Nos réseaux sociaux

BLOG

🔵 Dr Richard Makon: « A l’Ă©cole, j’Ă©tais nul, mĂ©diocre, un Ă©lĂ©ment perturbateur, un enfant nuisible »

Voici l’histoire ahurissante des anciens bulletins de notes de Richard Makon livrĂ©s Ă  ses Ă©tudiants. Richard Makon est Docteur / PhD en Droit International, Expert/Consultant en Droit des investissements et Leadership.

Publié

Le

Le commun des mortels croit dur comme fer que lorsqu’on est Docteur, a fortiori enseignant d’universitĂ©, cela signifie qu’on est intelligent, et surtout que notre titre de Docteur dans une discipline donnĂ©e sanctionne un parcours brillant.

« Nombreux d’entre les titulaires de doctorat, et moi le premier, sont de grands « forceurs »

C’est une grave mĂ©prise, car en rĂ©alitĂ© devenir Docteur est moins une question d’intelligence que de rĂ©sistance et de persĂ©vĂ©rance. Nombreux d’entre-nous, et votre humble serviteur le premier, sont de grands « forceurs » (des forçats mĂŞme peut-ĂŞtre), que la grâce de Dieu et une faible dĂ©termination ont sauvĂ© des voies de la perdition.

Très peu sont des Docteurs et universitaires qui ont eu un parcours brillant (il y en a Ă©videmment, j’en connais quelques rares), il n’y a qu’Ă  voir l’Ă©tat de nos productions, de nos activitĂ©s, de nos institutions, de nos pays et du monde pour s’en convaincre ! Notre pays et le monde se portent mal en grande partie Ă  cause de nous. Et je prends humblement et en responsabilitĂ© toute ma part dans ce dĂ©sastre.

Mes étudiants, eux aussi, le pensaient. Il faut dire que beaucoup de mes collègues ne les ont pas vraiment aidé dans ce sens.

Mais mal leur en a pris, les pauvres. Il y a quelques semaines j’ai prĂ©sentĂ© quelques uns de mes bulletins de notes Ă  mes Ă©tudiants de Master. Des bulletins de 1ère et Terminale, et des relevĂ©s de notes de 1ère annĂ©e jusqu’Ă  l’annĂ©e de DEA. J’ai failli causer un sĂ©isme.

Voici quelques uns des constats les plus saillants qu’ils ont fait après un examen minutieux du « prĂ©cieux sĂ©same » :

1- J’ai redoublĂ© Ă  trois (03) reprises (ce qui reste du moins une statistique honorable),

2- Je n’ai jamais eu « le malheur » d’ĂŞtre 1er de ma classe (ce qui est un exploit que beaucoup m’envient),

3- J’ai Ă©tĂ© le champion incontestĂ© des 10 et 11 de moyenne (toujours combattu par mes camarades mais jamais abattu ni dĂ©trĂ´nĂ©),

4- J’ai battu tous les records des heures d’absence, de corvĂ©es, et emportĂ© de haute lutte le prix du plus grand nombre de mise Ă  pied en un trimestre en classe de 1ère (je suis certain de n’avoir pas Ă©tĂ© dĂ©trĂ´nĂ© jusqu’Ă  ce jour),

5- J’ai bĂ©nĂ©ficiĂ© du rare privilège d’ĂŞtre le rat de laboratoire de toutes les expĂ©rimentations des commentaires d’enseignants sur un bulletin : « nul, mĂ©diocre, affligeant, dĂ©sespĂ©rant, Ă©lĂ©ment perturbateur, enfant nuisible, Ă©lève Ă  exclure dĂ©finitivement, individu dangereux et hostile Ă  l’autorité », etc. (et j’ai gardĂ© les plus trash),

6- Je suis subitement et bizarrement devenu « intelligent » à partir du DEA (je trompe mon monde).

« il n’y a pas d’enfant irrĂ©cupĂ©rable dans une famille ou une sociĂ©tĂ©, juste de pauvres diables mal orientĂ©s, mal encadrĂ©s ou sans motivation particulière »

Ă€ la fin de cet exercice, j’ai expliquĂ© Ă  cette belle jeunesse « choquĂ©e » par ces rĂ©vĂ©lations que rien n’est figĂ© dans la vie d’un ĂŞtre humain, et que tout peut arriver, tout peut changer, Ă  tout moment, il suffit juste d’y croire :

  • d’abord parce que si l’on croit en Dieu et en soi, et si l’on travaille dur, on peut devenir Ă  tout moment une meilleure version de soi-mĂŞme,
  • ensuite parce qu’il n’y a pas d’enfant irrĂ©cupĂ©rable dans une famille ou une sociĂ©tĂ©, juste de pauvres diables mal orientĂ©s, mal encadrĂ©s ou sans motivation particulière,
  • enfin parce que l’Ă©chec est le sillon sur lequel bourgeonne le succès, et les Ă©checs bien compris d’aujourd’hui nous prĂ©parent aux grandes rĂ©ussites de demain!

C’est assurĂ©ment la meilleure introduction de cours qu’il m’ait Ă©tĂ© donnĂ© de faire depuis que j’ai cette grâce d’enseigner.

J’ai Ă©tĂ© le 1er enseignant qui n’Ă©tait pas 1er de toutes ses classes. J’ai Ă©tĂ© le tout 1er enseignant, pour ces jeunes, Ă  se fĂ©liciter de ses nombreux Ă©checs, et Ă  leur montrer qu’avec de la volontĂ©, de la foi, du travail, du courage, de la persĂ©vĂ©rance, l’aventure humaine est le champ de tous les possibles.

Richard Makon, PhD

Lire la suite
Advertisement
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

BLOG

🔵 Opinion-Louis Marie Kakdeu: « La retraite à 60 ans va endetter le Cameroun sur des générations »

Louis-Marie Kakdeu est universitaire, PhD & MPA

Publié

Le

Par

Cameroun: Comment va-t-on financer la retraite Ă  60 ans?

L’on n’a pas l’habitude de se poser les vraies questions dans ce pays : qui va financer ? C’est l’Etat. Et l’Etat là, c’est qui ?

Les faits :

Le Chef de l’Etat et le Premier ministre camerounais ont pris ce 30 décembre 2020 des décrets portant harmonisation de l’âge de la retraite à 60 ans pour les fonctionnaires et agents de l’Etat. Cette mesure qui peut paraître belle en apparence semble bien être un gouffre financier. En effet, cette mesure politique est déconnectée des réalités et capacités économiques du pays en ce moment.

Entre 2018 et 2020, le Cameroun a perdu environ 500 milliards de FCFA dans son budget national (de 5000 Ă  4500 milliards) et c’est le moment que choisissent les autoritĂ©s politiques pour augmenter les charges de l’Etat. C’est très discutable puisqu’il faut penser en ce moment rĂ©duction des charges pour atteindre l’équilibre budgĂ©taire. Aussi, sur le plan du modèle social, cette mesure est plus que discutable puisqu’elle arrive dans un environnement jacobin oĂą l’on pense que la retraite est une punition. Un autre modèle serait d’encourager les fonctionnaires Ă  partir en retraite et Ă  se faire une deuxième vie dans la libre entreprise. En effet, on ne peut pas vouloir maintenir des citoyens dans la prĂ©caritĂ© totale et l’obligation de corruption pour survivre (fonction publique) alors que l’argent et la dignitĂ© existent dans l’entrepreneuriat privĂ©. Anyway ! Prenons la calculatrice !

Question Ă©conomique :

Ma prĂ©occupation aujourd’hui est Ă©conomique. Ma question est de savoir oĂą l’Etat surchargĂ© et surendettĂ© va prendre l’argent pour financer cette charge supplĂ©mentaire. Il existe uniquement 5 pistes :

(1) En 2021 (loi des finances), l’Etat envisage de compter sur la croissance Ă©conomique. Or avec la Covid-19, le taux de croissance a Ă©tĂ© nĂ©gatif dans l’essentiel des pays du monde mĂŞme si le Cameroun dĂ©clare 1,1% en 2020. A noter que mĂŞme le montant de 4500 milliards de budget en 2021 n’est pas acquis dans la mesure oĂą il est basĂ© sur une hypothĂ©tique croissance de 3% (si les ravages des chocs extĂ©rieurs comme celui de la Covid-19 s’arrĂŞtent comme par miracle).

(2) Une autre piste est l’amĂ©lioration de la gouvernance sauf que dans la loi des finances 2021, ils ont reconduit des lignes superflues que nous avions dĂ©noncĂ©es en 2020 dans notre rapport sur le budget notamment celle qui permet de faire des sĂ©minaires et autres ateliers Ă  Kribi pour plus de 516 milliards de FCFA. En clair, au regard de la loi des finances 2021, le train de vie de l’Etat ne baissera pas et l’on n’a pris aucune mesure spĂ©ciale pour lutter contre la corruption ou pour profiter du tĂ©lĂ©travail.

(3) Une troisième piste est l’exploitation de nouveaux gisements de mines et autres ressources naturelles sauf que le budget 2021 ne prĂ©voit aucune entrĂ©e spĂ©ciale issue des mines.

(4) Aussi, il y a la piste de l’augmentation des impĂ´ts dans un contexte oĂą les recettes douanières vont continuer Ă  baisser. En clair, il faudra augmenter les impĂ´ts pour payer le salaire des fonctionnaires et agents de l’Etat qui seront appelĂ©s Ă  travailler 5 ans de plus. En d’autres termes, dans un contexte oĂą 90% des activitĂ©s Ă©conomiques sont dans l’informel et Ă©chappent aux impĂ´ts, l’Etat devra augmenter la pression fiscale sur le peu d’entrepreneurs qui acceptent de dĂ©clarer leurs activitĂ©s (moins de 10%). En l’Ă©tat, la pression fiscale est dĂ©jĂ  de 57% selon le Gicam et le Cameroun est classĂ© sur cet indicateur 181ème pays sur les 190 Ă©valuĂ©s par le Doing Business. C’est-Ă -dire que le Cameroun fait partie des 10 derniers pays du monde Ă  ĂŞtre fiscalement attractifs. Cela signifie en français facile que le pays peine Ă  attirer des Investissements directs Ă©trangers (IDE) ou mieux des capitaux nĂ©cessaires pour ses investissements. C’est donc une mauvaise idĂ©e que d’augmenter les impĂ´ts dans la mesure oĂą de nos jours, mĂŞme ceux qui fonctionnaient dans le formel cherchent dĂ©jĂ  Ă  migrer aussi vers l’informel. Selon Ecam, la durĂ©e de vie des nouvelles entreprises camerounaises est de deux ans. Elles meurent ? Non ! Elles sombrent dans l’informel qui leur voue une concurrence dĂ©loyale.

(5) Enfin, il n’existe plus que la piste de l’endettement si le pays ne veut pas augmenter les impĂ´ts. En clair, il faut briser le principe de l’Ă©quilibre budgĂ©taire et du « frein Ă  l’endettement ». Le pays opterait donc dans ce cas d’endetter les gĂ©nĂ©rations futures pour financer le bien-ĂŞtre des fonctionnaires actuels, ce qui est incomprĂ©hensible et injuste dans la mesure oĂą l’on fait payer des innocents qui n’ont pas demandĂ© Ă  naĂ®tre des parents qui veulent vivre au-dessus de leurs moyens.
En clair, je voudrais dire dans ce post qu’une mesure politique pertinente est bien celle qui s’accompagne par un plan de financement viable. En l’état, c’est un mode de pilotage Ă  vue Ă©conomiquement non viable.


Recommandation :


Nous devrons encourager l’Etat à poursuivre sa marche vers les PPP et donc, vers l’externalisation des tâches non essentielles. L’Etat n’a les moyens ni pour assurer une formation adéquate des travailleurs ni pour employer et encore moins assurer leur retraite décente. Seule la piste de l’entrepreneuriat privé est viable. Par exemple, mes collègues universitaires ne sauraient se contenter par mois de quelques centaines de mille qu’un simple consultant facture en une ou deux journées travail. L’on ne peut pas encourager par exemple les professeurs d’université à demeurer fonctionnaires et à vivre de l’indignité financière dans un contexte où leurs expertises valent de l’or dans le privé. On nous dit que les consultants coûtent chers à l’Etat. Non ! Ce n’est pas l’Etat qui paie. Mieux, ces postes de consultants existent actuellement et sont occupés par des étrangers ou nos anciens étudiants de licences ou masters qui s’engraissent considérablement sous nos yeux pendant que nous jouons aux « Grands profs » à l’université dans rien !
C’est donc contre un modèle de société que je suis !
Bonne et heureuse année 2021


LMK

Lire la suite

BLOG

🔵 Opinion-Edouard BokagnĂ©: « La cardinal Tumi joue Ă  l’apprenti-sorcier

Edouard Bokagné est enseignant et libre penseur.

Publié

Le

Par

APPRENTIS SORCIERS

J’ai lu sur Facebook – j’avoue, ne pas pouvoir rĂ©pondre de son authenticitĂ© – une capture d’Ă©cran provenant d’un livre attribuĂ© au Cardinal Christian Tumi, des propos d’une gravitĂ© qui m’a fait frĂ©mir. Il invitait en substance l’armĂ©e Ă  se saisir du pouvoir pour un bref temps, organiser des Ă©lections et regagner ses casernes.

Si ces propos sont de l’homme, alors convenons-en : ils sont sĂ©ditieux. Cette solution extrĂŞme et antidĂ©mocratique, dĂ©jĂ , (il est bon de le relever), aucun des leaders politiques ; pas mĂŞme le plus engagĂ© d’entre-eux, ne l’embrasse. C’est donc une thèse personnelle qui s’assume comme telle.

« l’armĂ©e, quand elle a saisi le pouvoir, ne l’a remis après un terme aussi bref et aussi empreint d’altruisme ».

Sa praticabilitĂ© maintenant, telle qu’elle s’est vĂ©cue en Afrique: Rarement – sinon jamais – l’armĂ©e, quand elle a saisi le pouvoir, ne l’a remis après un terme aussi bref et aussi empreint d’altruisme. Elle s’est installĂ©e. Le dernier exemple en date a Ă©tĂ© quelque part en Afrique de l’Ouest. Ce sont les masses – et pas un individu quelconque – qui l’ont invitĂ©e. Je crois que lĂ -bas, ils ne se retrouvent plus dans leurs comptes. Le Peuple souverain, pourtant, peut se dĂ©faire d’un rĂ©gime dont il ne veut plus. Ă€ condition qu’il soit encadrĂ© par des leaders mĂ©ticuleux, systĂ©matiques et bien organisĂ©s. Non pas de narcissiques prĂ©tentieux. Des rĂ©gimes autocratiques ont Ă©tĂ© balayĂ©s par les urnes. Pour cela, l’opposition s’est donnĂ© le mal de s’organiser et non celui d’injurier.

Si le rĂ©gime est – comme elle le dit – une affreuse dictature, le Peuple s’en est dĂ©jĂ  aperçu. Il n’aurait alors, lui le Peuple, que l’embarras de suivre un canevas que lui aurait tracĂ© ses chefs. OĂą sont-ils, ces chefs ? Leur guerre les uns contre les autres par fidèles interposĂ©s est encore plus fĂ©roce que contre le rĂ©gime. Mais l’armĂ©e qu’on invite si imprudemment, qu’est-elle ? L’Ă©manation de ce peuple. Elle ne serait pas une branche Ă  la pensĂ©e unique ; mais des citoyens de toutes ethnies unis par le serment de fidĂ©litĂ© aux institutions. Elle tenta, en 1984, de se saisir du pouvoir. Cela n’a pas rendu justice aux communautĂ©s d’oĂą provenaient les pustchistes. Cela a-t-il augmentĂ© la cohĂ©sion nationale ?

Edouard Bokagné

Le Cardinal joue lĂ  Ă  l’apprenti-sorcier. Tumi n’est pas un leader politique. C’est un religieux exaspĂ©rĂ© par le drame qui se vit dans sa rĂ©gion natale. Et un vieillard nonagĂ©naire qui règle ses comptes. De quelle manière !? Avec quelle leçon !? TirĂ© de quel Ă©vangile ? Quand on Ă©coute ce gâtisme, on finit par croire que le temps influe sur les capacitĂ©s cĂ©rĂ©brales…Mais on le lui pardonnera. C’est un vieil homme et ses Ă©tats de service sont honorables…

Edouard Bokagné

Lire la suite

LES PLUS POPULAIRES