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NKOU MVONDO: « Si mon père me gifle je ne peux pas répliquer. Quel que soit ce que j’ai fait à Cabral, il n’a pas le droit de m’insulter »

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Entretien avec le Pr NKOU MVONDO, Président du parti UNIVERS

Bonjour et Bienvenue sur ABK radio Pr Nkou Mvondo

Pr NKOU NVONDO: Bonjour et merci de me permettre de répondre à vos questions, toute chose qui permet d’éclairer l’opinion publique nationale et internationale.

Professeur avez-vous écrit cette lettre qui est explosive et qui anime l’actualité depuis soixante-douze heures Cameroun?

Je vais répondre comme on le fait chez les militaires, AFFIRMATIF !!!

Quel est l’esprit de cette lettre professeur Nkou Mvondo?

Cette lettre a été écrite sous la forme publique, parce qu’elle ne s’adresse pas seulement à mon partenaire Cabral Libii. Cette lettre s’adresse aussi à tous les membres de Onze Millions de citoyens qui ne cessent de couvrir opprobre le professeur que je suis. Toutes les injures allant jusque dans mes parties qui se trouvent en dessous de la ceinture. Cette lettre est aussi publique parce qu’elle s’adresse à la communauté nationale, elle s’adresse à tous les citoyens camerounais. Il est important que chacun sache que lorsqu’on a donné sa parole, il est important que même sur le plan moral simplement, qu’on puisse la respecter. C’est la première raison.

La deuxième raison vient de ce qu’il était important pour moi de me défendre contre l’accusation assez grave. Parce que Monsieur Cabral Libii, dans une publication qu’il a faite et qui a circulé dans beaucoup de réseaux sociaux, et bien d’autres circuits internet dans laquelle il dit qu’ «il est bon que je vous prévienne d’une chose afin que chacun commence à  prendre ses dispositions. Le Sous-préfet de Banguè a été convoqué au MINATD avec tous les documents que je lui ai donnés. Une réunion s’est tenue en présence de Nkou Mvondo; il faut me convaincre de rejoindre le parti Univers. Ils veulent tous faire annuler les résolutions du congrès de guidiguis, tous veulent corrompre les anciens dirigeants du parti, ils veulent remettre en cause, la légalité du PCNR si nécessaire ». Il m’accuse donc d’être un comploteur. Ce qui est très grave pour l’éducateur que je suis, pour l’enseignant d’université que je suis. Me retrouver comme comploteur, comme conspirateur contre Cabral Libii ? Il était donc question que je fasse cette mise au point. Autre chose qui m’a amené à revenir sur la convention, c’est qu’intervenant sur un plateau de télévision, en compagnie de Monsieur Armand Okol, celui-ci, lorsqu’on lui passe la parole, déclare qu’il est candidat à l’élection législative au niveau de la région de l’Est. Je prends également la parole et quand je finis mon propos, je fais une virgule relativement au propos de M. Okol, et je lui dis mais M. Okol, lorsque vous annoncez que vous irez à l’élection pour le compte de PCNR, vous semblez perdre de vue que le 11 Décembre 2017, vous avez passé un accord avec le parti UNIVERS et que, cet accord vous oblige à être candidat pour le parti UNIVERS.  Comme nous avons commencé avec Cabral Libii pour l’élection présidentielle, est-ce un délit que de rappeler à son partenaire qu’on a une relation contractuelle ? Est-ce que cela mérite qu’on reçoive des injures, qu’on soit traité de tous les noms d’oiseaux sauvages ? Qu’on estime que le parti UNIVERS est un petit parti, qui ne vaut rien, qui ne vit que grâce à Cabral Libii ? Que c’est grâce à Cabral que le parti UNIVERS existe ? Que c’est grâce à Cabral Libii que le Pr Nkou Mvondo existe ? Voilà les raisons qui m’ont amené à sortir de mes gonds, et à faire une lettre publique. Non sans vous dire que j’ai tenté depuis très longtemps, depuis le mois de février de rencontrer mon fils pour qu’on en discute ensemble. Mon fils est arrivé à Ngaoundéré, il n’a même pas cru utile de me passer un coup de téléphone pour me dire que je suis à Ngaoundéré chez toi mon père. Par contre, il a réuni le directoire du parti UNIVERS à Ngaoundéré pour leur proposer de m’évincer du poste leader du parti, et de l’y placer. N’est-ce pas normal que je puisse réagir et recadrer mon fils parce que c’est un humain au-delà des qualités qu’on peut lui reconnaître ? C’est un humain et un humain a besoin de recadrage, mais cela a pris toute une autre dimension. ça va dans tous les sens et je le dis pour le regretter. 

Qu’est-ce qui a vraiment changé M. NKOU MVONDO ?

Quand j’écris la lettre, c’est parce que tout être humain à des qualités et des défauts. Si en une personne on retrouve pas à la fois des défauts et des qualités alors c’est que nous avons à  faire à un ange. Et moi, je ne crois pas à l’existence des anges, je crois à l’existence des êtres humains sur terre, chacun ayant ses qualités. Ce n’est pas parce que quelqu’un a commis une faute et que je lui reproche des fautes de diffamation que cela réduit les qualités qui sont celles de Monsieur Cabral. Je retiendrai toujours de Cabral et l’histoire du Cameroun le retiendra, qu’il a été ce jeune  courageux, qui s’est levé un matin et a dit : « Jeunesse camerounaise, levons nous ! Ce pays est aussi le nôtre. Je ne demande pas à être Conseiller Municipal, je ne demande pas à être Maire, je ne demande pas à être Ministre. Je demande à être Président de la république. »

Moi je suis un formateur et j’ai de l’admiration pour ceux que je forme et qui ont de l’ambition. Je travaille beaucoup plus avec les étudiants qui ont de l’ambition, et c’est ça qui me séduit le plus. Vous comprenez alors pourquoi mon ami Cabral, le citoyen, m’a surpris de par son courage. Lorsqu’il m’a rencontré, je lui ai demandé s’il était vraiment sérieux, et il m’a dit : « ça me vient vraiment du cœur. » Je préfère sacrifier le candidat que le parti UNivers avait déjà pressenti pour être investi à l’élection présidentielle et je positionne un jeune, parce qu’on a besoin d’un renouvellement en politique. Mais il peut aussi arriver qu’après, on découvre un certain nombre de choses que je n’avais pas au départ, et vous comprenez que le recadrage sera nécessaire. J’essaye de dire que je ne suis pas un ange, j’ai aussi des défauts et je ne suis qu’un être humain. Alors, n’a-t-on pas le droit d’être déçu ? Je n’ai jamais dit que qu’il a rencontré deux partis politiques ou bien qu’il ne peut rencontrer le RDPC qui a son candidat naturel. Il a rencontré les 22 partis politiques qui remplissaient et qui remplissent encore aujourd’hui les conditions pour investir un candidat, nous ne sommes que 22 .Vous savez Monsieur, j’ai du mal lorsqu’on veut nous faire croire que c’est Cabral qui fait découvrir le parti Univers. Détrompez-vous !!! Au moment où Cabral intègre le parti Univers, ce parti est classé 14e  parti politique au Cameroun sur près de 300 partis politiques après quelques jours d’existence. Ce parti a été le seul parti de l’Afrique centrale, à être invité à la convention  démocrate en 2016. C’est ceux-là qui découvrent la politique avec Cabral. J’étais Conseiller Municipal depuis 2002, et Adjoint au Maire depuis 2007.  Mais de quoi parle-t-on ? Que les gens arrêtent ce genre de choses. N’est-ce pas de la vantardise ? Vous pensez que quand on découvre qu’au moment où il passait sa convention avec nous, il avait préparé son coup c’est-à-dire qu’il n’aura plus besoin du parti Univers, puisqu’on a reporté les élections municipales et législatives.

Est-ce que le Parti Univers est un bon débarras pour vous ?

Aujourd’hui, je peux le dire, c’est-à-dire que s’il décide de partir, mais bon débarras !!! Parce que je suis attiré aujourd’hui par une jeunesse. Mais ce n’est  pas une malédiction lorsque les jeunes insultent un vieux ?. Moi, si mon père me gifle, je ne peux pas, quel que soit le tort, rendre cela.

Quoi que je fasse à Cabral, il n’a pas le droit de m’insulter. Il n’a pas le droit de laisser ses partisans me menacer. Un collaborateur m’a envoyé un message sur Whatsapp en disant que prof, comme vous voulez détruire la carrière de Cabral, je me charge de vous détruire.

Quand vous parlez de très proche de Cabral Libii, est ce que vous voulez parler d’Armand Okol ?

Non ! Le message n’est pas d’Armand Okol. Si vous voulez parler de nomination ce n’est pas Armand Okol. Contrairement à ce qu’on dit, c’est un garçon très vif. A mon avis, c’est un garçon très respectueux. Je n’ai rien à reprocher à Armand Okol. Il est ce qu’il est, il n’est non plus un ange mais je vous ai dit je reproche des choses à Monsieur Cabral Libii qui m’a traité de comploteur, qui m’a traité de corrompu. Et sur le plan juridique, je lui reproche d’avoir violé la convention en ce sens que dans la convention, il est dit qu’avant d’entreprendre quoi que ce soit pour les élections, nous devons nous concerter préalablement.  Des dépenses ont été faites sans qu’il n’y ait de concertation entre nous. Chaque fois, qu’il s’agisse même de la moindre dépense, je m’en suis d’abord référé à mon partenaire contractuel en demandant qu’est-ce qu’on fait ?

Pr Nkou Mvondo, est-ce que vous voulez passer un message à M. Cabral Libii ?

Je veux dire à mon fils, qu’il est en ce moment, Président d’un parti politique dénommé les Réconciliateurs. Mais qu’il ressemble au moins au nom de son parti les réconciliateurs !!! On ne peut pas y être, sans qu’on appelle les camerounais à la réconciliation. Quand on est le premier à mettre le feu et à ne pas aller vers son ainé que je suis, à fuir son ainé, j’attends donc que Cabral Libii m’appelle et qu’il me dise arrêtons donc tout ça. Je viens à vous, je viens a Ngaoundéré pour qu’on en discute. Peut-être que je viendrai à Yaoundé pour lui faciliter la tâche, mais qu’il vienne vers moi, pour qu’on parle à deux, comme on a souvent l’habitude de faire. Parce-que je vais vous dire que cela a toujours été une affaire de café. Et nous nous sommes retrouvées plusieurs fois à deux. Je vais vous rappeler les endroits où on a causé en profondeur. La première fois, c’était dans un restaurant au quartier Fouda à Yaoundé. La deuxième fois où on a causé avec beaucoup de profondeur,  c’était à l’agence touristique de Douala. Qu’il se souvienne de ces moments-là, et qu’il revienne. S’il veut qu’on aille encore à ces endroits là pour parler de ça, je veux bien. Et s’il ne veut pas, moi je serai appelé à me défendre continuellement.

Vous avez dit tout que Monsieur Cabral Libii est devenu un roublard, et vous l’accusez de toutes sortes de maux : qu’il n’entend plus, qu’il fait la sourde oreille. D’ailleurs, vous avez essayé plusieurs fois de le rencontrer, ça veut dire que la rupture est consommée entre le mouvement onze millions et le pari Univers ?

C’est vous qui le dites ! Il y a encore un jeu juridique entre le parti Univers et le Mouvement Onze Millions. Même s’il annonce qu’il y aura rupture, pour le moment il n’y a encore rien. Mais il y a eu des violations de cette convention que j’ai déjà eu à déplorer. Ce n’est pas parce qu’il y a violation de convention que celle-ci est forcément rompue. Ils annoncent des actes qu’ils ne vont pas respecter. Mais qu’on comprenne que j’ai aussi ma liberté, que j’ai aussi le droit de me plaindre qu’une convention n’a pas été respectée.

Alors Monsieur Nkou Mvondo, certains disent que cet acharnement à l’égard de Monsieur Cabral Libii montre que sans Cabral Libii c’est la mort programmée du parti Univers.

Attendez… Le parti Univers a existé sans Cabral Libii, le parti Univers existera sans Cabral Libii. Le parti Univers est un parti politique. C’est normal que ce soit un parti qui soit en train de faire son bonhomme de chemin. Moi-même j’avais été candidat aux élections présidentielles-le parti Univers aurait pu gagner- j’aurais fait ma propre promotion. De toute façon, il faut savoir que les élections présidentielles étaient déjà là, avant que Cabral Libii ne s’inscrive dans la stratégie du développement du parti Univers. Le Parti Univers est légalisé en 2011.

Pour la première étape, il fallait aller aux municipales, aux législatives, mais on n’avait pas les moyens d’aller aux législatives. Nous nous arrêtons  aux municipales, en prévoyant déjà que la loi venait de changer, et la loi change en 2012. Il faut aller aux élections municipales chercher quelques Conseillers, et le parti Univers se met à chercher un candidat. Cabral Libii connait très bien le premier candidat que le parti Univers devait présenter et c’était pour sa promotion que nous avons accepté de mettre à l’écart ce candidat qui lui aussi aurait pu permettre la promotion et le développement du parti Univers. Etant donné que le moment des élections présidentielles était bien le moment important de promotion du parti. Il y en avait que 9 ! Figurez-vous, tous les partis qui allaient se présenter bénéficiaient de toute de cette promotion. Si ce n’était pas Cabral Libii un autre aurait permis au parti de sortir de son siège pour Adamaoua. Ces élections présidentielles permettent à tous les partis politiques de se faire connaitre sur toute l’étendue du territoire nationale et à l’étranger. C’est Cabral Libii qui a eu besoin de nous, nous n’avons pas eu besoin de Cabral Libii.

Est-ce que ce n’est pas l’affaire d’argent qui divise aujourd’hui les acteurs du parti Univers et du mouvement onze million ? Parce que Cabral Libii l’a bien dit, et vous l’avez dit, les 15 millions de FCFA donnés comme première partie pour accompagner la campagne électorale, ont été divisés. Mais où en est la deuxième somme de 15 millions que vous avez récupérée, et de ce qui a été donné après ? Cabral Libii et les membres du bureau ont bien dit qu’ils ne savent pas ce qui a été fait de cet argent.

Monsieur le journaliste, vraiment je me pose la question à moi-même. Est-ce que le financement public du parti politique n’est pas une affaire publique ? Est-ce que les montants ne sont pas connus ? Si on ne connait pas les montants, il suffit de s’en remettre au code électoral. Monsieur Cabral est tellement intelligent et c’est un juriste. Il sait que la deuxième tranche ne peut pas  être 15 Millions, parce que lorsqu’on prévoit 30 Millions, le code électoral les prévoit en deux tranches. Prenez 30 et la moitié, c’est-à-dire 30 divisés par 2. Pour avoir les 15 autres Millions, il faut avoir été élu à 100 %. Mais personne n’a donc eu 100% pour mériter les 15 Millions. Les 15 Millions de deuxième tranche sont attribués aux proratas du suffrage du pourcentage qu’on n’a obtenu. Donc, même le RDPC avec Monsieur Biya n’a pas eu 15 Millions.

Et concernant l’argent que la diaspora a cotisé pour accompagner la campagne de Cabral Libii, est-ce que vous avez été impliqué dans la gestion de ces fonds ?

Permettez-moi d’en finir avec l’argent. Le parti Univers garde une somme qui avoisine les 7 Millions.  Cet argent-là est dans le compte du parti Univers. Monsieur, je suis quand même un Enseignant d’Université. Je fais des consultations à l’étranger. Pour une consultation de 30 minutes, je gagne 8 Millions de francs CFA par mois. Vous pensez vraiment que je suis à 5 ou 7 Millions prês ? Je gagne combien par mois en tant que fonctionnaire ? Un haut fonctionnaire ? C’est ce qu’on appelle la poubelle. Mais mon Dieu ! Vous pensez que je suis en train de lutter pour ma richesse et la fortune matérielle ? Ma richesse c’est cet enfant que je forme. Tiens ! Je peux me vanter d’avoir formé des ministres dans ce pays. Je peux me vanter d’avoir formé des gouverneurs dans ce pays. Je peux me vanter d’avoir formé en ce moment près de 40 sous-préfets. Je peux me vanter d’avoir formé des préfets aujourd’hui. Mais mon Dieu qu’on arrête un peu ça. Ma richesse c’est ça ! Ce n’est pas des immeubles construits. Ce n’est pas des grosses voitures. Ce n’est pas des petits financements des partis politiques. Cet argent est dans le compte du parti Univers en attendant la poursuite de la convention qui doit s’achever avec l’élection municipale et législative. On a donc besoin d’argent pour ça. Vous parlez de 7 millions, est-ce que vous savez combien nous avons budgétisé si jamais nous avons assez d’élus ? Nous sommes à plus de 100 Millions de Francs CFA en termes de caution seulement. Mais vous me parlez de 7 Millions que j’ai reçus. Mais C’est du sketch ça !!!

Cabral Libii avait fait entendre qu’il n’était pas au courant de ce montant de 7 Millions de francs CFA récupérés…

Non Non !!! Permettez-moi de vous dire que c’est Monsieur Nyet qui au mois de janvier m’informe.  Nyet qui est son plus proche collaborateur, qui m’appelle au téléphone et me dit : « Nkou, vous êtes là-bas, je suis au ministère, on me dit qu’on a viré… ». C’est l’équipe de Cabral qui m’informe que l’argent est disponible et je dis okay, je suis en deuil, on va voir ça après. Mais mon Dieu ! Il n’est pas au courant de quoi ? Ce n’est pas rendu public ? Puisque c’est rendu public, le financement est rendu public. Donc, tout le monde est censé savoir combien on a retiré à cette date. Et je dis encore que si on ne le sait pas, il suffit de lire le code électoral pour savoir que lorsqu’on a eu 6%, on sait à peu près combien on mérite dans le pourcentage de 7 Millions. Moi je sais combien le RDPC a reçu. Il suffit de faire le calcul. Je sais combien le MRC a reçu. Je n’ai pas besoin de dire. Je prends le code électoral. Je fais les calculs. À partir des pourcentages sur les 15 Millions de cette tranche, je vois ce que le MRC a reçu; je sais ce que l’UDC a reçu; je sais ce que tous ces partis-là ont reçu. On n’a pas besoin d’être sorcier pour cela.  Qu’on cesse de prendre les citoyens camerounais pour des personnes qui ne comprennent rien.

Dites-nous, est-ce que vous allez trainer Cabral Libii en justice s’il venait à ne pas respecter, ou s’il persistait à violer les accords comme vous l’avez dit, signés avec le parti Univers le 11 décembre 2017 ? Est-ce que vous allez traîner Cabral Libii en justice ?

Mais pourquoi ? On va en justice parce qu’on a un problème qu’on n’arrive pas à résoudre. Vous m’avez demandé tout à l’heure de faire un appel à Cabral n’est-ce-pas ? Je le fais. Merci pour cette passe. Mais on va en justice parce qu’on a un problème qu’on n’arrive pas à résoudre à l’amiable. Moi je suis un enseignant de justice et des institutions et j’enseigne qu’il vaut mieux un mauvais arrangement qu’un bon procès.

Je vous repose la question. Si vous n’arrivez pas à résoudre ce problème à l’amiable, est-ce que vous allez donc trainer Cabral Libii en justice ?

Mais ce que moi, Nkou Mvondo je vous conseille, quand vous avez un problème avec un citoyen, et que vous n’avez pas pu le résoudre à l’amiable, qu’est-ce que vous faites ? Vous prenez le gourdin ? Vous prenez le couteau ? Mais c’est une attitude citoyenne Monsieur !!!  C’est-à-dire que lorsqu’il ne pourra pas se résoudre, je vais saisir les juridictions. Voilà une attitude citoyenne ! Vous voulez qu’on aille à central bar crier ? Vous voulez qu’on fasse toutes les régions du Cameroun ? Vous voulez qu’on prenne les armes comme ceux qui sont fâchés et qui réclament être des ambazoniens ? Non !!! J’enseigne que lorsqu’on a un problème qu’on n’a pas pu résoudre, eh bien, la voie la plus appropriée pour résoudre un problème dans une République, dans un État de droit, c’est de saisir les juridictions de son pays.

Merci beaucoup professeur Nkou Mvondo. L’on retient que dans les jours à venir on va inscrire au rôle: « Affaire Cabral Libii – professeur Nkou Mvondo ».

par Luc Ngatcha

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Maahlox:  »Il y a plusieurs artistes talentueux au Cameroun, mais on ne valorise que les artistes étrangers »

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Maahlox le Vibeur est l’un des rappeurs le plus populaire, influent et prolifique du milieu musical urbain camerounais. Une véritable machine à succès, avec des tubes à l’instar du titre  ‘’ça  sort comme ça sort’’. Il est notre invité et avec lui nous parlons du traitement des artistes camerounais par les organisateurs d’évènements notamment les multinationales qui selon lui traitement les artistes du 237 comme ceux de seconde zone.

Bienvenue sur ABK Radio  Maahlox, pourquoi êtes-vous en colère en ce moment ?

Ce qui me met ma colère c’est la malhonnêteté intellectuelle et le mépris des multinationales aux artistes camerounais et en particulier, aux artistes urbains qui les font gagner les milliards et les millions chaque jour,  mais Ils ne sont même pas capables de développer leur univers musical pour leur permettre de vivre décemment, et continuer à gagner cet argent.

Vous avez  lancé une opération contre l’impérialisme culturelle orchestré par ces promoteurs culturels  qui méprisent les artistes camerounais ? C’est quoi l’objectif de cette opération ?

En fait j’ai lancé un appel au bon sens des humains qui sont encore là, qui consomment ces produits là et écoutent la musique camerounaise,  qui veulent le bien des artistes. Ces patriotes  qui dépensent leur argent tous les jours pour acheter  les produits de ces multinationales dans l’espoir qu’ils utilisent cet  argent pour développer le pays. Au final, on ne voit pas les actions concrètes de ces multinationales. J’ai lancé un appel aux bon sens et au patriotisme  pour que les gens s’en rendent  compte , se réveillent , parce que, quand je disais dans mon direct que je ne parle pas de musique mais d’économie, c’était pour amener les gens à comprendre que l’industrie musicale est en train de se développer au Cameroun et  il faut savoir que c’est beaucoup d’argent que les camerounais perdent chaque jour, chaque année à cause de ces cachets faramineux qu’on donnent aux artistes étrangers pour qu’ils aillent développer leurs différents pays. C’est ce que j’ai voulu montrer. En réalité, l’industrie musicale et du divertissement au Nigéria c’est plus de cinquante pourcent du PIB national et partout dans les autres pays ça se passe comme ça.

Maahlox

Au Cameroun aujourd’hui on n’a énormément d’artistes, des réalisateurs talentueux, on a énormément de graphistes, danseurs, musiciens talentueux qui peuvent structurer et qui ont déjà montré de la volonté à participer à l’économie de leur pays en créant des entreprises et des labels de musiques  mais pourquoi ceux qui bénéficient à plus de quatre-vingt-dix  pourcent des revenues de la musique  ne sont pas capable de payer convenablement les artistes ?

Maahlox, vous lancez également une pétition pour que  l’argent des camerounais restent dans les mains des camerounais et que nos artistes soient rémunérés à leur juste valeur.

Oui bien sûr ! J’ai eu la chance au travers de ma musique de faire le tour du monde ; pas une fois pas deux fois, j’ai pu tourné et allé dans les autres pays. J’ai pu voir comment ça se passe.  C’est une réalité et un fait, le Nigéria est un pays  totalement fermé culturellement parlant. Le Congo, la Côte d’Ivoire pareil ; ne parlons même pas des pays du Maghreb.

Aujourd’hui on doit tenir compte de ces réalités ; au Cameroun on perd de l’argent quand les artistes ne sont pas valorisés.

L’artiste musicien quand on le voit on ne voit que ces chansons, sa musique  mais en réalité quand on le regarde bien il y’a tout un nombre d’étiquette qui sont collées sur lui. Pour qu’un artiste fasse une chanson qui marche, il y’a plusieurs paramètres qui entrent en jeu. Il y’a la main du chorégraphe, du réalisateur,  de l’ingénieur de son, du danseur, il y’a mille et une personne qui participent à cette réussite ainsi que la main des médias qui est majoritaire sinon comment on ferait pour communiquer sur nos musique ? Comment le peuple ferait  pour connaître les musiques des artistes ?  Les médias sont à plus de cinquante pour cent voir plus,  dans  l’évolution et le succès des artistes. Est ce que vous vous rendez  compte que l’artiste qui est au-dessus de cette chaine-là  est censé abreuvé tout ce système-là  est  à la base mal payé.

Si l’artiste est mal payé, mal respecté, mal orienté, comment voulez-vous que cette chaine-là qui est tout en dessous et qui porte cet artiste comme ambassadeur puisse fonctionner ?    

J’ai fait le tour du monde j’ai vu les artistes, j’ai vu comment ça se passe ailleurs,  et j’ai pris une simple métaphore pour traduire cette situation.

Imaginez : vous travaillez et vous rationnez chez vous tous les jours mais quand vous rentrez chez vous, vous trouvez le voisin assis à votre table  en train de manger le poulet et quand vous vous assaillez Mme vous sert le Mbounga. Qu’est-ce que vous allez faire ?

Est ce que vous allez laisser le voisin continuer à venir chez vous ? Impossible. Pour régler le problème avec votre femme vous allez mettre le voisin dehors. Nous on aime la musique étrangère  et j’ai des amis artistes étrangers avec qui  je discute  de ce problème ils me disent qu’il a fallu qu’on arrive là à un moment donné dans leur pays, pour qu’aujourd’hui l’industrie des artistes soit développée et respectée. Il faut bien qu’au Cameroun, on en arrive là.

Et donc pour vous, pour que  les artistes camerounais soient surévalués, il faut que l’état ne laisse plus prospérer l’envahissement des musiques étrangères ?

C’est obligé. Si on était dans une démarche ou sur la même table,  l’artiste étranger mangeait le poulet et de l’artiste camerounais, on aurait compris que chacun a sa place, même si l’étranger mange deux poulets, ce ne serait pas vraiment un problème. Mais à un moment donné, l’écart qui est entre le poulet et le Mbouga est considérable, moi je veux donner un exemple simple. Moi Maahlox le Vibeur, c’est plus de quinze ou vingt hits qui tournent en boucle depuis plus de cinq ans  dans tous les snack bars, les bars, les boites de nuits du Cameroun un pays qui a plus 21 Millions d’habitants.  Vous pouvez imaginer le nombre de bières qu’on a bu en utilisant ma musique  comme argument d’achat de manière directe ou indirecte?  Tu connais le nombre de champagne qu’on a bu avec ma musique ? Je ne parle pas de caravane.

Je dis qu’aujourd’hui on est conscient que notre musique génère des milliards à ces multinationales, mais ils ne veulent pas bien payer les camerounais c’est de la mauvaise foi.

Comment est-ce que tu te retrouves sur la même scène avec un artiste étranger on te dit qu’il est ambassadeur de son pays, il doit défendre et développer la culture de  son pays  et on lui donne 150 millions et toi on te donne  1millions ou 2 millions. On te crée un écart de cent millions entre vous et on te demande de travailler d’avantage pour être meilleur professionnellement. Comment est-ce possible,  quand on te donne un argent qui ne te permet pas d’enregistrer en studio ou bien faire un clip ? Lui il peut rentrer chez lui et faire un clip de cinquante millions. Il peut se permettre de s’acheter un studio chez lui avec l’argent des camerounais. Vous demandez aux gens de travailler. On a travaillé sans rien, on s’est battu avec nos propres  moyens et les gens ont eu des prix. Les gars ont eu les MTV Music Awards, aujourd’hui il y’a Salatiel qui a collaboré avec  Pharell williams et Beyonce en terme de musique il n’y a pas quelqu’un qui  dépasse Beyonce dans le monde ! On a rempli le palais des sports en 30 jours sans promotion, qu’est-ce que vous voulez encore ? 

Qu’est-ce que ces gens demandent aux artistes camerounais ? Ça s’est de la mauvaise foi et de la malhonnêteté.

Notre société a un problème énorme ! Parce que  Tous les artistes font des efforts, tout le monde fait des efforts. Vous vous rendez compte, que  dans grand nombre de   snacks –bars du Cameroun on réussi à inviter les artistes locaux deux fois par mois  pour leur donner un million  pour faire vivre la culture,  parce qu’ils sont conscient  que leurs produits ne  passent pas  sans ces artistes, ils font ces efforts   , les artistes font des efforts pour accepter ces cachets-là , les réalisateurs  aussi acceptent des sommes minables pour faire des clips et ces multinationales sont les seules à gagner les milliards et  ne font aucun effort. Ils ont décidé de nous mépriser, de détruire ce qu’on construit, nos rêves bousillés, 99% de la jeunesse camerounaise   dans l’industrie musicale n’ont pas trente-cinq ans.  ils ont montré l’intérêt à développer leur pays en créant des entreprises et ces multi nationales ont décidés de mal payer nos artistes pour bien payer les artistes étrangers pour aller développer leur pays, c’est quoi ce pays-là ? Et personne ne dis rien !c’est pour que les artistes meurent ?

Maahlox c’est trop de colère dans votre voix et même dans vos mots.

Comment ne pas être en colère ? Ce n’est pas normal.  

Un camerounais logique et normal  qui écoute ce discours  doit se dire, ‘trop c’est trop’.

l’artiste camerounais n’a pas les droits d’auteur et tout le monde s’en fou. L’artiste à trois paliers de rémunération dans une société. 1- Les droits d’auteurs, 2-Le disque. On n’a pas les droits d’auteur au Cameroun on ne paye pas, le disque ne se vend pas. Le dernier palier c’est la scène, ce qu’on appelle le live. Un artiste qui ne monte  pas sur scène ne mange pas. Imaginez-vous qu’un artiste, qui monte sur scène ne mange pas, ça veut dire quoi ?  Alors qu’il rapporte des milliards.

 L’argument premier de vente des toutes les  multinationales c’est la musique camerounaise encore  plus la musique urbaine qui est en vogue aujourd’hui. Qu’est ce qu’on veut ?  Nous faisons tourner une industrie.  C’est un partenariat qu’on fait. On amène les gens, on crée l’argument mais il se serve de cet argument pour avoir de l’argent. Pensez-vous vraiment que Maahlox qui fait gagner des centaines de millions d’argent à ces multinationales depuis plus de cinq ans n’a pas permis aux multinationales de gagner plus d’argent que Tecno ne fera  jamais gagner dans ce  pays  en deux ans ?  Pourquoi on doit encore appeler Maahlox aujourd’hui, et me dire qu’on doit me payer un million en donnant soixante-dix millions à un artiste étranger pour la même scène. Pourquoi ? Vous pensez que je ne mérite pas cela ? Vous pensez que les autres artistes qui font gagner des milliards aux multinationales ne méritent pas ça ?  Aujourd’hui ils sont entrain de pousser les artistes à bout.

C’est la sonnette d’alarme que j’ai tirée, parce qu’il ne faut pas qu’on entre dans des histoires trop extrêmes. Pour que les gens se disent qu’il faut s’asseoir sur une table pour discuter par rapport ! On pousse les artistes à la mort !ils doivent devenir des mendiants ! Un artiste produits des milliards mais il n’as pas de scène, il ne mange pas, il meurt de faim.

 À un moment donné c’est une question de survie, surtout quant il est conscient qu’il rapporte des milliards aux grandes entreprises, mais il est couché chez lui. C’est l’être humain qui est en lui qui déclenche  son instinct de survie. Son enfant ne va pas à l’école,  il ne peut pas amener son enfant à l’hôpital, il n’arrive pas à payer le loyer, il a encore son rêve qu’il veut développer, il y’a encore une petite qui compte sur lui pour développer leur rêve , lui il est là, il a faim et il est conscient que son travail aide les gens à  avoir des avantages de services , des augmentations de salaires , à aller passer les vacances en France alors que c’est avec son travail qu’on mange cette argent-là.

A un moment donné, l’être humain craque. Il n’en peut plus,  il est capable de poser des actes désespéré, moi je vous dis la vérité  et je vous montre la société tel quelle est. Tout le monde sait que je suis un gars du quartier je suis en bas et je vois tous ce qui se passe. Les gens  en ont marre et  si les multinationales veulent que ça pète ça va péter.

Les artistes n’arrivent plus à supporter. J’ai entendu les gens dirent c’est un contrat, il a le choix  il  peut laisser.  Il laisse pour faire quoi ? Qui va le nourrir ? Les artistes n’ont plus le choix ! Ils n’ont plus rien, tout est bloqué et les multinationales ont bien compris ça mais donne à nos jours deux cents mille à l’artiste camerounais en disant, si  tu ne veux pas tu  laisses. Il laisse et il fait comment ? S’il a un problème, comment il va gérer ? Et on sait qu’ils n’ont pas le choix,  ils vont rentrer à la maison faire comment ?  

Ils prennent les artistes comme les animaux, ils doivent s’attendre à une riposte, à des conséquences.

Quand vous poussez les hommes au désespoir à un moment donné ils vont poser des actes délibérés et ça commence toujours comme ça. Vous avez les moyens de tout arranger faites-le et bien.

Maahlox le Vibeur quels sont quelques cas pratiques à propos des minables  cachets de scènes offerts aux artistes locaux à leur détriment, en faveur des étrangers invités par les promoteurs locaux et  multinationales ?  

Moi j’ai dit que si  la musique urbaine camerounaise en particulier sert d’argument de ventes de manière directe ou indirecte  et génère des milliards  aux multinationales qui ne vont pas nier,  je demande qu’il y ait une réévaluation à la hausse  des cachets des artistes camerounais lorsqu’ils se retrouvent sur la même scène que les artistes internationaux. Je comprends que les bars et les snack-bars  n’ont pas d’argent, ils appellent les artistes et leur  donnent cinq cent mille ou un million ça se comprend. Mais quand on décide de sortir sept cents ou bien huit cents millions pour organiser un évènement  grand public  avec les artistes internationaux et qu’il y a une demande des artistes camerounais sur cette scène,  il faut les payer normalement et ce sont des évènements qu’on organise une fois ou trois fois par an. Qu’est ce qui coute aux multinationales de payer une, deux  ou trois fois par an les artistes camerounais qu’on invite  sur une scène.

 Alors Maahlox ces multinationales disent en réplique, que les artistes camerounais n’ont pas réussi à créer une véritable industrie autour d’eux et ne mobilisent pas assez.

Ils ne gagnent pas l’argent ? Qu’est-ce qu’ils appellent industries mon frère. Je vous ai demandé  si vous savez le nombre de bières que les gens ont déjà bues en se servant  des chansons de Maalhox comme argument de ventes  dans ce pays ? Tant que  les chansons de Maahlox sont dehors ; les bars tournent. Tant que les bars tournent,  les multinationales se font de l’argent. La question n’est pas de savoir si on a des industries ou pas, puisqu’elles existent.  Moi-même J’ai un label qui pèse plus de dix millions, ALPHA BETTER RECORD pèse combien ?  EMPIRE COMPANY pèse combien ? BIG DREAMS pèse combien ? C’est une industrie qui existe, elle est en construction, on est en train de faire tout pour qu’elle grandisse. La question maintenant est ; est-ce que les multinationales gagnent de l’argent  avec ces chansons ? Est-ce que l’argument de vente, ce sont les chansons  camerounaises, Oui ou non ? Ils vendent leurs produits, et si on meurt ils gagnent quoi ? Eux ils gagnent quoi ? Si on gagne plus il produise plus, pourquoi ils veulent nous empêcher de produire plus ?  Il dise qu’il n’y a pas d’industrie, qu’est ce qu’ils vont faire, au lieu de créer une industrie locale qui leur permettra de gagner plus il préfère investir sur  une industrie étrangère qui leur permettra de perdre plus ? On n’a pas besoin d’avoir BAC + 100  pour comprendre cela. Lorsqu’on déplace quelqu’un de la France avec vingt personnes, rien que le billet d’avion on est au moins à vingt millions sans le cachet.

Maahlox

Au niveau local, développer  l’industrie  musicale camerounaise va permettre que les artistes soient plus crédibles  encore, et qu’on les paye encore, et qu’on dépense moins. Vous pensez que déplacer vingt personnes  de Yaoundé pour Douala, c’est la  même chose que déplacer vingt personnes  de Paris pour Yaoundé ? Arrêtons aussi mon frère. On n’a pas besoin de faire l’économie pour comprendre tout cela. C’est de la malhonnêteté.  Nous sommes une  branche importante, c’est autour de nous que tout ce business tourne, et tu vois que si nous on meurt, l’industrie va continuer à tourner comment ?

 Alors Maahlox,  Est-ce que vous militez finalement pour la fermeture de nos frontières aux artistes étrangers ?   

 Je ne demande pas qu’on ferme les frontières, mais je sais qu’on est entrain d’arriver à ça ; parce que moi j’ai dit une chose,  hier l’entreprise UCB a montré qu’elle est à l’écoute de notre  problème. Elle allait faire venir  le chanteur Hiro  pour pouvoir représenter la bière  100% camerounaise et fière de l’être, devant Salatiel. Salatiel demandait 3 millions, on  lui a dit  non pour aller payer des dizaines de millions à Hiro et à toute son équipe de la France pour représenter cette bière, est-ce que c’est normal ? Ce n’est pas normal ?  Mais ils ont  fini par écouter et on payé Salatiel. On sait que d’ici décembre,  les multinationales vont inviter tous les artistes internationaux au Cameroun pour se partager le butin ; de l’argent  qu’ils  ont pris dans les poches des camerounais à cause de la musique camerounaise. C’est là qu’on va savoir vraiment si les multinationales veulent vraiment  que les artistes camerounais développent leur industrie ou pas. C’est là qu’on saura  la suite, je n’ai rien à dire, les gens vont seulement voir parce après les paroles ce sont les actes.

La suite là sera quoi Maahlox , est ce que vous allez descendre dans la rue ?

 Descendre dans la rue faire quoi ? Est-ce qu’on est un parti politique mon frère ? On est ni un syndicat, ni un parti politique, on descend dans la rue faire quoi ? C’est l’instinct de survie de l’humain qui va se dégager  il va falloir  que : soit  les artistes  étrangers mangent, soit nous on meurt de faim, soit eux ils meurent nous on vit, c’est comme ça. Il n’y a pas grand-chose à dire pour l’instant.

Donc après décembre, on va savoir si nous devons vivre et continuer à travailler, soit les artistes étrangers vont venir ici vivre  et travailler  et nous allons mourir.

Et c’est là où on va  tout savoir et la limite c’est décembre. Et les multinationales là m’entendent bien, et savent bien de quoi les gens sont capables,  parce qu’on a beaucoup de problèmes déjà au Cameroun maintenant, et on est même fatigué. Donc qu’ils ne nous  ajoutent pas  les problèmes sur les  problèmes.   A partir de décembre  là, ils vont venir faire leur manège là, amener les artistes étrangers dans le pays ci ; payez les. Mais payer nous aussi. Si vous allez les payer, vous nous payez aussi. S’ils décident de les payer et de ne pas nous payer, ça voudrait dire que ces patrons des multinationales demandent   ouvertement aux artistes camerounais d’aller mourir pour que les autres avancent. Et comme nous ne voulons pas mourir pour que l’industrie musicale étrangère se développe avec notre argent, ils vont savoir ce que s’est.

Votre combat semble trouver le soutien des autres figures et même des pairs de la musique camerounaise. Et ça fait votre fierté.

Ce n’est pas mon combat, c’est le combat de tous les camerounais, tous les camerounais qui achètent les produits, qui mettent le crédit, qui boivent  la bière. C’est leur argent qu’on envoie à l’étranger, c’est leur argent qui part tous les jours dans les poches des  artistes  étrangers. On met leur argent dans les mallettes on envoie ça à l’étranger,  ils sont comme ça.  Ils sont là au Cameroun ils ont les problèmes, ils consomment  les produits, ils font les efforts mais on prend leur  argent, on met  dans les mallettes, on donne aux gens qui sont dans les pays qu’on  ne connait même pas. Si on me donne l’argent je ne dépense pas tous ça à Douala et Yaoundé ca fini ? On veut que j’amène ça ou ? Quand on donne ça aux nigérians ils mangent ça ou ?  Le camerounais voient où ça part ? Sentez-vous concernés par ce combat.

Luc NGATCHA

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CULTURE & SOCIÉTÉ

Alain Foka: « On a ici des journalistes spécialistes de la méchanceté et qui disent des choses sans jamais les vérifier »

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Alain FOKA, l’une des plus grandes figures africaines du journalisme, fierté Camerounaise et producteur de référence sur RFI (Radio France Internationale) notamment des célèbres « Archives d’Afrique », est venu encourager l’équipe de votre ABK Radio. Le temps de ce riche séjour dans les locaux de la fréquence Utile et Agréable, il s’est livré au micro de Mireille CHIMI.

ABK: Alain FOKA Bonsoir et bienvenue dans les locaux de ABK Radio !

  Alain Foka: Bonsoir Mireille, l’immense plaisir est pour moi.

On vous a senti un peu impressionné par l’accueil du personnel. Vous attendiez-vous à ce déploiement  ?

NON ! Je ne m’attendais pas à ce déploiement, évidemment. Puisque je ne me suis jamais senti aussi important que cela. J’ai été très flatté de voir que des jeunes confrères que vous êtes, m’ayez accordé cet accueil qui pour moi n’est pas justifié. Mais bon, j’en suis heureux.

Qu’est ce qui justifie votre présence au Cameroun à l’heure où les contestations et crises politiques s’amplifient?

Je suis en vacances chez moi. Même si je porte un autre passeport, je suis à la maison ici. Tous les camerounais, ceux qui s’agitent sur les réseaux sociaux voudraient que je parle de ce qui se passe ici. Moi je suis journaliste, je ne suis pas militant ou autre. Ce qui se passe ici m’attriste en tant que camerounais évidemment ! Mais, ça ne m’éloigne pas de mon métier de journaliste. Je dis les choses, je dirai toujours les choses, mais je n’ai pas envie de prendre partie. Si on veut que je dise qu’il y a une mauvaise gouvernance au Cameroun, on ne m’a pas attendu pour dire cela. C’est un fait, tout le monde le voit. Maintenant si on veut que les gens débattent… Je cherche à faire débattre les gens sur mon antenne autant que je peux.

Si on veut dire que les choses vont mal, c’est un fait aussi, tout le monde le voit. Est-ce qu’on a besoin que Foka le dise pour que ça change quelque chose ?

Le pays où c’est le plus difficile d’organiser un débat, c’est le Cameroun.

J’ai la chance d’avoir travaillé sur la plupart de ces pays-là, mais pour pouvoir ramener les différentes parties sur un plateau à l’étranger, c’est un peu compliqué. Puis, les meilleures journalistes sont ici, ils disent déjà les choses mieux que moi, ils n’ont pas besoin de moi.

  Vous avez rencontré Alex Siewe, je suppose que ça fait longtemps que vous ne l’avez pas vu, quel sentiment ?

  J’ai été plutôt impressionné, parce que la relation avec Alex Siewe est ancienne et très ancienne. J’ai été un tout petit peu le grand frère d’Alex pendant longtemps. Je suis le parcours d’Alex depuis assez longtemps, je pense que je ne le vexerai pas en disant que j’y ai un petit peu participé. Donc, je suis content qu’il ait encore pris la décision de partir d’une grosse boite, pour se lancer dans une aventure média, à un moment où c’est très critique, où il fait le choix de créer quelque chose qui est un peu particulier, et qui devrait exister dans la plupart des médias, c’est de créer un comité éthique, avec des personnalités de ressources, des personnalités de valeurs qui vont regarder un peu ce que vous dites ici, en disant, on ne doit pas sortir de la ligne éditoriale, on ne doit pas traverser la ligne rouge. C’est important dans notre métier, parce que ça va un peu dans tous les sens.

On a ici des journalistes qui sont spécialistes de la méchanceté, et qui disent les choses sans jamais les vérifier.

Je pense que c’est une bouffée d’air dans cet environnement un peu pollué, où les réseaux sociaux sont devenus l’endroit de toutes les attaques personnelles. Quand on connait son histoire, on sait où on va.

Mon challenge pendant les 27 dernières années, a été de faire connaitre l’histoire méconnue de notre Afrique, l’Afrique contemporaine.

J’ai le sentiment d’avoir un tout petit peu fait bouger les lignes, puisque je vois de plus en plus des jeunes qui se lancent dans ce domaine-là.

Un dernier Mot à la jeunesse camerounaise…

Je n’ai rien contre les réseaux sociaux, mais je veux juste faire remarquer que, vous aurez vu ceux qui ont créé les réseaux sociaux dire qu’ils n’y envoient jamais leurs enfants, jamais ! Et que c’est la chose qu’ils interdisent le plus. Çà peut changer en bien ou en mal un pays, mais il faut que ce soit règlementé. Ça ne doit pas être un défouloir, et ce n’est pas le lieu où on part faire ses études. Les réseaux sociaux, c’est bien… Mais ça peut être un réel danger. C’est tout ce que j’ai envie de dire aux jeunes : Vivez la vie réelle, ne vivez pas la vie virtuelle. La vie virtuelle a beaucoup de limites.

Mireille CHIMI  (Transcription: Nadine Guiadem)

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