Nos réseaux sociaux

BLOG

đŸ”” Opinion – Pr. Viviane Ondoua: « M. le PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, voici les femmes dont le cv pourrait vous embarrasser ! »

Il se susurre que le PrĂ©sident de la RĂ©publique prĂ©pare un remaniement ministĂ©riel. Vrai ou faux, peu importe ! Les rumeurs de l’avĂšnement d’un nouveau gouvernement ont toujours attisĂ© des passions. Souvent considĂ©rĂ©es comme subjectives et Ă©motives, les passions peuvent ĂȘtre mauvaises conseillĂšres. Le prĂ©sent texte est Ă  l’opposĂ© de cette Ă©motivitĂ©. Son objectif est d’apporter des Ă©lĂ©ments objectifs qui contredisent l’image volontairement entretenue de l’absence des femmes capables, des femmes compĂ©tentes, des femmes aux trajectoires spĂ©ciales et dignes de confiance.

Publié

Le

Monsieur le PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE voici les femmes, ne les cherchez pas elles sont lĂ  et bien visibles. L’invisibilitĂ© numĂ©rique apparente aux hautes sphĂšres de pouvoir n’est qu’une construction des dĂ©cideurs qui font croire que le sexe fĂ©minin au Cameroun est source de malchance et son expiation  s’apparente Ă  un coup d’état sexuĂ©.

Le sexe fĂ©minin est-il source de malchance ?

Evoquons sans tabou ce qui nous distingue de l’autre humain, c’est bien notre SEXE. Oui nous parlons de sexe et de ce qui le particularise. Si le dĂ©bat sur la diffĂ©rence de sexe n’est pas viable par nature, celui sur les constructions sociales qui l’entoure l’est absolument. A notre sens, le problĂšme n’est pas tant les diffĂ©rences entre les hommes et les femmes mais que ces diffĂ©rences soient transformĂ©es en inĂ©galitĂ©s. Les discriminations issues du genre souvent adossĂ©es au patriarcat n’ont plus seulement une couleur culturelle. Elles sont entretenues par des manƓuvres administratives conscientes ou inconscientes. A notre surprise, certains dĂ©cideurs se disent déçus par cette rĂ©alitĂ©. D’autres considĂšrent que la situation s’amĂ©liore, bien que lentement, matĂ©rialisant une progressivitĂ© dont doivent s’accommoder les femmes jugĂ©es alors pressĂ©es et peu prĂ©parĂ©es au pouvoir.  Pour moi, rien n’explique cette rĂ©alitĂ© si ce n’est la malchance. Celle-ci est dĂ©finie comme un ensemble de circonstances dĂ©favorables relevant du hasard (les auteurs semblent aussi surpris que les victimes) causant du tort Ă  quelqu’un. Le hasard ici est considĂ©rĂ© comme un concours de circonstances inattendues et inexplicables. La malchance pourrait alors expliquer l’invisibilitĂ© numĂ©rique de la femme camerounaise dans les espaces de pouvoir. Une malchance d’un genre particulier, entretenue par le hasard des dĂ©cisions inĂ©quitables des dĂ©cideurs.

Constatons ensemble que malgrĂ© leur prĂ©sence en qualitĂ© et en quantitĂ© dans toutes les spĂ©cialitĂ©s, aucune n’est PrĂ©sidente de RĂ©gion (0/10), une seule est secrĂ©taire de RĂ©gion (1/10). Les statistiques des femmes Ministres, DG et PCA croissent trĂšs lentement et dans d’autres domaines, elles rĂ©gressent. Le nombre de femmes membres des Conseils d’Administration fait pitiĂ© ! Les statistiques des femmes au parlement (chambre haute et chambre basse) ne motivent guĂšre avec un plafonnement Ă  31% depuis des dizaines d’annĂ©es loin de l’égalitĂ© tant souhaitĂ©e. Ces Ă©vidences sont la consĂ©quence de pratiques administratives (nomination et mobilitĂ©) et politiques (discipline des partis) discriminatoires depuis les Ă©chelons infĂ©rieurs (chef de service – sous directeurs). Si la culture a Ă©tĂ© longtemps indexĂ©e comme cause de la sous reprĂ©sentativitĂ© des femmes camerounaises, leur prĂ©sence massive en quantitĂ© et en qualitĂ© dans les organisations depuis plus de trois dĂ©cennies justifient difficilement cette invisibilitĂ©.

Attitude des dĂ©cideurs : Il est facile pour les dĂ©cideurs de balayer du revers de la main les revendications relatives Ă  une plus grande visibilitĂ© des femmes aux sphĂšres de pouvoir. C’est une attitude paradoxale au regard des discours tenus pendant les pĂ©riodes Ă©lectorales qui sollicitent le suffrage fĂ©minin. C’est sans doute la preuve d’une simple ruse politique. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique, lors des Ă©lections de 2011 n’avait-il pas dit que ce septennat serait celui des femmes et des jeunes ? En 2021, les femmes, pour ne parler que d’elles se rendent compte Ă  l’évidence qu’il y a encore du chemin Ă  parcourir.

Il serait vain de chercher l’origine de la domination de l’homme sur la femme. Pareille historicisation serait plus basĂ©e sur la spĂ©culation que sur des donnĂ©es scientifiques fiables, car il s’agit d’une rĂ©alitĂ© permanente de toutes les sociĂ©tĂ©s humaines historiquement connues. A ce sujet, les travaux de Jaran-Duquette et Saint-Charles (2007) dĂ©voile une mythologie du dualisme attribuant Ă  la fĂ©minitĂ© la douceur, la compassion, l’affection, la sensibilitĂ© et la timiditĂ© ; et Ă  la masculinitĂ© l’agressivitĂ©, l’ambition, la domination, la confiance et l’indĂ©pendance. Cette caricature a dĂ©finitivement marquĂ© les conventions culturelles qui constituent un handicap Ă  l’accĂšs de la femme au pouvoir.

Bien que les compĂ©tences des femmes se soient considĂ©rablement amĂ©liorĂ©es au Cameroun ces 30 derniĂšres annĂ©es, les femmes continuent d’ĂȘtre victimes des stĂ©rĂ©otypes, sources d’inĂ©galitĂ©s. Il apparaĂźt, sans que cela ne puisse s’expliquer scientifiquement, que les hommes soient supĂ©rieurs aux femmes ou pour ĂȘtre plus nuancĂ©, que les femmes camerounaises soient inaptes au pouvoir. Vous l’avez devinĂ© dans mes propos, mon obsession est de lutter contre ce type de pouvoir dit vertical et instrumental ressemblant Ă  un coup d’état sexuĂ©.

L’invisibilitĂ© publique de la femme camerounaise : un coup d’état sexuĂ©

L’objectif de la prĂ©sente publication est alors d’affirmer une Ă©vidence : il existe des femmes compĂ©tentes pour assumer de hautes responsabilitĂ©s. Leur invisibilitĂ© numĂ©rique n’est qu’une construction sociale, un coup d’état sexuĂ© bien orchestrĂ© qui vise l’anĂ©antissement de tous les efforts consentis par les femmes pour mĂ©riter, comme humain et comme citoyenne, les droits qui leurs sont dĂ©diĂ©es.

Il est prĂ©sentĂ© ci-aprĂšs, les portraits succincts et non exhaustifs de 80 femmes, hauts cadres des secteurs publics, privĂ©s et de la sociĂ©tĂ© civile dont les qualitĂ©s mĂ©ritent du respect et une attention particuliĂšre. L’objectif n’est pas de comparer ces profils entre eux (aucune hiĂ©rarchie dans l’ordonnancement du texte n’est retenue) ou Ă  ceux des hommes en situation de pouvoir. Toutefois, mĂȘme sans le vouloir, la nature des profils affichĂ©s obligent Ă  constater que les femmes ne dĂ©mĂ©ritent pas. Certaines pourraient mĂȘme embarrasser le PrĂ©sident Paul Biya qui regretterait de ne les avoir pas associĂ©es plus tĂŽt aux affaires de la RĂ©publique au niveau stratĂ©gique. Les Ă©chos de leurs rĂ©alisations ne rĂ©sistent pas Ă  la tentation de leur faire allĂ©geance !  D’oĂč la question des motivations d’une exclusion durable des femmes camerounaises aux hautes sphĂšres de pouvoir.

Je vous invite Ă  vous incliner devant ces brĂšves biographies de femmes camerounaises influentes. Si le PrĂ©sident de la RĂ©publique souhaite proposer un Gouvernement de 80 personnes composĂ©es de 100% de femmes, il y a de la matiĂšre pour 80%, pour 50% il y en a. c’est ensemble que nous bĂątirons un monde fort et Ă©quitable.

Il ne s’agit que d’un Ă©chantillon alĂ©atoire constituĂ© par effet boule de neige. Les informations sont celles qui sont disponibles sur la toile et celles relayĂ©es par divers mĂ©dias. : Cliquez !đŸ‘‡đŸœ

le Pr Viviane Ondoua Biwolé est Enseignante-Chercheure, Experte en Gouvernance Publique

Lire la suite
Advertisement
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ABK ACTU

🔮 Tribune – Alex SIEWE : AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la CAF, un voyage sur les bords du Nil

Alex SIEWE est le Directeur de la communication de la ‎ConfĂ©dĂ©ration Africaine De Football (CAF) Ű§Ù„Ű§ŰȘۭۧۯ Ű§Ù„ŰŁÙŰ±ÙŠÙ‚ÙŠ Ù„ÙƒŰ±Ű© Ű§Ù„Ù‚ŰŻÙ…â€Ž

Publié

Le

Par

En s’essayant aux pas de danse du lĂ©gendaire Roger Milla, le PrĂ©sident de la ConfĂ©dĂ©ration Africaine de football (CAF) a remuĂ© une salle jusqu’ici bien sage. A sa façon, le Dr Patrice Motsepe se rĂ©jouissait dĂ©jĂ  Ă  l’idĂ©e de voir le Cameroun organiser la meilleure des Ă©ditions de la CAN car en visite dans ce pays, dit-il, il avait rarement vu ailleurs cette passion qu’ont les Camerounais pour le foot. Face Ă  lui, le PrĂ©sident de la FIFA, Gianni Infantino fait de la tĂȘte un geste d’approbation en prĂ©parant son intervention.

« Le Cameroun est prĂȘt Ă  95% » a t-il notĂ© avant de rappeler que la CAF va continuer Ă  soutenir les efforts de ce pays notamment au stade d’Olembe et Ă  Garoua. A ce moment, le Pr Mouelle Kombi, Ministre des Sports et PrĂ©sident du COCAN, a laissĂ© une lumiĂšre traverser son visage qui se dĂ©crispe enfin. A cĂŽtĂ© de lui, le patron de la Task Force n’exprime encore aucune Ă©motion.

« Merci à tous et rendez-vous au Cameroun »

Dr Patrice Motsepe, Président de la CAF

C’est par cette invitation aux dĂ©lĂ©guĂ©s que le Dr Patrice Motsepe clĂŽture les travaux de la 13e AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale Extraordinaire (AGE) de la CAF, Ă  l’historique hĂŽtel Marriott Mena House du Caire (1869), aux pieds des Pyramides de Gizeh. Le sommet du football Africain prenait ainsi date pour la grand-messe continentale qui s’ouvre Ă  YaoundĂ© le 9 janvier 2022.

En quittant avec sa dĂ©lĂ©gation les couloirs colorĂ©s de la salle de confĂ©rence de cet hĂŽtel mythique, Ferdinand Ngoh Ngoh le Ministre d’État- SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral Ă  la PrĂ©sidence de la RĂ©publique qui conduisait la dĂ©lĂ©gation de son pays, affiche une mine plus Ă©panouie, comme un signe de mission accomplie. Un long apartĂ© avec le PrĂ©sident de la CAF Ă  la fin des travaux et les propos sans ambiguĂŻtĂ© du Dr Motsepe Ă  la tribune, ont visiblement dĂ©tendu l’atmosphĂšre et clarifiĂ© les enjeux autour d’un Ă©vĂ©nement qui nourrit fantasmes et scĂ©narios des plus surrĂ©alistes. L’Ă©change entre le Dr Motsepe et cet invitĂ© de marque s’est poursuivi bien au-delĂ  de la salle et les paroles n’Ă©taient pas que convenues.

L’Égypte, pays hĂŽte de cette AGE avait multipliĂ© les marques d’hospitalitĂ©. Le Cameroun pays invitĂ©, au titre d’organisateur de la CAN, repart du site la tĂȘte dans les Ă©toiles. Le Directeur du tournoi de la CAN #TotalEnergiesCameroun2021, Michel Dissake plane. Il a dĂ©jĂ  le regard tournĂ© vers les pyramides en face qu’il veut visiter. Le Dr Mohamadou Labarang, le prĂ©venant Ambassadeur du Cameroun en Égypte va peut-ĂȘtre lui sauver la mise. Car Seidou Mbombo Njoya le PrĂ©sident de la FECAFOOT et Vice-PrĂ©sident de la CAF ne peut rien faire pour lui, il s’envole le soir mĂȘme pour Doha au Qatar.

« Tout cela mĂ©rite un bon verre M. le Ministre d’État »

Véron Mosengo-Omba, Secrétaire Général de la CAF

Lança le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de la CAF, VĂ©ron Mosengo-Omba, Ă  la dĂ©lĂ©gation Camerounaise Ă  qui il offra une tournĂ©e au Restaurant de l’hĂŽtel. En levant leurs verres, les deux parties prononcent des vƓux bruyants que seuls n’expliquent pas, la fraĂźcheur et le goĂ»t exquis des cocktails cairotes. Les Camerounais en ont besoin en tout cas. Le sommeil a Ă©tĂ© court et la matinĂ©e aux pas de course. Elle se termine sous les airs d’une reprise inspirĂ©e de l’anthologique « The Best is yet to come« , qui monte dans la salle. La lĂ©gende fait de cet hĂŽtel le prĂ©fĂ©rĂ© de Frank Sinatra au Caire.

Lire la suite

BLOG

âŻïž Christophe BOBIOKONO :  » La grogne des greffiers est dĂ» Ă  la non application du statut spĂ©cial Ă  eux accordĂ© par le chef de l’État »

Christophe BOBIOKONO, Directeur de Publication du journal Kalara.

Publié

Le

Par

Pour rĂ©Ă©couter en intĂ©gralitĂ© l’interview, cliquez sur le lien ci-dessous:

Ci-dessous quelques attitudes fortes recueillies lors de cette interview:

« Le dĂ©cret du Chef de l’État du 20 aoĂ»t dernier est venu normaliser cette situation c’est Ă  dire qui permet aux contractuels de venir les troubler dans leur corps. Pour les syndicalistes, le ministĂšre de la justice est derriĂšre ce dĂ©sordre « 

 » Pour comprendre la grogne des greffiers. Il faut remonter un peu plus loin, il y a 10 ans le chef de l’État a accordĂ© un statut spĂ©cial aux greffiers. Ils se sentent mal Ă  l’aise au ministĂšre de la justice, ils estiment que tout est rĂ©servĂ© aux magistrats. Depuis la signature de ce statut il manque un dĂ©cret d’application, ils disent laisser »

Lire la suite

LES PLUS POPULAIRES