y A PAS D’INDUSTRIE SANS MATIERE PREMIERE.

La SOTRAMAS devait prendre 120 tonnes de manioc oĂą par jour? La SPAC devait prendre 2500 poulets oĂą par heure? Pire, Bafang est un bassin de production des poulets de chair depuis quand? Il faut d’abord mettre l’industrie et former les producteurs après? C’est un modèle Ă©conomique très discutable. MĂŞme la SODECOTON qui accompagne depuis longtemps les petits producteurs locaux ne s’en sort pas! Pourquoi? Parce que les petits producteurs ont des problèmes de survie et ne supportent pas la rigiditĂ© du circuit formel de distribution. D’ailleurs, certains hypothèquent mĂŞme leurs productions avant la rĂ©colte! Ils hypothèquent Ă  qui? Aux spĂ©culateurs.

Règle N°2: L’INDUSTRIE NE S’ACCOMMODE PAS AVEC LA SPECULATION.

Vous ne pouvez pas construire une industrie en comptant sur le marchĂ© de la spĂ©culation. Les spĂ©culateurs ne vous vendront pas la matière première, prĂ©fĂ©rant aller chercher un meilleur marchĂ©. Pour respecter la stabilitĂ© de prix, une usine ne peut pas se permettre d’acheter la matière première Ă  n’importe quel prix. Il ne faut donc pas se lancer dans la transformation en croyant pouvoir absorber les produits agricoles que l’on retrouve sur le marchĂ©. Vous serez déçu par la spĂ©culation.
Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les pouvoirs publics qui financent l’essentiel de ces projets n’en tirent pas dĂ©finitivement les leçons. C’est donc un autre visage du problème de maturation des projets que les Experts dĂ©plorent depuis longtemps dans ce pays.

LA CHARRUE AVANT LES BOEUFS!

NĂ©o Industry S.A. a une capacitĂ© de production est de 32 000 tonnes sans aucune garantie de matières premières. Pour ce niveau d’investissement, il faut avoir ses propres plantations de cacao. Or, l’investisseur a voulu se lancer dans la production dans la VallĂ©e du Ntem après avoir construit l’usine: De la charrue avant les bĹ“ufs. A ce jour, il semble ĂŞtre coincĂ© maintenant que le projet de la VallĂ©e du Ntem a Ă©tĂ© suspendu. Jusqu’ici, l’usine n’a pu transformer qu’environ 4200 tonnes, soit environ 12% seulement du taux d’activitĂ©. A ce rythme, cette usine va fermer car pour ĂŞtre pleinement rentable, une usine de cette taille doit tourner en plein rĂ©gime. C’est clair, Neo Industry ne peut pas tenir ses engagements financiers. C’est visiblement une usine Ă  gaz!

ALERTE !
Beaucoup d’autres industries sont en cours de construction sous le même modèle économique. Il est temps de tirer les leçons de l’échec dans ce pays.

Louis Marie Kakdeu

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🔵 Opinion – Jean Michel Nintcheu: « CRISE ANGLOPHONE: Éviter un nouveau KUMBA »

L’Ă©preuve que traverse le Cameroun actuellement et qui n’est que la consĂ©quence de l’arrogance du rĂ©gime de YaoundĂ© appelle Ă  une interpellation forte qui est la cessation de l’ensauvagement de notre pays.

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Le drame innommable de KUMBA a pour principal responsable M. Biya. J’associe une fois de plus ma pensĂ©e et ma compassion Ă©mues Ă  celles des autres compatriotes pour le repos Ă©ternel des âmes des victimes innocentes de cette barbarie inqualifiable. C’est M. Biya et personne d’autre qui a prĂŞtĂ© le serment constitutionnel de garantir la sĂ©curitĂ© des personnes et des biens. Les coupables des atrocitĂ©s, il incombe Ă  la justice de les dĂ©signer Ă  condition que celle-ci soit vĂ©ritablement impartiale et indĂ©pendante. Ces milliers de morts dans les deux rĂ©gions du nord-ouest et du sud-ouest, on aurait pu les Ă©viter. M. Biya choisi la pire des solutions Ă  savoir la solution militaire pour rĂ©soudre une crise qui est pourtant Ă©minemment politique. C’est son choix et il doit assumer toutes les consĂ©quences qui en dĂ©coulent. Il portera tous ces morts innocents dans sa conscience. Chercher un autre bouc-Ă©missaire en termes de responsabilitĂ© participe de la politique de l’autruche. M. Biya a les solutions d’un retour Ă  la paix mais refuse obstinĂ©ment d’actionner les leviers nĂ©cessaires dont il dispose pourtant.

« Aucune disposition lĂ©gale ne permet d’interpeller un citoyen et de le garder sans titre de dĂ©tention ».

La situation du Cameroun ne fait que davantage s’enliser. L’exaspĂ©ration est perceptible du fait des embastillements et des sĂ©questrations totalement arbitraires qui sont devenus la règle de gouvernance politique. Les plus rĂ©cents sont ceux survenus le 22 septembre dernier. MalgrĂ© les protestations enregistrĂ©es de par le monde, le rĂ©gime policier de M. BIya est restĂ© jusqu’ici campĂ© sur sa position hitlĂ©rienne initiale.

Aucune disposition lĂ©gale ne permet d’interpeller un citoyen et de le garder sans titre de dĂ©tention. Encore moins sans motif lĂ©gal de dĂ©tention tel que cela se passe actuellement.

Sommes-nous dĂ©finitivement dans un État de non-droit sans limite oĂą on peut interpeller sans titre lĂ©gal en violation flagrante du Code de procĂ©dure pĂ©nale en vigueur ? Sommes-nous dans un État d’ensauvagement oĂą de simples citoyens peuvent ĂŞtre non seulement retenus contre leur grĂ© mais en plus ĂŞtre traduits par la suite devant le tribunal militaire sans que la moindre preuve ait Ă©tĂ© apportĂ©e que ce citoyen a Ă©tĂ© dĂ©tenteur d’une quelconque arme que ce soit? La Gestapo ne ferait pas autrement.

Ă€ l’heure oĂą le Cameroun connaĂ®t une dĂ©solation profonde au point de susciter l’Ă©moi de Sa SaintetĂ© le Pape François, j’exige, en tant que DĂ©putĂ© de la Nation, la levĂ©e immĂ©diate et sans condition de la sĂ©questration du Professeur Maurice Kamto ainsi que la libĂ©ration de tous ceux qui ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s le 22 septembre dernier et subsidiairement, que les manifestants pacifiques embastillĂ©s depuis près d’un an soient Ă©galement libĂ©rĂ©s.

Nous devons absolument passer Ă  une autre phase dans notre vivre ensemble oĂą tous les citoyens sont libres et Ă©gaux. Le Nord-ouest et le Sud-ouest nous parlent suffisamment pour que certains narguent en permanence les citoyens parce qu’ils sont temporairement dĂ©tenteurs d’une parcelle de pouvoir. Ce comportement dĂ©testable de nos dirigeants doit cesser. De toute Ă©vidence, le tribunal de l’Histoire s’en chargera.

« Nos arrogants habituels gagneraient tout simplement à comprendre le message du Pape ».

Le Nord-ouest et le Sud-ouest nous parlent suffisamment, oĂą nous vivons les consĂ©quences atroces de l’autisme et de l’arrogance de ceux qui rĂ©gentent ce pays depuis 38 ans.
Le Nord-ouest et le Sud-ouest nous parlent suffisamment au point oĂą Sa SaintetĂ© le Pape François vient d’intervenir solennellement pour appeler de vive voix tout le monde – notamment les protagonistes de cette crise – Ă  la raison. Nos arrogants habituels gagneraient tout simplement Ă  comprendre le message du Pape. Avant qu’il ne soit trop tard pour eux.

LibĂ©rez tous les leaders incarcĂ©rĂ©s dans le cadre de la crise anglophone. Et asseyons-nous cette fois-ci pour entamer un dialogue inclusif franc et sincère et non pour le spectacle de l’annĂ©e dernière que d’aucuns ont qualifiĂ© d’improductif pour n’avoir pas jusqu’ici apportĂ© la moindre Ă©tincelle de paix dans ces deux rĂ©gions. Asseyons-nous au besoin sous l’Ă©gide de l’Union africaine qui servira de mĂ©diateur dans ce conflit. Pour qu’on en sorte pour Ă©teindre les foyers de tension potentiels dans notre pays. Et Ă©viter ainsi un nouveau KUMBA.

Jean Michel Nitcheu, SDF

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