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PASCAL SIAKAM, retour de l’enfant prodige

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Douala. La capitale économique  accueille son champion de la NBA. Pascal Siakam y a posé ses valises depuis le début de la semaine après une année glorieuse ponctuée par deux titres majeurs : le trophée de champion de la NBA et celui de MIP de la NBA 2019.

Il est parti sous un anonymat total il y a seulement quelques années. Il a été drafté au 27ème rang par les Toronto Raptors il y a trois ans, et vient d’emmener sa franchise à remporter son tout premier trophée de champion de l’histoire du championnat  de basketball le plus prisé du monde. Pascal Siakam n’a pas seulement participé en simple joueur d’équipe, mais il  est parmi les leaders qui ont permis cet exploit collectif pour la franchise du Canada. En plus du titre de champion, le garçon né le 4 février 1994 à Douala a remporté celui individuel, de MIP (Most Improved Player, le joueur ayant la meilleure progression de l’année dans le championnat) 2019.

Des performances stratosphériques obtenues au bout d’une année incroyable jonchée de sacrifices parmi lesquels, son absence aux obsèques de son père au cours de l’année. Le joueur Camerounais aura appris une autre partie du professionnalisme qui vous impose votre présence au sein de l’équipe pendant une période sans interruption pour le respect des sponsors. Il va se contenter des photos et autres vidéos que ses frères devront lui envoyer pendant les obsèques, mais va d’ailleurs se servir de cette force mentale pour offrir à titre posthume ce sacre à son géniteur : « Je n’ai pas pu venir aux obsèques de papa, alors que mes frères ont eu la chance d’être là ».

C’est donc  au mois de février 2019, longtemps avant les titres gagnés cette année, que le prodige demande à ses amis d’organiser sa venue au Cameroun. « Entretemps, Pascal est devenu champion de NBA et MIP, tout a changé. Plusieurs choses que nous avions calées avant devenaient compliquées à mettre en place », nous avouait Yves Lionel Ngounou, responsable de l’organisation. « Heureusement que à ce moment-là, nous aussi avions pris la responsabilité de faire ce qui était urgent comme la location de la salle dans laquelle devrait se faire le camp de basket pour 43 enfants. Leur sélection et autres. Sinon, on devrait être bloqués quelque part si on avait attendu qu’il soit champion. Les coûts et les enjeux se seraient vus plus grands », nous lançait le non moins grand ancien basketteur et ami des Siakam. Le séjour de la nouvelle star NBA au Cameroun a donc connu les articulations prévues et imprévues, mais essentielles pour célébrer les titres d’un fils prodige au sommet de sa pyramide.

Sa descente d’avion

Les fans de Pascal Siakam

Annoncé dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2019, l’arrivée de Pascal Siakam était un événement de grande classe qui devait commencer par l’aéroport de Douala, selon son fan club basé à Akwa. « Il n’est pas question que nous attendions à la maison, cette nouvelle star. Il est trop grand pour qu’il n’y ait pas des gens à l’attendre. Nous fans de basketball et de Pascal Siakam, nous allons aller à l’aéroport, même si nous n’avons pas son plan de vol, même si nous n’avons pas les autorisations nécessaires. Nous n’attendons rien de lui, en tout cas, pas de moyens pour nous déployer. Nous avons mis nos moyens comme cela se fait sous d’autres cieux. Ce sont les fans qui cotisent pour la star, et non l’inverse. Nous avons confectionné des tee-shirts noir et rouges avec en face FAN CLUB PASCAL SIAKAM ou encore TORONTO RAPTORS, et au dos, son dossard 43 », expliquait Emmanuel Bassikalak, responsable du fan club à quelques minutes du déploiement vers l’aéroport de Douala. Plusieurs voitures ont été mises à la disposition des fans et le convoi a fait environ deux kilomètres de file, dans la nuit froide de ce 1er août 2019. Après trois heures d’attente au parking de l’aéroport, les fans bien au chaud et près à danser au rythme du groupe de danse Bakassa se voient annoncer une mauvaise nouvelle : « Il y a un avion qui est arrivé avec à son bord Luc Mbah A Mouté, mais pas de Pascal Siakam ». L’autre star de la NBA était en provenance de Dakar où s’était joué le Basketball Without Borders (Basketball sans frontières) dont il est un des parrains en Afrique. « Pas grave les gars, il n’est pas là aujourd’hui, ce sera certainement demain. Nous n’allons pas nous décourager, Pascal mérite que nous passions même sept nuits ici à l’attendre. Nous reviendrons demain, et si possible tous les jours, jusqu’à ce qu’il atterrisse, puisque c’est par Douala qu’il arrivera », a lancé Emmanuel Bassikalak. La star arrivera donc le lendemain et juste le temps d’un petit câlin à l’aéroport, il devrait retrouver son hôtel pour la suite du programme chargé.

Son Passage à SOS Village d’enfants de Yassa

SOS Village d’enfants

« En ma qualité d’orphelin, je me suis senti un peu obligé de faire un tour chez mes pairs avec un espoir de les inspirer pour l’avenir ». Pascal Siakam n’a pas seulement joué au basket ces derniers mois, il a aussi fait de la recherche. Dans sa trouvaille il y a SOS Villages d’enfants, une structure qui accueille des enfants en situation vulnérable, ou en voie de le devenir. Parmi les 135 pays  au monde qui abritent cette structure d’encadrement des jeunes et qui leur offre une chance d’avoir la même éducation que les autres enfants, il y a le Cameroun qui compte deux foyers : un à Mbalmayo, et celui de Douala. Malgré les difficultés que doivent  traverser tous les habitants de Douala pour rallier le quartier Yassa où se trouve le village, Pascal a tenu à y faire un tour pour participer aux activités improvisées depuis son choix d’y arriver : « Nous avons été contactés par la star lui-même qui nous a dit qu’il venait rencontrer les enfants.  Il leur a raconté son histoire, et leur a dit que malgré leur situation, tout était encore possible. Vous devez croire en vos rêves, leur a-t-il dit », nous a relaté Jeanne Talla, une des responsables de cette structure.  La directrice nationale de cette institution, Claude Alvine Mbappe Tankoua est aux anges : « j’ai été très honorée de la visite de Pascal Siakam à notre centre de Douala. Elle témoigne de l’intérêt qu’il accorde à l’enfant en général et de l’enfant vulnérable en particulier. Pascal a donné de son temps pour échanger avec les enfants et partager son expérience. Il n’a pas hésité à leur donner des conseils, et tout ceci va dans le sens de notre travail dont un des objectifs est le plein épanouissement des enfants ». A Village d’Enfants SOS (VESOS) de Douala, parmi les  120 enfants, ceux présentant le baccalauréat ont ramené 98% de réussite  et peuvent nourrir le rêve de jouer en NBA comme leur idole.

La conférence de presse

Prévue pour commencer à 18 heures, c’est trente minutes plus tard que les quatre panélistes, dont Pascal Siakam ont pris place devant un peu plus de cent personnes parmi lesquels les journalistes sportifs de presque tous les médias de la capitale économique. Malgré les excuses présentées par Yves Lionel Ngounou d’entrée,  et celles répétées par le principal acteur de la soirée, la presse sportive n’a pas décoléré. Les questions sur son arrivée à l’aéroport et sur le retard observé pour le début de la conférence de presse sont revenues tout au long des deux heures d’échanges. La star de NBA, dans une modestie et une générosité à nulle autre pareille a essayé d’expliquer en français (langue qu’il utilise de moins en moins depuis quelques années) qu’il était venu pour une visite privée. Qu’il est un homme qui ne s’appartient plus totalement, et qu’il tenait plus à aller dans la stricte intimité à la visite de la tombe de son défunt père. « C’est ce qui était ma première préoccupation quand je suis descendu d’avion, je n’avais pas pensé à faire une grosse délégation pour m’accueillir à l’aéroport. Toutefois, j’ai demandé qu’il y ait cette conférence de presse, et je sais que la presse pourrait faire le relais de ma venue au Cameroun à travers les médias. Il est aussi prévu un camp de basket pour 43 jeunes enfants, et un match de gala avec mes anciens coéquipiers », a –t-il martelé. Le MIP 2019 et tout premier Camerounais  champion de NBA a même dit qu’il a une grande envie de jouer avec les Lions Indomptables du Basket, « mais, je ne sais pas ce qu’il faut pour le faire » Des propos qui ont plutôt été dilués dans la colère des hommes de la presse qui se sont instantanément roué  sur lui dans les réseaux sociaux, estimant qu’il a snobé la presse. Dans la foulée, le champion de NBA qui se faisait accompagner par ses trois grands frères et le Directeur Général de NBA Africa a d’ailleurs lâché : « nous allons essayer de faire mieux que des camps de basket, nous réfléchissons pour offrir dans les années à venir, une structure qui pourra emmener les enfants du Cameroun à avoir permanemment du matériel d’entrainement, une vraie structure de développement de basket ». Pour cette première visite, le champion avait déjà pris des dispositions pour un camp qui devait accueillir le lendemain, 43 enfants dont 20 filles.

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Maahlox:  »Il y a plusieurs artistes talentueux au Cameroun, mais on ne valorise que les artistes étrangers »

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Maahlox le Vibeur est l’un des rappeurs le plus populaire, influent et prolifique du milieu musical urbain camerounais. Une véritable machine à succès, avec des tubes à l’instar du titre  ‘’ça  sort comme ça sort’’. Il est notre invité et avec lui nous parlons du traitement des artistes camerounais par les organisateurs d’évènements notamment les multinationales qui selon lui traitement les artistes du 237 comme ceux de seconde zone.

Bienvenue sur ABK Radio  Maahlox, pourquoi êtes-vous en colère en ce moment ?

Ce qui me met ma colère c’est la malhonnêteté intellectuelle et le mépris des multinationales aux artistes camerounais et en particulier, aux artistes urbains qui les font gagner les milliards et les millions chaque jour,  mais Ils ne sont même pas capables de développer leur univers musical pour leur permettre de vivre décemment, et continuer à gagner cet argent.

Vous avez  lancé une opération contre l’impérialisme culturelle orchestré par ces promoteurs culturels  qui méprisent les artistes camerounais ? C’est quoi l’objectif de cette opération ?

En fait j’ai lancé un appel au bon sens des humains qui sont encore là, qui consomment ces produits là et écoutent la musique camerounaise,  qui veulent le bien des artistes. Ces patriotes  qui dépensent leur argent tous les jours pour acheter  les produits de ces multinationales dans l’espoir qu’ils utilisent cet  argent pour développer le pays. Au final, on ne voit pas les actions concrètes de ces multinationales. J’ai lancé un appel aux bon sens et au patriotisme  pour que les gens s’en rendent  compte , se réveillent , parce que, quand je disais dans mon direct que je ne parle pas de musique mais d’économie, c’était pour amener les gens à comprendre que l’industrie musicale est en train de se développer au Cameroun et  il faut savoir que c’est beaucoup d’argent que les camerounais perdent chaque jour, chaque année à cause de ces cachets faramineux qu’on donnent aux artistes étrangers pour qu’ils aillent développer leurs différents pays. C’est ce que j’ai voulu montrer. En réalité, l’industrie musicale et du divertissement au Nigéria c’est plus de cinquante pourcent du PIB national et partout dans les autres pays ça se passe comme ça.

Maahlox

Au Cameroun aujourd’hui on n’a énormément d’artistes, des réalisateurs talentueux, on a énormément de graphistes, danseurs, musiciens talentueux qui peuvent structurer et qui ont déjà montré de la volonté à participer à l’économie de leur pays en créant des entreprises et des labels de musiques  mais pourquoi ceux qui bénéficient à plus de quatre-vingt-dix  pourcent des revenues de la musique  ne sont pas capable de payer convenablement les artistes ?

Maahlox, vous lancez également une pétition pour que  l’argent des camerounais restent dans les mains des camerounais et que nos artistes soient rémunérés à leur juste valeur.

Oui bien sûr ! J’ai eu la chance au travers de ma musique de faire le tour du monde ; pas une fois pas deux fois, j’ai pu tourné et allé dans les autres pays. J’ai pu voir comment ça se passe.  C’est une réalité et un fait, le Nigéria est un pays  totalement fermé culturellement parlant. Le Congo, la Côte d’Ivoire pareil ; ne parlons même pas des pays du Maghreb.

Aujourd’hui on doit tenir compte de ces réalités ; au Cameroun on perd de l’argent quand les artistes ne sont pas valorisés.

L’artiste musicien quand on le voit on ne voit que ces chansons, sa musique  mais en réalité quand on le regarde bien il y’a tout un nombre d’étiquette qui sont collées sur lui. Pour qu’un artiste fasse une chanson qui marche, il y’a plusieurs paramètres qui entrent en jeu. Il y’a la main du chorégraphe, du réalisateur,  de l’ingénieur de son, du danseur, il y’a mille et une personne qui participent à cette réussite ainsi que la main des médias qui est majoritaire sinon comment on ferait pour communiquer sur nos musique ? Comment le peuple ferait  pour connaître les musiques des artistes ?  Les médias sont à plus de cinquante pour cent voir plus,  dans  l’évolution et le succès des artistes. Est ce que vous vous rendez  compte que l’artiste qui est au-dessus de cette chaine-là  est censé abreuvé tout ce système-là  est  à la base mal payé.

Si l’artiste est mal payé, mal respecté, mal orienté, comment voulez-vous que cette chaine-là qui est tout en dessous et qui porte cet artiste comme ambassadeur puisse fonctionner ?    

J’ai fait le tour du monde j’ai vu les artistes, j’ai vu comment ça se passe ailleurs,  et j’ai pris une simple métaphore pour traduire cette situation.

Imaginez : vous travaillez et vous rationnez chez vous tous les jours mais quand vous rentrez chez vous, vous trouvez le voisin assis à votre table  en train de manger le poulet et quand vous vous assaillez Mme vous sert le Mbounga. Qu’est-ce que vous allez faire ?

Est ce que vous allez laisser le voisin continuer à venir chez vous ? Impossible. Pour régler le problème avec votre femme vous allez mettre le voisin dehors. Nous on aime la musique étrangère  et j’ai des amis artistes étrangers avec qui  je discute  de ce problème ils me disent qu’il a fallu qu’on arrive là à un moment donné dans leur pays, pour qu’aujourd’hui l’industrie des artistes soit développée et respectée. Il faut bien qu’au Cameroun, on en arrive là.

Et donc pour vous, pour que  les artistes camerounais soient surévalués, il faut que l’état ne laisse plus prospérer l’envahissement des musiques étrangères ?

C’est obligé. Si on était dans une démarche ou sur la même table,  l’artiste étranger mangeait le poulet et de l’artiste camerounais, on aurait compris que chacun a sa place, même si l’étranger mange deux poulets, ce ne serait pas vraiment un problème. Mais à un moment donné, l’écart qui est entre le poulet et le Mbouga est considérable, moi je veux donner un exemple simple. Moi Maahlox le Vibeur, c’est plus de quinze ou vingt hits qui tournent en boucle depuis plus de cinq ans  dans tous les snack bars, les bars, les boites de nuits du Cameroun un pays qui a plus 21 Millions d’habitants.  Vous pouvez imaginer le nombre de bières qu’on a bu en utilisant ma musique  comme argument d’achat de manière directe ou indirecte?  Tu connais le nombre de champagne qu’on a bu avec ma musique ? Je ne parle pas de caravane.

Je dis qu’aujourd’hui on est conscient que notre musique génère des milliards à ces multinationales, mais ils ne veulent pas bien payer les camerounais c’est de la mauvaise foi.

Comment est-ce que tu te retrouves sur la même scène avec un artiste étranger on te dit qu’il est ambassadeur de son pays, il doit défendre et développer la culture de  son pays  et on lui donne 150 millions et toi on te donne  1millions ou 2 millions. On te crée un écart de cent millions entre vous et on te demande de travailler d’avantage pour être meilleur professionnellement. Comment est-ce possible,  quand on te donne un argent qui ne te permet pas d’enregistrer en studio ou bien faire un clip ? Lui il peut rentrer chez lui et faire un clip de cinquante millions. Il peut se permettre de s’acheter un studio chez lui avec l’argent des camerounais. Vous demandez aux gens de travailler. On a travaillé sans rien, on s’est battu avec nos propres  moyens et les gens ont eu des prix. Les gars ont eu les MTV Music Awards, aujourd’hui il y’a Salatiel qui a collaboré avec  Pharell williams et Beyonce en terme de musique il n’y a pas quelqu’un qui  dépasse Beyonce dans le monde ! On a rempli le palais des sports en 30 jours sans promotion, qu’est-ce que vous voulez encore ? 

Qu’est-ce que ces gens demandent aux artistes camerounais ? Ça s’est de la mauvaise foi et de la malhonnêteté.

Notre société a un problème énorme ! Parce que  Tous les artistes font des efforts, tout le monde fait des efforts. Vous vous rendez compte, que  dans grand nombre de   snacks –bars du Cameroun on réussi à inviter les artistes locaux deux fois par mois  pour leur donner un million  pour faire vivre la culture,  parce qu’ils sont conscient  que leurs produits ne  passent pas  sans ces artistes, ils font ces efforts   , les artistes font des efforts pour accepter ces cachets-là , les réalisateurs  aussi acceptent des sommes minables pour faire des clips et ces multinationales sont les seules à gagner les milliards et  ne font aucun effort. Ils ont décidé de nous mépriser, de détruire ce qu’on construit, nos rêves bousillés, 99% de la jeunesse camerounaise   dans l’industrie musicale n’ont pas trente-cinq ans.  ils ont montré l’intérêt à développer leur pays en créant des entreprises et ces multi nationales ont décidés de mal payer nos artistes pour bien payer les artistes étrangers pour aller développer leur pays, c’est quoi ce pays-là ? Et personne ne dis rien !c’est pour que les artistes meurent ?

Maahlox c’est trop de colère dans votre voix et même dans vos mots.

Comment ne pas être en colère ? Ce n’est pas normal.  

Un camerounais logique et normal  qui écoute ce discours  doit se dire, ‘trop c’est trop’.

l’artiste camerounais n’a pas les droits d’auteur et tout le monde s’en fou. L’artiste à trois paliers de rémunération dans une société. 1- Les droits d’auteurs, 2-Le disque. On n’a pas les droits d’auteur au Cameroun on ne paye pas, le disque ne se vend pas. Le dernier palier c’est la scène, ce qu’on appelle le live. Un artiste qui ne monte  pas sur scène ne mange pas. Imaginez-vous qu’un artiste, qui monte sur scène ne mange pas, ça veut dire quoi ?  Alors qu’il rapporte des milliards.

 L’argument premier de vente des toutes les  multinationales c’est la musique camerounaise encore  plus la musique urbaine qui est en vogue aujourd’hui. Qu’est ce qu’on veut ?  Nous faisons tourner une industrie.  C’est un partenariat qu’on fait. On amène les gens, on crée l’argument mais il se serve de cet argument pour avoir de l’argent. Pensez-vous vraiment que Maahlox qui fait gagner des centaines de millions d’argent à ces multinationales depuis plus de cinq ans n’a pas permis aux multinationales de gagner plus d’argent que Tecno ne fera  jamais gagner dans ce  pays  en deux ans ?  Pourquoi on doit encore appeler Maahlox aujourd’hui, et me dire qu’on doit me payer un million en donnant soixante-dix millions à un artiste étranger pour la même scène. Pourquoi ? Vous pensez que je ne mérite pas cela ? Vous pensez que les autres artistes qui font gagner des milliards aux multinationales ne méritent pas ça ?  Aujourd’hui ils sont entrain de pousser les artistes à bout.

C’est la sonnette d’alarme que j’ai tirée, parce qu’il ne faut pas qu’on entre dans des histoires trop extrêmes. Pour que les gens se disent qu’il faut s’asseoir sur une table pour discuter par rapport ! On pousse les artistes à la mort !ils doivent devenir des mendiants ! Un artiste produits des milliards mais il n’as pas de scène, il ne mange pas, il meurt de faim.

 À un moment donné c’est une question de survie, surtout quant il est conscient qu’il rapporte des milliards aux grandes entreprises, mais il est couché chez lui. C’est l’être humain qui est en lui qui déclenche  son instinct de survie. Son enfant ne va pas à l’école,  il ne peut pas amener son enfant à l’hôpital, il n’arrive pas à payer le loyer, il a encore son rêve qu’il veut développer, il y’a encore une petite qui compte sur lui pour développer leur rêve , lui il est là, il a faim et il est conscient que son travail aide les gens à  avoir des avantages de services , des augmentations de salaires , à aller passer les vacances en France alors que c’est avec son travail qu’on mange cette argent-là.

A un moment donné, l’être humain craque. Il n’en peut plus,  il est capable de poser des actes désespéré, moi je vous dis la vérité  et je vous montre la société tel quelle est. Tout le monde sait que je suis un gars du quartier je suis en bas et je vois tous ce qui se passe. Les gens  en ont marre et  si les multinationales veulent que ça pète ça va péter.

Les artistes n’arrivent plus à supporter. J’ai entendu les gens dirent c’est un contrat, il a le choix  il  peut laisser.  Il laisse pour faire quoi ? Qui va le nourrir ? Les artistes n’ont plus le choix ! Ils n’ont plus rien, tout est bloqué et les multinationales ont bien compris ça mais donne à nos jours deux cents mille à l’artiste camerounais en disant, si  tu ne veux pas tu  laisses. Il laisse et il fait comment ? S’il a un problème, comment il va gérer ? Et on sait qu’ils n’ont pas le choix,  ils vont rentrer à la maison faire comment ?  

Ils prennent les artistes comme les animaux, ils doivent s’attendre à une riposte, à des conséquences.

Quand vous poussez les hommes au désespoir à un moment donné ils vont poser des actes délibérés et ça commence toujours comme ça. Vous avez les moyens de tout arranger faites-le et bien.

Maahlox le Vibeur quels sont quelques cas pratiques à propos des minables  cachets de scènes offerts aux artistes locaux à leur détriment, en faveur des étrangers invités par les promoteurs locaux et  multinationales ?  

Moi j’ai dit que si  la musique urbaine camerounaise en particulier sert d’argument de ventes de manière directe ou indirecte  et génère des milliards  aux multinationales qui ne vont pas nier,  je demande qu’il y ait une réévaluation à la hausse  des cachets des artistes camerounais lorsqu’ils se retrouvent sur la même scène que les artistes internationaux. Je comprends que les bars et les snack-bars  n’ont pas d’argent, ils appellent les artistes et leur  donnent cinq cent mille ou un million ça se comprend. Mais quand on décide de sortir sept cents ou bien huit cents millions pour organiser un évènement  grand public  avec les artistes internationaux et qu’il y a une demande des artistes camerounais sur cette scène,  il faut les payer normalement et ce sont des évènements qu’on organise une fois ou trois fois par an. Qu’est ce qui coute aux multinationales de payer une, deux  ou trois fois par an les artistes camerounais qu’on invite  sur une scène.

 Alors Maahlox ces multinationales disent en réplique, que les artistes camerounais n’ont pas réussi à créer une véritable industrie autour d’eux et ne mobilisent pas assez.

Ils ne gagnent pas l’argent ? Qu’est-ce qu’ils appellent industries mon frère. Je vous ai demandé  si vous savez le nombre de bières que les gens ont déjà bues en se servant  des chansons de Maalhox comme argument de ventes  dans ce pays ? Tant que  les chansons de Maahlox sont dehors ; les bars tournent. Tant que les bars tournent,  les multinationales se font de l’argent. La question n’est pas de savoir si on a des industries ou pas, puisqu’elles existent.  Moi-même J’ai un label qui pèse plus de dix millions, ALPHA BETTER RECORD pèse combien ?  EMPIRE COMPANY pèse combien ? BIG DREAMS pèse combien ? C’est une industrie qui existe, elle est en construction, on est en train de faire tout pour qu’elle grandisse. La question maintenant est ; est-ce que les multinationales gagnent de l’argent  avec ces chansons ? Est-ce que l’argument de vente, ce sont les chansons  camerounaises, Oui ou non ? Ils vendent leurs produits, et si on meurt ils gagnent quoi ? Eux ils gagnent quoi ? Si on gagne plus il produise plus, pourquoi ils veulent nous empêcher de produire plus ?  Il dise qu’il n’y a pas d’industrie, qu’est ce qu’ils vont faire, au lieu de créer une industrie locale qui leur permettra de gagner plus il préfère investir sur  une industrie étrangère qui leur permettra de perdre plus ? On n’a pas besoin d’avoir BAC + 100  pour comprendre cela. Lorsqu’on déplace quelqu’un de la France avec vingt personnes, rien que le billet d’avion on est au moins à vingt millions sans le cachet.

Maahlox

Au niveau local, développer  l’industrie  musicale camerounaise va permettre que les artistes soient plus crédibles  encore, et qu’on les paye encore, et qu’on dépense moins. Vous pensez que déplacer vingt personnes  de Yaoundé pour Douala, c’est la  même chose que déplacer vingt personnes  de Paris pour Yaoundé ? Arrêtons aussi mon frère. On n’a pas besoin de faire l’économie pour comprendre tout cela. C’est de la malhonnêteté.  Nous sommes une  branche importante, c’est autour de nous que tout ce business tourne, et tu vois que si nous on meurt, l’industrie va continuer à tourner comment ?

 Alors Maahlox,  Est-ce que vous militez finalement pour la fermeture de nos frontières aux artistes étrangers ?   

 Je ne demande pas qu’on ferme les frontières, mais je sais qu’on est entrain d’arriver à ça ; parce que moi j’ai dit une chose,  hier l’entreprise UCB a montré qu’elle est à l’écoute de notre  problème. Elle allait faire venir  le chanteur Hiro  pour pouvoir représenter la bière  100% camerounaise et fière de l’être, devant Salatiel. Salatiel demandait 3 millions, on  lui a dit  non pour aller payer des dizaines de millions à Hiro et à toute son équipe de la France pour représenter cette bière, est-ce que c’est normal ? Ce n’est pas normal ?  Mais ils ont  fini par écouter et on payé Salatiel. On sait que d’ici décembre,  les multinationales vont inviter tous les artistes internationaux au Cameroun pour se partager le butin ; de l’argent  qu’ils  ont pris dans les poches des camerounais à cause de la musique camerounaise. C’est là qu’on va savoir vraiment si les multinationales veulent vraiment  que les artistes camerounais développent leur industrie ou pas. C’est là qu’on saura  la suite, je n’ai rien à dire, les gens vont seulement voir parce après les paroles ce sont les actes.

La suite là sera quoi Maahlox , est ce que vous allez descendre dans la rue ?

 Descendre dans la rue faire quoi ? Est-ce qu’on est un parti politique mon frère ? On est ni un syndicat, ni un parti politique, on descend dans la rue faire quoi ? C’est l’instinct de survie de l’humain qui va se dégager  il va falloir  que : soit  les artistes  étrangers mangent, soit nous on meurt de faim, soit eux ils meurent nous on vit, c’est comme ça. Il n’y a pas grand-chose à dire pour l’instant.

Donc après décembre, on va savoir si nous devons vivre et continuer à travailler, soit les artistes étrangers vont venir ici vivre  et travailler  et nous allons mourir.

Et c’est là où on va  tout savoir et la limite c’est décembre. Et les multinationales là m’entendent bien, et savent bien de quoi les gens sont capables,  parce qu’on a beaucoup de problèmes déjà au Cameroun maintenant, et on est même fatigué. Donc qu’ils ne nous  ajoutent pas  les problèmes sur les  problèmes.   A partir de décembre  là, ils vont venir faire leur manège là, amener les artistes étrangers dans le pays ci ; payez les. Mais payer nous aussi. Si vous allez les payer, vous nous payez aussi. S’ils décident de les payer et de ne pas nous payer, ça voudrait dire que ces patrons des multinationales demandent   ouvertement aux artistes camerounais d’aller mourir pour que les autres avancent. Et comme nous ne voulons pas mourir pour que l’industrie musicale étrangère se développe avec notre argent, ils vont savoir ce que s’est.

Votre combat semble trouver le soutien des autres figures et même des pairs de la musique camerounaise. Et ça fait votre fierté.

Ce n’est pas mon combat, c’est le combat de tous les camerounais, tous les camerounais qui achètent les produits, qui mettent le crédit, qui boivent  la bière. C’est leur argent qu’on envoie à l’étranger, c’est leur argent qui part tous les jours dans les poches des  artistes  étrangers. On met leur argent dans les mallettes on envoie ça à l’étranger,  ils sont comme ça.  Ils sont là au Cameroun ils ont les problèmes, ils consomment  les produits, ils font les efforts mais on prend leur  argent, on met  dans les mallettes, on donne aux gens qui sont dans les pays qu’on  ne connait même pas. Si on me donne l’argent je ne dépense pas tous ça à Douala et Yaoundé ca fini ? On veut que j’amène ça ou ? Quand on donne ça aux nigérians ils mangent ça ou ?  Le camerounais voient où ça part ? Sentez-vous concernés par ce combat.

Luc NGATCHA

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CULTURE & SOCIÉTÉ

Alain Foka: « On a ici des journalistes spécialistes de la méchanceté et qui disent des choses sans jamais les vérifier »

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Alain FOKA, l’une des plus grandes figures africaines du journalisme, fierté Camerounaise et producteur de référence sur RFI (Radio France Internationale) notamment des célèbres « Archives d’Afrique », est venu encourager l’équipe de votre ABK Radio. Le temps de ce riche séjour dans les locaux de la fréquence Utile et Agréable, il s’est livré au micro de Mireille CHIMI.

ABK: Alain FOKA Bonsoir et bienvenue dans les locaux de ABK Radio !

  Alain Foka: Bonsoir Mireille, l’immense plaisir est pour moi.

On vous a senti un peu impressionné par l’accueil du personnel. Vous attendiez-vous à ce déploiement  ?

NON ! Je ne m’attendais pas à ce déploiement, évidemment. Puisque je ne me suis jamais senti aussi important que cela. J’ai été très flatté de voir que des jeunes confrères que vous êtes, m’ayez accordé cet accueil qui pour moi n’est pas justifié. Mais bon, j’en suis heureux.

Qu’est ce qui justifie votre présence au Cameroun à l’heure où les contestations et crises politiques s’amplifient?

Je suis en vacances chez moi. Même si je porte un autre passeport, je suis à la maison ici. Tous les camerounais, ceux qui s’agitent sur les réseaux sociaux voudraient que je parle de ce qui se passe ici. Moi je suis journaliste, je ne suis pas militant ou autre. Ce qui se passe ici m’attriste en tant que camerounais évidemment ! Mais, ça ne m’éloigne pas de mon métier de journaliste. Je dis les choses, je dirai toujours les choses, mais je n’ai pas envie de prendre partie. Si on veut que je dise qu’il y a une mauvaise gouvernance au Cameroun, on ne m’a pas attendu pour dire cela. C’est un fait, tout le monde le voit. Maintenant si on veut que les gens débattent… Je cherche à faire débattre les gens sur mon antenne autant que je peux.

Si on veut dire que les choses vont mal, c’est un fait aussi, tout le monde le voit. Est-ce qu’on a besoin que Foka le dise pour que ça change quelque chose ?

Le pays où c’est le plus difficile d’organiser un débat, c’est le Cameroun.

J’ai la chance d’avoir travaillé sur la plupart de ces pays-là, mais pour pouvoir ramener les différentes parties sur un plateau à l’étranger, c’est un peu compliqué. Puis, les meilleures journalistes sont ici, ils disent déjà les choses mieux que moi, ils n’ont pas besoin de moi.

  Vous avez rencontré Alex Siewe, je suppose que ça fait longtemps que vous ne l’avez pas vu, quel sentiment ?

  J’ai été plutôt impressionné, parce que la relation avec Alex Siewe est ancienne et très ancienne. J’ai été un tout petit peu le grand frère d’Alex pendant longtemps. Je suis le parcours d’Alex depuis assez longtemps, je pense que je ne le vexerai pas en disant que j’y ai un petit peu participé. Donc, je suis content qu’il ait encore pris la décision de partir d’une grosse boite, pour se lancer dans une aventure média, à un moment où c’est très critique, où il fait le choix de créer quelque chose qui est un peu particulier, et qui devrait exister dans la plupart des médias, c’est de créer un comité éthique, avec des personnalités de ressources, des personnalités de valeurs qui vont regarder un peu ce que vous dites ici, en disant, on ne doit pas sortir de la ligne éditoriale, on ne doit pas traverser la ligne rouge. C’est important dans notre métier, parce que ça va un peu dans tous les sens.

On a ici des journalistes qui sont spécialistes de la méchanceté, et qui disent les choses sans jamais les vérifier.

Je pense que c’est une bouffée d’air dans cet environnement un peu pollué, où les réseaux sociaux sont devenus l’endroit de toutes les attaques personnelles. Quand on connait son histoire, on sait où on va.

Mon challenge pendant les 27 dernières années, a été de faire connaitre l’histoire méconnue de notre Afrique, l’Afrique contemporaine.

J’ai le sentiment d’avoir un tout petit peu fait bouger les lignes, puisque je vois de plus en plus des jeunes qui se lancent dans ce domaine-là.

Un dernier Mot à la jeunesse camerounaise…

Je n’ai rien contre les réseaux sociaux, mais je veux juste faire remarquer que, vous aurez vu ceux qui ont créé les réseaux sociaux dire qu’ils n’y envoient jamais leurs enfants, jamais ! Et que c’est la chose qu’ils interdisent le plus. Çà peut changer en bien ou en mal un pays, mais il faut que ce soit règlementé. Ça ne doit pas être un défouloir, et ce n’est pas le lieu où on part faire ses études. Les réseaux sociaux, c’est bien… Mais ça peut être un réel danger. C’est tout ce que j’ai envie de dire aux jeunes : Vivez la vie réelle, ne vivez pas la vie virtuelle. La vie virtuelle a beaucoup de limites.

Mireille CHIMI  (Transcription: Nadine Guiadem)

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