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CULTURE & SOCIÉTÉ

Cabral LIBII: « Rentrez vers le Pr Nkou Mvondo, et il vous dira ce que sont devenus les 5 autres Millions »

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Entretien avec Cabral LIBII, Président du PCRN (Parti pour la Réconciliation Nationale du Cameroun)

Bonjour Cabral Libii et bienvenue sur ABK radio.

Cabral Libii: Bonjour à vous !

Je rappelle que vous êtes depuis le 11 mai 2019, le président du PCRN, le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale. Comment se porte le parti aujourd’hui ?

Le parti se porte bien. Nous travaillons du mieux que nous pouvons pour asseoir son implémentation territoriale. Vous l’avez rappelé vous-même, je n’en ai pris les rênes que depuis le 11 mai dernier. Depuis lors, nous nous attelons d’arrache-pied à avoir une assise territoriale. Ce qui m’amène comme certains ont pu s’en rendre compte à bouger souvent, à aller au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest autant que je peux, pour que le parti s’installe. Mais, il faut savoir que nous faisons concomitamment avec l’opération Ouragan, puisque ‘‘Onze Millions de Citoyens’’ travaille depuis 2017 déjà, à sensibiliser un maximum de Camerounais à  s’inscrire sur les listes électorales. Donc, nous avons lancé il y’a un peu plus d’un mois, lorsqu’il y’a eu prorogation, l’opération « Ouragan », avec pour objectif de faire inscrire sur toute l’étendue du territoire national, le maximum de Camerounais en âge de voter. Et puis, il y’a quelques temps encore, je crois le 31 juillet, ELECAM nous rappelait que pour l’année 2019, nous n’en étions qu’à un peu plus de 380.000 inscrits. Et si vous complétez ça avec les 6.665.000 inscrits je crois de 2018, nous en serions donc aujourd’hui globalement à un peu plus de 7.000.000 d’inscrits. Ce qui de mon point de vue, est toujours insuffisant, en comparaison avec les chiffres de 2011 qui étaient de 7 millions et 315.000 inscrits. Donc, il y’a encore du travail. C’est le lieu pour moi de dire à tout le monde, de s’inscrire sur les listes électorales s’ils ont leur carte d’identité, et même ceux qui n’en ont pas. D’ailleurs, en attendant d’aller se faire établir des cartes d’identité, on peut s’inscrire avec le récépissé de la carte nationale d’identité.

Alors dites-nous Cabral, qu’est-ce qui brouille l’univers aujourd’hui entre le Professeur Nkou Mvondo et vous ?

Alors, si on a quitté une chose, ça veut dire qu’on lui a appartenu. Je n’ai jamais été militant du parti Univers. Et je crois que ce n’est pas une révélation que je le dise, parce que les responsables de ce parti n’ont eu de cesse eux-mêmes de le rappeler. Ce qui nous lie, je conjugue au présent,  c’est une convention qui a été signée le 11 décembre 2017. Convention à quatre articles, qui pour l’essentiel mentionne la mutualisation des efforts pour l’inscription massive des camerounais sur les listes électorales, et l’une des clauses mentionne l’engagement pris par le parti Univers d’investir aux différentes élections présidentielles, législatives et municipales, ceux des adhérents d’ « Onze Millions de Citoyens », qui se lanceraient en politique et voudraient donc briguer des mandats. Pour le reste, je crois que la convention, précise que dans tout ce que nous devons faire ensemble, nous devons le faire dans la concertation. Et puis, je crois que le quatrième article, précise qu’en cas de litige, il faut régler à l’amiable. Et si on ne peut pas trouver une solution à l’amiable on désigne un médiateur, et en aucun cas on ne doit aller devant les tribunaux. Voilà la convention qui nous lie et depuis lors,  nous travaillons dans ce sens.

Cabral Libii avez-vous lu cette lettre ouverte du professeur Nkou Mvondo qui vous accuse d’avoir rompu les termes de la convention signée le 11 décembre 2017 entre le parti Univers et le mouvement Onze Millions de Citoyens ? Qu’est ce que cela vous suggère ?

J’ai effectivement lu la lettre hier soir, mais je doute qu’elle dise ce que vous venez de dire. Vous dites que là-dedans, le professeur m’accuse d’avoir violé la convention. Mais Non !

Il vous accuse d’avoir rompu les termes de la convention signée le 11 décembre 2017 entre le parti Univers et le mouvement, ou alors de les avoir violés.

Mais non ! J’ai lu la lettre mais à aucun moment, il ne dit que j’ai violé la convention, ou que Onze Millions de Citoyens a violé la convention. Non ce n’est pas possible! Il ne peut même pas l’avoir dit, puisque ce n’est pas le cas.

Je vous cite un  passage du Pr Nkou Mvondo qui dit : « lorsqu’on aspire à être président de la République, Parlementaire ou Conseiller Municipal, on se doit d’être respectueux des plus petites des conventions à l’instar de celle que tu as signé [en parlant de vous] avec le parti Univers ». Que répondez-vous à cela ?

Je crois que c’est un rappel qu’il fait, et qui est de bon aloi. Maintenant une fois qu’il a fait ce rappel, vous a-t-il dit dans cette lettre que j’avais violé quelque chose ?

Mais puisqu’il dit que vous n’avez pas respecté l’accord…

Non mais je vous dis qu’il n’a pas dit que je n’ai pas respecté l’accord. Il dit que lorsqu’on aspire à diriger un pays, on doit respecter les accords. C’est ce qu’il dit. Lisez donc où il dit que j’ai violé l’accord.

Je vous lis la suite. Il dit : « je ne souhaite pas que ce peuple lui aussi soit victime de cet abus de confiance dont le parti Univers et moi-même sommes victimes aujourd’hui. C’est pourquoi je te demande de te ressaisir et de retrouver la voie de la raison ». Donc, il vous accuse clairement  d’abus de confiance.

J’ai envie de vous dire que la violation d’une clause contractuelle est différente d’abus de confiance. Maintenant vous me direz que c’est une question de qualification. Maintenant, le prof vous a-t-il dit dans la lettre ce qui est qualifié d’abus de confiance ? En matière infractionnelle, si on veut parler d’infraction, il y’a toujours l’élément matériel. C’est-à-dire qu’avant de qualifier quelqu’un de voleur, il faut déjà dire que tel jour il a volé un œuf ou bien il a volé une vache. Dites-moi un peu, l’abus de confiance que vous avez lu dans cette lettre est où ? Quel est l’acte matériel qui est un abus de confiance ? Je veux dire, qu’est-ce qui fait l’abus de confiance ? Quels sont les actes matériels posés par Onze Millions de Citoyens qui peuvent donc être assimilés à un abus de confiance ? Parce que si ce n’est pas le cas, là, on commence à discuter du sexe des  anges, et j’ai envie de vous dire d’aller à des choses peut-être beaucoup plus importantes.

On va aller à des choses beaucoup plus importantes. De nombreuses critiques sur la toile vous accusent d’être un « agent du RDPC ». Est-ce  que c’est le cas?

Je n’arrive pas à comprendre. Si les gens le disent, j’ai envie de dire que celui qui le dit est juste un de plus. Quand je me suis lancé en politique, en juin 2017, je suis arrivé aux États-Unis. Le même jour, des personnes qui sont aujourd’hui des porte-paroles des autres candidats avaient déjà publié à l’époque que j’étais aux États-Unis avec 300 Millions, ou 300 Milliards, je ne sais même plus…, que Paul Biya m’avait donnés,… que j’avais voyagé avec cet argent dans une grosse mallette. C’était tellement ridicule de voir des gens qui, prétendument passaient pour des commissaires de haut vol, et puis, qui racontaient des bêtises. Bon ! Les mêmes aujourd’hui passent aux aveux en disant : « Oui, tout ce qu’on racontait sur Cabral Libii à l’époque, on était dans un plan global, on avait vu que lui, il pouvait faire obstacle à notre candidat. On avait donc décidé de le salir politiquement ». Maintenant que ça ne marche plus entre eux, ils commencent à dire qu’ils l’ont fait pour me salir. Donc, j’ai envie de dire que depuis que j’ai pointé mon nez en politique, quand je ne suis pas l’ami de Paul Biya, je suis l’ami de son épouse, je suis le copain d’enfance de Franck Biya. Et même que je suis maintenant pro ambazonien, ou que je suis impliqué dans des coups avec je ne sais quelle autre puissance,  pour détruire le Cameroun. J’ai lu tellement de bêtises. Mais toutes ces choses, c’est de la diversion. J’ai fini par comprendre que, quand on est un homme politique qui charrie une certaine espérance comme avait dit un auteur : « celui qui fait quelque chose a contre lui, ceux qui font la même chose, ceux qui font le contraire et évidemment la grande majorité de ceux qui ne font rien ». Donc, on ne peut pas se laisser distraire par ces choses que les oisifs racontent. On a des choses à faire, je vous l’ai dit, je travaille à sensibiliser le maximum de Camerounais à s’inscrire sur les listes électorales. Je travaille aujourd’hui à un plan pour implanter le parti dont j’ai reçu le mandat de direction le 11 Mai 2019. Donc, maintenant les gens sont libres de raconter ce qu’ils veulent. Je n’y peux rien.

Aujourd’hui, on peut comprendre que le divorce est consommé, c’est désormais terminé, l’univers est brouillé entre le  professeur Nkou  Mvondo du parti UNIVERS et Monsieur Cabral Libii ?

Je ne sais pas ce que le prof vous a dit dans sa lettre, parce que je l’ai lu et je ne crois pas qu’il ait dit. Et si lui il le dit, ça veut dire que c’est lui qui a rompu l’accord.

Et quand il vous demande de revenir à la raison, de vous ressaisir un peu, qu’est-ce qu’il veut dire ?

Vous croisez quelqu’un en route, il ne vous a rien fait et vous lui demandez de revenir à la raison? c’est plutôt à  la personne qui le dit de venir à la raison. C’est plutôt à cette personne de vous dire en quoi l’autre est sortie de la raison. Moi je vous dis que  la convention court toujours. Nous à « Onze Millions de citoyens », nous n’avons pas mis un terme à cette convention. Il y’a l’article qui dit que « l’alliance entre les deux  organisations n’emporte pas  fusion des deux organisations » et donc chacune des organisations mène sa vie. Et on a d’un côté, un parti politique qui mène certainement  ses activités (Si vous vous renseignez, vous verrez les différentes activités menées par le parti univers). De l’autre côté, il y a Onze Millions de citoyens dont je suis le coordonnateur, qui travaille pour l’essentiel, à la formation citoyenne. Pour ceux qui sont dans les réseaux sociaux, vous les voyez travailler. Pour vous qui êtes à Douala, vous les voyez, ils travaillent à sensibiliser les gens à s’inscrire sur les listes électorales. Maintenant, l’accord que nous avons mis en place, c’est d’abord pour les inscriptions et pour la mutualisation de nos efforts. Et comme chaque organisation fonctionne autonome, vous êtes par exemple au courant qu’en Mars 2019, le professeur Nkou Mvondo avait signé un communiqué demandant à tous ceux qui avaient reçu mandat du parti Univers en décembre 2018, les informant d’abord que les mandats avaient été annulés et qu’il fallait prendre de nouveaux mandats, il faut savoir que le code électoral a mis en place les commissions d’inscriptions  sur les listes électorales  et les partis politiques mandatent donc, les représentants dans ces commissions d’inscriptions. Il y’en a 360 dans tout le territoire, sous réserve des endroits où il y’a  des instabilités. Et ceux des nôtres qui voulaient faire partir de ces commissions, j’avais donc envoyé la liste au parti Univers  qui donnait mandat a toutes ces personnes sauf qu’en mars 2019, il y’a eu volte-face. Le parti Univers a décidé d’annuler tous ces mandats, et de donner d’autres mandants à d’autres personnes. Ce qui est la démonstration que chaque organisation est autonome. Nous, à l’époque, on pouvait dire qu’il y’a là une entorse apportée au premier article de la convention qui dit que nous mutualisons sur les listes électorales. L’autre parti avait décidé de travailler seul aux inscriptions avec sa méthode et nous avons pris acte. Lorsque je suis devenu Président du PCRN, je suis allé rencontrer  le Directeur Général d’Elecam, et nous leur avons demandé de nous accorder la faveur d’envoyer les membres du PCRN dans les commissions d’inscriptions. Ça se joue entre les deux organisations, vous voyez que nous sommes adaptés à la situation. S’il y a le clash, c’est qu’on ne peut pas dire qu’on a violé les accords

Je vous cite cette nouvelle réaction du Prof Nkou Mvondo parlant de vous. « Il a envoyé ses gars avec une procuration pour toucher les 15 Millions de la campagne présidentielle  à mon insu. Une fois là-bas, Atanga Nji, surpris,  leur a dit que ; c’est le parti qui devait entrer en possession de l’argent de l’association. Le Minatd m’a appelé, j’ai retrouvé ses émissaires au ministère. Sur les 15 millions, j’ai transféré 10 Millions dans le compte de l’Association et 5 Millions pour le parti.  Réaction ?  

Contentez-vous de sa version des faits. La campagne électorale est passée, il y a eu financement du parti. Maintenant, je ne vois pas l’intérêt qu’il y a à revenir sur cette question, s’il vous dit, à la différence de tous les candidats, qu’on appelait pour remettre personnellement leur argent que moi ce n’était pas mon cas. Les financements publics par nature servent le candidat et non le parti. Je ne voudrais pas m’attarder dessus sur la place publique, l’argent donné a été destiné à un parti politique qui aurait pu s’en servir pour autre chose que la campagne. Okay, nous prenons acte de cette déclaration là, ce n’est plus intéressant, la campagne présidentielle est passée. L’Etat avait donné 15 Millions pour le financement des candidats. Si le Professeur Nkou Mvondo vous dit que j’avais donc envoyé les gens, et que le Minatd  les a chassés, c’est lui qui est entré en possession de l’argent. Ce qui doit vous intéresser, c’est l’usage qui a été fait de l’argent.

Il dit qu’il a mis 10 Millions dans le compte de l’association du  Mouvement 11 Millions de Citoyens et 5 Millions dans le compte du parti.

Voilà ! Si lui-même dit qu’on  a reçu 10 Millions c’est bon, çà corrobore la version que j’avais donnée précédemment sur les 15 Millions. Nous avons battu campagne avec 10 Millions.

Mais ce qui est intéressant, c’est qu’il dit que vous vouliez le jouer.

Ce que j’avais dit à l’époque c’est que nous étions dans un partenariat que j’avais jugé utile, puisque nous étions deux organisations. Pendant que mes équipes et moi battions campagne, les équipes de notre partenaire battaient également campagne. Si la nouvelle version c’est que l’autre parti avait pris l’argent qui était destiné au fonctionnement du parti Univers, nous prenons note. En tout cas ça me libère. Moi qui suis un escroc public, le pickpocket national, si le professeur peut me laver une fois par la grâce de Dieu de toutes mes inculpations de gestion d’argent… Rentrez vers le professeur, et il vous dira ce que sont devenus les autres 5 Millions, il est mieux placé pour vous dire. Il faut aussi savoir que pour les élections, nous avons viré une partie de l’argent. Il disait que le montant total de la campagne était de 30 Millions. Je suppose qu’après l’élection, comme c’est lui le patron du parti Univers, on les a certainement appelé, pour leur donner le reste de 15 Millions qui servent certainement au fonctionnent du parti Univers mais c’est bon.

On va quitter cette brouille entre le parti Univers et 11 Millions de citoyens. Vous avez certainement entendu parler du forum de Munich tenu par le CPD en Allemagne. Est-ce que vous validez ces résolutions de  Munich ?

On a appris qu’il y’avait une assise dans la diaspora qui devait réfléchir sur une transition.

Avez-vous avez reçu l’invitation ?

Sur les questions qui concernent le Cameroun, pas besoin. Sauf si, ce sont des questions privées, et quand ce sont des questions publiques, j’essaye de m’informer sur ce qui se passe, et là, je m’implique parce qu’ils réfléchissent sur la situation du Cameroun. J’ai été au courant de la tenue du forum et lorsqu’ils ont rendu publique la décision portant un certain nombre de résolutions qui ont circulées dans les réseaux sociaux, j’ai reçu le document, j’en ai pris acte et maintenant il n’était pas question que je le signe, et aucun des organisateurs n’est passé et ne m’a demandé de signer

On demande simplement si vous êtes d’accord avec les résolutions de ce Forum  de Munich qui demandent la mise sur pied d’une transition sans le chef de l’état ?

Mais moi je n’ai pas attendu cette résolution pour parler de transition politique. Je précise encore qu’au lendemain de l’élection présidentielle, dans l’une de mes sorties public, je déplorais la forfaiture qui avait lieu. Et non seulement  que le président ait choisi de sortir par la petite porte. J’avais d’ailleurs dit dans ces déclarations publiques, que l’unique issue qui restait, c’était la mise sur pied de la transition. Il fallait associer tous les autres acteurs politiques, pour que nous trouvions une solution pour sortir de l’impasse. Donc, l’idée de la transition n’est pas une nouvelle chose mais ça me ravit que d’autres compatriotes le partagent. On peut toujours en discuter pour que nous réfléchissions à une transition.

Donc une transition est possible sans le chef de l’état ?

Je parlais de transition politique associant tous les acteurs politiques, y compris le chef de l’état. C’est mon approche de la transition.

Parlant de l’opération ouragan que vous avez lancée depuis le 01er Juillet 2019, à l’effet d’inscrire pratiquement tous les Camerounais en âge de voter, sur les différentes listes électorales. Ou en êtes-vous Monsieur Cabral Libii?

L’opération bat son plein. Les équipes s’organisent sur toute l’étendue du territoire. En tout cas, partout où nous avons nos mobilisations, les équipes travaillent. Nous avons mis en place les systèmes de ratissages. Nous travaillons avec Elecam. Là où Elecam est disponible, nous travaillons. Donc, nous avons les méthodes simples, nos équipes vont sur le terrain, sensibilisent les populations, et invitent ELECAM à un point d’inscription et les gens viennent s’inscrire. Le travail bat son plein, nous accélérons autant que nous pouvons. Vous savez, c’est exigeant en termes de temps, de logistique et tout le reste. Mais nous faisons ce que nous pouvons pour que nous puissions toucher un maximum de personnes. Maintenant, il y a les aléas de plusieurs natures,  et il y a des points par exemple où ELECAM ne coopère pas toujours, on le regrette.

Et pourquoi ELECAM ne coopère pas à certains points ?

Il y a plusieurs cas de figure. C’est qu’il y a des responsables d’ELECAM  par endroit qui sont plus reticents. Ils refusent pour les raisons que nous ne comprenons pas toujours, ils vous disent on ne se déplace pas avec vous, on ne vous voit pas amener vos gens ici à l’antenne. Il y a des coins où visiblement il y a une certaine influence de l’élite, des personnalités des partis politiques sur ELECAM. C’est-à-dire que vous voyez une sorte de fonctionnement de deux poids deux mesures, où le responsable d’ELECAM ou les équipes d’ELECAM se déplacent, lorsque c’est peut-être une personnalité proche du parti au pouvoir qui le leur demande. Et quand vous autre vous le faites, ils refusent. Il y a aussi des cas de figures où ELECAM n’a pas de logistique, c’est-à-dire que lorsque vous leur demandez, (et ça je vous parle plus des choses dans les zones rurales parce que dans des zones urbaines c’est facile à gérer) en zones rurales parfois, il faut se déplacer sur de longues distances et tout ELECAM d’année en année, voit son budget de fonctionnement baisser. Ce qui fait que souvent ils vous disent, écoutez, on veut bien aller là où vous nous amener mais, il faut payer le transport. Çà fait partie des aléas donc, il y en a de plusieurs types comme ça mais on fait comme on peut. A la vérité nous ne sommes pas les seuls à travailler sur les inscriptions, parce qu’il faut bien le préciser, les autres partis politiques travaillent aussi. J’ai vu la campagne qui a également été  lancée par Leptus de Monsieur Serge Espoir Matomba. Il y a d’autres parties politiques d’ailleurs comme la loi le dit, qui travaillent aussi sur les inscriptions sur les listes électorales, peut-être sans faire autant de communication que  nous mais, chacun a son approche. Nous ne jugeons ni ne critiquons personne, nous apportons seulement notre petite pierre à la construction de cette édifice citoyen. Et puis, ce n’est pas un concours de beauté. Nous ne sommes pas dans des affaires où nous devons faire plus ou moins que d’autres. Nous faisons simplement tout ce que nous aussi, nous pensons devoir faire pour que la cause commune avance.

L’une de nos auditrices souhaite savoir pourquoi on ne voit pas vos équipes sur le terrain ici à Douala ? Et qu’est-ce qu’il faut faire pour les voir ?

Alors, je suis étonné mais je vous interpelle. Nos équipes dans la ville de Douala travaillent autant qu’elles peuvent, notamment avec ELECAM. Nous conjuguons avec le plan de diplômât d’ELECAM. Moi, je suis venu personnellement plusieurs fois à Douala assister mes équipes sur le terrain. Pas plus tard qu’il y a deux semaines ou trois, j’étais à Douala dans une nocturne avec mes équipes à Ndokotti, y compris à Bonamoussadi. Maintenant, qu’est-ce qu’il faut faire ? J’ai envie de demander à votre auditrice dans quel quartier elle habite ? Parce qu’il faut bien préciser qu’on n’a même pas forcément besoin de Onze million de citoyens  pour s’inscrire sur une liste électorale. Dans chaque arrondissement du Cameroun il y a une antenne d’ELECAM donc, souvent il faut trouver le lieu de cette antenne. Vous vous rendez simplement à cette antenne, c’est un lieu de service public ouvert tous les jours et vous vous inscrivez. Maintenant, nous travaillons et ELECAM aussi, à aller plus proche des gens, parce que les gens ne savent pas où se trouve l’antenne et même quand ils le savent, ils n’ont pas le temps ou la volonté de se déplacer jusqu’au lieu où se trouve l’antenne. Donc, les équipes sont itinérantes en fait, il faut que j’ai les programmes devant moi par exemple, pour savoir dans quel quartier habite votre auditrice pour que je sache à quel arrondissement elle est attachée et que j’ai le programme de déploiement de ce jour, pour que je puisse lui dire d’aller plutôt à tel endroit. 

Monsieur Cabral Libii, est-ce qu’on ne peut pas dire que l’opération Ouragan a échoué ? Les chiffres trahissent l’action. Vous-même vous dites  que les jeunes peinent à s’inscrire sur les listes électorales, est-ce que l’abstention n’est pas le phénomène qui vient finalement avaler le phénomène d’ouragan ?

J’ai souvent entendu ça depuis l’an dernier. On dit tu fais beaucoup de bruits, tout le monde n’est pas encore inscrit. J’ai dit mais il n’y a pas de problème. Si l’affaire de l’inscription est devenue mon affaire à moi, et celle d’Onze Millions, au point où les camerounais ne s’inscrivent pas, on dit que Cabral Libii n’est pas  efficace, nous on n’est pas dans l’affaire de performance, Non ! En réalité, chaque fois qu’on parle de l’échec des inscriptions sur les listes électorales il y a beaucoup de facteurs qui justifient cela. Moi qui suis sur le terrain aujourd’hui j’ai appris à nuancer beaucoup de choses, il y a plein de camerounais qui n’ont pas de carte nationale d’identité. Il y en a plein qui n’ont  même pas d’actes de naissance. Sauf que le prétexte de la carte nationale d’identité ne peut pas justifier la non-inscription sur les listes électorales, parce qu’on s’inscrit avec le récépissé de la carte nationale d’identité. Je sais qu’il y a un problème grave au Cameroun, et nous le savons, celui de la production de la carte nationale d’identité. C’est même un scandale au Cameroun que la carte d’identité soit un problème. Je crois c’est  3500 ou 2800, ils peuvent la faire et avec leur récépissé et s’inscrire sur les liste électorales. Dans l’arrière-pays en revanche, c’est beaucoup plus compliqué.

Il faut pratiquement débourser autour de 10.000 pour établir une carte aujourd’hui.

Et ça encore, ce sont des choses qu’il faut dénoncer, parce que s’il y a un montant arrêté par les autorités compétentes. Il est hors de question que lorsque vous allez faire la carte, on vous demande de payer deux, trois, quatre ou cinq fois de plus et moi j’ai essayé d’enquêter sur l’affaire. C’est vraiment parce que nous-mêmes par paresse, nous prêtons le flan à l’escroquerie. Il y a des gens; lorsqu’ils vont s’inscrire, on dit vous ne faites rien, donnez-nous 10.000 Fcfa, on va tout faire pour vous. Maintenant, ils n’ont pas à tout faire pour vous. Pour avoir sa carte d’identité, il y a des pièces préalables  notamment le certificat de nationalité ainsi de suite. Vous pouvez faire vos pièces là vous-mêmes et puis, vous allez simplement payer les 2800 Fcfa pour votre carte nationale d’identité. Mais vous avez des gens qui payent pour tout le package c’est-à-dire qu’ils donnent leurs 10.000 Fcfa, pour qu’on lui fasse le certificat de nationalité. Je dis que la carte coûte encore soit 3800 Fcfa, soit 3500 Fcfa. Chaque citoyen doit faire l’effort de souscrire à la procédure qui je le reconnais, est lourde depuis un certain temps, et même dans l’arrière-pays. C’est important de le préciser, c’est encore plus compliqué parce qu’au prétexte dit-on de Boko Haram, on a changé carrément le cadastre de l’établissement de la carte nationale d’identité. Parfois, dans certaines localités de ce pays, un citoyen doit faire au moins 40 kilomètres pour arriver au poste d’identification. Et dans l’arrière-pays, il faut payer le passeport. il se pourrait qu’on paye 10.000 Fcfa, voire plus, pour aller se faire établir une carte qui elle-même coûte 2800 Fcfa. Résultat de course, plein de gens n’ont pas la carte. J’ai écrit à la DGSN, leur demandant de faire des équipes itinérantes, parce qu’ELECAM fait des équipes itinérantes pour les inscriptions. Je leur ai dit, vous pouvez aussi au niveau de la police faire des équipes itinérantes dans les petites localités, pour que les gens s’inscrivent un peu. Comme la justice fait déjà des équipes itinérantes pour l’établissement de l’acte de naissance avec des audiences foraines, mais là encore, j’ai découvert que quand c’est un ministre qui veut des équipes itinérantes de la police, il en y en a. Mais quand c’est Cabral libii, il n’y en a pas. Pourtant, je suis réputé être un pion mais, il faut quand même reconnaître que je suis vraiment maltraité comme pion.

C’est quoi l’urgence d’aller s’inscrire sur les listes électorales alors que le pays est en crise politique ? Les électeurs que vous appelez disent d’ailleurs que les élections sont toujours accompagnées de fraudes. Pourquoi aller voter, si à la fin on va déclarer le RDPC vainqueur ?

Ces questions-là, je les appelle des questions de diversion. Ce sont des questions qu’on pose depuis que la démocratie est revenue au Cameroun. Ce fameux code électoral dont vous parlez, dont le débat est ouvert est perceptible, cela va de soi. Il est mauvais et je fais partie de ceux qui ont toujours relevé les insuffisances de ce code. Mais je rappelle que depuis 92, le système électoral est vicié. Alors s’il vous plait appelez donc John Fru Ndi, Bello Bouba, Antar Gassagay, Jean Jacques Ekindi, Hogbe Nlend, tous ceux qui sont allés aux élections depuis 92, et demandez-leur pourquoi ils vont toujours aux élections alors que le code est mauvais ? Alors que le système est vicié ? S’ils sont allés aux élections, c’est pour une raison simple. C’est le combat politique qui permet de bouger les lignes. Ce sont les dénonciations qui permettent que ça change. Entre 92 et 2012, il s’est écoulé 20 ans je crois. Et le système a évolué. Pourquoi je dis 92 ? 92 parce que c’était la première élection multipartiste qui marquait le retour à la démocratie et 2012, car c’est la date à laquelle on a voté l’actuel code électoral. Vous devez savoir qu’en 92, quand on dit que John Fru Ndi a gagné, c’est l’administration qui faisait les élections. Il n’y avait même pas l’ONEL, parce que je rappelle qu’avant ELECAM il y’a eu ONEL. Donc c’est le combat de John Fru Ndi et autres qui nous ont précédés, qui a fait que tout évolue progressivement. Et on arrive à ce code de 2012 qui est mieux que ce qu’il y’avait avant. Et les nouvelles générations politiques que nous sommes, doivent elles aussi continuer le combat pour que ceux qui viendront trouvent que les choses sont meilleures qu’elles ne le sont maintenant. Mais la vraie question de fond c’est comment l’opposition camerounaise a fait pour gagner les législatives de mars 1992 ? Parce que je rappelle que le RDPC avait perdu en Mars 1992, alors qu’on n’avait pas le code actuel.

Donc avec le code actuel on peut gagner les élections ?

Si on ne peut pas gagner les élections maintenant alors, comment le SDF fait pour avoir des mairies ? Comment l’UPC fait pour avoir des mairies ? Comment l’UDC fait pour avoir des mairies ?

Comment vous pouvez demander une transition,  et avoir déjà le cœur à l’organisation des  prochaines élections ?

Mais en attendant que la transition arrive, il faut bien que le pays évolue et que le combat politique continue à être mené. La transition politique c’est la solution que nous pensons être idoine pour aplanir un certain nombre de choses, et partir tous sur un autre pied. Mais avant qu’on en arrive là, il faut continuer à travailler politiquement. Il faut continuer à travailler sur les mentalités, parce que c’est effectivement l’évolution de ces mentalités qui nous conduit vers ça.  Et pour revenir aux élections, moi je pense qu’il faut être très clair. Je le dis encore et c’est même plus facile aux élections. Pour gagner les élections au Cameroun c’est très difficile et il faut s’adapter. Un, il faut s’inscrire parce que c’est le vote massif qui permet de compliquer la fraude. Moins vous votez, plus facile il est de frauder. C’est connu du monde entier. Je rappelle que les études de master 2, je les ai faites sur le droit électoral. Et j’ai fait des études de comparaison. Partout où il y’a le vote massif, c’est compliqué de frauder. C’est pour ça que vous allez voir qu’entre 92 et 97, 92 notamment étaient particuliers parce que les camerounais avaient voté de façon massive. L’espérance était forte et depuis lors, les fraudes je le reconnais, ont émoussé l’élan de participation des Camerounais qui sont découragés. Beaucoup ne s’inscrivent pas et quand ils s’inscrivent, beaucoup ne votent pas. Au prétexte que ça ne sert à rien. Mais c’est pour ça que le RDPC a donc voulu fixer cette grosse victoire. Eloigner les gens du champ électoral et ils restent faire ce qu’ils veulent. Le code électoral que nous avons aujourd’hui permet que chaque parti politique concourt. Supposons qu’à Douala 5e, ce sont cinq bureaux de vote qui ont le droit de mandater quelqu’un dans ce bureau de vote. La loi dit que lorsque le député finit a cinq heures, il ya des PV qui sont identiques et sont signés pour tout le monde, le  président du bureau de vote et les représentants pour les autres partis. Ça veut donc dire que si on confit ces PV de Douala 5e, ce parti le même soir peut attendre les résultats. Comment un parti frôle sa victoire à ses représentants sérieux ? Non pas les représentants qui ont 2000 ou 5000 à un moment  de la journée qui sont devenus complices de la fraude. Non pour dire que si le peuple participe à cette stratégie, les choses vont changer et la victoire de l’opposition sera beaucoup plus élevée.

Dites-nous Monsieur Cabral Libii, est ce que vous êtes d’accord avec le fédéralisme comme solution à la crise anglophone, telle que proposée par Monsieur Jean Jacques Ekindi ?

Moi je suis pour le fédéralisme des nations. Ce que j’appelle en d’autres termes, le régionalisme. Etant entendu qu’il va falloir reconfigurer la région, pour qu’elle cesse simplement d’être des repères de points cardinaux, Nord, Sud, Est et Ouest, mais représentative véritablement des nations et des communautés que nous sommes. Moi je suis de ceux qui ont toujours pensé que la réunification de 1961 était une division. Parce-qu’on ne réunit que ce qui était divisé. Et on ne peut pas avoir été divisé le 04 Mars 1916, et on arrive en 1961, on nous dit qu’on nous a réuni, alors qu’on a maintenu la division avec ceux qui parlent anglais d’un côté et français de l’autre. Et on nous dit que c’est çà le fédéralisme NON ! Ce n’est pas çà, c’est une entourloupe. Je suis de ceux qui pensent que le Cameroun, avant 1916, date à laquelle l’Allemagne a perdu la guerre, et que le Cameroun est devenu un butin de guerre partagé entre deux vainqueurs, nous étions une nation. La conscience nationale était née à ce moment-là. On se rappelle que le Cameroun n’a jamais été plus uni que sous la domination allemande. Martin Paul Samba, la révolution de Madi à Garoua, la révolution du roi Batoua à Bertoua, la révolution des Bafous à l’Ouest ainsi de suite, prouvent bien que le Cameroun entier du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, s’est levé contre l’occupant étranger. Quand vous lisez le discours de Ruben UM NYOBE du 17 Décembre 1952 à l’ONU, il relate pendant le tiers de son discours tous les mandats qu’il a reçus de tout le Cameroun pour faire de la réunification du Cameroun, un préalable à l’indépendance. Et moi je m’aligne sur la position des pères de la nation du Cameroun. Nous pouvons construire le fédéralisme des nations, c’est-à-dire le régionalisme, en cohabitant désormais dans l’harmonie, dans le partage, dans l’unité. On ne peut pas me demander aujourd’hui de revenir à un fédéralisme linguistique entre d’un côté, ceux qui parlent anglais, et de l’autre, ceux qui parlent français.

Le chef de l’Etat Paul BIYA vous écoute, passez lui un message.

Monsieur le Président, vous avez fait ce que vous avez pu. Il est grand temps pour vous de passer la main. Passer la main à celui que le peuple aura choisi. Au moins on dira de vous, que vous avez été fidèle à ce que vous avez dit. Vous aviez souhaité qu’on retienne de vous quand vous ne seriez plus là, celui qui a ramené la démocratie. Faites-le ! Créez des conditions pour que les camerounais se choisissent d’autres personnes qui, elles aussi vont essayer de donner une autre gouvernance, qui vont essayer d’appliquer une autre vision à ce pays. Tant que vous retarderez cette échéance, vous créerez les conditions d’une implosion et j’ai peur de vous dire que ce que vous vivez jusqu’ici, n’est rien à côté de ce que votre entêtement est en train de vouloir occasionner au Cameroun. J’espère Monsieur le President que vous m’avez suivi…

Merci beaucoup Cabral LIBII !

Merci à vous et Bonne Continuation !

Par Luc Nghatcha

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CULTURE & SOCIÉTÉ

Maahlox:  »Il y a plusieurs artistes talentueux au Cameroun, mais on ne valorise que les artistes étrangers »

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Maahlox le Vibeur est l’un des rappeurs le plus populaire, influent et prolifique du milieu musical urbain camerounais. Une véritable machine à succès, avec des tubes à l’instar du titre  ‘’ça  sort comme ça sort’’. Il est notre invité et avec lui nous parlons du traitement des artistes camerounais par les organisateurs d’évènements notamment les multinationales qui selon lui traitement les artistes du 237 comme ceux de seconde zone.

Bienvenue sur ABK Radio  Maahlox, pourquoi êtes-vous en colère en ce moment ?

Ce qui me met ma colère c’est la malhonnêteté intellectuelle et le mépris des multinationales aux artistes camerounais et en particulier, aux artistes urbains qui les font gagner les milliards et les millions chaque jour,  mais Ils ne sont même pas capables de développer leur univers musical pour leur permettre de vivre décemment, et continuer à gagner cet argent.

Vous avez  lancé une opération contre l’impérialisme culturelle orchestré par ces promoteurs culturels  qui méprisent les artistes camerounais ? C’est quoi l’objectif de cette opération ?

En fait j’ai lancé un appel au bon sens des humains qui sont encore là, qui consomment ces produits là et écoutent la musique camerounaise,  qui veulent le bien des artistes. Ces patriotes  qui dépensent leur argent tous les jours pour acheter  les produits de ces multinationales dans l’espoir qu’ils utilisent cet  argent pour développer le pays. Au final, on ne voit pas les actions concrètes de ces multinationales. J’ai lancé un appel aux bon sens et au patriotisme  pour que les gens s’en rendent  compte , se réveillent , parce que, quand je disais dans mon direct que je ne parle pas de musique mais d’économie, c’était pour amener les gens à comprendre que l’industrie musicale est en train de se développer au Cameroun et  il faut savoir que c’est beaucoup d’argent que les camerounais perdent chaque jour, chaque année à cause de ces cachets faramineux qu’on donnent aux artistes étrangers pour qu’ils aillent développer leurs différents pays. C’est ce que j’ai voulu montrer. En réalité, l’industrie musicale et du divertissement au Nigéria c’est plus de cinquante pourcent du PIB national et partout dans les autres pays ça se passe comme ça.

Maahlox

Au Cameroun aujourd’hui on n’a énormément d’artistes, des réalisateurs talentueux, on a énormément de graphistes, danseurs, musiciens talentueux qui peuvent structurer et qui ont déjà montré de la volonté à participer à l’économie de leur pays en créant des entreprises et des labels de musiques  mais pourquoi ceux qui bénéficient à plus de quatre-vingt-dix  pourcent des revenues de la musique  ne sont pas capable de payer convenablement les artistes ?

Maahlox, vous lancez également une pétition pour que  l’argent des camerounais restent dans les mains des camerounais et que nos artistes soient rémunérés à leur juste valeur.

Oui bien sûr ! J’ai eu la chance au travers de ma musique de faire le tour du monde ; pas une fois pas deux fois, j’ai pu tourné et allé dans les autres pays. J’ai pu voir comment ça se passe.  C’est une réalité et un fait, le Nigéria est un pays  totalement fermé culturellement parlant. Le Congo, la Côte d’Ivoire pareil ; ne parlons même pas des pays du Maghreb.

Aujourd’hui on doit tenir compte de ces réalités ; au Cameroun on perd de l’argent quand les artistes ne sont pas valorisés.

L’artiste musicien quand on le voit on ne voit que ces chansons, sa musique  mais en réalité quand on le regarde bien il y’a tout un nombre d’étiquette qui sont collées sur lui. Pour qu’un artiste fasse une chanson qui marche, il y’a plusieurs paramètres qui entrent en jeu. Il y’a la main du chorégraphe, du réalisateur,  de l’ingénieur de son, du danseur, il y’a mille et une personne qui participent à cette réussite ainsi que la main des médias qui est majoritaire sinon comment on ferait pour communiquer sur nos musique ? Comment le peuple ferait  pour connaître les musiques des artistes ?  Les médias sont à plus de cinquante pour cent voir plus,  dans  l’évolution et le succès des artistes. Est ce que vous vous rendez  compte que l’artiste qui est au-dessus de cette chaine-là  est censé abreuvé tout ce système-là  est  à la base mal payé.

Si l’artiste est mal payé, mal respecté, mal orienté, comment voulez-vous que cette chaine-là qui est tout en dessous et qui porte cet artiste comme ambassadeur puisse fonctionner ?    

J’ai fait le tour du monde j’ai vu les artistes, j’ai vu comment ça se passe ailleurs,  et j’ai pris une simple métaphore pour traduire cette situation.

Imaginez : vous travaillez et vous rationnez chez vous tous les jours mais quand vous rentrez chez vous, vous trouvez le voisin assis à votre table  en train de manger le poulet et quand vous vous assaillez Mme vous sert le Mbounga. Qu’est-ce que vous allez faire ?

Est ce que vous allez laisser le voisin continuer à venir chez vous ? Impossible. Pour régler le problème avec votre femme vous allez mettre le voisin dehors. Nous on aime la musique étrangère  et j’ai des amis artistes étrangers avec qui  je discute  de ce problème ils me disent qu’il a fallu qu’on arrive là à un moment donné dans leur pays, pour qu’aujourd’hui l’industrie des artistes soit développée et respectée. Il faut bien qu’au Cameroun, on en arrive là.

Et donc pour vous, pour que  les artistes camerounais soient surévalués, il faut que l’état ne laisse plus prospérer l’envahissement des musiques étrangères ?

C’est obligé. Si on était dans une démarche ou sur la même table,  l’artiste étranger mangeait le poulet et de l’artiste camerounais, on aurait compris que chacun a sa place, même si l’étranger mange deux poulets, ce ne serait pas vraiment un problème. Mais à un moment donné, l’écart qui est entre le poulet et le Mbouga est considérable, moi je veux donner un exemple simple. Moi Maahlox le Vibeur, c’est plus de quinze ou vingt hits qui tournent en boucle depuis plus de cinq ans  dans tous les snack bars, les bars, les boites de nuits du Cameroun un pays qui a plus 21 Millions d’habitants.  Vous pouvez imaginer le nombre de bières qu’on a bu en utilisant ma musique  comme argument d’achat de manière directe ou indirecte?  Tu connais le nombre de champagne qu’on a bu avec ma musique ? Je ne parle pas de caravane.

Je dis qu’aujourd’hui on est conscient que notre musique génère des milliards à ces multinationales, mais ils ne veulent pas bien payer les camerounais c’est de la mauvaise foi.

Comment est-ce que tu te retrouves sur la même scène avec un artiste étranger on te dit qu’il est ambassadeur de son pays, il doit défendre et développer la culture de  son pays  et on lui donne 150 millions et toi on te donne  1millions ou 2 millions. On te crée un écart de cent millions entre vous et on te demande de travailler d’avantage pour être meilleur professionnellement. Comment est-ce possible,  quand on te donne un argent qui ne te permet pas d’enregistrer en studio ou bien faire un clip ? Lui il peut rentrer chez lui et faire un clip de cinquante millions. Il peut se permettre de s’acheter un studio chez lui avec l’argent des camerounais. Vous demandez aux gens de travailler. On a travaillé sans rien, on s’est battu avec nos propres  moyens et les gens ont eu des prix. Les gars ont eu les MTV Music Awards, aujourd’hui il y’a Salatiel qui a collaboré avec  Pharell williams et Beyonce en terme de musique il n’y a pas quelqu’un qui  dépasse Beyonce dans le monde ! On a rempli le palais des sports en 30 jours sans promotion, qu’est-ce que vous voulez encore ? 

Qu’est-ce que ces gens demandent aux artistes camerounais ? Ça s’est de la mauvaise foi et de la malhonnêteté.

Notre société a un problème énorme ! Parce que  Tous les artistes font des efforts, tout le monde fait des efforts. Vous vous rendez compte, que  dans grand nombre de   snacks –bars du Cameroun on réussi à inviter les artistes locaux deux fois par mois  pour leur donner un million  pour faire vivre la culture,  parce qu’ils sont conscient  que leurs produits ne  passent pas  sans ces artistes, ils font ces efforts   , les artistes font des efforts pour accepter ces cachets-là , les réalisateurs  aussi acceptent des sommes minables pour faire des clips et ces multinationales sont les seules à gagner les milliards et  ne font aucun effort. Ils ont décidé de nous mépriser, de détruire ce qu’on construit, nos rêves bousillés, 99% de la jeunesse camerounaise   dans l’industrie musicale n’ont pas trente-cinq ans.  ils ont montré l’intérêt à développer leur pays en créant des entreprises et ces multi nationales ont décidés de mal payer nos artistes pour bien payer les artistes étrangers pour aller développer leur pays, c’est quoi ce pays-là ? Et personne ne dis rien !c’est pour que les artistes meurent ?

Maahlox c’est trop de colère dans votre voix et même dans vos mots.

Comment ne pas être en colère ? Ce n’est pas normal.  

Un camerounais logique et normal  qui écoute ce discours  doit se dire, ‘trop c’est trop’.

l’artiste camerounais n’a pas les droits d’auteur et tout le monde s’en fou. L’artiste à trois paliers de rémunération dans une société. 1- Les droits d’auteurs, 2-Le disque. On n’a pas les droits d’auteur au Cameroun on ne paye pas, le disque ne se vend pas. Le dernier palier c’est la scène, ce qu’on appelle le live. Un artiste qui ne monte  pas sur scène ne mange pas. Imaginez-vous qu’un artiste, qui monte sur scène ne mange pas, ça veut dire quoi ?  Alors qu’il rapporte des milliards.

 L’argument premier de vente des toutes les  multinationales c’est la musique camerounaise encore  plus la musique urbaine qui est en vogue aujourd’hui. Qu’est ce qu’on veut ?  Nous faisons tourner une industrie.  C’est un partenariat qu’on fait. On amène les gens, on crée l’argument mais il se serve de cet argument pour avoir de l’argent. Pensez-vous vraiment que Maahlox qui fait gagner des centaines de millions d’argent à ces multinationales depuis plus de cinq ans n’a pas permis aux multinationales de gagner plus d’argent que Tecno ne fera  jamais gagner dans ce  pays  en deux ans ?  Pourquoi on doit encore appeler Maahlox aujourd’hui, et me dire qu’on doit me payer un million en donnant soixante-dix millions à un artiste étranger pour la même scène. Pourquoi ? Vous pensez que je ne mérite pas cela ? Vous pensez que les autres artistes qui font gagner des milliards aux multinationales ne méritent pas ça ?  Aujourd’hui ils sont entrain de pousser les artistes à bout.

C’est la sonnette d’alarme que j’ai tirée, parce qu’il ne faut pas qu’on entre dans des histoires trop extrêmes. Pour que les gens se disent qu’il faut s’asseoir sur une table pour discuter par rapport ! On pousse les artistes à la mort !ils doivent devenir des mendiants ! Un artiste produits des milliards mais il n’as pas de scène, il ne mange pas, il meurt de faim.

 À un moment donné c’est une question de survie, surtout quant il est conscient qu’il rapporte des milliards aux grandes entreprises, mais il est couché chez lui. C’est l’être humain qui est en lui qui déclenche  son instinct de survie. Son enfant ne va pas à l’école,  il ne peut pas amener son enfant à l’hôpital, il n’arrive pas à payer le loyer, il a encore son rêve qu’il veut développer, il y’a encore une petite qui compte sur lui pour développer leur rêve , lui il est là, il a faim et il est conscient que son travail aide les gens à  avoir des avantages de services , des augmentations de salaires , à aller passer les vacances en France alors que c’est avec son travail qu’on mange cette argent-là.

A un moment donné, l’être humain craque. Il n’en peut plus,  il est capable de poser des actes désespéré, moi je vous dis la vérité  et je vous montre la société tel quelle est. Tout le monde sait que je suis un gars du quartier je suis en bas et je vois tous ce qui se passe. Les gens  en ont marre et  si les multinationales veulent que ça pète ça va péter.

Les artistes n’arrivent plus à supporter. J’ai entendu les gens dirent c’est un contrat, il a le choix  il  peut laisser.  Il laisse pour faire quoi ? Qui va le nourrir ? Les artistes n’ont plus le choix ! Ils n’ont plus rien, tout est bloqué et les multinationales ont bien compris ça mais donne à nos jours deux cents mille à l’artiste camerounais en disant, si  tu ne veux pas tu  laisses. Il laisse et il fait comment ? S’il a un problème, comment il va gérer ? Et on sait qu’ils n’ont pas le choix,  ils vont rentrer à la maison faire comment ?  

Ils prennent les artistes comme les animaux, ils doivent s’attendre à une riposte, à des conséquences.

Quand vous poussez les hommes au désespoir à un moment donné ils vont poser des actes délibérés et ça commence toujours comme ça. Vous avez les moyens de tout arranger faites-le et bien.

Maahlox le Vibeur quels sont quelques cas pratiques à propos des minables  cachets de scènes offerts aux artistes locaux à leur détriment, en faveur des étrangers invités par les promoteurs locaux et  multinationales ?  

Moi j’ai dit que si  la musique urbaine camerounaise en particulier sert d’argument de ventes de manière directe ou indirecte  et génère des milliards  aux multinationales qui ne vont pas nier,  je demande qu’il y ait une réévaluation à la hausse  des cachets des artistes camerounais lorsqu’ils se retrouvent sur la même scène que les artistes internationaux. Je comprends que les bars et les snack-bars  n’ont pas d’argent, ils appellent les artistes et leur  donnent cinq cent mille ou un million ça se comprend. Mais quand on décide de sortir sept cents ou bien huit cents millions pour organiser un évènement  grand public  avec les artistes internationaux et qu’il y a une demande des artistes camerounais sur cette scène,  il faut les payer normalement et ce sont des évènements qu’on organise une fois ou trois fois par an. Qu’est ce qui coute aux multinationales de payer une, deux  ou trois fois par an les artistes camerounais qu’on invite  sur une scène.

 Alors Maahlox ces multinationales disent en réplique, que les artistes camerounais n’ont pas réussi à créer une véritable industrie autour d’eux et ne mobilisent pas assez.

Ils ne gagnent pas l’argent ? Qu’est-ce qu’ils appellent industries mon frère. Je vous ai demandé  si vous savez le nombre de bières que les gens ont déjà bues en se servant  des chansons de Maalhox comme argument de ventes  dans ce pays ? Tant que  les chansons de Maahlox sont dehors ; les bars tournent. Tant que les bars tournent,  les multinationales se font de l’argent. La question n’est pas de savoir si on a des industries ou pas, puisqu’elles existent.  Moi-même J’ai un label qui pèse plus de dix millions, ALPHA BETTER RECORD pèse combien ?  EMPIRE COMPANY pèse combien ? BIG DREAMS pèse combien ? C’est une industrie qui existe, elle est en construction, on est en train de faire tout pour qu’elle grandisse. La question maintenant est ; est-ce que les multinationales gagnent de l’argent  avec ces chansons ? Est-ce que l’argument de vente, ce sont les chansons  camerounaises, Oui ou non ? Ils vendent leurs produits, et si on meurt ils gagnent quoi ? Eux ils gagnent quoi ? Si on gagne plus il produise plus, pourquoi ils veulent nous empêcher de produire plus ?  Il dise qu’il n’y a pas d’industrie, qu’est ce qu’ils vont faire, au lieu de créer une industrie locale qui leur permettra de gagner plus il préfère investir sur  une industrie étrangère qui leur permettra de perdre plus ? On n’a pas besoin d’avoir BAC + 100  pour comprendre cela. Lorsqu’on déplace quelqu’un de la France avec vingt personnes, rien que le billet d’avion on est au moins à vingt millions sans le cachet.

Maahlox

Au niveau local, développer  l’industrie  musicale camerounaise va permettre que les artistes soient plus crédibles  encore, et qu’on les paye encore, et qu’on dépense moins. Vous pensez que déplacer vingt personnes  de Yaoundé pour Douala, c’est la  même chose que déplacer vingt personnes  de Paris pour Yaoundé ? Arrêtons aussi mon frère. On n’a pas besoin de faire l’économie pour comprendre tout cela. C’est de la malhonnêteté.  Nous sommes une  branche importante, c’est autour de nous que tout ce business tourne, et tu vois que si nous on meurt, l’industrie va continuer à tourner comment ?

 Alors Maahlox,  Est-ce que vous militez finalement pour la fermeture de nos frontières aux artistes étrangers ?   

 Je ne demande pas qu’on ferme les frontières, mais je sais qu’on est entrain d’arriver à ça ; parce que moi j’ai dit une chose,  hier l’entreprise UCB a montré qu’elle est à l’écoute de notre  problème. Elle allait faire venir  le chanteur Hiro  pour pouvoir représenter la bière  100% camerounaise et fière de l’être, devant Salatiel. Salatiel demandait 3 millions, on  lui a dit  non pour aller payer des dizaines de millions à Hiro et à toute son équipe de la France pour représenter cette bière, est-ce que c’est normal ? Ce n’est pas normal ?  Mais ils ont  fini par écouter et on payé Salatiel. On sait que d’ici décembre,  les multinationales vont inviter tous les artistes internationaux au Cameroun pour se partager le butin ; de l’argent  qu’ils  ont pris dans les poches des camerounais à cause de la musique camerounaise. C’est là qu’on va savoir vraiment si les multinationales veulent vraiment  que les artistes camerounais développent leur industrie ou pas. C’est là qu’on saura  la suite, je n’ai rien à dire, les gens vont seulement voir parce après les paroles ce sont les actes.

La suite là sera quoi Maahlox , est ce que vous allez descendre dans la rue ?

 Descendre dans la rue faire quoi ? Est-ce qu’on est un parti politique mon frère ? On est ni un syndicat, ni un parti politique, on descend dans la rue faire quoi ? C’est l’instinct de survie de l’humain qui va se dégager  il va falloir  que : soit  les artistes  étrangers mangent, soit nous on meurt de faim, soit eux ils meurent nous on vit, c’est comme ça. Il n’y a pas grand-chose à dire pour l’instant.

Donc après décembre, on va savoir si nous devons vivre et continuer à travailler, soit les artistes étrangers vont venir ici vivre  et travailler  et nous allons mourir.

Et c’est là où on va  tout savoir et la limite c’est décembre. Et les multinationales là m’entendent bien, et savent bien de quoi les gens sont capables,  parce qu’on a beaucoup de problèmes déjà au Cameroun maintenant, et on est même fatigué. Donc qu’ils ne nous  ajoutent pas  les problèmes sur les  problèmes.   A partir de décembre  là, ils vont venir faire leur manège là, amener les artistes étrangers dans le pays ci ; payez les. Mais payer nous aussi. Si vous allez les payer, vous nous payez aussi. S’ils décident de les payer et de ne pas nous payer, ça voudrait dire que ces patrons des multinationales demandent   ouvertement aux artistes camerounais d’aller mourir pour que les autres avancent. Et comme nous ne voulons pas mourir pour que l’industrie musicale étrangère se développe avec notre argent, ils vont savoir ce que s’est.

Votre combat semble trouver le soutien des autres figures et même des pairs de la musique camerounaise. Et ça fait votre fierté.

Ce n’est pas mon combat, c’est le combat de tous les camerounais, tous les camerounais qui achètent les produits, qui mettent le crédit, qui boivent  la bière. C’est leur argent qu’on envoie à l’étranger, c’est leur argent qui part tous les jours dans les poches des  artistes  étrangers. On met leur argent dans les mallettes on envoie ça à l’étranger,  ils sont comme ça.  Ils sont là au Cameroun ils ont les problèmes, ils consomment  les produits, ils font les efforts mais on prend leur  argent, on met  dans les mallettes, on donne aux gens qui sont dans les pays qu’on  ne connait même pas. Si on me donne l’argent je ne dépense pas tous ça à Douala et Yaoundé ca fini ? On veut que j’amène ça ou ? Quand on donne ça aux nigérians ils mangent ça ou ?  Le camerounais voient où ça part ? Sentez-vous concernés par ce combat.

Luc NGATCHA

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CULTURE & SOCIÉTÉ

Alain Foka: « On a ici des journalistes spécialistes de la méchanceté et qui disent des choses sans jamais les vérifier »

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Alain FOKA, l’une des plus grandes figures africaines du journalisme, fierté Camerounaise et producteur de référence sur RFI (Radio France Internationale) notamment des célèbres « Archives d’Afrique », est venu encourager l’équipe de votre ABK Radio. Le temps de ce riche séjour dans les locaux de la fréquence Utile et Agréable, il s’est livré au micro de Mireille CHIMI.

ABK: Alain FOKA Bonsoir et bienvenue dans les locaux de ABK Radio !

  Alain Foka: Bonsoir Mireille, l’immense plaisir est pour moi.

On vous a senti un peu impressionné par l’accueil du personnel. Vous attendiez-vous à ce déploiement  ?

NON ! Je ne m’attendais pas à ce déploiement, évidemment. Puisque je ne me suis jamais senti aussi important que cela. J’ai été très flatté de voir que des jeunes confrères que vous êtes, m’ayez accordé cet accueil qui pour moi n’est pas justifié. Mais bon, j’en suis heureux.

Qu’est ce qui justifie votre présence au Cameroun à l’heure où les contestations et crises politiques s’amplifient?

Je suis en vacances chez moi. Même si je porte un autre passeport, je suis à la maison ici. Tous les camerounais, ceux qui s’agitent sur les réseaux sociaux voudraient que je parle de ce qui se passe ici. Moi je suis journaliste, je ne suis pas militant ou autre. Ce qui se passe ici m’attriste en tant que camerounais évidemment ! Mais, ça ne m’éloigne pas de mon métier de journaliste. Je dis les choses, je dirai toujours les choses, mais je n’ai pas envie de prendre partie. Si on veut que je dise qu’il y a une mauvaise gouvernance au Cameroun, on ne m’a pas attendu pour dire cela. C’est un fait, tout le monde le voit. Maintenant si on veut que les gens débattent… Je cherche à faire débattre les gens sur mon antenne autant que je peux.

Si on veut dire que les choses vont mal, c’est un fait aussi, tout le monde le voit. Est-ce qu’on a besoin que Foka le dise pour que ça change quelque chose ?

Le pays où c’est le plus difficile d’organiser un débat, c’est le Cameroun.

J’ai la chance d’avoir travaillé sur la plupart de ces pays-là, mais pour pouvoir ramener les différentes parties sur un plateau à l’étranger, c’est un peu compliqué. Puis, les meilleures journalistes sont ici, ils disent déjà les choses mieux que moi, ils n’ont pas besoin de moi.

  Vous avez rencontré Alex Siewe, je suppose que ça fait longtemps que vous ne l’avez pas vu, quel sentiment ?

  J’ai été plutôt impressionné, parce que la relation avec Alex Siewe est ancienne et très ancienne. J’ai été un tout petit peu le grand frère d’Alex pendant longtemps. Je suis le parcours d’Alex depuis assez longtemps, je pense que je ne le vexerai pas en disant que j’y ai un petit peu participé. Donc, je suis content qu’il ait encore pris la décision de partir d’une grosse boite, pour se lancer dans une aventure média, à un moment où c’est très critique, où il fait le choix de créer quelque chose qui est un peu particulier, et qui devrait exister dans la plupart des médias, c’est de créer un comité éthique, avec des personnalités de ressources, des personnalités de valeurs qui vont regarder un peu ce que vous dites ici, en disant, on ne doit pas sortir de la ligne éditoriale, on ne doit pas traverser la ligne rouge. C’est important dans notre métier, parce que ça va un peu dans tous les sens.

On a ici des journalistes qui sont spécialistes de la méchanceté, et qui disent les choses sans jamais les vérifier.

Je pense que c’est une bouffée d’air dans cet environnement un peu pollué, où les réseaux sociaux sont devenus l’endroit de toutes les attaques personnelles. Quand on connait son histoire, on sait où on va.

Mon challenge pendant les 27 dernières années, a été de faire connaitre l’histoire méconnue de notre Afrique, l’Afrique contemporaine.

J’ai le sentiment d’avoir un tout petit peu fait bouger les lignes, puisque je vois de plus en plus des jeunes qui se lancent dans ce domaine-là.

Un dernier Mot à la jeunesse camerounaise…

Je n’ai rien contre les réseaux sociaux, mais je veux juste faire remarquer que, vous aurez vu ceux qui ont créé les réseaux sociaux dire qu’ils n’y envoient jamais leurs enfants, jamais ! Et que c’est la chose qu’ils interdisent le plus. Çà peut changer en bien ou en mal un pays, mais il faut que ce soit règlementé. Ça ne doit pas être un défouloir, et ce n’est pas le lieu où on part faire ses études. Les réseaux sociaux, c’est bien… Mais ça peut être un réel danger. C’est tout ce que j’ai envie de dire aux jeunes : Vivez la vie réelle, ne vivez pas la vie virtuelle. La vie virtuelle a beaucoup de limites.

Mireille CHIMI  (Transcription: Nadine Guiadem)

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